LA PAROISSE SAINT-SAUVEUR
Note i , Page 49.
La parroisse Saint-Sauvéeur, à coumencier joingnant de la porte Saint'
Denys.
L'église paroissiale de Saint-Sauveur, que la révolution de 1789 a fait disparaître avec beaucoup d'autres, étoit située à l'angle septentrional formé par la rue Saint-Sauveur et la rue Saint-Denys. Son entrée étoit par la rue Saint-Sauveur.
Toute la circonscription de cette paroisse étoit, aussi bien que l'église elle-même, située hors de l'enceinte des murailles. Aussi Guillot de Paris ne
(a) Livre VII, p. 35 1. (c) Page 46.
ib) Livre II, page i83.
roentionne-t-il aucune des rues qu'elle renferme. La première rubrique, qui fait l'objet de cette note, contient le côté occidental de la rue Saint-Denys , depuis l'endroit où étoit située la porte de ce nom , jusqu'à la rue Saint- Sauveur.
Note 2, Page 5o.
1m. rue Perciée.
Dans le rôle de i3i5 cette rue est nommée rue Percié Saint-Sauveur (a).
Jje «nom de rue Percée s'applique aujourd'hui à trois rues , mais toutes trois fort éloignées du quartier où nous nous trouvons. Sauvai ne parle pas de la rue Percée Saint-Sauveur ; Jaillot (b) se contente de dire que dans le rôle de i3i 3 la rue du Renard Saint-Sauveur est désignée sous le nom de rue Perciée. Mais il n'eût peutêtre pas suffi d'énoncer cette synonymie; il eût été à propos de donner quelques preuves de son exactitude. Ces preuves , je les tire de notre manuscrit et du rôle de i3i3. Il est aisé de se convaincre , en suivant l'ordre des rubriques de l'un et de l'autre , que la rue Pei-cée étoit située entre la rue Saint-Sauveur au nord, et les rues Pavée et du Petit-Lion au midi. Or, je trouve nommées ou clairement désignées dans les deux manuscrits toutes les rues existant aujourd'hui entre ces deux limites, à l'exception de la rue du Renard. De plus , le rôle de i3i3, qui mentionne la rue Pavée, faisant face à celle du Petit-Lion, immédiatement après cette dernière, donne le recensement de la rue Percée aussitôt après celui de la rue Beaurepaire, dont l'extrémité orientale aboutit en face de la rue du Renard. Il n'en faut pas davantage, à mon avis, pour établir que c'est la rue du Renard qu'on désignoit autrefois sous le nom de rue Perciée ou rue Percié- Saint-Sauveur.
Note 3, Page 5o.
La rue de Tire-Vit.
C'est aujourd'hui la rue Marie-Stuart. Je ne sais à quelle époque la seconde moitié de l'ancien nom de cette rue a fait place à un mot moins obscène. Je la trouve nommée rue Tire-Boudin dans un compte de la prévôté de Paris qui ne remonte pas au-delà de l'année 1423 (c); et néanmoins dans la liste
(a) Page 5o. (c) Sauvai , Comptes de la Prévoté de Pa-
(b) Tome II , quartier Saiot-Denis , p. 88- ris, p. 299.
des rues de Paris que donne l'abbé Lcbcuf à la fin de son premier volume, et que cet auteur croit être du milieu du xv" siècle, elle s'appelle encore rue Tire-Vit. C'est probablement dans la première moitié duxve siècle qu'on lui a donné le nom de Tire-Boudin , nom qui n'a pu faire oublier tout de suite l'ancienne dénomination. Les deux noms auront ensuite continué pendant quelque temps d'être simultanément en usage, jusqu'à ce qu'enfin les progrès de la civilisation aient fait entièrement disparaître celui qu'on ne pouvoit plus prononcer sans choquer la décence. Au reste, ce n'est guère qu'après le xv* siècle qu'on a pensé à bannir du dictionnaire des rues de Paris ces noms qui nous paraissent aujourd'hui si grossiers. Jusqu'à cette époque, loin de corriger les anciennes dénominations qui présentoient à l'esprit des idées peu décentes, on en inventa quelquefois de plus obscènes encore.
Note 4» Page 5o.
La rue au Lyon.
C'est aujourd'hui la rue du Petit^Liou-Saint-Sauveur.
Note 5, Page 5i.
Darne- Estai.
De ces deux mots on n'en faisoit plus qu'un en i3i3. Plus tard on a changé Darneslat en Dernestat. Ensuite, retranchant IV, on a fait Dernetat, puis Drenetat par une transposition de lettres , et enfin Grenétat. Ce nom , sauf le changement du D en G, a subi absolument les mêmes modifications que celui de Grenelle. On a d'abord dit Gamelles , ensuite Guernelles et enfin Grenelles et Grenelle. Darne estai signifioit dernière station. Cette désignation convenoit à une rue qui devoit avoir marqué, à une époque assez rapprochée, l'extrémité septentrionale de la ville. Dans la rue Darnestat étoit l'hôpital de la Trinité, qui avoit été commencé sous Philippe-Auguste, et qui devoit être terminé à l'époque où remonte notre manuscrit. Un passage public, appelé le passage de la Trinité, marque la place où étoit anciennement cet hôpital.
Dans le rôle de i3i3, la paroisse Saint-Sauveur contient une rue qui n'est pas nommée dans notre manuscrit, c'est la rue des Cordiers devant la Trinité. Je crois avec Jaillot (a) que cet ancieu nom s'applique au cul-de-sac
(a) Tome II , quartier Saint-Denis, p. 3g.
de l'Empereur (aujourd'hui cul-de-sac Mauconseil) qui débouche en face de l'endroit où se trouvoit autrefois l'entrée de l'église de la Trinité.