‹ Paris sous NapoléonChapitre 21 sur 53 · III · texte numérisé non relu

III

Les trois ou quatre mille jeunes gens qui se pressaient fthaque dimanche dans la nef de Saint-Sulpice étaient en très grande majorité étrangers non seulement à la dévotion^ mais même à la pratique la plus succincte du catholicisme. Il y avait pourtant parmi les plus assidus un petit noyau d'adolescents vraiment pieux, qui retrempaient leur ferveur dans des réunions plus intimes. A une année près, le rétablissement officiel du culte avait en effet coïncidé avec la fondation à Paris de la fameuse Congrégation. Cette institution, dont l'influence politique sous la Restauration a été ridiculement exagérée par ses adversaires et trop atténuée par ses apologistes, se cantonna durant la période napoléonienne dans le domaine exclusivement religieux, et ne compta qu'un nombre restreint d'adhérents. Elle n'en a pas moins; même à cette époque, une sérieuse importance historique, car elle est le premier en date des groupements laïques qui devaient au dix-neuvième siècle tant contribuer, à côté des cadres hiérarchiques, à développer le zèle et la charité parmi les catholiques de France (2).

Comme le Concordat lui-même, la Congrégation était

(i) La source principale et l'on peut même dire miique, sur îes débuts de la Congrégation, est le. livre de M. Geopproy de Grand-' MAISON (la Congrégation) f composé d'après les archives mêmes ' de la célèbre association. C'est aux chapitres ii à v . de ce livre que sont empruntées toutes les indications rapportées ici sans autre référence,

(2) Cette idée a été développée par M. le comte Albert de Mun, dans la préface qu'il a écrite pour le livre de M. Geoppuoy bte Grandmaison (la Congrégation, p. xv-xvi). , . ^

Page 1