PERIODE DE RENAISSANCE
En février 1802, la déjà célèbre filature de coton des deux associés Richard et Lenoir (1), au faubourg Saint- Antoine, se mettait en mesure de fabriquer sept à huit cents pièces d'étoffe par mois, chiffre considérable pour l'époque (2).
Vers la môme époque pourtant, la lenteur des négociations d'Amiens ralentit quelque peu cette expansion (3j. Puis, la paix conclue, et malgré les droits protecteurs que le Consul ne songeait point à atténuer, la concurrence anglaise fit du tort à certaines de nos industries, notamment à la fabrication des indiennes (4). Mais dans l'ensemble, ce préjudice était compensé par l'afflux des visiteurs étrangers : les orfèvres continuaient à se disputer les ouvriers disponibles (5); d'autre part, des manufacturiers anglais profitaient de la paix pour venir monter des fabriques à Paris (G). Grâce à la reprise des transactions maritimes, une raffinerie de sucre pouvait s'installer au Cours-la-Reine (7). Ghaptal faisait aux grandes fabriques de la capitale des visites d'inspection, où les encouragements du ministre se doublaient heureusement des conseils du grand chimiste (8).
La reprise des hostilités, si préjudiciable au com-
(1) Après la mort de Lenoir, en 1806, Richard conserva le nom demeuré populaire de Richard-Lenoir.
(2) Rapport du 24 pluviôse an X (13 février 1802) : Aulard, Paris sous le Consulat, t. II, p. 738.
(3) Rapport du 28 pluviôse an X (17 février 1802) : Ibidem, t. II, p. 744.
(4) Rapport du 10 floréal an X (30 avril 1802) : Ibidem, t. III, p. 23.
(5) Rapport du 15 llon'al an X (5 mai 1802) : Ibidem, t. III, p. 35-36.
(6) Rapport du 7 prairial an X (27 mai 1802) : Ibidem, t. III, p. 76.
(7) Rapport du 18 messidor an X (7 juillet 1802) : Ibidem, t. III, p. 140.
(8) Ibidem, t. III, p. 130 et 140-141.