CHAPITRE III
Régime do liberté : foisonnement des entreprises dramatiques (an VIII-1807). — II. Réduction administrative du nomiire des théâtres. — III. Le Vaudeville. — IV. Les Variétés. — V. La Gaieté et rAmbi^u: le mélodrame; la féerie. — VI. Spectacles accessoires tolérés après 1807.
Fondés en grand nombre dès le début do la IVévolution, devenus plus rares au temps de la Terreur, les petits thdAtres avaient recommence à pulluler dès le Directoire : « Si cela continue, » écrivait un chroniqueur en 4799, « il y aura un théâtre dans chaque rue de Paris (1). » Et un autre en 1804 : « C'est véritablement une épidémie .. Il n'y a pas de vieille église délabrée, de salle un peu vaste dont on ne s'empare pour jouer la comédie (2). » Ces hyperboles ne doivent évidemment pas être prises au pied de la lettre; en I80M, une énumération détaillée indiquait dix-sf/U théâtres proprement dits (3), sans compter tous les jardins et
(i) Norr.AHKT, Pnrii mflnmorjihoiié, t. Il, p. 85-86. (i) yoyugr à la tlhauttéf d'AHlin, p. 100. (3) Le Tribunal volatile, paiiiim.
lieux de plaisir où il se donnait des représentations, ni les exhibitions comme les Ombres chinoises de Séraphin, qui, installées en 1784 dans les nouvelles galeries du Palais-Royal, survivaient depuis 1800 à leur créateur. Dix-sept théâtres, au premier abord cela paraît peu à un Parisien du vingtième siècle : c'est beaucoup au contraire, si l'on réfléchit combien alors l'afflux des étrangers était moindre, et la population sédentaire elle-môme plus restreinte, plus casanière et plus parcimonieuse. C'était trop assurément pour que toutes ces entreprises pussent prospérer : car si les droits d'auteur et la mise en scène se soldaient la plupart du temps par une dépense minime, les directeurs déclaraient déjà intolérable le prélèvement du droit des pauvres, qui de 4804 à 1807 (date de la suppression de la liberté théâtrale) produisit une moyenne annuelle de 400000 francs (1). Qu'ils eussent à leur tête des spéculateurs, des amateurs ou des professionnels, les petits théâtres du temps de Napoléon manquaient presque toujours de capitaux suffisants et de troupes homogènes : aussi leurs destinées étaient-elles essentiellement éphémères. Les mutations se succédaient sur les affiches, déjà multicolores, qui s'étalaient non point comme à présent autour de colonnes, mais sur deux cent soixante-sept coins de murs, spécialement réservés à cette destination dans divers quartiers de la ville (2). Un annuaire, en 1805, s'excusant de fournir des indications incomplètes, expliquait naïvement : « La raison est que ces spectacles ont changé d'administrateurs, d'intéressés et même de troupe plusieurs fois dans l'année (3). »
(1) Pastohet, Rapport au conseil tupéneur des hospices, p. 286- 287. Cf. Paris sous Napoléon, t. V, p. 33-34.
(2) IIenhion, Encore un tableau de Paris, p. 103,
(3) Annuaire dramatique, an XIII, p. 23.
La nomenclature serait fastidieuse, de toutes les salles de théâtre ouvertes aux Parisiens de l'automne de 1799 à l'été de 4807 (1). Il suffira sans doute de nommer brièvement ici quelques-uns des spectacles qui ne devaient point survivre à la réforme de 1807 (2).
Un premier groupe était situé dans le voisinage ou en bordure même des grands boulevards, proche de la porte Saint-Martin et de la porte du Temple (notre place de la République actuelle) : depuis le dix-huitième siècle, ce quartier lointain (3) était la terre d'élection des petits théâtres, dits communément théâtres du. boulevard. Là se trouvaient l'Ambigu et la Gaîté, les modèles du genre, respectés à ce titre en 1807 et dont il sera question un peu plus loin.
Les Variétés amusantes avaient été le titre du théâtre de Lazzari, incendié au printemps de 1798. Ce nom fut repris cinq ans plus tard par l'imprésario Bellavoino quand il s'installa boulevard du Temple, à côté de l'hôtel Foulon, dans une salle qui avait successivement abrité les Délasseineuts-Comiques et le Théâtre Ljjri- Comique. On/e mois durant, du 21 mai 1803 au 16 avril 1804, liellavoine entrem<51a^ avec un succès très médiocre, quelques nouveautés ù la reprise de beaucoup
(1) On (rouvi-ra uu complet les •'•lénienl.s de celle nonionclature dau8 lu vulunio Buivant : L.-lIonry Lkcomtr, Histoire îles théâtres de Paris ; notice préliminaire.
(8) V.n dohorH des sources indiiiiK^ns on nolo, j'ai con.siiit*'! uvcc fruit loH br6voH notices iuscréus sous Louis-I'hilippe pur le UiuuopiiiLii Jacoii (Paul Lacroi.x) dans le toiue III du Catalogue de la Uibliothiquf de M. de Soleinne.
(li) On peut pourtant «ans parado.\o prctoiidrc que le boulevard du Teinplu i'I&il alors moins distant ({u'atijourd'iuii dos quartiers ôlégantH, puisqu'uu dix-liuiliénio siùclo lo Marais donnait asilo t\ une jiarlio du monde parlonuuituiro et môme du la noblusso d'épùo.
de vieux vaudevilles : puis il se retira, à bout de ressources et de courage. La salle se rouvrit dès le ■16 juin 1804, en revenant au nom de Délassements- Comiques, avec une troupe où débutèrent côte à côte le pitre Potier et Joanny, le futur créateur à la Gome'die- Française du rôle de Ruy Gomez dans Hernani; de petites come'dies y alternaient avec des farces iraite'es du répertoire italien (i). Le id novembre 4805, un quatrième changement de direction en fit le Théâtre des Nouveaux- Troubadours (2).
Le Théâtre des Jeunes- Artistes (3), situé au coin des rues de Bondy et de Lancry, justifiait son nom en produisant de nombreux débutants, dont quelques-uns, comme les deux Lepeintre et surtout Monrose, étaient appelés à fournir une brillante carrière : il était pareillement accueillant aux écrivains novices, et c'est là que Désaugiers fut joué pour la première fois; ce double élément d'intér(H valut aux Jeunes-Artistes une certaine prospérité jusqu'à leur disparition imposée en 1807. — Le Théâtre sans prétention, boulevard du Temple, avait été ainsi baptisé en 1797 (4) par son propriétaire Prévost, un bon imprésario et un faux modeste, qui au printemps de 1802, quand l'autorité était déjà environnée d'un redoutable prestige, osait répliquer à des remontrances du préfet de police Dubois : « S'il y a du tumulte dans ma salle de spectacle, ce n'est pas le retard du lever de la toile; c'est la faute de la police qui ne s'exerce plus comme autrefois, de ce que le peuple est
(i) Dans l'une de ces farces, le Cabriolet volant, l'acteur cliargé du rôle d'Arlequin fit une chute grave le 19 juin 1805 (o'Haute- RivE, la Police secrète du Premier Empire, t. I, p. 483).
(2) L. -Henry Lkcomtk, les Variétés umusuiiles, p. 255-201.
(3) Cl". Reichaudt, Un hiver à Paris sous le Contulal, p. 175-177.
(4) 11 s'appelait auparavant Théâtre des Assoeiéi.
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plus corrompu et qu'il a oublié les convenances de la politesse (4). » Geoffroy, poussé boulevard du Temple par une curiosité quelque peu gouailleuse, emportait de sa visite une impression favorable : « On ne trouve pas, à la vérité, à ce théâtre^ autant d'intért^t que dans les grands; mais on y trouve le moyen de se distraire à peu de frais : j'y retournerai (2). » La fermeture obligatoire de 1807 ruina le pauvre Prévost, qui mourut en maudissant ce qu'il appelait sérieusement « le second coup d'État de M. Bonaparte (3) » ; la salle fut louée à un limonadier, qui lui donna le nom ridicule de Café d'Apollon et tenta vainement d'y rétablir des représentations dramatiques en cachette de la police.
Le Théâtre Molière, installé depuis 4791 dans le passage du môme nom, rue Saint-Martin, faisait peu d'honneur à cet illustre patronage, car les directions successives y sombraient l'une après l'autre dans la faillite; en 4806, en désespoir de cause, on l'affubla du nom de Variétés étrangères, et on y joua des traductions; après le décret de 4807, le théâtre fut converti en salle de bal, où la comédie de société se donnait de temps à autre devant un public d'invités. — Le théâtre du Boudoir des Muses, rue Vicille-du-Temple, ouvert seulement en juin 4805, ne fut point protégé par un vocable si poétique contre la proscription de 4807.
Il convient de nommer à part, en raison de son importance et de sa vogue, le théâtre de la l^orle-Saint- Marlin. Cet immeuble, très vaste, avait été btVli en 4781 pour abriter l'Opéra, après l'incendie de la salle du
(1) 9 gorininal an X (30 marri 1S02) : i>b Mannb et MAnktribii, lu Troupe de .\ieolet, p. 117-H8.
(i) Journal dei hébaU, t\ pluviÔHU an VIII (fuuiUolon). (8) Muiirlco ALiiEnT, let ThMtret det bouUvnrdi, p. S27.
Palais-Royal : l'architecte Lenoir du Romain avait exécuté ce tour de force, d'achever les travaux en deux mois et demi sans trop compromettre la solidité. En 1794, l'Opéra avait émigré rue de la Loi, dans la salle neuve réquisitionnée à la Montansier, et le local de la Porte-Saint-Martin était demeuré vacant. En 1802, dans la période de confiance et de prospérité qui coïncida avec l'établissement du Consulat à vie, une société se forma pour exploiter ce théâtre; la réouverture eut lieu avec Piznrre, un mélodrame historique de Guilbert de Pixérécourt. Une savante réclame stimula la curiosité des badauds, et l'on s'écrasait littéralement dans la soirée du 27 septembre 1802, où il fallut, faute de place, renvoyer cinq cents personnes. Ceux qui furent assez heureux pour se caser goûtèrent moins le mérite de la pièce et le talent des acteurs que l'heureuse ornementation de la salle, l'excellence de l'orchestre dirigé par Blasius (l'ancien chef de Feydeau), l'agencement des trucs, la somptuosité des ballets (1). t Jusqu'à présent, » grognait la Décade en rendant compte de la réouverture du théâtre, « il ne surpasse que par son étendue les autres théâtres du boulevard (2). » Sans se laisser déconcerter, les directeurs s'appliquèrent à attirer la clientèle élégante en lui offrant tantôt des mélodrames aussi pauvrement écrits que ceux de l'Ambigu (3), mais dotés d'un luxe éblouissant de mise en scène, tantôt d'élégants ballets-pantomimes. Le succès, un succès trop rapide et trop ostensible, vint couronner leurs efforts :
(1) Tableau do la situation de Paris et rapport de la préfecture de police du 6 vendétniairo an XI (28 septembre 1802) : âulard. Parii sous le Consulat, p. 279-2!80 et 281.
(2) An XI, t. I. p. 567.
(3) Cf. Reicharpt, Un hiver à Partie s$us le Consulat, p. 286g88.
« La Porte-Saint-Martin, » écrivait Geoffroy dès 4804, « commence à devenir une bonne maison, fréquentée par la bonne compagnie... Les places destinées au petit peuple se remplissent peu ; les spectateurs faits pour le boulevard sentent que ce théâtre n'est pas fait pour eux; ils semblent être honteux de paraître dans un salon où il y a tant de beau monde (1). » Dans la nuit du mardi gras de 1805, l'affluence était plus considérable au bal costumé de la Porte-Saint-Martin qu'à celui de l'Opéra (2). Aux représentations, on applaudissait les évolutions d'un nombreux et gracieux corps de ballet, avec MmeQueriau pour étoile.
L'Opéra ne tarda point à s'offusquer de ces splendeurs; les préfets du palais, les ministres m(^me dénonçaient une concurrence qui achevait d'appauvrir un budget toujours en déficit. Sur leurs instances, le décret du 8 juin 1806 réserva à TOpéra le monopole des bals masqués accessibles au public; de plus, une disposition émanant de l'initiative personnelle de l'empereur statuait : « L'Opéra pourra seul donner des ballets ayant les caractères qui sont propres à ce théâtre et qui seront déterminés par le ministre de l'intérieur (3). » Pour plus de sûreté enfin, l'arrtHé ministériel du 25 avril 1807. en cantonnant la Porte-Saint-Martin dans le mélodrame, en lui déniant la faculté de faire exécuter de la musique inédile (4), prenait soin de spécifier : « On ne pourra donner sur ce théâtre des ballets dans le genre historique
(i) Journal di» Itéhnl», '.'> pinirial Jin Ml (fouillolon).
(i) Itiillclin flf polii-f (iii » vfiilAso ail XIII (2s fiivrior ISO.S) : n'IlAi fKnivr, la l'nliff irrrHe du Premier Kmpirt', t I, p. 312.
(8) Art, rt. Coiiinio II n idA dit plus haut, cotte pliroKo fut ajoutéo par NapoK^on Hur la mliiuto ot lé^r/ronioiit roinanii'U par M.tret (cf la ininuto: Al<*. IV. j.ln*! i;i53).
(4) • On nfl pourra oriiiiloyor pour les luorcoaux do chaut que doi airs connuH. »
et noble; ce genre, tel qu'il est indiqué plus haut, étant exclusivement réservé à l'Opéra. »
Au lieu de se courber sous l'orage, sauf à revenir insensiblement ensuite aux errements du passé, les directeurs de la Porte-Saint-Martin, par une sorte de défl^ donnèrent dès le 6 juin 1807 les Sauvages de la Floride, un ballet-pantomime qui traduisait en pirouettes la sentimentale aventure de Ghactas et d'Atala, en substituant bien entendu un mariage à la mort de l'héroTne. Cette invention saugrenue ne rentrait peut-être point littéralement dans « le genre historique et noble », mais elle contrevenait en réalité aux intentions du ministre, qui avait voulu réserver à l'Opéra les grands ballets; de plus, les sauvages de la Porte-Saint-Martin se produisaient dans un cadre étincelant d'élégance, et bien loin de provoquer les critiques, cette infraction à la couleur locale attirait en foule les spectateurs.
Le toile fut tel parmi les défenseurs des grands théâtres, que dans le texte du décret du 8 août 1807, l'Ambigu fut substitué à la Porte-Saint-Martin sur la liste des théâtres conservés. Fermée dès le 45 août, en plein succès, la salle se rouvrit un peu plus tard pour des exercices équestres et des tableaux militaires, grâce à une tolérance relative et éphémère (1).
Dans d'autres quartiers de Paris, on peut citer le théâtre du Marais, fondé en 4791 rue Culture-Sainte- Catherine (notre rue de Sévigné) : ce n'était que par exception qu'une troupe stable y était installée; le plus souvent, ce local donnait asile soit aux acteurs de province qui voulaient se faire connaître à Paris par quelques
(1) Cf., au dernier paragraphe du présent chapitre, ce qui sera dit des Jeux Gymniques.
auditions, soit le dimanche aux troupes des autres théâtres, qui jouaient leur répertoire devant un public local, quasi provincial. — La salle de la rue de la Victoire, déjà mentionnée à propos de l'Opéra-Italien, porta du 16 octobre 1803 au milieu de 1804 le nom de théâtre de la Société Olympique : dans l'espace de ces huit ou neuf mois, trois directions successives trouvèrent moyen de se ruiner (1). — Du 1" août 1799 au 20 avril 1801, la salle Louvois, où la troupe comique de Picard n'avait point encore fixé ses pénates, s'appela le théâtre des Troubadours. En dépit de ce titre, on n'y chantait guère que des couplets, insérés dans des vaudevilles ou des revues dont la police dénonçait fréquemment les tendances frondeuses (2). A la suite d'avertissements comminatoires, les Troubadours ou plutôt leurs fournisseurs dramatiques, changeant brusquement d'attitude, prodiguèrent les allusions platement adulatrices; mais c'était alors la morale ({u'ils offensaient : « Le public, » notait un agent de Fouché après la représentation de la Ficelle ou la Jarretière, « le public s'est plaint de quelques passages obscènes et a fait connaître aux acteurs de ce théâtre qu'il voulait que les mœurs fussent respectées (3). » — Le théâtre des Jeunes fijèvex, dit aussi théâtre de la rue de Thionville
(1) Apr^s 1804, la « salle Olympique », comme on l'appelait, servit (le lernps à autre à dos n'unioiis ou l'tHos exlniordlnairos : c'est ainsi i\nk l'occasion du bapti'-mo du roi de Itotnc les niairus et déput)-H (c'cBt-à-diro délégués miiiiici|)aux) des bonnes villes y donnéreiit un banquet du deux cents couverts {Journal de l'Empire, 2£ juin 1811).
(2) • Lo IhéiUro dos TroubadourH ho montre constatninont l'erinoml do l'ordre et du gouvernement. » (Tableau de la siliialion do l'aris, 8 vonlAso an VIII (21 février 1800) : Aiii.Aiin, Paria nous le Coniulnt, t. I, p. 168).
(3) Tableau de la situation de Paris, 11 tliormidor an Vlli (80 Juillet 1800) : Ibùlem, t. I, p. 556.
(rue Dauphine), ne datait que du commencement du Consulat : il justifiait son nom, car sans parler de Virginie Déjazet, qui s'y produisit âgée de moins de dix ans, la troupe se composait en grande majorité de débutants, animés d'une telle ardeur qu'un soir l'un d'eux eut l'œil crevé dans une scène de combat trop bien mimée (1). Pendant l'été, on fermait la salle pour aller donner des représentations en province.
Un spécimen caractéristique de ces salles de quartier, où les imprésarios se succédaient avec une égale présomption suivie à bref délai d'un égal insuccès, est le théâtre de la Cité, dont nous connaissons en détail la lamentable chronique (2). La construction en avait été commencée en 4790, en face du Palais de Justice, sur l'emplacement de la vieille église Saint-Barthélémy, écroulée en 1787. Ce devait d'abord être le Théâtre Henri IV, mais comme au cours des travaux on avait renversé le trône de Louis XVI et déboulonné la statue du premier roi Bourbon, la salle s'ouvrit le 20 octobre 1792 sous le vocable moins compromettant de théâtre de la Cité. C'est là que débuta, au cours de la Révolution, le fameux pitre Brunet : mais malgré quelques bons acteurs, malgré quelques pièces courues, de celles surtout qui pendant la réaction thermidorienne stigmatisaient le régime terroriste, plusieurs directions y tentèrent en vain la fortune.
Un mois après le coup dÉtat de Brumaire (17 frimaire an VlII-8 décembre 1799), quinze artistes, en désespoir de cause, formèrent entre eux une société
(1) Rapport du préfet de police, 26 frimaire an XI (17 décembre 1800) : Ibidem, t. III, p. 488.
(2) Cf. L. -Henry Lecomte, le Théâtre de la Cité (pour la période napoléonienne, p. 19S-286).
d'exploitation et rouvrirent le théâtre le H décembre 1799. Les finances de l'entreprise n'en marchèrent pas mieux pour cela, et dès le i6, il fallut recourir au commissaire de police pour contraindre les figurants, qui, faute d'être payés, refusaient de paraître en scène (d). Au bout de cinq mois (16 lloréal- 6 mai dSOO), les artistes associés passèrent la main à l'acteur-auteur Camaille-Saint-Aubin, qui intitula le théâtre Cité-Variétés, eut à lutter contre une cabale montée par l'ancienne troupe de l'Odéon (2) et failUt certain soir être matériellement malmené par les spectateurs mécontents (3). En février 1801, Ribié et Ferville devinrent codirecteurs. En novembre et décembre, sous l'étiquette de Théâtre-Mozart, une troupe lyrique allemande donna sans le moindre succès quelques représentations d'opéra. Le 20 mai 1802, le théâtre rouvrit sous la direction d'un marchand de bois, Kémond, qui y joua des comédies, sans couvrir mieux ses frais que ses prédécesseurs. Six mois plus tard (14 novembre 1802), un nouvel imprésario, Lenoir- Saint-Edme, inaugurait sa direction avec un grand concours de curieux (4); le 19 décembre, il faisait débiter un monologue à Martainville, le futur auteur dramatique et pamphlétaire royaliste, qui s'en tint à ce médiocre essai scénique. Une autre direction prit possession le 15 mai 1803, une autre encore le 23 octobre, puis une (juatorzième le 4 aoiU 1805 : mais alors que les
(1) Kapporl du Bureau central sur lo mois do frimaire an VIII : AuLARt), Paris tout le Coniulat, l. I, ]>. 66.
(2) Tableau do la situation de i'aris, 15 prairial an VIII (4 juin 1800) : lliidem, I. I, p. 31)0.
Ci) Tubloau do la Hilualion de Paris, 2tt brumaire an IX (17 novumbri' IHOO) : Ibidem, t. I, p. 81».
(4) Itapporl du préfut do |)ulicu : tk brumaire un XI (li> novembre 1802) ; Ibidem, t. 111, p. 807.
précédentes avaient piteusement sombré, celle-là, sans être plus heureuse, se termina par une tragédie.
Le nouveau directeur était un vieux routier, Beaulieu, qui jadis avait triomphalement géré les Variétés Amusantes. 11 avait dit en rouvrant la salle de la Cité : ï Je brûle mes vaisseaux, et si je ne réussis pas, je me brûlerai la cervelle! » Son entourage avait cru à une gasconnade de cabotin, mais le malheureux tint parole; forcé le 8 juin 4 800 de se retirer avec un gros passif, il lutta quelques semaines pour rétablir ses affaires, puis se tua le 26 septembre (1).
Cette catastrophe donna le coup de grâce au théâtre de la Cité. Du i" janvier au 8 juin 4807, les acteurs des Variétés- Montansicr, contraints par l'autorité d'abandonner le Palais-Royal, y cherchèrent un asile momentané pendant qu'on édifiait à la hâte la nouvelle salle du boulevard Montmartre. Le 44 juin 4807, des acteurs inconnus louèrent le théâtre vacant pour y jouer de vieilles pièces tombées dans le domaine public. Le décret du 8 août 4807 mit un terme à cette lamentable décadence en ordonnant implicitement la fermeture.
En 4808, le (îrand-Orient s'installa dans ce qui avait été le foyer du théâtre. Quant à la salle, elle devint le bal public du Prado, où se divertirent plusieurs générations d'étudiants. Les bâtiments disparurent sous le Second Empire, pour faire place au tribunal de commerce.
La multiplication des petits théâtres devait préoccuper un gouvernement qui ne répugnait point à étendre
(1) De Manne et Ménétrier, la Troupe de Nicolet. p. 9^95.
ses ingérences, et qui se considérait d'ailleurs comme chargé de pourvoir aussi bien à l'épuration des mœurs publiques qu'au maintien des traditions littéraires. Il faut dire qu'ici comme en bien d'autres matières son intervention était sollicitée par l'opinion. On se plaignait des platitudes, des grossièretés, parfois môme des obscénités qui faisaient le fond des répertoires. On dénonçait aussi un autre danger pour les adolescents, plus facilement tentés de se produire comme auteurs ou comme acteurs et voués pour la plupart, au lieu de la renommée et de la fortune dont ils se flattaient, au déclassement et à la misère (i).
Cette question paraît avoir inquiété le Premier Consul dès son accession au pouvoir. Au début d'avril 1800, parmi tant d'objets d'importance majeure qui sollicitaient son attention, il trouvait le temps d'inspirer et sans doute de dicter une lettre de Maret au ministre de l'intérieur, lettre qui rétablissait d'autorité la censure dramatique; un dernier paragraphe réclamait « dans cette décade, un rapport sur les mesures à prendre pour restreindre le nombre des théâtres (2) » . Si le rapport fut fourni, les conclusions en déplurent sans doute, car les choses demeurèrent provisoirement en l'état. Kn 1801, lors de la grande enquête du conseiller d'État Lacuée, le préfet Frochot dénonçait comme une plaie le trop grand nombre des spectacles populaires : t H est inutile de développer ici combien ces établissements nuisent aux mœurs, au goût et aux arts; plusieurs de ceux qui les dirigent ont la bonne foi d'en convenir. — Paris dans son état actuel ne peut pas comporter plus de cinq théâtres, et il faut bien se gar-
(1) I'klict I)K t.A LozAiiB, Opiniont de Napoléon, p. 284-285.
(2) 15 terminal an VIII (S avril 1800) : Correspondance de Napoléon, 4700.
der de les diviser en théâtres dits de la bonne compagnie et théâtres du peuple; c'est entretenir le peuple dans la grossièreté que de lui offrir des farces obscènes et grossières (1). »
La distinction que déconseillait Frochot était pourtant dans la nature des choses : le gouvernement l'accentua en plaçant à l'automne de 1802 les préfets du palais à la tête des grands théâtres. En même temps que des surveillants, ceux-ci trouvèrent désormais en haut lieu des interprètes de leurs doléances; or, ils affirmaient volontiers que le mauvais état de leurs finances tenait à la ruineuse concurrence des scènes populaires (2). C'était un nouvel argument en faveur de la réduction du nombre des théâtres, et c'est celui qui finit par entraîner la réforme.
Le 25 février 4806, Napoléon, rentré depuis un mois de la campagne d'Austerlitz, tint aux Tuileries un conseil d'administration où, avec le ministre de Tintérieur Ghampagny, il n'appela à siéger que le seul Regnaud de Saint-Jean d'Angély (3). Les préfets du palais vinrent successivement rendre compte de la situation des théâtres placés sous leur tutelle respective. Après avoir entendu Luçay sur l'Opéra, Rémusat sur le Théâtre-Français, Auguste de Talleyrand sur l'Opéra- Comique, puis derechef Rémusat sur les Ronflons et le théâtre de l'Impératrice, juxtaposés à la salle Louvois, l'empereur dicta un certain nombre de dispositions
(1) Mémoire à Lacuée : AF, IV, 1012 (passage omis dans la publication de M. Rocquain, Etat de la France au 18 Bi-umaire, p. 266).
(2) Ce grief revient jusqu'à satiété dans les lettres de Mme de Rémusat à son mari.
(3) Cf. le procès-verbal : AF. IV, 1238.
relatives à chaque théâtre; pour clore la séance, il mit à l'élude des mesures générales, ainsi résumées dans le procès-verbal : « Diverses (1) observations ayant été soumises à Sa Majesté sur les moyens d'améliorer la situation des divers théâtres de la capitale, qui, pour la presque totalité, ne se soutiennent qu'au moyen des secours du gouvernement, Sa Majesté invite le ministre de l'intérieur à s'occuper de la rédaction d'un règlement qui aurait pour objet de statuer qu'aucun théâtre ne pourrait s'établir sans l'autorisation de Sa Majesté; que, pour obtenir cette autorisation, les entrepreneurs s'adresseraient au ministre de l'intérieur, lui feraient connaître leurs moyens pour la suite de l'entreprise et fourniraient le cautionnement qui serait réglé, pour la sûreté, soit des acteurs, soit des fournisseurs de théâtres (2); — que tous les théâtres actuellement existant à Paris, les quatre grands théâtres exceptés, remettront dans le courant d'un mois leur état de situation en recette et en dépense au ministre de l'intérieur; que tous ceux qui se trouveront (3) en déficit et hors d'état de couvrir leurs dépenses par leurs produits seraient tenus (4) de se liquider dans un délai lixé, afin de ne point aggraver encore le sort de leurs créanciers en
(1) C'est bien ■ diverses observations » que porlo la minute du procès-verbal (AF. IV, 1238), tandis <pic lo toxlo publi('î dans la Correxpondauee de Napoléon (n» 9883) porto « dtx observations ». A cottu insigniliante et vénielle inexuctitudo, ju n'aperçois qu'un seul motif : les puristes éditeurs de la Corretpondance, trouvant une ligne plus loin la mention des « divers théAtros », ont voulu corriger une répétition qui leur semblait inélégante. Ce petit détail est révélateur do leurs babitiides d'osprit et do leur méthode do travail. Disons pourtant ù leur décharge qu'il ne s'agit peut-être pas ici d'une dictée absolument littérale. On va voir que cette variante n'est point lu seule.
(i) Corretpondance imprimée : « du théAtro ».
(S) Con-npoudance imprimée : « se trouveraient ».
(4) Coireipondanet imprimée : « iorcéi ».
perpétuant une existence qui, lors même qu'elle les ruine, établit une concurrence désavantageuse aux autres théâtres; qu'après la chute de ceux qui se trouveront dans ce cas, tout nouveau théâtre autorisé paiera à rOpéra une rétribution qui sera déterminée. »
Le projet de décret, préparé par le ministre de l'intérieur avec l'assistance de son collègue de la police, puis soumis à la section de l'intérieur du conseil d'État, ne satisfit qu'à demi Napoléon, qui y apporta d'assez nombreuses retouches. Le 18 avril 1806, en séance plénière du conseil d'État, il développait un programme non pas précisément libéral, mais relativement modéré : t II ne faut pas trop réduire le nombre des théâtres ; mais il faut les bien placer : douze (1) théâtres doivent suffire à Paris. On distribuera entre eux les pièces des auteurs morts; une libre concurrence leur sera laissée pour recevoir les pièces nouvelles; les théâtres secondaires auxquels celui do l'Opéra et celui de la République concéderont la permission de jouer des pièces de leur répertoire leur paieront une redevance. 11 faut répartir ces douze théâtres dans les différents quartiers, de manière à ce qu'ils ne se nuisent pas... Je ne crois pas que le gouvernement soit obligé d'indemniser les théâtres qui seront supprimés ou changés de place; c'est assez d'avoir à payer annuellement douze cent mille francs pour les théâtres; il ne sera pas dit que je prenne l'argent du peuple pour des histrions (2). »
Sans imposer de fermeture immédiate, le décret réglementaire du 8 juin 1806 (3) fut rédigé sur les bases
(1) Ce chiffre n'était sans doute pas pris au hasard : l'empereur établissait probablement un rapprochement avec les douze arroudisseiucnts municipaux do Paris.
(2) Pelet de la Lozkre, Opinions de Napoléon, p. 290-2'Jl.
(3) Cf. la minute, avec des correctious et des addilions de la main de Napoléon : AF. IV, plaq. 1353.
indiquées par l'empereur. Aucun nouveau théâtre ne pouvait désormais s'établir à Paris sans une autorisation du souverain, délivrée sur le rapport du ministre de l'intérieur; le solliciteur devait justifier de ses ressources financières, et tout imprésario qui aurait fait faillite ne pourrait plus rouvrir un autre théâtre. Le théâtre de l'Impératrice s'installerait à l'Odéon dès que les réparations seraient terminées, de façon à placer au moins un grand théâtre sur la rive gauche. Le théâtre de la Montansier (Variétés) devait abandonner le Palais- Royal au plus tard le i" janvier 4807, pour couper court aux plaintes que ce voisinage suscitait de la part des sociétaires du Théâtre-Français. Le ministre arrêterait le répertoire de l'Opéra, du Théâtre-Français et de l'Opéra- Comique : pour jouer des pièces empruntées à ce répertoire, les autres théâtres parisiens auraient à obtenir le consentement du grand théâtre en cause et à lui verser une indemnité. Enfin, « le ministre de l'intérieur pourra assigner à chaque théâtre un genre de spectacles dans lequel il sera tenu de se renfermer (1) ».
Kn dehors des mesures précises qu'il prescrivait, comme le déménagement des Variétés, le décret de juin 180() n'amena pour ainsi dire aucun résultat. « Campenon est venu me voir, » écrivait Mme de Uémusat au début du l'année 4807; i il dit qna le nouvel arrêté n'a rien produit, que trois théâtres de plus sont ouverts à Paris depuis trois mois, et (pie, malgré les secours, il ne donne que peu d'années à nos grands spectacles pour
(i) Corinne il a élr dit pr«5cétl(!iiimeiil. l'arMcle <i résnrvuit à l'Opéra lu privlU'-^o du Jouur curlaius bullelH et de donner des LibIh manqué»; l'arlicle 11 tiluluiiil qu'uucuno pièce ne pourrait 6tre Jouée ttant* l'autorisuUuu du niinlHlre de la police ^ùnérale.
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être à peu près perdus. Le fait est qu'il ne fait rien, que l'Opéra est endetté, que Feydeau (4) n'attire personne, et que les Français clochent... Pendant ce temps, tout Paris court au Pied de inouton (2) et aux ballets de la Porte-Saint-Martin (3). » La môme note pessimiste se retrouve dans un rapport officiel, envoyé en avril 4807 au quartier général de Finkenstein par les trois préfets du palais préposés aux grands théâtres, Rémusat, Luçay et Auguste de Talleyrand. Les auteurs mêmes du rapport le qualifiaient de « tableau désespérant des premiers spectacles de Paris » . Ils exposaient qu'au cours de l'année théâtrale 4806-4807 (établie de Pâques à Pâques, conformément à l'ancien usagej, la moyenne des recettes quotidiennes avait été de 40 273 francs, ce qui divisé entre dix-neuf théâtres donnait pour chacun le chiffre dérisoire de 540 francs 80 centimes. Ces chiffres leur servaient de préambule à un âpre réquisitoire contre la multiphcité et la nuisible influence des petits théâtres : « L'on sera cet été dans la nécessité de fermer les théâtres impériaux si le nombre actuel des théâtres subsiste... Que résulte-t-il de cette multitude de spectacles? Le public^ les acteurs se corrompent, et les premiers théâtres de Paris, dont l'Europe entière reconnaissait la supériorité, ne seront bientôt plus que des spectacles de boulevards. Si Votre Majesté daigne jetei les yeux sur tous les théâtres de la capitale, Elle verra rOpcra peu suivi, la Comédie-Française et l'Opéra-Comique prêts à s'éteindre, et les petits théâtres faisant
(1) Ceci doit être un lapsus, puisque Canipcaon était commissaire impérial à l'Opéra-Comique, ot que Mme de Rémusat vient d'écrire déjà « qu'il ne lait rien « : elle a sans doute voulu dire « Louvois », et mis « Feydeau » par mégarde.
(2) Féerie de Martainville, jouée à la Gaieté.
(3) A son mari, 15 janvier 1807 : Lettres, l. II, p. 138.
banqueroutes sur banqueroutes... — Les petits théâtres sont, s'il nous est permis de nous servir de ce mot, l'école primaire du bas peuple, puisque c'est là qu'il mène ses enfants. Si Votre Majesté connaissait Tékéli, Kokoli {\), etc., etc., Elle entendrait quelle langue on y parle et quelle morale on peut tirer de ces pièces... — On objectera peut-être que chacun a le droit d'exploiter un théâtre, que c'est une branche de commerce. Si cette liberté est reconnue, comment refuser aux acteurs des grands théâtres celle de passer sur les petits spectacles, où on leur offre des avantages énormes, et si on ne les arrête, comment empêcher la dissolution des théâtres impériaux?... » En terminant, les préfets du palais faisaient valoir que le décret du 8 juin 4806 était violé, puisque depuis qu'il avait été rendu le nombre des petits théâtres avait augmenté et que la distinction des genres n'était pas respectée (2).
Avant que ces plaintes eussent pu parvenir on Pologne, avant surtout quo Napoléon eût le temps de prendre et do communiquer une décision, lo ministre de rintériourse décida tardivement (25 avriH807)àpubhor l'arrêté de classification qu'annonçait le décret iinpôrial du 8 juin 480G. Il énumérait d'abord, dans des termes qui ont été précédemment rappelés, les trois grands théâtres, en précisant le répertoire de chacun d'eux : le Théâtru-Franfais, dont le théâtre de l'Impératrice était considéré comme l'annexe « pour la comédie seulement»; l'Opéra: l'Opéra-Coniique, avec son annexe rOpéra-IJnlla. Tui.s venaient les dispositions suivantes :
• Art. .'{. — Seront considérés comme théâtres seconda tirs :
(i) Ttkéli ôlait un iiK^lodramo do Pixôrérourl, joué avec succôs à rAnibigii, ol Kokoli une parodie do Tt'kéli. (t) Avril 1807 (sanH date de Jour) : F7. 4333.
« i» Le théâtre du Vaudeville. — Son répertoire ne doit contenir que de petites pièces mêlées de couplets sur des airs connus, et des parodies.
« 2" Le théâtre des Variétés, boulevard Montmartre. — Son répertoire est composé de petites pièces dans le genre grivois, poissard ou villageois, quelquefois méle's de couplets également sur des airs connus.
« 3" Le théâtre de la Porte-Saint-Martin — II est spécialement destiné au genre appelé mélodrame, aux pièces à grand spectacle. Mais dans les pièces du répertoire de ce théâtre, comme dans toutes les pièces des théâtres secondaires, on ne pourra employer pour les morceaux de chant que des airs connus (d). — On ne pourra donner sur ce théâtre des ballets dans le genre historique et noble; ce genre, tel qu'il est indiqué plus haut, étant exclusivement réservé à lOpéra.
t 4» Le théâtre dit de la Gaieté. — 11 est spécialement destiné aux pantomimes de tout genre, mais sans ballets; aux arlequinades et autres farces^ dans le goût de celles données autrefois par Nicotet sur ce théâtre.
« 5" Le théâtre des Variétés étrangères (2). — Le répertoire de ce théâtre ne pourra être composé que de pièces traduites des théâtres étrangers.
« Art. 4. — Les autres théâtres actuellement existants à Paris, et autorisés par la police antérieurement au décret du 8 juin 1806, seront considérés comme annexes ou doubles des théâtres secondaires : chacun des directeurs de ces établissements est tenu de choisir, parmi les genres qui appartiennent aux théâtres secondaires, le genre qui paraîtra convenir à son théâtre...
(1) La partie musicale avait pris dans les mélodrames un développement qui excitait rinquiclude et la jalousie de l'Opéra.
(2) On sait que c'était le nom que venait de prendre l'ancien Théiitre Molière, rue Saint-Martio.