PÉRIODE DE RENAISSANCE
vellcs ou renouvelées, fllatures de coton, fonderies, tanneries usant de procédés perfectionnés. Un nombre appréciable de ces fabriques s'installèrent dans d'anciens couvents, qui se vendaient à bon compte et offraient de vastes bâtiments, tout au moins de grands espaces. Frochot, qui rendait compte de ce développement industriel après un an à peine de régime consulaire, exprimait déjà le vœu que les progrès n'en fussent pas trop rapides : au point de vue politique, la présence à Paris d'une nombreuse population ouvrière ne lui semblait pas un gage de tranquillité (1). Mais cette considération toute locale ne l'empêchait point de donner l'hospitalité cle rilôtel-de- Ville, à l'automne de 1801, à la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, réorganisée sous le patronage de Ghaptal (2).
C'est surtout dans les rapports quotidiens de son collègue de la police, Dubois, qu'on peut suivre les progrès de l'industrie parisienne sous le Consulat, et admirer l'ingéniosité de certains manufacturiers. Dès l'automne de 1800, les fabricants de gaze du faubourg Saint-Marceau, pour utiliser leurs métiers inactifs, se mettaient à imiter les madras, alors en possession de la vogue (3). Un peu plus tard, une tannerie du même quartier, renouvelant une tactique jadis conseillée et pratiquée par Colbert, s'attachait des ouvriers anglais, et perfectionnait ses produits au point d'égaler le maroquin de
(1) Mémoire au conseiller d'État Lacuée (an IX) : AF. IV,
(2) LisvAsssuH, Histoire des classes ouvrières de 1789 à 1870, t. I, p. 398-399.
(3) « Cette nouvelle branche d'industrie assure à une portion de la classe ouvrière de ce faubourg une ressource précieuse, surtout pour l'hiver. » (Rapport du 6 frimaire an IX (27 novembre 1800) : AuLAiU), Paris sous le Consulat, t. II, p. 17.)
provenance britannique (!)• A coté d'une industrie de luxe comme l'orfèvrerie, la papeterie prenait une extension inattendue, et on en était à craindre la disette de la seule matière première qu'elle employât alors, c'est-àdire des chiffons; quant aux selliers, aux carrossiers et aux charrons, c'était la main-d'œuvre qui leur faisait défaut pour satisfaire à toutes les commandes (2). Dans l'été de 1801, on signalait le développement « étonnant k, « prodigieux ■», d'une fabrication introduite à Paris depuis la Révolution, celle des boutons (3).
La perspective de la paix générale rendit cette activité presque fébrile à l'automne de 1801 : « Pour peu qu'un ouvrier soit en état de travailler, il trouve de suite de l'occupation (4)... Les orfèvres, les bijoutiers et les joailliers ont reçu des commandes considérables ; ... la plupart des ouvriers de ces divers états sont obligés de travailler une partie des nuits, tant on les presse (5).. . Les fabriques de gaze, très nombreuses dans les faubourgs Saint- Jacques et Saint-Marceau, sont très occupées (6)... Les ouvrages d'ébénisterie et de marquetterie vont très fort (")... Les manufactures des couvertures de laine du faubourg Sàint-Marceau sont en grande activité (8)... »
(1) Rapport du 5 ventôse an IX (24 février 1801) : Aclaiit, t. II, p. 193.
(2) Rapport du 17 germinal an IX (7 avril 1801) : Ibidem, t. II, p. 240-241.
(3) Rapport du 12 fructidor an IX (30 août 1801) : Ibidem, t. II. p. 488.
(4) Rapport du 18 vondéiuiairc an X (10 octobre 1801): Ihidfm, t. II. p. 565.
(!)) Rapportdu 23 vendémiaire an X (15 octobre 1801) : Ibidem, t. II, p. 573.
(6) Ilapport du 27 vendémiaire an X (19 octobre i8ùi) : Ibidem, t. II, p. 580.
(7) Rapport du 28 brumaire an X (19 novembre 1801) : Ibidem. t. II. p. 611-612.
(8) Rapport du 2 frimaire an X (23 novembre 1801) : Ibidem. t. II, p. 620.