LA PAROISSE SAINT-INNOCENT ET SAINTE-OPPORTUNE
Note i , Page 56.
Le rôle de 1292 n'a réuni sous un seul titre les deux paroisses de Saint- Innocent et de Sainte -Opportune, que parce qu'elles avoient trop peu d'étendue pour mériter chacune une division particulière. Du reste il est certain qu'au Zin* siècle, et pendant la plus grande partie du xiv', ces deux paroisses furent séparées (b). Elles sont portées séparément dans le rôle de i3i3, et je trouve même dans notre manuscrit une rubrique qui prouve que, bien qu'on les ait réunies sous un seul titre, cependant ces deux paroisses étoient réellement distinctes en 1 292. Cette rubrique est ainsi conçue : Ce sont ceus de la parroisse Sainte Germain qui sont entre la parroisse Saint-Innocent et la parroisse Sainte-Oportune.
L'église Saint-Innocent ou des Innocens étoit située sur remplacement du marché des Innocens, un peu au midi de la rue aux Fers, du côté de la rue Saint-Denys. Le cimetière s'étendoit derrière l'église et occupoit, avec le cloître , toute l'étendue de la place.
L'église de Sainte-Opportune étoit sur l'emplacement du massif de maisons compris entre la rue de l'Aiguillerie, la rue Courtalon et la rue Saint- Denys. On y entroit par la place Sainte-Opportune. Le cloître de cette église étoit divisé en deux parties inégales par une petite ruelle qui donnoit dans la rue de l'Aiguillerie, ce qui explique pourquoi le rôle de i3i 3 mentionne le grant et le petit encloistre de Sainte-Oportune.
Note 2, Page 56.
Premièrement en la Charronnerie.
Voyez plus haut, dans la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois , la note 34.
(a) Tome II, quartier Saint-Denis , p. 45 (*) Lcbeuf, tome I, p. 76. — Sauvtl, et suiv. livre IV, p. 378.
NOTES. 325 La circonscription des paroisses Saint-Innocent et Sainte-Opportune est si vaguement définie que, pour découvrir les rues qu'elles renferment, il ne sera point inutile d'avoir recours à la description qu'en donne l'abbé Lebeuf, bien qu'elle se rapporte à une époque beaucoup plus moderne que celle de nos manuscrits.
« La paroisse Sainte-Opportune, dit cet auteur (a) , n'est composée que de « trente k quarante maisons comprises dans les rues de la Tableterie et des « Foureurs, sçavoir : en y entrant par la rue Saint-Denys, les deux tiers des « maisons qui sont à main droite dans ces deux rues, et qui sont les plus voi- « sines de l'église Sainte- Opportune; de plus, toutes les maisons du cloître « et place de la même église , celles de la rue de l'Eguillerie, celles du coin de « la rue Saint-Denys avec d'autres adjacentes, excepté les trois dernières. « Enfin celles de la rue Courtalon , et celle qui fait l'autre coin de la rue « Saint-Denys. m
Et plus loin (b) : « La parroisse des Innocens n'a des habitansque dans « trois rues , sçavoir : la rue de la Ferronnerie des deux côtés : la prtie de « la rue Saint-Denys qui est derrière l'église et accollée au cloître , et le « côté de la rue aux Fers qui touche aux galeries du cloître : ce qui , en « tout, forme, «H ce que l'on m'a dit, soixante et deux maisons. »>
Le recensement de ces deux paroisses réunies est donc circonscrit à sept rues, qui sont la rue Saint-Denys, la rue de la Ferronnerie , la rue aux Fers, les rues Courtalon, de l'Aiguillerie , de la Tableterie et des Fourreurs. Le titre qui est en tête de cette note s'applique à la rue de la Ferronnerie.
Note 5, Page 5?.
Ce sont ceus de la parroisse Saint-Germain, etc.
Su
La rue actuelle de la Cordonnerie se trouve dans la circonscription de la paroisse Saint-Eustache, et ne peut conséquemmeut représenter l'ancienne rue de la Cordoanerie qui devoit être au midi de la rue Saint-Honoré. C'est, d'après Jaillot(c), la rue des Fourreurs, qu'on appeloit autrefois rue de la Cordoanerie. .«
(a) Tome I , page 68.
(*) Ibid., page 84.
(c) Jaillot, tome I, quartier Sainte Opportune , p. ao. — Voyez aussi Sauvai , livre I , page i35.
Note 4, Page 5j.
Item : en la parroisse Sainte-Oportune.
Une longue liste de contribuables est enregistrée sous ce titre général, sans aucune indication particulière de la rue ou des rues qu'ils hahitoient. Mais, comme nous allons reconnoitre dans les rubriques suivantes la place Sainte-Opportune, la rue Sàint-Denys , la rue Courtalon et celle de l'Aiguillerie, on peut présumer que sous le titre qui fait l'objet de cette note se trouvent compris les contribuables de la paroisse Sainte-Opportune qui hahitoient la rue de. la Tableterie, la rue des Fourreurs et les cloîtres de l'église.
Note 5, Page 58.
Devant Sainte-Oportune.
D'après les anciens plans , l'église de Sainte-Opportune avoit une entrée (et c'étoit probablement l'entrée principale) sur la place qui porte encore aujourd'hui le nom de Sainte-Opportune. C'est à cette place que doit s'appliquer notre rubrique.
Note 6, Page 58.
Item : ceus qui sont de la parroisse Saint-Germain en la Grant-Rue, toute Ut rue jusques aus Petiz-Solers et la ruèle de la Barre.
S. m vil range au nombre des rues dont il ne saurait fixer la position la rue aux Petits-Sôulers , qu'il reconnoît cependant avoir fait partie de la paroisse Sainte-Opportune (a). Il paroit avoir entièrement ignoré l'existence de la rue de la Barre. Guillot de Paris ne nomme pas cette dernière rue; mais la rue aux Petits-Solers a trouvé place dans son vocabulaire rimé, et ce qu'il en dit peut servir à déterminer sa position , sinon avec une entière certitude, du moins avec une grande probabilité. Voici le passage de Guillot : (b)
El parmi la Hédengerie M'en ving en la Tableterie ; En la rue à Pelitj-SouUrs De basennt, tout fu souilliés ;
(a) Livre II, page 170. {b) Lebeuf, tome I , p. 58o.
D'esrer ce ne (fa) mie fortune.
Par la rue Sainte-Opportune Àlai en la Charonncrie
Et puis en la Ferronnerie , etc. .
Le poète nomme , entre la rue de la Tableterie et la rue de la Ferronnerie (a), deux autres rues, celle des Petits-Soulers-de-basenne et la rue Sainte- Opportune. Deux rues seulement se trouvent encore aujourd'hui dans ces limites : la rue Courtalon et la rue de l'Aiguillerie. La première est désignée dans tous les anciens plans sous le nom de rue Sainte-Opportune; c'est donc à la rue de l'Aiguillerie que s'applique la dénomination de rue kPeUs~Soulers-debasenne, ou simplement rue aus Petiz-Solers. Une nouvelle preuve de l'identité de ces deux rues nous est fournie par la première rubrique de la paroisse Sainte-Opportune dans le rôle de i3i3; elle est ainsi conçue : Si commence à la méson Pierre de Rosajr, espicier en la Grant-Rue, et parmi ïencloistre à destre, jusques au coing de la rue des Petits -Soliers (b). Or, il est constant, d'après les anciens plans de la ville de Paris, que la rue de l'Aiguillerie régnoit tout le long du cloître de Sainte-Opportune , et que le nom de cloître Sainte-Opportune s'est appliqué souvent à toutes les rues qui environnoient l'église du même nom (<■).
Jaillot (d)9 ne considérant que la régularité de la marche du poète, croit que dans le passage de Guillot de Paris cité plus haut, le nom de rue à PelitsSoulers-debasenne s'applique à la rue Courtalon , et que la rue de l'Aiguillerie représente l'ancienne rue Sainte-Opportune. Il peut, en effet, paroitre singulier que Guillot, aille d'abord de la rue de la Tableterie dans celle de l'Aiguillerie, et qu'ensuite il retourne sur ses pas et prenne la rue Courtalon pour se rendre dans la rue de la Charronnerie. Mais pour trouver dans sa marche une régularité à laquelle rien ne 1 ubligeoit de s'astreindre, faut-il donner un démenti formel à tous les anciens plans qui appliquent le nom de rue Sainte-Opportune, non pas à la rue de l'Aiguillerie, mais à la rue Courtalon?
Quant à la ruelle de la Barre, je ne crois pas qu'elle ait été connue d'aucun des auteurs qui ont écrit, jusqu'ici, sur l'histoire et la topographie de l'ancien Paris.
J'ai déjà dit quelques mots du cloître Sainte-Opportune (voyez ci-dessus,
(a) La Charronnerie et la Ferronnerie ne tune, p. 7. — Voyez les Plans de Gomhoust
font aujourd'hui qu'une seule et même rue. et de Bullet.
(*)Page5a. (<0 Tome I, quartier Sainte-Opportune f
(c) Jaillot , tome I , quartier Sainte-Oppor- pages 7 et 16.
page 224). Ce cloître longeoit le mur septentrional de l'église du même
nom , et s'étendoit depuis la rue Saint-Denys jusqu'à l'endroit où la rue de l'Aiguillerie fait un coude vers la place Sainte-Opportune. Il étoit coupé en deux , vers le milieu de sa longueur, par une ruelle perpendiculaire à la rue de l'Aiguillerie, donnant au nord dans cette rue, et conduisant, au midi, à une des portes de l'église Sainte- Opportune. Cette petite rue est marquée dans tous les anciens plans jusqu'en 1792. Je crois que c'est à elle que s'applique le nom de rue de la Barre. Elle n'avoit pas à proprement parler de débouché à son extrémité méridionale, et c'est pour cela qu'elle ne se trouve pas indiquée dans le poème de Guillot. Elle n'est pas non plus nommée dans le rôle de i3i3, mais les maisons qui la bordoient des deux côtés, faisant partie du cloître de l'église, doivent être comprises sous les rubriques de ce rôle qui renferment le grand et le petit cloître Sainte-Opportune.
Note 7, Page 58.
Item : de Sainte-Oportune tenant en la Grant-Rue.
Je ne vois que la rue Corn* talon à qui ce titre puisse convenir. Cette rue, autrefois nommée rue Sainte-Opportune, conduit en effet de la place qui étoit située devant l'église jusqu'à la rue Saint-Denys.