SAINTE-GENEVIÈVE-DES-ARDENTS
Cette église, nommée dans notre manuscrit et dans le rôle de i3i3 Sainte- Gencviève-la-Petite , est plus généralement connue sous le nom de Sainte- Geneviève-des-Ardents ; mais cette dénomination moderne n'a rien de commun avec le feu sacré ou le mal des Ardents qui exerça ses ravages à Paris , en 1 1 29. La maladie des Ardents fut extirpée , il est vrai , si l'on en croit la tradition, par l'intercession de la sainte patronne de Paris ; mais il n'est pas dit que l'église de la Cité qui portoit son nom ait été le théâtre d'aucune guérison miraculeuse. Toutes eurent lieu dans le trajet de la châsse qui contenoit les reliques de la sainte, depuis l'abbaye Sainte-Geneviève jusqu'à la
(o) Lebeuf, tome I , page 3^0. (*) Jaillot , tome I , qnartier de la Cité ,
page 89.
4i* RÉSUMÉ HISTORIQUE
cathédrale. De plus, le nom de Sainte-Geneviève-des-Ardents n'est connu que depuis le xvr* siècle; auparavant cette paroisse s'appeloit , comme je lai dit, Sainte-Geneviève-la-Petile , par opposition à la paroisse de Sainte- Geneviève-de-la-Montagne qu'on nommoit la Grande.
Jaillot (a) et Lebeuf (b) assurent tous deux que la sainte bergère de Nanterre avoit eu sa demeure dans la Cité , et que la chapelle de Sainte-Genevièvedes-Ardents avoit été bâtie sur l'emplacement même , ou à peu près , de la maison qu'elle avoit habitée ; toujours est-il qu'on ignore la date de la fondation de cette église. Il est certain , néanmoins , qu'elle existoit au ixr siècle. Un auteur anonyme de ce temps-là dit qu'elle étoit voisine d'une chapelle tle Saint-Jean (depuis Saint-Germain-le-Vieux) et de la rivière. C étoit une dépendance de l'abbaye de Sainte-Geneviève , et s'il faut en croire les deux auteurs que j'ai cités, un hospice où demeuroient les desservans d'une prébende et d'une vicairie que possédoit l'abbaye dans l'église cathédrale. Ces bénéfices furent cédés en 1202, par les chanoines de l'abbaye, à Eudes de Sully, évéque de Paris, en même temps que l'église de Sainte-Gcnevicve-des- Ardents, et c'est à la même époque que cette dernière fut érigée en paroisse. Mlle fut entièrement démolie en 1747» pour l'agrandissement d'un hospice des Enfans-Trouvés qui s'étoit élevé à côté de l'église même, vers la fin du xvnc siècle.
La paroisse de Sainte-Geneviève-des-Ardents étendoit sa circonscription dans les rues du Marché-Palu (aujourd'hui de la Cité), de la Licorne, Neuve Notre-Dame, du Sablon ( qui n'existe plus actuellement) , sur le Petit-Pont, sur la place du Parvis, et dans le cul-de-sac de Jérusalem où l'église étoit située.