‹ Paris sous Napoleon (volume 4)Chapitre 43 sur 46 · CHANGEMENT DE DIRECTION ET DE SALLE · texte numérisé non relu

CHANGEMENT DE DIRECTION ET DE SALLE

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du i" novembre 1807 à la direction de l'Opéra; quelques jours plus tard, la seconde classe de l'Institut Tapit au fauteuil de Bureau de la Malle, le traducteur de Tacite.

Par amitié pour ses anciens camarades, Picard eût voulu céder la propriété financière du Théâtre de l'Impératrice à l'ensemble des artistes, groupés en société (1). Mais ceux-ci n'arrivèrent point à se mettre d'accord, et l'autorité fit d'ailleurs savoir qu'elle entendait intervenir dans la désignation du nouveau directeur. Picard présenta alors la candidature de son ami Alexandre Duval, auteur dramatique comme lui et comme lui ancien comédien. A la dilîérence de Picard, Duval n'était guère bien en cour : son Edouard en Ecosse avait suscité des manifestations jugées séditieuses, et il lui avait alors paru prudent de s'expatrier ; loin de lui ramener la bienveillance du maître, son Guillaume le Con- ^t^rani avait également déplu, pour des motifs difi'érents. Mais Picard eut l'art d'intéresser Rémusat au sort de son ami; comme à la première ouverture l'empereur fronçait le sourcil en objectant : « Quoi! Duval! mais il a eu bien des aventures! » le nouveau surintendant repartit prestement : t Ah! Sire, des malheurs (2). » Sans soulever plus de difficultés, le souverain donna son approbation (27 décembre 1807).

Le môme jour, Duval, en se réservant la direction avec des appointements annuels de 8 000 francs, rétrocéda la gestion financière de l'entreprise à deux « capitalistes » ou faiseurs d'afi'aires, les sieurs Gobert et Delpont. Il devait en résulter pour lui des litiges et des difficultés interminables (3).

(1) PoREL et MoxvAL, l'Odéon, p. 228.

(2) Alexandre Duval, (Euvres, t. VI, p. 314-315.

(3) Bellier-Dumaixe, Alexandre Duval, p. 148-153.

Le déménagement du théâtre suivit de près le changement de directeur. Depuis l'incendie de 1799, on n'avait cessé d'agiter des projets pour la remise en état de la salle de l'Odéon. Au moment où Picard avait paru faire à Louvois une installation définitive, les journalistes parlaient de transporter sur la rive gauche l'Opéra, qui n'était rue de la Loi (4) qu'à titre soi-disant provisoire (2). A la fin de 1802^ la municipalité du XP arrondissement transmettait au Sénat, en sa qualité de voisin, la pétition d'un grand nombre d'habitants du quartier, qui sollicitaient, dans l'intérêt avoué des propriétaires et du commerce local, l'établissement à rOdéon restauré d' « un théâtre de premier ordre », sans spécifier davantage. Avec cette logique naïve dont les plaidoyers de clocher s'inspirent sous tous les régimes, les pétitionnaires dénonçaient comme scandaleux et contraire à la plus élémentaire équité le fait que « tous les grands étabhssements et tous les grands spectacles de la capitale se trouvent réunis dans un seul quartier, qui fait à peine la cinquième partie de Paris (3) ».

Le principe de la reconstruction fut admis sans trop de peine : on ne pouvait indéfiniment laisser des pans de murs calcinés assombrir le voisinage du Luxembourg. Restait la question des voies et moyens financiers. Un membre de la commission des contributions directes, Guinot, proposait, puisque les habitants du faubourg Saint-Germain désiraient tant cette réédification, d'en couvrir les frais par un douzième additionnel à la contribution foncière des sections intéressées. Son mé-

(1) Sur l'emplacement actuel du square Louvois.

(2) AuLARD, Paris sous le Consulat, t. II, p. 491.

(3) Ibidem, t. III, p. 507-508; cf. Journal des Débats, 2 nivôse an XI.

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