SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS
Le territoire de Saint-Germain-des-Prés qui, dans le principe, s'etendoil assez avant dans la partie méridionale de Paris , avoit été considérablement restreint par la construction de l'enceinte de Philippe-Auguste. Les points les plus irnportans que renfermoit cet ancien bourg, sont l'abbaye de Saint- Germain avec les petites églises ou oratoires qui en dépendoient, l'hôtel de Nesles, le Pré-aux-Clercs et l'église deSaint-Sulpice.
J'ai déjà cité (a) un passage dans lequel Grégoire de Tours raeonte la délivrance miraculeuse des prisonniers de Paris , au moment où les (lamine* d'un incendie alloient se communiquer à leur prison. L'historien ajoute qu'aussitôt après avoir recouvré leur liberté ils allèrent en rendre grâce à Dieu , dans la basilique de Saint- Vincent. Ailleurs (Z>), le même auteur parle d'un paralytique qui se tenoit ordinairement au portique de la basilique de Saint-Vincent. Tel étoit, dans le principe, le nom de l'église abbatiale de Saint-Germain (c). On prétend que Childebcrt, dans une campagne qu'il fit en Espagne, contre les Ariens, vers l'an 543, consentit à lever le siège de Sai-agosse, à condition que les habitans lui livreroient la tunique de saint Vincent, dont ils étoient en possession, et que, de retour à Paris , il lit bâtir, pour y déposer cette précieuse relique, une église qui fut dédiée sous le titre de Saint-Vincent et de Sainte-Croix (d).
Quoi qu'il en soit de cette tradition , il est certain que l'église de Saint- Vincent a été bâtie par Ghildebert , à l'instigation de saint Germain, évéque de Paris , vers la fin de la première moitié du vir siècle (e). Le saint évéque fn fit la dédicace le décembre 558 (j) ; il y établit des religieux sous la
(a) Page 409. Histoire Hc Saini-Germain-dcj-Prés , Pièces
(Ay De Gloria Confcssor., c. 190. justificatives , p. 2.
(<•) Elle portail aussi le titre de Sainte-Croix. {/) Le 10 des calendes de janvier. Martr-
(</) Gesta Franc, c. 26. — Ai moin . II, 19. rologe dVsuant. C'est le *3 décembre, et (e) Charte de Ghildebert , dans D. Houillart , non le , comme l'a dit Lebeuf , tome I ,
ET STATISTIQUE. ,j55 conduite de saint Droctovée, qui fut le premier abbé du monastère de Saint-Vincent.
Suivant l'usage du temps , on bâtit plusieurs oratoires aux environs de la grande église. On en oonnoit quatre dont l'un , sous l'invocation de saint Jean-Baptiste, n'étoit probablement que le baptistère de l'église abbatiale. J'en parlerai plus au long dans l'article consacré à l'église de Saint-Sulpice.
La chapelle de Saint-Martin-des-Orges étoit située à l'angle du jardin de l'abbaye , du côté du Pré-aux-Clercs (a), c'est-à-dire à l'angle formé actuellement par la rue Saint-Benoît et la rue du Colombier. Un titre de l'an 1 286 la nomme capella vêtus Sancù-Mariini , ce qui prouve que déjà elle étoit ancienne à cette époque {h). Elle fut abattue en i568 pour faire place aux fossés profonds qui environnoient les nouvelles murailles construites autour de l'abbaye , par ordre de Charles V (c).
(/oratoire de Saint-Pierre , qui existoit primitivement au nord de l'abbaye, et dans lequel saint Droctovée avoit été enseveli, avoit été déjà transporté en 1 392 , à l'endroit où est aujourd'hui la chapelle de l'hospice de la Charité (d).' Cette petite église étoit appelée Saint-Père, dans le langage de l'époque; elle donna son nom à la rue qui passoit à l'ouest, devant son entrée principale, et qui est actuellement connue sous la dénomination altérée de rue des Saints-Pères.
Enûn , un autre oratoire avoit été bâti au midi de l'abbaye de Saint-Germain et dédié sous le titre de Saint-Symphorien. C'est dans cette chapelle que fut inhumé le corps de saint Germain. Mais on l'en retira en 754 , pour le transporter dans la grande église, parce que l'étroite chapelle de Saint- Symphorien ne pou voit plus suffire à l'immense concours de fidèles que les miracles de saint Germain attiraient à son tombeau. C'est à cette époque que le nom du saint évéque de Paris se joignit à celui de saint Vincent pour désigner l'église abbatiale ; il ne tarda pas à prévaloir sur l'ancien nom , et finit par être le seul en usage.
Outre la dédicace faite par saint Germain, le a3 décembre 558, le martyrologe d'Usuard en mentionne deux autres, l'une au 1 1 juillet en ces termes : Dedicatio ecclesiœ sanctœ Crucis et sancti fincentii martyris ; l'autre au 1 g novembre , dont voici l'énoncé : Dedicatio ecclesiœ sanctœ Crucis atque sanctœ Dei genitricis Mariœ et sanctorum martyrum Stephani , Vin-
{a) D. Bouillart , p. 1 24. (c) D. Bouillart , p. 1 60
(A) Lcbeuf , tome I , p. 43o. — Sauvai , {«0 Lebeuf , tome ï , p. 429. Preuves , p. 62.
ce nui et sancti confessons Germani (a). Ces mentions, il est vrai, sont en marge du martyrologe et d'une écriture postérieure à celle du texte; mais ces additions, suivant l'abbé Lebeuf, n'ont pu être faites après l'an ioa4- Outre ces trois dédicaces , il y en a eu une quatrième , faite par le pape Alexandre III, le ai avril 1 163. Il faudroit en conclure que l'édifice de l'église, tel que nous le voyons aujourd'hui, est le quatrième depuis la fondation.
Cependant, Jaillot (b) ne parle que de la première dédicace faite par saint Germain, et de celle que fit, en - 1 163, le pape Alexandre. Il suppose qu'après la destruction entière de l'église et du monastère par les Normands en 885, on laissa tous lesbâtimens et l'église elle-même en ruines jusqu'à la fin du xe siècle, et que ce fut seulement en 990 qu'on rebâtit en entier, et l'église et l'abbaye.
Mais, comme l'a judicieusement observé l'abbé Lebeuf (c), il n'est pas probable qu'on ait laissé pendant plus de cent ans en ruines une église et un monastère aussi importans que Saint-Germain-des-Prés. L'historien du diocèse de Paris pense donc qu'aussitôt qu'on fut délivré des Normands , on rebâtit, sur l'emplacement de l'ancienne basilique, uue église provisoire qui subsista jusqu'en l'an mille, époque ou l'abbé Morard la renversa pour en construire une nouvelle.
Celle-ci a donné lieu à diverses opinions entre divers auteurs. Jaillot assure qu'elle étoit terminée en ioi4> époque ou mourut l'abbé Morard, et dans le fait, elle pouvoit l'être si elle avoit été commencée en l'an loor, comme le présume l'abbé Lebeuf. Cependant , ce savant assure que l'abbé Morard mourut sans avoir mené à fin son entreprise. Mais ce n'est pas là le point le plus important de la question. Jaillot dit que c'est l'église bâtie par l'abbé Morard qui fut dédiée par Alexandre III, le ai avril 1 163 (d), sans parler en aucune manière des autres dédicaces mentionnées dans le martyrologe d'Usuard. Lebeuf («), au contraire, pense que la dédicace de l'église construite par l'abbé Morard est celle qui est placée par le martyrologe d'Usuard au 19 novembre; mais, dans cette dernière hypothèse, on ne sait quel est l'édifice qui fut dédié par Alexandre III.
Ces contradictions apparentes disparoissent, si l'on prend la peine d'examiner les faits avec un peu d'attention. L'épitaphe qu'on lisoit sur la tombe
(a) Lebeuf , tome I , p. 4*3 , 4*4- Cc) Tome I , p. £n5.
(6) Tome V , quartier Saint - Germain , (cl) Tome I, quartier Saint-Germain, p. 3o. p- 23 , 3o. (e) Tome I , page 4*6.
ET STATISTIQUE. 457 de l'abbé Morard, portent qu'il avoit rebâti de fond en comble l'église de Saint-Germain, brûlée trois fois par les barbares (a). Nous savons, en effet, que le monastère de Saint-Germain-des-Prés fut pillé deux fois en 845, en 858, et qu'il fut entièrement brûlé en 86 1 . Il fat réparé huit ans après par l'abbé Gozlin, et c'est probablement alors qu'eut lieu la deuxième dédicace mentionnée par le martyrologe d'Usuard au 21 juillet. Celle qui se fit au 19 novembre, fut sans doute pour l'église qu'on rebâtit lorsque le monastère eut été de nouveau ruiné par les Normands en 886 (b). Enfin , la basilique élevée par l'abbé Morard sur les ruines de cette dernière , fut dédiée par Alexandre III , le ai avril 1 163.
Ce souverain pontife reconnut solennellement, dans cette cérémonie, le privilège dont jouissoit l'abbaye de Saint-Germain de dépendre immédiatement du saint-siége et de n'être en aucune manière soumise à la juridiction épiscopale, privilège qu'elle tenoit de saint Germain lui-même (c) et dont elle avoit joui sans contestation pendant plus de 600 ans.
On ne peut préciser l'époque où la règle de saint Benoit fut introduite dans l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Dom Bouillart (d) rapporte une Charte par laquelle un certain Gammon donne à l'abbaye de Saint- Vincent et de Sainte-Croix de Paris, le monastère de Limeux qu'il avoit fondé et dans lequel il avoit établi des religieuses, suivant la règle de saint Benoit ; ce fait sembleroit prouver, qu'à l'époque de cette donation, qui est du sixième jour d'avril 697 , la règle de saint Benoit étoit suivie dans l'abbaye de Saint-Germain.
Je ne m'étendrai pas sur les importons services que les religieux bénédictins ont rendus aux lettres et à l'histoire. Personne n'ignore qu'ils se sont dévoués à tirer de la poussière des archives, les documens les plus utiles et les plus curieux pour l'histoire du pays. C'est aux bénédictins que l'on doit l'idée et le commencement des vastes collections, dont la publication est aujourd'hui continuée avec le même zèle et le même succès par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. La bibliothèque de l'abbaye étoit un trésor
(a) D. Bouillart, p. 71 .
(&) Le poème d'Abbon contient quelques détails sur cet édifice : on y apprend qu'il avoit des fenêtre» de verre , une tourelle très élevée, et que la toiture étoit d'une prodigieuse élévation. ( Liv. I, v. 47 1-486.;,
(c) Voiries lettres d'Immunité données par
saint Germain; D. Bouillart, Pièces justificatives , p. iij ; et la relation de ce qui s'est passé à la dédicace de l'église de Saint-Germain par Alexandre III , Aid., p. 4t.
(d) Histoire de Saint-Germain-des-Prés , Pièces justificatives, pages vj , vij.
inépuisable que les religieux mettaient constamment à la disposition de» hommes de lettres. Cette mine féconde n'est pas perdue pour les sa vans , la Bibliothèque du Roi a hérité d'une partie de ses riches dépouilles. Les nombreux cartulaires de l'abbaye, les terrien, les censiers, les chartes détachées, relatives au temporel de ce monastère célèbre, sont tous déposés aux Archives du Royaume.
L'hôtel de Nesle. — J'ignore à quelle époque le nom d'hôtel de Nesle fut appliqué au vaste édifice qui occupoit tout le terrain compris entre la rue Dauphine et la rue de Seine. Dans le terrier de Saint-Germain-des Prés, de l'an i/f85, je trouve que le roi payoit à l'abbaye 48 sous de rente pour sa maison , située dans la rue des Grands-Augustins, a appelée d'ancienneté « hostelde Nesle, tenant aux Augustins d'une part, aux murs de Paris d'autre « part, qui font clôture dudit hostel, et aboutissant par devant à la dite rue « et à la tour Phelipe Hamelin, qui est dedans la rivière de Seine. » Ou voit qu'à cette époque, la tour, depuis si fameuse sous le nom de tour de Nesle, portoit encore son ancien nom de Philippe Hamelin ; mais l'hôtel attenant se nommoit déjà depuis long-temps, d'ancienneté ', l'hôtel de Nesle. Ce nom étoit en usage dès l'an i3i3. D. Félibien (à) rapporte une charte de Philippe-le-Bel , en date du a3 mai 1 3 1 5 , par laquelle ce monarque enjoint expressément au prévôt des marchands de bâtir un quai sur la rivière doant sa maison de Nesle, ante domum nostram de Nigetta. Cet hôtel appartenoit à la famille de Nesle et devoit en porter le nom antérieurement à i3o8, car il fut vendu cette aunéc là-même à Philippe-le-Bel par Amauri de Nesles, moyennant la somme de 5ooo livres (b).
Notre manuscrit contient sous la rubrique suivante, dans la paroisse Saint- André-des-Arts, sur la rivière jusques aus Sas , une mention ainsi conçue : Le concierge de Néele. D'après tous les témoiguages que je viens de rapporter, on ne peut douter que le contribuable qui est ainsi désigné ne fût réellement le concierge du fameux hôtel de Nesle contigu au couvent des Sachetins. Il y avoitdonc, dès l'an 1292, à Paris, deux hôtels portant simultanément le nom d'hôtel de Nesle. Jaillot (c) cite un censicr de l'archevêché de Paris, remontant à Tan 137a, qui prouve qu'à cette époque l'hôtel de Nesle, situé sur l'emplacement de la Halle-nu. Blé actuelle, n'avoit pas encore perdu son aucien nom.
(a) Tome I , Dissent. , p. exiij. (c) Tome 11 , quartier Saint - Euslaehe .
{6) Jaillot , t. V, quartier Saiut-Germain , page i3. p. 68.
ET STATISTIQUE. frj Les tours de l'vuceinte méridionale de Paris forinoieut, à l'ouest, la clôture de l'hôtel de Nesle; de l'autre côté des fossés s'éleva plus tard un autre petit palais ou maison de plaisance, qu'on appela le petit séjour de Nesle. Le pavillon occidental du palais de l'Institut occupe une partie de l'emplacement sur lequel étoit bâti ce séjour. Le reste du palais, l'hôtel des Monnoies, et les maisons intermédiaires ainsi que celles qui sont entre la rue Dauphinc et la rue de Nevers, sont construits sur le terrain que recou v roi t anciennement le grand hôtel de Nesle.
En i55a, ce vaste édifice fut vendu aux enchères avec toutes ses dépendances, par ordre d'Henri IL En i58o, il fut acheté par le duc et la duchesse de Nivernois et prit alors le nom d'hôtel de Nevers (a), nom qui est resté à la petite rue qui communique du quai de Conti à la rue d'Anjou.
En 1 64 1 , Marie de Gonzague , veuve de Louis de Gonzague , prince de Mantoue et duc de Nevers, qui a voit fait construire un nouvel hôtel sur l'emplacement de l'ancien hôtel de Nesle (b), obtint la permission de vendre les matériaux de cet ancien hôtel et la partie de son emplacement qui n'avoit pas été employée pour le nouvel édifice , afin d'y bâtir des maisons et d'y percer des rues. Henri de Guénégaud , ministre secrétaire d'État , fut un des acquéreurs. Il fit élever un hôtel qui est aujourd'hui remplacé par l'hôtel des Monnoies, et percer le long des murs de son jardin la rue à laquelle il a laissé son nom (e).
Le Pré-àux-Clercs. — Un pré immense, situé sur le territoire de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, s'étendoit sur la rive gauche de la Seine depuis l'endroit où débouche aujourd'hui la rue des Saints-Pères, ou à peu près, jusqu'au delà des Invalides (d). C'est probablement de ce pré que veut parler Abbon, lorsqu'il dit, dans le premier livre de son poème (e), que les Normands tentèrent de s'emparer de la plaine située auprès de la belle église de Saint-Germain. Personne n'ignore les nombreux procès que la jouissance de ce vaste terrain a fait naitre entre l'Université de Paris et l'abbaye de Saint- Germain. Dès l'an 1 165, les écoliers avoient choisi le pré voisin de l'abbaye pour le théâtre de leurs amusemens, et ils lui avoient en conséquence donné
(a) Jaillot, tome V, quartier Saint-Germain- (d) Voir le plan du faubourg Saint-Gei-
des-Prés, p. 68. main , en téte de Y Histoire de C Abbaye, par
{b) D. Bouillait, p. 201 . D. Bouillart.
(c) Jaillot, tome V, quartier Saint-Ger- (e) Livre I, vers 461 ,468 main-des-Prés , p. 54-
\Go RÉSUMÉ HISTORIQUE
le nom de Pré-aux-CIercs qu'il a toujours porté depuis. Le pape Alexandre III, à son arrivée à Paris, reçut les premières plaintes de l'Université relativement au Pré-aux-CIercs. Les écoliers prétendoient avoir été maltraités par les religieux de Saint-Germain, ils demandoient une réparation. L'affaire fut évoquée au concile de Tours, qui se tint pendant le mois de mai de l'an ii63. Les écoliers parurent sans doute mal fondés dans leurs plaintes, car, sans se prononcer directement sur le sujet de la contestation, le concile leur imposa silence (a). Cette décision, au lieu de terminer une querelle qui ne faisoit que de naître, servit à développer, entre l'abbaye et l'Université, un germe de discorde qui ne tarda pas a porter ses fruits. Presque toujours l'abbaye fut maintenue en possession de la justice du Pré-aux-CIercs, mais les rixes sanglantes qui furent occasionnées par les voies de fait auxquelles se livroient les écoliers contre les gens de l'abbaye, eurent quelquefois pour celle-ci de fâcheux résultats. Ainsi, par suite de la querelle qui ensanglanta le Pré-aux-CIercs, l'an 1278, l'abbaye de Saint-Germain fut condamnée à indemniser les parens de deux clercs de l'Université qui avoient perdu la vie, à fonder deux chapelles (b) dont les chapelains, présentés par l'Université, célébreroient tous les jours la messe pour le repos de l'âme des deux victimes, et à doter ces deux chapelles de 20 livres parisis de rente perpétuelle pour l'entretien des chapelains (c).
Le petit Préaux-Clercs n'existoit pas encore en 1292. On donna ce nom par la suite à deux arpens et demi de terre, situés à l'est du grand Pré-aux- CIercs, sur les bords de la Seine, et qui furent cédés à l'Université par les religieux de Saint-Germain en i368(ef).
Saint-Sulpice. — On s'accorde généralement à croire que l'église de Saint- Sulpice a été bâtie sur l'emplacement de l'ancien oratoire de Saint-Jean dont j'ai parlé plus haut (e). Mais à quelle époque a-t-elle été érigée en paroisse? C'est ce qu'on ne peut déterminer avec précision. Jaillot (J) pense que Saint-Sulpice a succédé comme paroisse, dans le cours du xne siècle, à l'église de Saint-Pierre dans laquelle on aurait primitivement célébré les of-
(a) Félibien, tome I , p. 191 . — D. Bouill«rt , p. 92.
(b) L'une dans l'église de Sainle-Cathcrinedu-Val-des-Écoliers , l'autre dans l'ancienoc chapelle de S;iii>t-Martiii-dcs-Orges prèi de l'abbaye.
(c) D. Bouillait, page 189. — Félibien, tome I, p. 436.
(d) D. Bouillart, p. 160.
(e) Lebenf , tome I , page 444- — Jaillot , tome V, quartier du Luxembourg, p. 5i.
(/) Ibid., et p. 55.
ET STATISTIQUE. 461 fices pour les gens et les vassaux de l'abbaye. Il est certain que Saint-Sulpice étoit une église paroissiale en iaio. Le curé de cette église étoit une des parties intéressées dans la contestation qui fut terminée par la sentence arbitrale du mois de janvier de la même année (à).
En 1646, Olier, curé de Saint-Sulpice, fit abattre l'ancienne église devenue trop étroite pour le grand nombre des paroissiens. U en commença une nouvelle qui ne fut pas terminée et que l'on démolit dans la suite parce qu'elle fut encore jugée trop peu spacieuse. En i655, on jeta les fondemens de l'église actuelle. Les travaux furent interrompus en 1674 par suite des dettes considérables que la fabrique avoit contractées pour avancer l'édifice. Ils furent repris en 1719, grâce au zèle et à l'activité de Languet de Gergy, curé de Saint-Sulpice, qui eut la gloire d'en procurer l'achèvement, et l'église fut dédiée le 5o juin 1746, sous l'invocation de la Sainte-Vierge, de saint Pierre et de saint Sulpice.