IV. ii
une résurrection. Dès le seizième siècle, les jésuites avaient groupé l'élite des élèves de leurs collèges en sodalités ou en congrégations, placées sous le patronage de la Vierge et destinées à fortifier la piété. Bientôt des associations analogues rasseniblèrent soit les anciens élèves j soit même tous les laïques de bonne volonté, sans distinction d'origine; elles avaient leurs chapelles, leurs exercices, et portèrent plus d'une fois ombrage au clergé séculier (1). Elles avaient sombré dans la catastrophe qui engloutit la Compagnie de Jésus,
Un ancien religieux de cette Société, l'abbé Delpuits, qui après la suppression avait été chanoine de la collégiale du Saint-Sépulcre, à Paris, avait continué depuis la Révolution à pratiquer l'apostolat parmi les jeunes gens des écoles. 11 eut l'idée, pour établir un lien entre eux et pour leur faciliter la persévérance, de former une Congrégation, imitée de celles de l'ancien régime, mais appropriée au nouvel état de choses. La première réunion, qui eut lieu le 2 février 1801, jour de la fête de la Purification, groupa six étudiants en médecine ou en droit; lès adhérents étaient soixante à la fin de l'année, et près de deux cents en décembre 1804; dès 1803, leur nombre rendit nécessaire le sectionnement en deux divisions.
Les réunions avaient lieu tous les quinze jours, chez l'abbé Delpuits, rue Saint-Guillaume. Tantôt l'abbé faisait une instruction, et tantôt l'un des congréganistes donnait lecture d'une dissertation religieuse, sur un point de théologie dogmatique ou mystique plutôt que de controverse apologétique. On entendait la messe avant de se séparer. En dehors de ce court exercice bi-mensuel, les congréganistes étaient engagés à se montrer aussi
'(1) Cf. notamment les doléances répétées du cardinal Le Camus, évoque de Grenoble sous Louis XIV, dont les Lettres ont été publiées en 1892 par le P. Ingold*