DICTIONNAIRE DE JEAN DE GARLANDE
Le Dictionnaire de Jean de Garlande, composé dans la seconde moitié du xi* siècle, est un document curieux et utile sous plus d'un rapport. L'auteur y passe en revue toutes les industries qui existaient à celte époque dans Paris (a) ; il donne, pour chaque artisan, tantôt la Ifste des outils qu'il emploie, tantôt I •■numération des objets qu'il vend , qu'il répare^pu qu'il fabrique. Cette nomenclature est précédée de quelques notions d'anatomie où Jean de Garlande décrit, en six articles, la structure intérieure et extérieure du corps humain. Le reste de l'ouvrage contient des notions quelquefois incomplètes, mais toujours intéressantes, sur divers sujets, traités chacun dans un article à part. La rhétorique , la médecine , la navigation , l'architecture , l'art de la guerre , la manière de s'habiller, de se nourrir, de meubler sa maison , la culture des bois, des vergers et des jardins, tout devient pour le savant écrivain une source féconde d'observations curieuses. Chaque article du texte est suivi d'un commentaire assez étendu. Malheureusement ce commentaire, presque toujours rempli de puérilités grammaticales, est souvent insuffisant pour l'intelligence des passages obscurs et difficiles.
Cet opuscule de Jean de Garlande remplit les vingt-huit premiers feuillets d'un manuscrit de la Bibliothèque du Roi , petit format in-4", sur vélin , à deux colonnes, coté au premier feuillet : Supplément l. 194* °. 11 est d'une jolie écriture du xiii* siècle (b). Le titre qui est en téte du manuscrit et qui est ainsi conçu : Magistri Johan. de Gallandia dictionarius, est d'une écriture bien moins ancienne; mais, à la fin de l'ouvrage , on lit cette souscription , tracée de la même main que le corps du manuscrit : Explicit dictionarius magistri Johannis de Gallandia.
Les auteurs de Y Histoire littéraire de la France attribuent (c) à Jean de Garlande trois dictionnaires, dont l'un , signalé par Mont faucon , dans sa Bibliothèque des Manuscrits (d), a pour but de faire connoitre les mots les plus en usage dans les entretiens familiers : c'est celui que je publie. Le dessein de l'auteur est clairement exprimé dans le premier article, où il expose ainsi l'objet de son livre : « Dtction-
(«) Voii l'art, vi. (c) Tome VIII, page» 96, 97.
, /' j Je dois U connoissance de ce manuscrit à (d) Tome II, pag. 1286. l'obligeance de M. Guérard, couservateur-wljoint au département des manuscrits.
APPENDICE. 58i
« narius dicitur libellus iste a dictionibus magis necessariis, quas tenetur quilibet « scolaris, non tan tu m in scrinio de lignis facto, sed in cordis armariolo retinere, n ut ad faciliorem orationis constructionem et enunciationem possit pervenire , et « primo ut sciât vulgaria nominare. » Cet opuscule comprend donc les mots les plus en usage, mais il ne définit pas les objets que désignent ces mots. Il eût été à désirer que nous eussions pu ajouter à notre publication un autre vocabulaire du même auteur, dont parle Pitseus, et qui est destiné, suivant le biographe anglais, à expliquer les choses, ad res explicandas. Ce recueil de définitions, que je n'ai pu retrouver, auroit bien utilement suppléé à l'insuffisance de notre commentaire.
Il est encore une autre source à laquelle je regrette de n'avoir pu recourir pour les annotations dont je devois accompagner le texte du Dictionnaire de Jean de Garlande : c'est une première édition de ce Dictionnaire, qui paroit avoir été faite à Caen, le la janvier i5o8, sous ce titre : Johannis de Garlandia vocabularium , sive vocurn ad artes pertinentium exposilio. C'est du moins ce qui résulte d'une note écrite moitié au crayon, moitié à la plume, sur la garde du manuscrit de la Bibliothèque du Roi, Supplément, 1. na 19 ',' . qui renferme le Dictionnaire de Jean de Garlande. Voici la teneur de celte note :
« J'ai cet ouvrage de Garlandia, imprimé par les soins de Vincentius Carrer, in « civitate Cadomensi, per Laurent ium Haslingue, 17 pag. in-4°, sans chiffres (a). « Et on lit à la fin : Eximii viri Johannis de Garlandia, ephebis insomnibusque « dediti , ac in dies recipiscere sperantibus, officiosissimi viri magistri Fincentii Carrer « examine castigatus, familiari demum , ut maxime potuit , explanatione commentas, « januarii pridie idus, anno a nativitate millesimo quingeutesimo octavo, aureus, n quem valentissimi quisque ingenii pervisere tenentur, dictionarius féliciter explicit.
« Et c'est ainsi que finit l'édition de ce Dictionnaire très curieux par l'époque du « xi* siècle où il a été fait, mais le commentaire qu'en a fait Vincent Carrer n'est « pas le même que celui de ce manuscrit. »
Quel que soit l'auteur de cette note, elle est conçue en termes trop précis pour qu'il soit possible de douter de la publication qu'elle signale. Un rapprochement que me fournit l'article consacré à Jean de Garlande dans V Histoire littéraire, semble confirmer encore le fait de l'impression de son Dictionnaire à Caen, au commencement du xvi* siècle. On lit, dans cet article, que le poème de Jean de Garlande sur le A/épris du monde a été imprimé avec un commentaire, à Caen, par Laurent Hasting , probablement le même que celui qui auroit donné l'édition du Dictionnaire. Ce poème forme un volume in- 1 ; il est sans date. Il peut se faire que le succès du poème ait porté le même imprimeur à publier plus tard le Dictionnaire, et cette
(a) Ici cesse l'écriture au crayon , et commence l'écriture a la plume. Il est évident que l'auteur de la note l'a commencée de mémoire,
minée à loisir, ayant son exemplaire imprimé à la maiu.
58a APPENDICE.
conjecture est d'autant plus fondée en raison , que le Dictionnaire dont il s'agit était écrit à la suite du poème sur le Mépris du monde , dans le manuscrit signalé par Montfaucon , et qu'il n'est pas sans vraisemblance que ces deux pièces aient été pareillement jointes ensemble dans plusieurs autres manuscrits.
Quoi qu'il en soit de cette ancienne édition , on ne peut nier qu'elle ne soit devenue extrêmement rare. Elle a été inconnue à Fabricius , à Montfaucon , aux auteurs de Y Histoire littéraire, à Ducange et à D. Carpentier. Les catalogues des imprimés , à lu Bibliothèque du Roi , ne contiennent aucun ouvrage de Jean de Garlande , et les recherches que j'ai faites dans les autres bibliothèques de Paris . pour y découvrir quelques traces de son Glossaire imprimé, ont été sans résultat. Une réimpression du Dictionnaire de Jean de Garlande doit donc avoir aujourd'hui tout le mérite et tout l'attrait d'une première édition.
Je n'ai rien épargné pour rendre cette publication aussi correcte que possible. Le manuscrit du Zni* siècle a servi de base à mon travail , mais le texte , en plusieurs endroits, m'a paru altéré. J'ai eu recours, pour le rectifier, à deux autres copies du même Dictionnaire, qui existent aussi à la Bibliothèque du Roi, dans un manuscrit, sur papier, que je crois être de la fin du xiv* siècle. Il est coté sur la garde ^7679.
La première de ces deux copies , que je désignerai sous le nom de manuscrit A , ne renferme pas de commentaire. La traduction de quelques mots latins en vieux françois s'y trouve seulement intercalée dans le texte par forme de parenthèses. Plusieurs feuillets ont été arrachés, ce qui cause deux lacunes très considérables, l une qui va de l'article xxix à l'article xliv inclusivement, l'autre de l'article lv à l'article lxviii, aussi inclusivement : l'article li> a été omis par le scribe.
La seconde copie, que j'indiquerai sous le nom de manuscrit B, contient, comme le manuscrit du xm* siècle , un commentaire après chaque article ; mais ce commentaire n'est pas exactement le même dans les deux manuscrits. Cette copie présente , au commencement, une lacune qui s'étend depuis l'article 11 jusqu'à l'article xvi inclusivement, et le manuscrit s'arrête à l'article m, après lequel vient la formule d'usage: explicit, etc.
Quoique dans ces deux manuscrits le texte soit encore bien plus défectueux que dans celui du xiu* siècle , ils n'ont pas laissé que de me fournir, en plusieurs endroits, quelques corrections heureuses.
Je n'ai emprunté aux commentateurs que les explications qu'ils donnent des mots difficiles à comprendre et la traduction de ces mots en vieux langage françois. J'ai distingué les traductions françoises du xrv# siècle de celles du xm' ; en conséquence, toutes les explications tirées des gloses du manuscrit A ou des commentaires du manuscrit B ont été placées entre deux parenthèses , lorsque leur source n'a pas été indiquée d'une manière plus explicite.
Quand j'ai trouvé dans le texte du manuscrit des gloses françoises, soit en interligne, soit à la suite des mots latins , je les ai laissées dans le texte, en les enfermant entre deux crochets.
Enfin , j'ai renvoyé, dans des notes au bas des pages, l'explication des passages obscurs du texte pour lesquels les commentaires ne me fournissoient aucun secours, et les éclaircissement nécessaires pour l'intelligence de ces mêmes commentaires.
Je terminerai ce préambule par une très courte notice sur l'auteur auquel on attribue le Dictionnaire que je publie. Jean de Garlande , poète et grammairien , écrivoit vers le milieu du xi« siècle. Le biographe anglois Jean Pits , plus connu sous le nom de Pitseus , a revendiqué, pour son pays, l'honneur d'avoir donné naissance à cet écrivain. Cette prétention a été admise sans contestation par Fabricius , par Moreri el par Ducange. Cependant elle u a voit guère d'autre fondement que la dédicace d'un poème de Jean de Garlande à un évoque de Londres, dont le nom, indiqué dans l'ouvrage par une simple initiale , n'a jamais pu être bien constaté.
Les auteurs de Y Histoire littéraire sonllcs premiers qui aient réclamé contre l'opinion de Pilseus sur la patrie de Jean deGarlande (a). Ils ont fait observer : i». qu'avant Guillaumc-le-Conquérant les noms de famille et les noms de terre étoienl iuconnu> dans la Grande-Bretagne; 2°. qu'il n'y a pas dans toute l'Angleterre un lieu d'où Jean de Garlande ait pu tirer son nom, tandis qu'en France il y a, dans la Brie, une terre de Garlande dont les seigneurs ont formé la célèbre famille des Garlande qui a produit, pendant le xu' siècle, plusieurs grands officiers de la couronne; 3°. enfin, qu'avant la conquête de l'Angleterre par Guillaume-le-Bàtard, ce pays ne possédât pas un seul homme qui eût une aussi grande variété de connoissanecs que Jean deGarlande. D'après ces données, voici comment les savans bénédictins établissent la biographie de notre auteur :
ci IN" c cm France, après les premières années du xi* siècle, il porta le surnom de Garlande, soit parce qu'il étoit issu de l'illustre famille des Garlande, soit parce qu'il avoit reçu le jour dans la terre de Garlande en Brie. Jean passa en Angleterre, après la conquête de ce royaume par Guillaume-le-Bàtard , à l'exemple de tant d'autres savans françois qui firent le même voyage, et il y enseigna avec honneur. Il vécut au moins jusqu'en 1081 , mais on ignore s'il finit ses jours en Angleterre ou s'il vint mourir dans son pays. »
Le Dictionnaire de Jean de Garlande peut servir à jeter quelque lumière sur les dernières années de la vie de son auteur. Les raisons alléguées par les bénédictins pour combattre l'opinion généralement adoptée jusqu'à eux, que Jean de Garlande étoit originaire d'Angleterre, me paraissent suffisantes au moins pour établir que cet écrivain étoit né en France. Son Dictionnaire semble avoir été composé à Paris. Avant d'entamer la nomenclature des métiers, Jean de Garlande s'exprime en ces termes (b) : «. JNous avons à noter les instrumeus nécessaires à l'entretien du corps, n tant à la ville qu'à la campagne , mais auparavant je nommerai les choses que j'ai « observées en marchant dans la ville de Paris. » Ailleurs , le même auteur signale
(n) Tome VIII, pag. 85. {b) K« tt.
les objets qui se vendoient sur la place du Parvis-Notre-Dame, les artisans qui demeuraient sur le Grand-Pont et près de la porte de Saint-Lazare (a). Veut-il exprimer l'intérêt que portent les chevaliers aux ouvriers dont l'industrie a quelques rapports avec la profession des armes , il dit que ces ouvriers sont chéris par les nobles chevaliers de France , que leur métier est d'une grande utilité pour toutes les villes de la Gaule (b). S'il révèle la mauvaise foi de certains marchands , les manœuvres perfides de certaines femmes , il en signale comme victimes les écoliers de Paris (c). D'après cela, quand l'auteur parle de sa maison, de son jardin, de son bois, de son verger, de ses meubles , etc. (<i), on est autorisé à croire que , lorsqu'il a écrit son Dictionnaire , il avoit ses biens et sa demeure en France , et probablement à Paru.
Mais nous voyons, par un autre article (e), qu'antérieurement à cette époque Jean de Garlande avoit fait un voyage sur mer, et qu'il regardoit la France, où il éloit retourné, comme son pays natal. « En partant pour tes pays étrangers, dit-il, « j'ai vu sur la mer, » etc. , et un peu plus bas : « au milieu des naufrages, j'ai « considéré les supplices des martyrs. »
Enfin , on peut tirer d'un autre article du Dictionnaire de Jean de Garlande une induction assez plausible de l'époque où cet ouvrage a été composé. Lorsqu'il fait l'énumération des machines de guerre en usage dans l'attaque et la défense des places, il dit qu'il a vu toutes ces machines dans la cité de Toulouse , « le tumulte « de la guerre n'étant pas encore appaisé (f). » Or, l'histoire ne présente, dans le cours du xi* siècle , que deux circonstances où la ville de Toulouse ait été exposée à un siège. En 1079, il survint une querelle entre Guillaume IV, comte de Toulouse, et Gui-Geoffroi , comte de Poitiers. Celui-ci , battu d'abord par son rival , devant Bordeaux , entra ensuite dans le Toulousain , ravagea tout le pays et s'empara de la capitale , qu'il rendit bientôt après. Plus tard , en 1098 , pendant que Raymond de Saint-Gilles, fils de Guillaume IV, comte de Toulouse , faisoit la guerre en Palestine, Guillaume VU , comte de Poitiers , qui avoit épousé la sœur de Raymond de Saint - Gilles, entra à main armée dans le Toulousain, sous prétexte de revendiquer le* droits de sa femme, et se rendit maître de Toulouse au mois de juillet. Le Dictionnaire que je publie serait donc écrit vers l'an 1080, ou bien vers l'an 1098, ce qui reculerait les limites assignées par les bénédictins à la vie de notre auteur.
En réunissant les considérations présentées par les auteurs de l'Histoire littéraire, et les inductions tirées du Dictionnaire de Jean de Garlande, on peut conclure avec assez de vraisemblance :
i°. Que l'auteur de ce Dictionnaire étoit né en France;
(a) Voyez le* nM xv, xvui, juv, xxxvn. (</) ti- lxxiii-ixxyu.
{b) Voyez Ici n" ix et xii. (e) fi* lxxyiii.
(c) Voyei les n" xvi, «vu. (/) N« xtviii.
APPENDICE. 585 a". Qu'il avoit passé la mer et fait un voyage en pays étranger ; 3°. Que, vers la fin du m' siècle, il étoil de retour en France , où il avoit ses biens et son habitation ;
4*. Qu'il a probablement vécu plus long temps que ne l'ont cru les auteurs de YHistoù-e littéraire ,
5«. Enfin, qu'il a vraisemblablement fini ses jours en France, où il étoit né.
MAGISTRI JOHANNIS DE GARLANDIÀ DICTIONARIUS (a).
I. Dictionarius dicitur libellas iste a dictionibus magis necessariis, quas'tenetur quilibet scolaris, non tantum in serin io de lignis facto, sed in cordis armariolo retinere, ut ad faciliorem orationis constructionem et enunciationem posait pervenire , et primo , ut sciât vulgaria nominare. Placet igitor a membris humani corporis inchoare , rerum promptuarium evolvendo.
II. Inter parles humani corporispesinferior est , cujuspars est planta callosa , talus rotundus , arliculi quinque divisi cum totidem unguibus ; collateralis et sophena caville , cui vicina est tybia, quae columpna (est) subportaus corporLs edificium. Os concavum rotunde tybie repleri débet medulla. Tybie vero sunt partes musculus et cartillago. Musculum subsequilur poples vel suffrago , quod idem est, et genu, et internodium ; et ei crus vicinum est , sive fémur pubi m'aritatur.
*Pes dicitur a pos grece, a quo antipodes dicuntur habitatores (alterius) emisperii, si verum est eos esse (b). Planta callosa, id est callus qui est cutis mortificata in pedjbus et in manibus per longum la bon ni. — ( Musculus, gallice molet). — Sophena dicitur quasi sophie vena, quia, si grossa est in dextro pede, significat bonum ingenium (c). — Pubes, nomen equivoquum est : scilicet ad juvenem et ad pubem, qui gallice dicitur pervilg, etc. — Internodium (apud) Ovidium dicitur tota dispositio ipsius genu cum sua concavitate (d).
(a) Chaque article du texte commence par un chiffre romain; le commentaire est distingué du texte par un astérisque (').
(b) Le trait qui termine cette phrase m'a paru digne d'être conservé. L'existence des antipodes étoit déjà connue, ou du moins soupçonnée du temps de saint Augustin ; mais pendant longtemps l'Église a réprouvé la croyance de ce fait. Au huitième siècle, Virgile, avant de devenir évèque de SaUbourg, avoit été excommunié pour avoir cru aux antipodes. Notre commentateur, qui écrivoit vers la fin du treizième siè-
cle, émet prudemment un doute sur cette question, qui étoit encore incertaine, et dans laquelle il étoit peut-être dangereux de se pro-
(c) Je n'ai pas trouve dans Ducange on mot qui ressemble â celui de sophena.
(d) Internodium. Ce mot appartient à la bonne latinité ; il désignoit, daus les arbres du genre des bambous, l'espace compris entre deux nœuds. Ovide a appliqué le mot internodium à l'articulation du genou. (Meïamorph., liv. VI, vers i56.)
III. Si velis reserare secret* humane nature , causa doctrine, non débet ascribi ruslicitali sed ration i , cujus est causant assignare quare natura tria dédit bomini genitalia, qua3 sunt virga virilis et duo fratres penduli qui sunt testiculi. Prope perythonium, in muliere, est valva ventris, qu® dicitur vulva , quam sequitur matrix in qua concipitur infans cum voluptate viri et mulieris, cujus virtus est in umbiculoet in renibusejus, cujus nates displicent viro religioso, terga, et spondilia cum ventre (a).
IV. Causa doctrine, inter alias partes corporis h u m an i numquid nominabo, qua? ruslicusderisorie nominabit, tentiginem , culum et podicem? IHa non nominabo , subintellecta,sed ista: latera, lacertos, cubitos, palmas, digitos , juncturas, ungues ; nec preterire volo pollicem, indicem, médium, medicum, auricularem, bumeros etacellas (&). Pars bumeri est homplanta (c). Pars pectoris est torax et mamilla , et est idem quod raunimentum ventris. Collum candidum , cum gutture candido , in muliere placet. Rétro, in capite, sunt h«ec : fontinella et duo cornua , qui bus vicine sunt aures pcr quas colera expurgatur. Parles nasi sunt hœc : pirula naris, interfinium. Partes oris sunt ille : lingua, palatum , guttur, dentés, ginniva, uvula (ci), gula, labra , ysophagus et epyglotum. Sed partes oculi dicuntur palpebne, cilium, pupilla, et tunica sclirotica (e). Frons supercilio proxima est, et fronti imminent capilli, qui dépendent undique circa discrimen ubî clericalis corona ostendit sanctuarium Dei.
♦Medicus (dicitur digitus) eo quod illo medici imponunt medicinam (f). — Torax est ferreum mutiimen yentris quod habent milites, et idem est quod tunica ferrea.
— Mamilla dicitur per onomathopean , id est per nomen fictum a sono in ore pueri lactentis. — Fontinnella est concavitas colli inter duos tumores qui dicuntur cornua.
— Interfinium dicitur ab inter et finis , quod est paries inter duas nares. — (Ysopbagus, gisier gallice. )
V. In cerebro, sub craneo (g), très sunt cellule : prima est ymaginaria, secunda est rationalis , tertia est memorialis. Pulmo est flabellura quo cordis calor refrigeratur. Cibus in stomacho decoquitur a quo, per venas miscraicas, eliquatur liquor ab epar. ubi generantur quatuor humores, scilicet colera, sanguis, flegma et melancolia. Sed, si vene superfluanl , flegbutoraator indigenti minuit cum flegbotomo. Vene origine m habent ab épate, quae devehunt iiij*r humores predictas per totum corpus. Cistis fellis recipit colera m ; splen purgat melancoliam. Per zirbum et tagaonem (h), fèces descendunt ad anum in incessum.
(a) Le sens de ces trois dernières lignes est {e) \a sclérotique , membrane fibreuse qui n pen embarrassé j mais leur explication né- enveloppe l'œil
cessiteroit des détails qui ne sont pas de nature (/) C'est le doigt que nou
à trouver place dans une note Françoise. nulaire.
(A) Pour axillas, les aisselles. (g) C'est le mot grec */«»'•» » crâne.
(c) Les omoplates. (A) Le commentateur n'a pas expliqué le
APPENDICE, 587 ice sunt vene a stomacbo usque ad epar. — Cistis , id est cista , receptaculum. — Splen , receptaculum esl mélancolie. — Zirbum est intestinum longum, a longitudine scilket dictum, quia per illud fèces exeunt.
VI. Inter haec meinbra , tria sunt quae terminant in n litteram , scilicet splen , ren , lien (a) ; et unum nomen grecum est neutrum , scilicet diafragma quod dividit spiritualia a vilalibus. Istis i laque nominatis, notanda sunt instrumenta urbana et rusticana corpori necessaria ; sed prius nominabuntur res quas, eundo per civitatem Parisius, denotavi.
* Ren, nis, in singulari nota, gallice rognon; renés, in plurali. gallice rains. — A lien dicitur lienteiia, genus fluxus ventris.
VII. Unus vicinorum nostrorum tuitt hodie ad vendendum , in pertica una , sotulares ad laqueos (b) cum liripipiis (c), et ad plusnulas, tybialia et cruralia, et crépitas fevrineas (d) et monachales.
* Pluscula dicitur gallice boucle (bouglettes). — Tybialia dicuntur gallice estivaus. — Cruralia, gallice hueses. — Crépite, gallice botes à créperon, quod est dubium , quia dubium est utrum pes fuerit intus vel (bris, sicut videmus in monachis. Vel dicitur baec crépita a crepo , quia crepat, id est sonat in incessu.
VIII. Corrigiarii babent ante se zonas al bas et nigras , rubeas, bene membratas ferro et cupro , et texta stipata argento.
* Corrigiarii dicuntur a corrigiis quas faciunt. — Zona très habet significationes : in una accipitur pro cingulo. — Texta, a textum, ri; cingulum factum de serico (tissus), stipata, id est fulta vel appodiala, gallice ceint.
VIII bis (e). Sellarii vendunt sellas nudas et pictas, et pannellos et pulvillos (/), el cavea» carenti villosas (g) , et trusullas , et strepas.
de Ducange ). C'est, je crois , une altération du mot grec »»te, qui répond à l'ex-
pression latine iliunt, le flanc.
(a) Lien ou lienis, la rate. Le mot latin splen et l'expression
(b) Des souliers à lacets.
(c) Avec des bandelettes. ( Voyez Glossaire. )
(d) Fermas , de peaux de bâtes.
(e) Cet article manque dans le manuscrit du treizième siècle ; il m'est fourni par le plus incomplet des deux autres manuscrits de Jean de Garlandp, dans lequel, malheureusement, le
texte est presque toujours plus ou moins altéré.
{/) Les châtions données par Ducange au mot panellum prouvent que panellum , dirai- «lesjgnoïc une peine convertie lit, et pulviltus un coussinet. C'est , je dans ce sens qu'il faut prendre ces mots •u lieu de traduire pulvillos l'a fait le commentateur du quinzième siècle. Jean de Garlande parle d'abord des selles nues, ensuite des coussinets et qui en pouvoient rendre l'u-
(g) Le texte porte caveas carenti villas. On lit dans Ducange : Cavea sumitur pro quacum-
* Pulvillos, gallice bas, — trusullas(a) , gallice estrisles, — strepas, estrieubc (£).
IX. Scutarii prosunt civitatibus totius Gallie , qui vendunt mililibus scuta tecla tela, corio et oricalco, leonibus et foliis liliorum depicta.
X. Pluscularii sunt divites per plusculas sua» , et lingulas suas , et mordacula , per limas et loralia equina.
* Pluscularii dicuntur gallice boucliers. — Plusculas , gallice ooucles. — Lingula, de lingua, dicitur gallice hardiion. — Mordaculum, id est mordant. — Loralia dicuntur gallice iorains, id est poitraus (c).
XI. Guillelmus , vicinus noster, babet in foro, ista vendendo , anle se acus et acuaria, sapboncm (</), et spécula, et rasoria, cotes vel eûtes, et piricudia vel fusillos (e).
* Acuaria dicuntur instrumenta il h ubi servantùr acus. — (Saponem, gallice tavelon.) — (Fusillos, gallice j'ouesil.)
XII. Lorimarii quam plurimum dili^untur a nnbilibus militibus Franrie , propler rulcaria argcntala et aurala, et propter pectoralia resonancia et frena bene fabricata.
* Lorimarii dicuntur a loris (seu loralibus) qua; faciunt (f).
XIII. Vidi bodie institorcm babentem ante se cultellos ad mensam , scilieel mensarulas (g) et artavos, vaginas magnas et parvas, stilos et stilaria (h).
* A rt a vus dicitur gallice kenivet , scilicet cultcllus qui tendit in allum ; vel dicitur ab arte , quia eo artifices utuntur. — (Stilos, gallice greffe.)
i/ur theca. Ce mot peut designer ici des espèces de boîtes qui n'arcompagnoient pas nécessairvment la selle, mais que les selliers vendoient séparément à ceux qui en avoient besoin. Quant M fnot villas . je ne vois pas la signification qu'il pourrait avoir, pris substantivement. Je suppose qu'il faut lire villotaj, se rapportant a caveas. Alors ce dernier mot auroit designé des boîtes semblables aux sacoches ou aux fontes , ordinairement recouvertes d'une fourrure qui met l'intérieur à l'abri de la pluie.
(a) C'est évidemment une corruption du latin ttrigHù.
(b) ttriers.
(c) Je ue sais si cette synonymie est exacte. Un traduit généralement le vieux mot fraucois forain par inors tic brûle, et plus bas nous trou-
verons le poitrail du barnois désigné par le mot pectorale.
(d) Pour saponem, du savon.
(e) Ijc mot pirictidium , qui du reste est e*pliqué par le texte même de Jean de Garlande. ne se trouve pas dans le Glossaire de Ducange.
(f) L'ancien nom françois de cette profession est larmier.
(g) Mensacula est bien évidemment le diminutif de mensa, et cependant il est inqwssible, d'après la construction de la phrase, de lui donner le sens de petite table. Ce mol désigne probablement un couteau de table de petite dimension : il n'est point dans Ducange avec cette signification.
{h) Stilaria présente la même forme que le mot acuaria, expliqué plus haut 11 désigne une gaine de stylet.
APPENDICE. 58y
XIV. Exeruginatores , vel erugioatores gladiorum cumulant denarios vendendo bene eruginatos gladios, qui habent tolos et scapulos rutilantes et no vas vaginas.
* Exeruginatores dicuntur ab exeruginare , gallice fourbir (a). — Tolos dicuntur pomeaux à tolon , quod est ornamentum (b). — Scapulus dicitur gallice hancere (c). Item , dicitur scapulus pro pharetra.
XV. Mercatores habitantes super magnum Pontem, vendunt capistra, lumbaria (d), ligulas, marsupia sive bursas de corio cervino, ovino, bovino et porcino.
* Gapistrum dicitur a capite , gallice chevestre (e). — Ligulas , gallice lasnières.
XVI. Cirothecarii decipiunt scolares Parisius, vendendo eis cirothecas simplices, et furratas(/) pellibus agninis, cuniculinis, vulpinis, et mitas de corio factas.
* Cirothecarii dicuntur a cirotheca, et illud a ciros, quod est manus et tecon, quod est Uibutum, quia attribuitur manui (g). — Mitas, gallice mitheines; fiebanl etiam de panno lineo.
XVII. Capellarii faciunt capella de fultro et de penuis pavonis, et pillea de bumbace, et quedam pileola de lanis et de pilis.
* Fultro dicitur gallice /autre (Jeuàre). —Pillea, nomen etheroclitum (h) a pilis dictum, gallice chapel de coton. — Bumbace dicitur ab hoc nomine bombix, quod est vermisqui egerit sericum. Ab hoc nomine, quod est bumbace, quod est coton gallice, dicitur bumbacinum, quod est gallice pourpoinz.
XVIII. Ad portam Sancti-Lazari manent architenentes , qui faciunt balislas et arcus de acere, viburno (î), taxo, sagiltas et tela de fraxino.
* Architenentes dicuntur gallice archiers (k). — (Balistas, gallice arbalestre.) —
(a) Exeruginatores, fournisseurs.
(h) Ducange écrit tholus. On désignoit sous ce nom le dôme d'un édifice. Dans le Livre des Miracles de saint Berlin, le globe qui supporte une croix est appelé tholus pomifer. Les pommeaux à tolon dévoient être des pommeaux surinoutés d'une boule , comme on en voit dans les anciennes armes.
(c) Scapulus, diminutif de scapus. Il doit désigner ici une poignée.
lures
{e) Dans le patois languedocien , le mot capeslre sert encore à désigner un licou. {f) Fourrées.
(g) J'ai vainement cherclié dans la languegrecque le substantif <ria*i , dans le sens de tribut um. L'étymologie du mot cirotheca, qu'il faut écrire chirotheca , n'en t-rt pas moins certaine. La racine est d'abord Jplf, main , ensuite 9a»* , étui , en latin theca , ou bien le verbe «vtajn , d'où dérive le substantif tau.
(A) On ne voit pas la raison de cette qualifi-
plus usité que le neutre pileum -, cependant ce dernier se trouve dans Piaule.
(i) En bois de viorne. Le commentateur du
(k) Le sens non équivoque du texte prouve que le mot arcitenens, de même que l'expre*-
5go APPENDICE.
Acer arbor, gallice arable ; unde dérivât ur acerra, vas in quo thus ponitur super altare. — Taxus est arbor que gallice dicitur hous, taxas aliter gallice taisons (a), et taxum , gallice lardon (b).
XIX. Firmacularii habent ante se firmacula (c) magna et parva, de plumbo facta et de stagno, ferro et cupro ; habent etiam monilia pulcra et nolas (d) résonantes.
* (Plurobum , gallice pellon. )
XX. Artifices sunt illi subtiles qui fundunt campanas de ère sonoro, per qua>, in ecclesiis, bore diei denunciantur, motu batillorum (e) et cordarum attractarum.
* Campane dicuntur a rustkis qui habitant in campo , qui nesciunt judicare lioranisi per campanas (J~). — Ecclesiœ clocorium, gallice dicitur clochier.
XXI. Pictaciarii viles sunt qui consuunt veteres sotulares, renovando pictacia, et intercucia, et soleas, et impedias.
* Pictaciarii dicuntur savetiers. — Pictacia dicuntur tacons (g). — Intercucia di- < untur gallice rives (h) — Soleas dicuntur gallice semelles. — Impedias dicuntur gallice empiegnes.
XXII. Alularii sunt qui faciunt calciamenta de alluta, et prosunl ciritati Parisius, qui conservant sibi formipcdias , equitibialia et spatulas. Alutarii vero sécant, cum ansario, corium attramento denigratum, et consuunt calciamenta cum subula et licinio et sela porcina.
* Alutarii dicuntur qui operantur in alluta, quod est gallice corduan; alio modo dicitur cordubunum, a Corduba, ci vitale Hispania:, ubi fiebat primo. - — Formipedia>
«on françoise arr/ue/, désignoit, non seulement un soldat arme d'un arc , mais un artisan qui labriquoit des arcs.
(a) Le mot I. il m ùtxus , comme le grec t«{ o< dont il dérive, désigne un if et non pas un lions. Ce dernier arbre se nomme aifuifolium.
On voit que le mot laxus se traduisoit en vieux langage par toison, ancien mot qui, suivant Ucombe et Roquefort, signinoit une toise. L'étymologie du mot faite seroit alors le verbe latin luxarr (Plante), qui signinoit apprécier, eatimer les marchandises.
{b) Le Glossaire de Ducange écrit taxea, dans le sens de lardon.
{c) Firmacula , fermoirs ; jirmaculariï , artisans qui font des fermoirs , fermaUliers. { Ducange, Glossaire.)
(d) Nota, grelot.
(e) Battant de cloche ( Ducange ).
(/) Le Glossaire de Ducange nous fournil une autre étymologie qui semble avoir eu plus de faveur. Les mots nota et campana ont, au fond, la même signification. On s'en seroit servi pour désigner une cloche, parce que l'art de fondre les cloches auroit été inventé a NoU, petite ville de Campante. [ Glossaire , au mot Nota.)
(g) Ce mot s'expriinoit aussi , dans la basse latinité , par plantai ium ( Ducange ) II servoit à désigner la semelle intérieure du soulier, celle qui touche immédiatement la plante du pied.
(A) Ce sont les morceaux de euit que l'on place entre les deux semelles.
APPENDICE. 59i dicuntur formes, quia pedes informant. — Equîtibialia dicuntur estivax (a) , ab eguus, a, um, quia adequantur tibie. — Spatulas, gallice esclices (b). — Ansarium est cuilrum ipsius sutoris. — Licinium dicitur a licio, quod est fil.
XXIII. Pelliparii dilantur per sua pellicia, per pennulas, per furraturas lactas, partim de pellibus agninis, partim catinis, parti m vulpinis et partim leporinis.
* Pelliparii dicuntur a pellis et paro, as, qui parant vel consuunt pelles j et alio modo dicuntur pcllifices (péîetiers). — Catinis dicuntur ab hoc nomine catus, ti, qui alio nomine vocalur murilegus, quasi legens mures.
XXIV. Pelliparii vendunt pelles deliciosas cuniculorum, et cirogrillorum et esperiolorum , qui minores sunl cirogrillis, secundum Ysidorum (c), et lulriciorum , et mustelarum , sed carius vendunt cisimum , et urlas de sabellino et laerone (et).
* Cirogrilli gallice dicuntur escureus, qui taroen , secundum alios, dicuntur esperioli, ab Esperia regione ubi habitant (e). — Lutricius dicitur gallice loutre (J"). — Mustele dicitur a mure et telon, quod est longum, quasi longus mus. — Cisimus est idem aliter quod defert voir et gtis (g).
XXV. Quidam clamatores (h) pelliciorum repara ndorum discurrunt per plateas ci vi la lis, et reparant fur raturas epythogiorum el palliorum , eorum partem furando.
* Epythogium gallice dicitur surcot. — (Pallium , mantel gallice.)
XXVI. Reparatores ciphorum clamant ciphos reparandos cum filo ereo et argenteo. Ciphos autem reparant de murrinis sive de murris, et planis (i), brucis (A), de acere et tremulo.
(a) Le Dom latin equiubialia semble désigner une chaussure qui s'adaptoit à la jambe, comme des guêtres ou des bottines Le mot françois estivax indique une chaussure légère propre à être portée en été : c'étaient des souliers à crevasse*.
(b) Le mot spatulas désigne évidemment dans le texte une espèce de chaussure. Il faut proba- Metnent lire spnrtuias, des sandales de corde.
(c) J'ai vainement cherché cette notion dans le chapitre des Origines où Isidore traite des animaux. Les mots secundum Ysidorum ne se trouvent pas dans le manuscrit B.
(rfj Urlas, des bordures, des ourlets. De sabellinn, de martre libeline. Laerone, de peau de lérot': le lérot est une espèce de loir.
(e) Ducange donne, au mot cirogriUus, la signification de lapin et celle de hérisson -, ni l'une ni l'autre ne peuvent convenir à notre passage. Le lapin est déjà désigné sous le nom de cuniculus; le hérisson ne peut fournir une fourrure. Il faut donc admettre avec le commentateur que les mots cirogriUus et esperiolus ont tons deux la signification à' écureuil , mai*
rente.
{/) Luira dans la bonne latinité.
(g) C'est probablement l'écureuil du Nord.
(h) Clamatores, crieurs, ouvriers qui crioient dans les rues pour obtenir de l'ouvrage.
(i) Sans doute pour plat unis.
(k) Il faut probablement lire buxis. Cependant D. Carpentier donne le mot b rue mus
f>92 APPENDICE.
* Murrinis dicuntur madré: quidam tamen dicunt quod murra, e, dicatur arbor illa unde Lucanus :
In aaro murrave bibant (a)
— Brucis, gallice dicitur bruis. — Acer, eris , arable. — Tremulo gallice dicitur tremble.
XXVII. Preconesvini clamant, hyante gula, vinum ataminatum in tabernis, ad quatuor denarios, et ad sex , et ad viij et ad xnd", portando vinum temptandum, fusum in cratherem a lagena.
* Lagena , gallice dicitur quarte (b).
XXVIII. Precones nebularum et gafrarum (c) pronunciant se, nocte, (habere) nebulas et gafras et artocreas vendendas , in calatis velatis manutergio albo. Calati vero ad fenestras clericorum suspenduntur, perditi senione (d).
* Arthocreas dicunlur roissoles, ab artos, quod est panis, et créas quod est car©, quia fiunt de carne minuta et pane. — Senio, onis, dicitur numerus senarius, gallice fias art.
XXIX. Aucionarii mittunt servos et servas per vicos, ad decipiendum clericos, quibus vendunt nimis care cerasa , pruna alba et nigra, et poma inmatura , et pira, et lactucas, et nasturcia.
* Aucionarii dicunlur gallice regratiers. — Prunum , fructus. — Prunus est arbor. — Pruina , gallice dicitur brèse. — Pruina dicitur gelée. — Nasturcium dicitur gallice creson.
XXX. Placente et fiammicie et ignacie jacent ante fenestras aucionariorum , et casei molles et duri cum candelis sulphuratis, ut melius ardeant, babentibus lichinos sive lichnos grossos.
adjectif dérivé du substantif bruxus , qui désigne, selon lui, une espèce de bois propre a faire des manches de couteaux, et nommé en francois brucin. Hais le brncin n'est antre chose que le buis. ( Roqnefort. ) (a) Lisez :
(Pharttl, IV, veri î8o.) Le mot murra ne désigne pas un arbre, comme le dit notre commentateur, mais bien une pierre précieuse. L'ensemble du passage de Lucain qu'il a cité le prouverait an besoin.
{b) La quarte étoit une mesure qui contenoil environ quatre pots et une pinte , en tout neuf pintes de vin (Roquefort).
(c) Crieurs d'oubliés et de gauffres.
{d) Senio, d'après notre commentateur et celui du manuscrit B, est La même chose que numerus senarius, un coup de six au jeu de dés, nommé hasart. Le sens de La phrase est donc celui-ci : « Les corbeilles, perdues par un « coup de six au jeu de dés , sont suspendue» « aux fenêtres des clercs (qui les ont gagnées). •
* Placenle dicuntur gallice simenians (a) — Flammicia , gallice flamiche (b). — Ignacia , gallice fouace (c). — Lichinus dicitur gallice mèche.
XXXI. Pistores, Parisius, pinsunt pastam et formant panes, quos coquunt in furno raundato cum tersorio [escovebn]. Panes autem de frumento vendunt, de siligine, de ordeo , de avena , acere [mcstelon] (r/) et furfure.
* Acer gallice dicitur ravane, vel id quod ejicitur de vanno. — (Siligo dicitur gallice sègle.) — Furfur, gallice son; furfura dicuntur etiam resolutiones urine.
XXXII. Pistores habent servos qui pollitrudiant farinam grossam cum pollitrudio delicato (e), et immittunt paste fermentum ut elevet panem in alveo. Archas etiam radunt aliquando cum costa pastali (/).
* Pollitrudiant, id est bulètent (g), et dicitur a pollem, qnod est farina, et trudo. — Pollitrudium gallice dicitur buletel (h).
XXXIII. Pastillarii lucrantur quam plurimum, vendendo cunctis pastillos de carnibus porcinis et pullinis, et de anguillis cum pipere, exponendo tartas, et flacones (i) fartos caseis mollibus et ovis sanis et, quandoquc, immundis.
* Farlos, id est replelos, a farcio, cis , si, fartum; gallice farcir, unde farlores dicuntur pastillarii.
XXXIV (A). Coquinarîi vertunt et coquunt, in verubus colurnis [de coudre], anseres, et cotumbas, et altilia. Sed fréquenter vendunt carnes crudas simplicibus mancipiis scolarum , cum salsamentis [sausses] et alleatis [aillies] maie distemperatis. Oui Lus (/) invident carnificcs in macellis [macatres] , carnes grossas bovinas , et ovinas, et porcinas, aliquando lepra percussas, vendentes; mathecas et mensa-
(a) Pains oa gâteaux de (leur de farine.
(b) Espèce de pâtisserie.
(c) Pain en couronne très mince et très peu cuit. t
(d) Dn méteil, froment et seigle mêlés ensemble-
(e) Qui passent la farine avec un tamis ou un blutcau.
{/) Ducange ne donne aucune signification du mot costa qui soit applicable à notre phrase. Je pense que, par les mots costa pastali* , il faut entendre cette espèce de râble dont se servent les boulangers pour enlever la pâte qui s'attache aux parois du pétrin.
(g) Blntent.
(h) Bluteati.
(»') Des flans.
(k) Cet article manque dans le manuscrit A. 11 est considérablement altéré dans notre manuscrit et dans le manuscrit B. Malgré les efforts que j'ai faits pour rétablir le sens à l'aide de ces deux derniers, je n'ose me flatter d'y avoir réussi.
(/) On ne sait trop ici contre qui est dirigée la jalousie des bouchers. Il est naturel qu'ils portent envie aux cuisiniers, qui, en vendant des volailles cuites, font tort au commerce de la viande de boucherie. Mais la suite du texte montre qne les bouchers nourrissoient aussi des ressentimens contre les écoliers, qui les négligeoient sans doute pour s'adresser aux cuisiniers leurs rivaux.
culas (a) scoUribus incucientes. Sed aliquando a scolarîbus animosis mactanlur, propter hillas immundas (id est indulilia vel inducia, quod est idem) et salsusicias. trunteta [banel] et scruta [tripes'], quae popello (idest populo) con vent uni tunicata (b).
*Malbeca, gallice haschette. — ( Hilla, gallice andouillc ). — Salcicœ (ou bien salsuciciœ) , palliée sauchises. — Trunteta (c), gallice boudin.
XXXV. Trapezcte (<**) numerant, super trapetam unam , parisiensem monetam , et stellingos, a sto, stas, et lingo , is ; quasi lingens statum hominis (<?) , cum ta lin lis. et alias monelas rutilantes, super magnum Poulem-, et faciunt boc intentione lucrandi: denique incurrunt crimen usure.
* Trapezcte dicuntur gallice changcors, a trapela . gallice planche, quœ est mensn super quam pouunlur denarii.
XXXVI. Nummularii (/*), qui fabricant monetas , videntur esse divites , sed non surit. Licet deuarios monelant, sui non sunt , sed mittuutur ad cambium (;,-) , ut a canibitoribus, vel a campsoribus, cambianlur, sub spe lucrandi.
XXXVH. Aurifabri scdent ante fornaces suas et tabellas super magnum Pontem . e t fabricant paieras de auro et argento , fii macula , monilia, spinctera cl nodulos, cl eligunt ad anulos gt auulla (/i) et jaspides, sapbiros et smarandos (i).
(a) Nous avons vu plus haut ( n° xim), q«»e le mot mensacula desiguoil un instrument tranchant.
{b) Notre manuscrit porte tunicando , le manuscrit B tunicalo. Je crois devoir lire tunicata, se rapporlaul au mot scruta, tripes. Ce mets est encore en usage dans le Midi, et la manière dont on le prépare explique parfaitement le mot t mur h in. On conpe les tripes en petits morceaux; on en forme de petits paquets de la grosseur d'un œuf d'autruche; on y met les assaisonpemens nécessaires, on les enveloppe ensuite avec une tripe plus large, tunica, que l'on coud, et tous ces petits paquets cuisent ensemble dans le bouillon , qui sert ensuite de potage. Qu'on me pardonne cette digression un peu triviale; elle étoit indispensable pour l'explication de notre texte.
(c) J'ai vainemeot cherché ce mot dans Dueange.
(d) Trapeutœ, dans Plaute.
t» Cette étymologie, que do reste je n'en-
treprendrai pas d'expliquer, ne se trouve pa«< dans le manuscrit R.
(J~) Nummularii , dans la bonne latinité, signifie banquiers, agens de change.
(g) La multiplicité des mouaoies, à cette époque, avoit fait sentir la nécessité d'un change public dans les principales villes du royaume; il en existoit un à Paris sur le pont au Change dès le onzième siècle. Lorsqu'après la ruine du pont an Change, en iv</>, ce pont, qui étoit alors en pierrf , eut été rel>àti en bois, Philippe- Ic-Bcl rétablit les changeurs entre la tète du pont et l'église de Saint-Leufroy. Le même prince institua quatorze autres changes publics dans divers lieux de son royaume. ( Durange . aumot Cambium.)
(k) Je n'ai trouvé dans Dncange ni %ranulum ni granuta, ni aucun antre nom semblable servant à désigner une pierre précieuse. Faudroitil voir dans ce mot une altération du mot granatus, grenat? Du reste, ce dernier mot appartient encore à la basse latinité.
(i) Pour smaragdos.
* Paieras diruotur euppas , hénaps. — Spincter dicitur espinge (a). — Jaspis gallice dicilur jaspe. — Sapbii us dicitur saphirs. — Smarandu» dicitur esmeraude.
XXXVIII. Aurifabrorum industria tundit, super incudem ferream, cura malleolis sublilibus, laminas criseas et argenleas, et iocludit gemmas preciosas infra ancas auuiorum quibus utuntur barones et femine generose.
* Lamina gallice dicuntur platines. — Criseas dicuntur a crisis, quod est aurum. — Barones dicuntur a barim, quod est grave, quasi graves persone. — Ancas (&), id est fossas in quibussunt gemma;.
XXXIX. Artifices qui dicuntur cipharii , incrustant vasa cruslis aureis, ari:enleis, el pedes supponunt rratheribus, quos circulis coronant , ut ipsi suit lortiore;. et puleriores, et durabiliores quam ad estimationem eorum (c).
* Cipbarii sunt qui reparant ciplios et incrustant crustis, id est laminis, aureis sive argenteis.
XL. Pannarii, nimîa cupiditate fa 1 laces , vendunt pannos albos etnigros, camelinos et blodios (ti), bruneticos (e), et virides et scarlalicos, radiatos (/), et stanfordios (g). Sed ipsi defraudant emplores, maie ulnando pannos cum ulna curta et cum pollice fallaci.
* Pannarii , qui vendunl pannos (A). — Camelinos dicuntur à camelo, qui habent colorem similem camelo (i ).
YLI. Quidam homines usurpant sibi officia mulierum , qui vendunt mappas et manutergia, linlheamina, et camisias el hiaccas, teristra, supara, staminias et telas, pepla et flammeola.
* Teristra dicuntur gallice chainse (A), quatdam vestis mulieris de lino. — Supara, gallice rochet(l); et nota quod supara sunt vela in navi. — Staminias, ab hoc no-
[a) Epingle.
[b) Anca ou une ha , dans la basse latinité, •voit le sens du latin thorax , et pouvoit signifier la cavité de l'estomac. On a donné, par cx-
dans lesquels on enchâssoit les pierres précieuses.
[c) Ces mots quam ad estimationem corum, qui embarrassent le sens de la phrase , ne sont pas dans le manuscrit B.
[d) Bleus.
{e) Bruns.
(/fraies. ^ te te «fe *
ces draps tiroient leur nom de la ville de Stamfort, en Angleterre. Nous ignorons quelle étoit leur nature.
[h) Ce sont les drapiers.
(0 Les chameaux sont de couleur brune. Or, les draps bruns sont déjà désignés par les mots pannos bruneticos. Leipanni camelini doivent être des draps couleur gris-blanc , comme le poil des dromadaires.
(Ar) Jupe ou chemise, d'après Boqueibrt. Les passages d'auteurs anciens cités par Ducange prouveroient que le mot teristrum signifioit plutôt un manteau.
(/) Espèce de capote. On appelle encore
mine slamen, gallice ettamine (a). — Flammeola dicuntur gallice cuevrechief (b), et dicuntur a flamma, quia solebant pendere ante flammeos Yultus.
XLII. Apothecarii, causa lucri, cumcumulant confectiones (c) et electuarïa , radiées cum herbis, zedostrium (d) cum zinzibero, piper cum cimino (e), gariophîlos cum cinamomo (/), anisum (g) cum maratro , ceram cum cereis ecclesiasticis , zucaram (h) cum liquide ia.
* 2inziberum , gallice gengibre. — Gariophilus gallice dicitur cleu de girofle. — iMaratrum dicitur semen feniculi (i). — Liquiricia dicitur gallice syrop rigolice (k).
XLIII. Apothecarii in apotheca hsec habent quse sunt zinziberum conditum et alexandrinum , quod convenit frigidis complexionibus ; dyapendion (/), quod est gratum consumplis, et dyadragantum , quod infrigidant, et elleborus apertura ad
* Apothecarii gallice dicuntur espiciers. — Nomina electuariorum sunt multa : quœdam sunt quorum hic nomina ponuntur. — Dyapendion.... valet ad restaurationem humanitatis perdite. — Dyadragantum dicitur quod fit de diadragento, quod estgenus gummi (m). — Elleborus , herba gallice masaire (n) , qua acuuntur medicinc laxative.
XLIV. Carpentarii diversi diversis inslrumentis fabricant quod videmus in carpentariis, qui fabricant cuppas et dolia ferrata, cados, onofora qute ligantur circulis tenacibus, et cavillis, et cuneis cuppariorum.
* Notandum quod carpentum idem est quod biga. et inde potest dici carpenlarius(o). — Cuppas dicuntur gallice cuves. — Onofora gallice dicuntur bouceax, de
rochet uu riche surplis , à manches étroites et sans ailes, que portent les évèques et les chanoines.
(a) Espèce de vêtement de dessous.
(b) Couvre-chef ou chapeau, avec un voile.
(c) Des médecines.
(rf) Le manuscrit B porte sodiarum. Il faut probablement lire zcdoariam, la zédoaire, plante médicinale.
(e) Pour cumino, le cumin.
{f) La cannelle.
(g) L'anis. '
(h) Le sucre.
(i) Graine de fenouil.
(k) Sirop de réglisse.
(I) Ce mot, que le commentateur n'explique
pas, doit désigner la plante nommée diapensie par Lianée, ou bien lu sanicle , que quelque auteurs ont aussi appelée diapensie, et qui t
naoée universelle. ( Dicl. des Scienc. nat., aux mots Diapensie et SanicU. )
(m) La gomme adragaute. Elle découle d'une plante que Charles Etienne et quelques autres auteurs appellent tragacantha, et que Linnée * réunie à Yastragalus. Ou la nomme actuellement Vaslragalus tragacantha. ( Diction*, de* Scienc. nat., au mot Tragacantha. )
(n) Cet ancien nom françois de l'ellébore ne se trouve pas dans les Glossaires.
(o) Carpcntarius pourrait donc sigwlûi charron.
corio facta (a), et dicuntur ab onos, quod est vinum, et foros, quod est ferre, quia intus vinum defertur. — Colum, galtice entouneor, et prelum (&), proprie viz torcularis (c).
XLV. Rotarii cumulant denarios fabricando et vendendo bigas, et quadrigas, et plaustra , quorum partes (sunt) canti rotarum, et radii, et modii , et timpana (</), axes, «avilit- , limones(e) et temones, juga cum arquillis.
* Rotarii dicuntur illi qui faciunt rotas. — Canti dicuntur gallice charèles (/'). — Modii dicuntur gallice tnoieus. — Arquillis , id est circulis qui circumdant colla boum vel pecorum ne mirent sepes , id est haies.
XLVI. Carucarii reparant diversa instrumenta aratri, videlicet stîvam et strabem (g), cl dentem sive dentalia (A), juga in quibus boves trahunt, corbes (t), et flabella (k) , et vannos, et sarcula, uncos et cultros (/), vomeres et tribulas, vangas, sarpas et
(a) Des outres. Le mot bouceax est un pluriel dont le singulier est boucel. C'est probablement de la que sont dérivés les mots bocal et bocaux.
(b) Ce mot n'est pas dans le texte.
(c) Dn pressoir à vis.
(rf) Virgile (Gcorg. II, 444 ) a dit, en parlant des divers usages auxquels on appliquoit les différentes espèces de bois :
Mine radio* trivere rotu, kiac tjmpana pUuttrit Agrxcolœ.
Servius et quelques autres commentateurs ont cru que le mot tympana désignoit , dans ce passage , la couverture des chariots. Scheffler, qui assure que les chariots des anciens n'étoient pas couverts (de Ile Vchicul. i, 6), entend par le mot tympana des roues pleines, composées de panneaux solides. Cette interprétation est adoptée par Burmann et par Heyne. Je doute que ce soit le vrai sens du mot tympana dans le vers de Virgile cité plus haut , et ce mot doit bien certainement avoir une autre signification dans le texte de Jean de Garlande, où il s'agit de voitures ayant des roues à jantes et à rayons. Voici l'interprétation que je propose. Le mot grec *»>*•«»<>» a la signification de bâton et de pieu. Or, dans les chariots de transport, les ridelles sont ordinairement mobiles , et s'attachent à des pieux dressés perpendiculairement aux deux côtés de la charrette. On enlève les
ridelles lorsque les pieux peuvent suffire pour sur la voiture les objets que l'on veut
signeroit le mot tympana ? Il faut remarquer què dans le vers de Virgile le mot trivere, qui a la signification de façonner au tour (Heyne, b. I.), régit à la fois les deux mots radios et tympana, ce qui prouverait que les objets désignés par le mot de tympana avoient la même forme que les rayons des roues.
(e) Ce mot, que Ducange n'a pas donné, désigne le brancard de la voiture. Les rouliers appellent limonnicr le cheval de brancard.
(/) Interprétation vicieuse. Les deux mots canti rotarum , qu'il faut lire ensemble, signifient les jantes des roues. Canthus se trouve dans les anciens auteurs avec cette signification.
(g) Slrabes doit désigner la partie antérieure de la charrue qui s'adapte au joug des bœufs ou au collier des chevaux. Peut-être faut-il Ure trabes.
(h) Les oreilles de la charrue. Ce sont deux morceaux de bois qu'on adapte aux deux côtés du soc afin d'élargir le sillon.
(<) Corbes-. Le commentateur du manuscrit A explique ce mot par corbeille.
(k) Flabellum doit désigner une machine à vanner le blé.
(/) Uncos et cultros, les crochets et les i
ligones (a), et epiphia equina. Et in orreis scobe (b) sunt, rastra , farce : flagellorum partes sunt manulentum, virga vel cappa.
* Stiva (aratri) inferior pars, quam ruslicus tenet in manu, et dicitur gallice manchon (c). — Tribulum , scilicet flabellum (d) ; tribula, gallice dicilur palai (e) ; tribulus, gallice riuze (f). — \angas dicuntur bêches, palas ferrelas. — (Sarpas, serpes. ) — Epiphia dicuntur collaria equorum.
XLVIl. Molendinarii fabricant farricapsias et rotas versatiles intus, et liquaticas (g), et fusos de ferro (A), et scanoballa, cavillas (t) et cinociglontorium (A) ; et apte collocant molares qui motunt de farricaptia farinara , que, batillo (/) moleudini, descendit in alveum farinosum.
* Molendinarii dicuntur mouniers. — Farricapsia sunt in quibus ponuntur frumenta molendini, et dicuntur a far et capio (m). — Scanoballa (n) sunt quidam nodi in iuteriori rota qui movent fusum molendini (les-nous de laroë). — Molares (spectat) ad magnum lapidem molendini.
XLV1II. In civilate Tholose , nondum sedato tumultu belli , vidi ante muralia(o), licias (p) super fossata profunda, turres et propugnacula tabulata , et cratirulaex cratibus erecla (q), cestus, clipeos, targias, brachiolaet peralia sive lormenta.
teaux. Ces deux objets sont d'un usage si généra], qu'on ne comprendrait pas le motif qui les a fait ranger au nombre des instrumens dont l'entretien est du ressort des fabricans de charrues, si l'on ne restreignoit pas leur signification. Le mot cutter désigne , même dans la haute latinité, le coutre de la charrue. Par le mot unci, on peut entendre certains crochets de fer qui fixent tout l'appareil du soc à la partie postérieure de la charrue appelée stiva.
(a) Les houes.
(b) Les balais.
(c) Cette partie de la charrue se nomme encore esteba dans les patois méridionaux.
{d) Interprétation vicieuse. Le tribulum étoit un traîneau propre à égrener les épis.
(e) Lisez pelle. Le même mot est reproduit plus bas, au n" LU.
(/") Iloncc.
(g) Rotas liquaticas. Ces mots signifieraient-ils des roues mues par l'eau? Cette épithète ne se trouve pas dans le Glossaire de Ducange.
(h) Fusos de ferro. Ces mots désignent peutêtre les axes des roues ou des meules. (/) Les chevilles.
(k) L'écluse, en vieux françpis Yesclotouere.
(I) La partie du moulin par où tombe la farine , en vieux françois batel ou bâtait.
(m) Cest probablement la trémie, espèce de récipient dans lequel on verse le blé, et d'où il tombe entre les meules.
(n) Ce mot n'est pas donné par Ducange.
(o) Même signification que muras. Le manuscrit B porte mutalia, que le commentateur a rendu par r.schauffoulx.
(p) Les lices , les retranchemens. Le commentateur du manuscrit B traduit ce mot par lice vel f os te.
(q) Cette phrase, quoique obscure cl embarrassée, peut s'expliquer par un passage où César décrit les travaux d'un siège ( Bell. Coll., lib. V, cap. 4o). Turres contabulantur, pÙUUB loricaque ex cratibus adtexuntur, les tours sont planchéiées , on forme avec des claies les parapets et les créneaux. ( Voyez aussi Tacite, An». ,
APPENDICE. 59g quarum una pessumdedit Simonem comiiem Monlifortis (a); mangonalia, fusiibula et trabuceta , arietes, sues, vineas (b) et calos versatiles (c), que sunt machine bellice ; secures, bipennes, cathagesa(d) Gallicorum, spares Hispanorum, calheias et pugiones in dolonibus (c) Teutonicorum , avelancias Anglicorum, pila Romanorum , sarissa s Macedonum (/), peltas Amazonum, Tolozanorum arcus , malleos ferreos et ligneos, clavas ferreas, jacula et catapultas, galeros et conos, toraces(#) et bumbacia (/<), galeas, loricas , ocreas etfemoralia, genualia ferrea, lanceas, hastas, etcontos,et uncos, calhenas, et cippos, et barranes, et ignem pelasgum, et vittum liquefactum , f'undas et glandes, balistas trocleatas cum telis et materaciis (i), que omnia fiunt ut per ea corpus raiseri horoinis destruatur. Arma militaria (A) in alio capilulo continentur (/).
* (Propugnacula , gallice barh(Ufuenne). — Cestus est scutum pugilis. — Targie sunt quedam magna scuta quae componuntur telis. — Rrachiola par va scuta adherentia brachiis. — Parraria ( peralia) est lormentum minus. — Fustibula quœdam machina eum funda et baculo. — Trabucela sunt etiam tormenta murorum (gallice trêbuchet). — Spares, gcnus cullelli quorum vagine sunt dolones (m). — Avalancias , cultellus
I. IV, 49, et la note de M. Dureau delà Malle, dans le v volume de sa traduction, p. 357, 3* édit. ) Ici les mots turres et propugnacula tabulata désignent des tours ou des remparts planchëiés , et par craticula ex cratibus erecta, il faut entendre, je crois, une double palissade, deux parapets en claies posés l'un devant l'autre sur les remparts.
(a) Cette phrase incidente a été évidemment ajoutée après coup.
(b) Les anciens appeloient vinea- des galeries mobiles qui mettaient les travailleurs à couvert contre les traits des assiégés. Il paroît que les truies (tues) étoient des machines du même genre.
(c) Le mot catus, d'après Ducangc, semblerait avoir à peu près la même signification qnc les deux mou précédens. C'étoit une galerie mobile, destinée spécialement à protéger les mineurs qui sapoient les murailles. Cependant, l'historien anonyme du comte de Tonlonse parle plusieurs fois d'une machine de guerre qu'il nomme una gunta (une chatte), et qui étoit nne machine de siège propre à lancer des pierres :
1 Et adonc lo dit conte Monlfort a faict
« prépara r la guata, laquala era ung engin per
« tirar peyras et abatre las rouralhas. » (Siège de Lavaur, Historiens deFrance, tome XIX, p. i5q.)
(r/j Ce mot ne se trouve point dans Ducange. Si , comme tout semble l'annoncer, il vient du grec **t«}», qui signifie briser, fracturer, le mot cathagesa devroit être pris dans le sens de massue. Le mot simple gœsum étoit en usage dans la bonne latinité avec le sens de pique ou de trait (Tit. Liv. VIII, 8).
(e) Des couteaux et des poignards dans des fourreaux de bois.
{/) Le mot sarissa désignoit une pique a l'usage des Macédoniens. Une partie de cette énumération est empruntée au commentaire de Servius sur Virgile (toicid. VII, 664)- « PUnm « Romanorum, gesaGallorum, sarissa Macedo- « nom est. »
(g) Des cuiras*».
(A) Espèces de cuirasses rembourrées de coton.
(1) Materacium, machine a lancer des projectiles.
(k) Les armes des chevaliers.
(/) Jean de Garlande annonce ici un chapitre qui manque dans nos manuscrits.
(m) Le commentateur applique ici an mot
6oo APPENDICE.
quadratus (a). — Caiapulias , pilî ferre i. — Galerus est coopertorium capitis cujuseumque modi j galea est tegumen capitis militis; conusest in summilate galee (b). — Toracessunt munimenla corporis. — -Genualia dicuntur a genu, gallice genouillers . — Contos, gallice perche (c). — Cippus est quilibet truncus et, specialiler, Iruncus illequo crura latronumcoarctantur; gallice cep. — Barrarias (d) dicuntur a barris, qu* sunt vectes; gallice dicuntur barres. — Ignem pelasgum dicitur feu grejois. — Fundas dicuntur a fando, quia fundunt lapidem , qui transumptive dicitur glans , unde subjungitur glo/ule;. — Balistas dicuntur arbeleste. — Trocleatas, ab boc nomme troclea que gallice dicitur vis, et est quedam rota arlificiosa (e).
XL1X. Fullones, nudi et suivantes, fullant pannos laneosetpilosos in alveo concavo, in quo argilla est et aqua calida. Post boc, desiccant pannos lotos contra solem, in aere sereno , quos postea ipsi radunt cum cardonibus mullis et asperis, utsint vendibiliores.
* Fullones vulgale est. Dum fullant pannos , laboriose et (sibilant valde) turpiter se gerunt; unde dicuntur fullantes vel sufflantes. Satirica est reprehentio , sicut contingit in multis locis in islo libro.
L. Tinclores pannorum lingunt pannos gaudonc (/), rubea majore (g) et sandice; qua de causa pirtos bubent ungues , quorum autem quidam sunt rubei , quidam nigri, quidam blodii, et ideo contempnuntur a formosis mulieribus, nisi gralia numismatis acceptantur.
* Sandice, omnimode tinclure (A) et commune nomen. Sandis dicitur gallice saide vel waide (i). — Sequitur, more solito, satirica reprebensio.
LI. Cerdones student frunire coria equina et laurina in truncis concavis, et radunt illa cum cultro qui dicitur scalprum. Coria vero fréquenter vertunt in frunio, ut cruditas felida coriorum discedat.
spares le sens qui convient aux mots suivans : ratheias et pugiones. Les spares étoient des javelots grossiers ou des épieux, en anglois spear.
(a) Ce mot ne se trouve pas dans Ducange.
(b) Le cimier du casque. Conus s'est dit aussi (>our cuneus, coin.
(c) Ce mot signifie aussi une pique, un long javelot.
(d) Le texte porte barrants, mot dont la signification m'est tout-à-fait inconnue.
(e) Une poulie.
(f) Gaude , plante qu'on emploie pour les teintures jaunes.
(g) Lisez rubia, la garance. LïpUhètc de
major lui est donnée pour la distinguer de la plante qu'on appelle communément la petitegarance, rubiola.
(h) On sait que le mot sandy jrdësignoit chez les anciens une couleur rouge faite avec de la cérusc brûlée et de la terre rouge.
(«*) Cette interprétation, si elle est exacte, prouverait que dans le texte de Jcau de Garlande le mot de sandice aurait été employé par corruption au lieu de isalide, ablatif de isatis, le pastel (Ducange, au mot Guaisdium). Cette plante porte encore dans notre langue le nom de guide.
* Cerdones dicuntur gallice tanéeurs; et nota quod ccrdo polest dici quilibet qui operatur in corio. — Frunire dicitur taner; unde frunium, gallice tan. Notandum quod in allumia est omne vas solubile indigens frunio. Est vero frunium unum eorum que consolidant vil ru m fractum.
LU. Fabri fabricant super incudem, cum malleis et forcipibus et vectilatione (a) follium , cultros(&)et vomeres, ferros equinos, ferrum ad vangam, ad tribulam, ad ligones, ad sarcula, non pretermittendo falces ad prata et falcillas ad messes.
*Incus gallice dicitur enclume. — Vangam , gallice bêche vel ferratam palam. — Tribulam dicitur pèle , tribulus dicitur ronce et pcstel et cardon. — Sarcula dicitur sarcel (c), abhoc verbo sarcire, quod est reparare-, a quo sartores, id est reparatores pannorum.
L1II. In hospitio probi hominis hoec esse debent : mensa decens , mappa candida , manutergium fimbriatum (d), tripodes alli, trestelli (e) fortes, torres et cremalia [crémaus], focalia (/), stipes [vel tripes], cippi, vectes, sedilia , catbedra , sponde et fercula facla de lignis levigatis, culcitre, cervicalia, pulvinaria, cribrum, haustrum, taratantarum (g), m ultra , cascarium (A) muscipule.
* Torres dicuntur a torreo, magnus truncusin capite ignis; idem truncus dicitur tetropofocinium vel ligni fulcium, dicitur gallice treffouel (£). — Cremale, gallice crémaul. — Stipes, gallice dicuntur conches (k). — Cippi , gallice cep (l). — Vectes gallice dicuntur barres; barri sunt genus ludi gallice barres. — Sedilia dicuntur a sedeo, gallice bans. — Scannum dicitur for/ne (m), gallice. — Sponde dicitur gallice chaut. — Ferculum genus est cathedre que potest claudi et aperi. — Levigatis id est plains. — Cervicalia dicuntur orilier. — Pulvinaria dicuntur gallice coussin. — Pultra, gallice scoille(n). — Muscipula, gallice retoire(o).
(«) Ukz ventilation*.
(b) Des contres de charrue.
(c) Sarcloir.
(d) A franges.
(e) Tréteaux ; ce sont des pieds qui s'ouvrent et se replient comme un lit de sangle, et sur lesquels on met une table mobile, qu'on a ainsi La faculté d'enlever aussitôt que le repas est
(/) Ducangc traduit le mot focale par ignia- Hum, qui signifie briquet.
(g) Un tamis
(A) Ce mot, dont je n'ai pu trouver l'explication, n'est pas dans le manuscrit B.
(<*) Chenets ou garde-feu.
(k) Conque, coquille. Ce mot ne peut être la
traduction du latin stipes, qui a la signification de pieu. Jean de Garlande a voulu peut-être désigner ici un instrument propre à attiser le feu.
(/) Ptices ou pincettes.
(m) Autre espèce de banc.
(it) Le mot pultra peut être considéré comme une dérivation du latin pultarium, poêlon. Mais le texte porte multra, que le commentateur du manuscrit B. fait venir du verbe mulgeo, et traduit par fatcelle , espèce de vase dans lequel on reçoit le lait lorsqu'on trait les brebis ou les vaches. Le vieux mot francois est encore dans le patois languedocien.
(o) Jlatièrc .
6oa APPENDICE.
IJV. Coqui mundant , in aqua calida, cacabos et urceos , patellas el sartagines , pelves, ydras, ollas, moi ta lia (a), seule lias , rotundalia t ace tabula , coclearia et sca plias, cra lieu las, rnichatoria (6), creagas, dum surit an te clibanos, et epycauteria
et fornaces.
* Cacabos, gallice dicuntur chauderons. — Patella ponitur pro magna scutella. — Sartagines sunt patelle in quibus aguntar et vertuntur carnes super ignem (c). — — PeWes dicuntur gallice bacin. — Ydrias dicuntur ab ydros , quod est aqua-, gallice pot-eati. — Rotundaiia , gallice taillieurs (trencheurs) (</); et dicuntur a ro lundi tate. — Acetabula dicuntur lances ubi ponuntur salsa («), et dicuntur ab boc nomine acetum. — Scaphas dicuntur gallice auges, ubi puer balneatur , vel pedes lavantur {j), — Craticulas dicuntur gallice greil. — Creagas dicuntur gallice erochet (g). — Clibanos genus fornacis est (h). — Epycauteria , quia desuper imponitur ignis (i). — Fornaces dicitur ab hoc nomine furnus; gallice Jour {fameuse).
LV. Hœc sunt instrumenta clerîcis necessaria : libri, pulpita, crucibulum (k) cum sepo (/) et absconsa (m), et laterna, cornu cum incausto , penna , plumbum et régula, tabula et terula , cathedra , asser (n) , pumex cum plana et creta [croie].
* Pulpitum , gallice letrum (o); et nota quod pulpitum est assensus graduum ad locum ubi legitur, quia letrum sive analogium est id super quod ponitur liber. — (Plana proprie dicitur instrumentum ferreum cum quo pergameniste préparant pergamenum) (/;).
LVI. In spera sunt quinque parabelli et duo coluri, orizon, axis et galaxias. Orgauicos imitata modos, mulcet jovis aures giga , qui es cleri nescia ferre rudes.
* Spera sic describtlur : spera est quedara figura rotunda, ex circulis coroposita, mundi similitudinem represenlans. Cuju9 partes sunt : Parabelli qui sunt quinque :
(a) Lisez mort aria, mortiers.
(ù) Instrument qui réduit eo miettes, ripe. Le commentateur du manuscrit B. traduit ce
mot par eschapleur.
(c) Poêles à frire.
{<{) On appeloit primitivement tailleurs ou trancheurs des pains ronds et plats qui servaient d'assiette. Ici le mot rotundale, et son équivalent en vieux françois, paraissent signifier assiette.
(e) Saucière ou vinaigrier.
{/) Ducange ne donne pas cette signification du mot icapha.
(g) Fourchettes de cuisine.
(A) Une tourtière.
(t) C'est une espèce de four de campagne Ducange ne donne pas celte signification. (k) Une lampe de nuit.
(/) Avec du suif.
(m) Absconsa signifie lanterne sourde ; mais on trouve dans Ducange plusieurs passages qui prouvent que absconsa a été pris dans le sens de chandelier, qui conviendrait mieux à notre
passage.
(n) Le mot asser a souvent été prit dans le sens de tableau de bois, du genre de ceux qm servent dans les écoles pour les démonstrations mathématiques (Festus et Foreellini).
(o) Le mot latin a fait pupitre, le vieux françois a donné naissance à notre mot lutrin.
ip) Un grattoir.
APPENDICE. 6o5
articus, artaticus, solslicialis hiemalis, estivalis ; paralellus equinoxialis , qui est in medio, in quo sol facit equinoxium bis in anno , scilicet in Ariete et in Libra (a).
— Coluri duo sunt : uuus est verticalis, alius est terra collateralis (b). — Omon, interpretatur finitor visus. — Axis sic describitur : linea ydealis qua? dirigitur a polo artico ad polum artaticum , per medituliium terre quod est cenlrum spere mentalis.
— Galaxias est circulus qui dirigitur a septentrionali plaga ad australem regionem, per aliud emisperium rediens ad punctum a quo incepit (c). — Giga est instrumentum musicum , et dicitur gallice gigue , et docet clericos nevideantur mirai, quod denotatur dum djcitur organicos (d).
L\ II. Supra perticam magistri Jobannis de Gallandia diversa indumenta pendent : tunice, supertunicalia (e), pallia, scapularia (/), capa (g), coopertorium (h), lintheamina, renones, sarabarre, stragule, camisie, bracce (•), bumbicinia et tapeta, cuculli et collobia cum lacernis, et trabee cum paludamentis.
* Pertica, gallice perche, unde versus :
Pertica diverses pannoe retioerc solebat. Quedam nomina plana sunt : Pallia est equivocum ad mantellum et ad sericum aura tu m. — Renones dicuntur a renibus, gallice tabar, tnantellus rotundus lumbardi.
— Sarrabare sunt indumenta Sarraceuorum , gallice esclavines (A); et dicuntur sarabarre quia grevis vestis est. — Stragula est quœlibet vestis cum sinu deaurato sine capucio (/). — Cuculli dicuntur gallice cole (m). — Colobia capucia sunt bubulcorum (n). — Lacernis ; sic dicuntur quia lacerna est pallium tam tenue et levé.
(n) Le commentateur désigne ici les cinq grands parallèles de la sphère : l'équateur, les deux tropiques et les deux cercles polaires.
(b) Cette définition n'est pas claire : les colures sont deux cercles qui se coupent mutuellement en deux parties égales , et dont l'ensemble coupe à son tour en quatre parties égales les cinq grands parallèles et l'écliptique.
(c) C'est la voie lactée.
(d) Organicos intitula modos, etc. On ne voit pas trop comment cet éloge de la gigue arrive dans un chapitre qui paroit d'abord entièrement consacré à l'astronomie. Peut - être le scribe a-t-il fondn dans un seul article deux fragmens incomplets de deux articles distincts, qui traitoient chacun un sujet différent. La même confusion existe dans le manuscrit B., où la lui du chapitre, malgré quelques changemens dans les mots , est tout aussi peu claire que dans le manuscrit que je publie.
(c) Surtout.
(/) Petit manteau qui couvrait seulement les épaules, scapulas.
(g) Espèce de robe longue qu'on appeloit aussi caracalla (Lracange, au mot capa).
(h) Ce mot signifie également une couverture de lit ou une nappe d'autel. Le mot Untcamina (drap de Ut), qui suit immédiatement, semble indiquer qu'il Tant prendre le mot coopertorium dans le premier sens.
(») Haut-de-chausses.
(h) Roquefort, d'après Monet, traduit ce mot par manteau de pèlerin.
(/) Cette définition n'est point parfaitement d'accord avec celle que donne Ducange an mot stragula.
(m) Capuchon.
(n) Cette explication est aussi donnée par Ducange, qui définit encore le colobium, «ne lon-
6o4 APPENDICE.
quod homines possunt videri per médium, et dicitur gallice bife (a). — Trabea est regalis infula. — Paludimentum (b) , propter aurum et gemmas quas habet, est specialiter ornamentum imperalorum.
LVHL Presbiteri libres habent necessarios in ecclesiis suis : missale, gradale siye graduale (c), troparium (</) , antiphonarium (e), breviarium, martirologium , psalterium, letaniam (/), passionarium (g), bibliothecam (h), hymnuarium (i'),kalendarium , sine quibus Tespere , nec matutine , nec missa possunt célébra ri.
LIX (*). Presbiter babeat libres quibus predicet catholice, id est fideliter; doceat lypice , id est figurative ; loquatur pragmatîce , id est causative ; proponat quaxiam ypotetice, id est personaliter vel supponitive, quœdam paranetice (/), idest interponilive, qua:dam prophonetice, idest exclaraatorie j quœdam proseutice (m), id est deprccaii ve ; aliquando procédât herotice , quod est amatorie ; aliquando diastolice , id est séparai orie , aliquando antisiastice (n) id est contra substanliam , id est contra se ipsum j sepe simboletice , id est reconciliatorie vel collective ; sepe presagoreutice (o), id est precienter \ sepe sillogistice , idest conclusive; interdum loquatur larcberetice (/>), id est gratificative ; gemat trenetice (f), id est lamentorie, canat palinodice, idest recantatorie (r); canat antipodolice , idest responsorie; canat
(a) Le mot lacerna signifiant un vêtement se trouve dans la bonne latinité. Le vieux mot françois bife n'est pas dans Roquefort.
(b) Le texte porte paludamcntum.
(c) Le graduel, livre qui contient le chant des offset.
(d) Recueil de tropes. On appeloit trop es des versets qu'on chantoit dans les grandes solennités avant l'introït de la messe. Ce nom servoit aussi à désigner les proses qui se chantent immédiatement avant l'évangile.
(e) Antiphonaire , extrait du Graduel , livre qui ne contient que le chant des antiennes.
(f) Recueil de litanies.
(g) Recueil d'extraits des vies des martyrs, conteuant la relation des tourment qu'Us ont endurés.
(h) Ce mot désigne ici k livre renfermant l'a n - (<) Recueil d'hymnes.
(k) Cet article est un curieux monument des
tateur, dont le travail consiste presque toujours à donuer les étymologies de tous les mots, avoit
ici beau jeu. Il ne nous a pas fait grâce d'un seul adverbe. En revanche , il n'a pas donné une seule explication , s'en référant sans doute aux id est qui , dans le texte, accompagnent chaque mot grec latinité.
(/) Lisez paranetice , — fawiasV
(m) Lisez proseuctice, de #rir«»«1ialt.
(n) Il faut probablement lire antislasiastice , du grec MTirfanarîic.
(o) Ce mot, qui paroi t évidemment d'origine grecque, n'a aucun sens. Il faut sans doute lire prosagoreutice , de •for«t>«fivT«»i{, mais, dans ce cas, la traduction seroit vicieuse, car cet adverbe indiquerait une espèce d'allocution ou deprosopopée.
(p) Cette expression est donnée par le commentateur comme un mot hybride venant du latin large, et du grec X*t't> tfoêe qui t'ac-
Jean de Garlande.
(q) Lisez threnetice, et mieux encore thrimtike, de&fitiTiatf.
(r) D'où vient le dicton proverbial . Chanter la palinodie.
APPENDICE. 6o5
apostolice, id est suasorie-, metricet tropice, id est conversive; dictet ethice, id est moraliter; rideat saterice (a), id est reprehensorie ; mordeat aliquando cinice (&) , id est canine ; loquatur de presenli per presens teropus , de imperfectis per parachimenon (c), de perfectis per loi is ton (</), de plusquam perfectis per ypersinteticon (e) ; consideret ad très modos loquendi scilicet didascalon , id est doctrinale 5 dragmaticon (y*), id est interrogalivum j hermenoticon (g), id est inlerpretativum ; sancte Tivat et sancte doceat , et haec ei sufficiant.
* Herotice dicitur ab héros, ois; gallice baron. — Simbolum , H ; gallice dicitur escot de
L X . His orna t ur presbyter ornamentis , scilicet superlicio (h) , alba , talari et tyara, manipula vel phanula , stola, infula (î) et cinctorio (A°) candidissimo. Sed episcopus célébrât cum mitra et anulo, poderi, rationali , humerali (/), qui sepissime gerit pedum deauratum.
* Alba dicitur gallice aube. — Talari, id est longa usque ad talos (m). — Tyara gallice dicitur mitre. — Phanula est id quod sacerdos gerit in brachio (h). — Poderis est vestis similis Mm, gallice aube (o). — Rationale est ornamentum episcopale, alio modo dicitur logion ; illud scilicet quod deferebatur in pectore episcopi ad modum lamine auree . in qua erant duodecim lapides et in il lis duodecim nomina propbetarum; adhuc erant in illa lamina aurea veritas et judicium. — Pedum dicitur gallice croce.
LXI. In ecclesiis debent esse crux magna et parva , fons sacra , aspersorium , aqua benedicta , vex il la in lancea , campana in campanario , thuribulum , phiala una cum vino et alia cum aqua , et pixis hostiarum (p).
* Vexilla dicitur gallice banière vel conjenum.