IV. 2i
réussit à notablement augmenter le nombre des vocations : du temps de Maury, et bien malgré lui, elle se compliqua d'un malencontreux et dispendieux changement dans le personnel enseignant du séminaire.
Sans rétracter ses préventions contre les sulpiciens. Napoléon avait paru se contenter, dans Pété de 4840, du départ isolé de l'abbé Ëmery et du rachat du séminaire par l'État. Par une de ces contradictions qui semblaient être la règle de ses relations avec le supérieur de Saint- Sulpice, l'empereur, aux réceptions officielles du 4" janvier 4844, affecta d'être particulièrement afïable pour Émery, venu aux Tuileries avec les autres conseillers de l'Université (4). Malgré sa répugnance, Émery dut assister en février 4844 aux réunions de la seconde commission ecclésiastique, chargée de préparer une solution de la crise religieuse : il obtint difûcilement de Bigot de Préameneu de n'avoir que voix consultative. Deux évêques, envoyés par Fesch, le contraignirent à assister au conseil privé du 46 mars^ où la commission ecclésiastique était convoquée avec les grands-dignitaires et quelques conseillers d'État spécialement compétents. Après une diatribe d^une incroyable violence, où Napoléon reprocha au pape d'avoir fait ce qui dépendait de lui pour renouveler « les scènes des Clément^ des Ravaillac, des Damiens (2), > il interpella Émery pour lui demander son avis. L'abbé, en invoquant l'autorité du catéchisme impérial et celle de Bossuet^ soutint la nécessité de la primauté pontificale et la convenance du pouvoir temporel des papes, avec un mélange de fermeté et de respectueuse habileté qui fit l'admiration
(1) Vie de M, Émery, t. II, p. 294.
(2) Ce discours a été reproduit dans la Correspondance de Napoléon, 17478.