LA PAROISSE SAINT- JACQUES-DE-LA-BOUCHERIE
Note i , Page 87.
L'église de Saint-Jacques-de-la-Boucherie étoit attenante à la tour qui porte encore ce nom, et située sur l'emplacement où est aujourd'hui la cour du Commerce; on y entroit par la rue des Arsis, par la place Saint-Jacques et pr la rue du même nom.
La rue Sainte-Kateline.
11 existoit autrefois une église de Sainte-Catherine dans la rue Saint-Denys, un peu au midi de la rue des Ix>mbards. Le long des murs de l'église, au nord, étoit une ruelle qui peut avoir primitivement débouché dans la rue de la Vieille-Monnaie, mais que les plans les plus anciens représentent comme un cul-de-sac. On l'appeloit rue Sainte-Kateline ou Sainte- Catherine.
Ce premier arrondissement de la paroisse Saint-Jacques renferme un carré formé par la rue Aubri-le-Boucher, par le côté occidental de la rue Saint- Martin et le côté oriental de la rue Saint-Denys, à partir des deux bouts de la rue Aubri-le-Boucher, et une ligne qu'on tireroit, de l'ouest à l'est, parallèlement a cette dernière rue, à partir de la rue Saint-Denys , un peu au-dessous de la rue des Lombards.
Note 2, Page 87.
La moitié de la Bufeterie par devers Saint-Merry.
C'est la moitié de la rue des Lombards à l'orient (a). Dans un arrêt du Parlement du i5 juillet i3a2 (b), cette rue est nommée Ficus Lombardorum , qui vulgariter la Buffeterie nuncupatur.
(o)'Sauval, livre II, p. 147.
{b) Jaillot , tome I , quartier Saint-Jacques-<k-la- Boucherie , p. 63.
Note 3, Page 88.
C'est de la rue Saint-Martin , de la méson à la V élue jusques à la méson Pierre du Pont , u quarrefour Saini-Merri.
Le premier contribuable enregistré sous cette rubrique est Jehan le Velu. Or, la première rubrique de la paroisse Saint-Jacques-de-la-Boucherie dans Je rôle de 1 3i 3 est conçue ainsi : Si commence à la méson dame Thomasse Vespicière, jusques à la méson' Jehan le Velu, à aller par dessous l'Archet Saint-Merri (a) ; et celle qui suit immédiatement est la rue Auberi-le- Bouchier. Ainsi , les deux rôles suivant un ordre inverse, le point de départ, dans la première des rubriques du rôle de i3i3 que je viens de citer , doit être le carrefour Saint-Merry , qui, par là, se trouve fixé au bout de l'ancienne' rue Saint-Merry devant l'église , et non , comme on auroit pu le croire , au bout de la rue Neuve Saint-Merry où se trouvoit 1 ancienne porte qu'on nommoit X Archet Saint-Merry.
Notes 4 et 5, Page 89.
Cest de la rue Auberile-Bouchier jusques à la méson Marguerite de Lyons, et la Baudraierie avecques, jusques a la méson Jmauri de fioissi.
C est la rue Amauii-de-Roissi.
On lit dans Guillot de Paris (b) :
La rue Amauri de Roussi Encontre Trousse-Vache cbiet (c).
La rue Trousse-Vache est, depuis peu, la rue de la Reynie qui donne en face de la rue Ogniard. C'est donc cette dernière rue qu'on appeloit rue Amauri-de-Roissi, du nom d'un bourgeois qui existoit encore, ou qui étoit mort depuis fort peu de temps, en 1 292.
Les deux points extrêmes une fois connus dans la rubrique n° 4, il ne peut plus y avoir de difficultés sur le point intermédiaire. La Baudraierie ne peut être que l'extrémité septentrionale de la rue des Cinq-Diamants.
(a) Page 94. (c) Ckiet, choit , aboutit.
(0) Lebeuf , tome I , p. 690.
Note 6, Page 90.
Le quarrefour Saint-Joce.
Ce carrefour devoit se trouver devant l'église Saint-Josse, c'est-à-dire au point de jonction des rues Quincampoix, Aubri-le-Boucher et des Cinq- Diamants.
Note 7 , Page 90.
La rue de la Courroierie.
C'est le nom que porte, dans le plan de la Tapisserie , la rue des Cinq-Diamans. Ainsi cette rue avoit deux noms bien distincts : depuis la rue Aubrile-Boucher jusqu'à la rue Ogniard, c'étoit la rue de la Baudraierie; et toute la partie inférieure, depuis la rue Ogniard jusqu'à celle des Lombards, se nommoit rue de la Courroierie. C'est la conformité de ce dernier nom avec celui d'une autre rue de la Courroierie, aboutissant dans la rue Saint-Martin , qui a induit Sauvai (a) en erreur sur l'ancienne rue de la Baudraierie , et lui a fait dire qu'elle étoit aujourd'hui représentée par la rue de la Courroirie, donnant par un bout dans la rue Saint-Martin et par l'autre dans la rue Beaubourg.
C'est Trousse- fâche cf une part et d'autre. Cette rue se nomme aujourd'hui rue de la Reynie.
Notb 9, Pagb 91.
La rue Guillaume-Joce d'une part et d'autre.
La place qu'occupe cette rue dans la circonscription de notre quête sutiiroitpour mettre sa position hors de doute. C'est la rue des Trois-Maures, qui aboutit au nord dans la rue de la Reynie, et, au midi, dans la rue des Lombards. L'abbé Lebeuf, qui, contrairement à l'assertion de Sauvai (b), prétend que la rue des Trois-Maures n'a pris le nom de Guillaume-Josse que vers 1400, est tombé dans une erreur peut-être volontaire (c), car il avoit besoin de cette rue des Trois-Maures pour trouver à placer un ancien nom
(<0 Livre II , page 1 27 . (c) Lebeuf, tome I , page 5gi .
(A) Voyei Sauvai , livre II, p. 1 5o.
de rue donné par Guillot de Paris , et dont il étoit embarrassé (a). Du reste la rue des Trois-Maures portoit encore le nom de Guillaume-Josse vers le milieu du xvic siècle (b).
Note io, Page 92.
La seconde queste de la pamoisse Saint-Jaques.
Cette seconde quête renferme l'espace compris entre la rue Saint-Jacquesdela-Boucherie, la rue Saint-Denys, la rue Saint-Martin et une ligne tirée, de l'ouest à Test, à partir de la rue Saint-Dcnys, un peu au midi de la rue de* Lombards, au point où se trouvoit jadis la rue Sainte-Catherine.
Note ii, Page 92.
La rue de la Tlez-Monnoie.
On dit aujourd'hui rue de la Vieille-Monnaie.
Note 12, Page 3o.
La rue Saint-Jaque à commencier à la Pierre-au-Let.
Qu'entendoit-on par la Pierre-au-Let? Quoique cette dénomination ne soit pas éteinte depuis fort long-temps, je l'ai vainement cherchée sur les anciens plaus. Sauvai me fournit un extrait des comptes de la prévôté de Paris pour l'année 1459 où je trouve la mention suivante (c) : Rue de la Pierre-au-Lait, dite des Écrivains. Mais il est certain, d'après notre rubrique, que la Pierre-au-lait donnoit dans la rue SaintrJacques-de-la-Boucherie.
D'un autre côté Guillot de Paris s'exprime ainsi au sujet de cette rue (rf) :
Par la Pierre o let
Ving en In rue Jehnn-Pnin-Molet.
Et dans sa note sur ce passage de Guillot de Paris, l'abbé Lebeuf dit que la Pierre-au-Lait est devant Saint-Jacques-de-la-Boucherie. Ainsi cette rue
(a) Cel ancien nom est celui de Vin-le-Roy. It paraît que le véritable nom de la rue étoit rue Guillaume-Josse, mais que le peuple l'appeloit rue du Vin-le-Roy i\ cause d'une fameuse auberge dont les caves renfermoient les vins destinés au Roi. Jaillot nous apprend que c'est l'enseigne de cette auberge, dite les
Trois-Maures , qui a donné à la rue le nom qu'elle porte encore aujourd'hui. (Jaillot, t. 1 , quartier Saint-Jacqucs-de-la-Boucberic, p. 6"j.)
(b) Corroret , fol. 194 » verso.
(c) Comptes de la Prévôté de Paris, p. 336.
(d) Lebeuf, tome I , page 5ga.
aboutissoit d'un côté daDS la rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie, et de l'autre, en passant sur la place Saint-Jacques devant l'église, dans la rue des Arsis en face de la rue Jean-Pain-Molet. Je conclus de là qu'on appeloit anciennement Pierre-au-Lait la rue du Petit-Crucifix , la place Saint-Jacques-de-la- Boucherie et le bout oriental de la rue des Écrivains. A la fin du siècle dernier, on désignoit sous le nom de Pierre-au-Laù le carrefour où aboutissent • les rues de la Héaumerie , des Écrivains, de la Savonnerie, d'Avignon et de la Vieille-Monnoie (a).
Notb i3 , Page g5.
La rue des Arsis , de la voûte Saint -Victor jusques au carrefourc
Saintr-Merri.
11 est clair que le point de départ est ici l'angle septentrional formé par les rues des Arsis et Saint-Jacques-de- la-Boucherie. Mais je ne saurais dire ce qu'étoit la voûte Saint-Victor, à moins que le mot voûte n'ait la même signification que les mots vaut, voult et voulle, qui signifioient visage , image, du latin vultus. Alors la voûte Saint- Victor auroit été une image ou une statue de saint Victor placée à l'angle d'une maison de la rue des Arsis.
Notes 14, i5 et 16, Pages g3 et 94.
C'est le granl Marivas.
La ruèle Aussel d'Argenteull.
Le petit Marivas.
Le grand et le petit Marivas sont aujourd'hui la rue de Marivaux et la petite rue de Marivaux. La ruèle Aussel d'Argenteull est sans aucun doute le cul-de-sac qu'on voit dans la rue Marivaux à gauche , nommé cul-de-sac des Étuves. Le nom que porte aujourd'hui ce cul-de-sac ne doit pas être bien postérieur à celui que lui donne notre manuscrit, car, parmi les contribuables de la rue Marivaux, se trouve un Martin le biau, estuvèeur, dont la maison , d'après la place qu'il occupe dans la liste , devoit se trouver au coin de la ruelle ou cul-de-sac. Ainsi l'établissement de bains qu'on voit encore aujourd'hui dans la rue de Marivaux, au coin du cul-de-sac des Étuves, est probablement le plus ancien de la capitale.
(a) Jaillot, tome I, quartier Saint-Jacques , p. 38.
Note 17, Page 96.
En la Sélerie.
Le deuxième contribuable enregistré sous notre rubrique est Jehan de Béthune, sellier. Viennent ensuite environ soixante dix-autres imposés , parmi lesquels je trouve Jaques de Gant, sellier ; Jehan de Néelle , sellier; Macy de Noîon, larmier; Gile Vienne, lormier ; Maci de Mes, lormier; Lorenz, le chapelier. Or, dans le rôle de i3i3 (a), sous la rubrique suivante : Commence à Sainte- Katherine en alant parmi la Grand- Rue jusques au carrefour de la Porte, je trouve Jehan de Bétune, nommé après vingt-trois autres contribuables ; et parmi les quarante-cinq imposés que cette rubrique contient encore à la suite, je vois Jaques de Gant , paintre, h famé Macy de Mez, lormière ; Mahi de Noyon, lormier; Jehan de Néelle, sellier; Gile de Vienne, lormier; Lorenz Vallet, chapelier. Il est clair que la rue de la Sélerie est renfermée sous la rubrique du rôle de 1 3 1 3 que je viens de citer, et qui s'applique évidemment au bout méridional de la rue Saint-Denys. Jaitlot (b) cite deux anciens titres, l'un de 1284, l'autre de isg3, dans lesquels la partie de la rue Saint-Denys comprise entre la porte de Paris et les Innocens , est nommée Sellaria Parisiensis et Sellaria rnagni vici. Au nord des Innocens, la rue Saint-Denys prenoit le nom de Grant-Rue, grand-rue de Paris, grant-chaussiée Mr Saint-Denys et grandrue Saint-Denys.
Note 18, Page 96.
Item : en rue de la Poulaillerie.
L'abbé Lebeuf veut (c) que la Poulaillerie fût située sur l'emplacement du quai de Gevrcs et de la rue Saint-Jérôme. Jaillot Çd)f qui a relevé l'erreur du savant abbé, ne me paroit pas avoir mieux fixé la position de cette ancienne rue. Il la place de l'autre côté du Chàtelet, entre la rue de la Sonnerie et la rue Pierre-à-Poissons. La Poulaillerie est, selon moi , le culde-sac du Chat-Blanc, autrefois nommé rue Jekau-Chat-Blanc. Le nom de Poulaillerie lui étoit certainement venu des poulaillers ou rôtisseurs qui l'habitoient anciennement. Or, dans notre manuscrit, la rue de la Poulaillerie contient onze poulaillierssur trente et un contribuables, et le rôle de i3i3,
W Pa«e 99- («?) Tome I , page 60 1 .
(A) Jaillot, t. I, quartier Saint-Jacques- (</) Tome I, quartier Saint- Jacques-<le-lade-U-Boucherie , p. i3. Boucherie, p. 14, 18.
qui ne parle pas delà Poulaillerie, mais qui nomme la rue Jehan-Chat-Blanc, donne à cette dernière dix contribuables dont trois poulailliers (a). Ainsi, à vingt ans de distance, les poulailliers se seroient trouvés en proportion égale , dans la rue de la Poulaillerie et dans la rue Jehan-Chat-Blanc. Mais la plus forte preuve de l'identité de ces deux rues, c'estque le nommé Jean-Chal- Blanc, dont la rue portoit le nom en i3i3, est désigné en 1292 parmi les contribuables de la rue de la Poulaillerie. Au reste, à cette époque, le cul-desac du Chat-Blanc étoit une rue qui se prolongeoit jusqu'à la rue Saint- Denys. Guillot de Paria le dit formellement dans ces vers par lesquels il termine sa liste (b) :
Parmi la Triperie
M'en ving en la Poulaillerie ,
Car c'est la dernière rue ,
Et si siet droit sur la Grani-Rue.
On voit encore à l'extrémité septentrionale du cul-de-sac , un retour en équerre qui indique suffisamment son ancienne direction.
Note 19, Page 97.
La rue Jehan-le-Conte.
On lit dans Guillot de Paris' (c) :
Au-dessous siet la Hiaumerie, Et assez prcz la Lormerie, Et parmi la Bajenneric Ving en la rue Jehan-le-Conte , La Savonnerie en mon conte Ai mis.
Jaillot (d) convient qu'au commencement du xv* siècle , la partie de la rue d'Avignon qui donne dans la rue de la Savonnerie portoit le nom de Jehan-le-Comte. Mais, suivant lui, c'est au reste de la même rue donnant dans la rue Saint-Denys, que doit s'appliquer le nom de Basennerie. Cependant le même auteur cite un censier de Saint-Éloy de 1495 , dans lequel il a trouvé l'indication d'une maison située dans la rue Jehan-le-Comte , dite d'Avignon. Cette énonciation générale, loin d'établir que la dénomination de Jehan-le-Comte étoit restreinte à une partie de la rue d'Avignon ,
(a) Page toi. (rf) Tome I , quartier Saint-Jacques-de-Ia-
(h) Lebeuf , tome I , p. 600 , 601 . Boucherie , p. 10, 1 1 .
(c) Ibid., p. 591.
a6o NOTES.
pourrait, selon moi, servir à prouver le contraire. Au reste, l'opinion de Jai Ilot que je viens de reproduire, me semble basée sur une fausse interprétation de deux anciens titres, dans lesquels il croit avoir vu la preuve que la rue Trognon et le bout oriental de la rue d'Avignon portoient, en même temps, le nom de Jehan-le- Cornue. Il en a conclu que la rue Trognon et la partie de la rue d'Avignon qui donne dans celle de la Savonnerie, ne formoient qu'une seule et même rue , et il a considéré comme une rue tout-à-fait distincte l'autre partie de la rue d'Avignon , à laquelle il a donné le nom de Basennerie. Mais a-t-il bien saisi le vrai sens des deux actes sur lesquels il base son opinion ?
Le premier indique dans la rue Jehan-le-Comte, une maison qui fait le coin de la Heaumerie, le second énonce une maison rue de la Heaumerie faisant le coin de la rue Jehan-le-Comte. Gomme la rue d'Avignon ne donne pas dans la rue de la Heaumerie, Jaillot a pensé qu'une même maison nepouvoit faire à la fois le coin de ces deux rues, et il n'a pas cru possible que dans ces deux titres le nom de Jehan-le-Comte pût s'appliquer à la rue d'Avignon. Il l'attribue, en conséquence, à la rue Trognon, qui donne dans la rue de la Heaumerie. Mais il faut remarquer que les rues de la Heaumerie et d'Avignon débouchent à l'est, presque parallèlement, et à moins de 10 toises de distance l'une de l'autre, dans la rue de la Vieille-Monnoie, en face de l'angle formé par cette rue et celle des Écrivains. La maison dont il est parlé dans les titres cités par Jaillot, pou voit fort bien étendre sa façade sur la ligne qui réunit l'extrémité orientale des deux rues d'Avignon et de la Heaumerie , et former ainsi le coin de l'une et de l'autre. Il n'est donc pas nécessaire d'attribuer à la rue Trognon le nom de Jehan-le-Comte, que nous savons d'ailleurs certainement avoir été porté par la rue d'Avignon.
Revenons maintenant au passage de Guillot que j'ai rapporté. Le poète vient de la rue de la Heaumerie. Il dit expressément qu'il passe dans la rue de la Basennerie pour se rendre dans la rue Jehan-le-Conte. On ne peut se refuser à reconnoitre, avec l'abbé Lebeuf (a), la Basennerie dans la rue Trognon, que le rôle de i3i3 nomme la court Pierre-la' Pie, et que notre manuscrit ne mentionne pas dans le recensement de la paroisse Saint- Jacques-de-la-Boucherie. La me Jehan-le-Conte, placée entre la Basennerie et la Savonnerie, ne peut être que la rue d'Avignon.
Sauvai , qui , dans un rôle de i3oo, a trouvé cette rue désignée par ces mots, la rue qui chiel en la Savonnerie (b) , semble croire que le nom de
(«) Toruc I , page 5g i . (A) Livre II , page 1 1 1 .
Jehan-le- Conte ne lui a été donné que vers i386j mais on voit qu'elle le portait antérieurement au xive siècle.
Note ao, Page 98.
Du quarrefourc ( de Mibray ) parmi la Draperie d'une part et d autre.
La circonscription de cette quête est limitée, au nord, par la rue des Écrivains; à l'est, par les rues des Arsis et Planche-Mibray ; au midi , par le quai de Gèvres ; à l'ouest, par une ligne qui couperait en deux parties égales , du nord au midi , la place du Ghâtelet. Je ne vois que le quai de Gèvres à qui puisse convenir le nom de la Draperie. Cette rue devoit, au reste, se prolonger jusques sur le Pont-au-Change ; du moins c'est ce qui semble résulter de la première rubrique de la cinquième quête Saint- Jacques , dans le rôle de 1 3 1 3 ; elle est ainsi conçue : la Draperie sur Grant-Pont (a).
Note ai , Page 98.
Du porche Saint-Jaque en descendant, ou costé devers la Savonnerie.
Le porche Saint-Jacques , dont il est ici question , est l'entrée de l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie qui étoit sur la place de ce nom. Sauvai dit (b) que la rue du Petit-Crucifix s'est appelée d'abord la Prannerie ; puis, en i5o8, la rue du porcJie Saint- Jacques. Dans notre rubrique , les» mots porche Saint-Jaque indiquent tout simplement un point de départ, et ne sont pas un nom de rue. Il est évident, néanmoins, qu'il s'agit du çôté méridional de la place Saint-Jacques, depuis l'entrée de l'église jusqu'au coin de la rue de la Savonnerie.
Notes 22 et a3, Page 98.
Ou coing de la Savonnerie.
Ou coing devers la Viez-Monnoie.
Ces deux rubriques, sous lesquelles se trouvent enregistrés un assez grand nombre de contribuables, doivent, à mon avis, s'appliquer à l'extrémité occidentale de la rue des Écrivains , qui fait le coin de la rue de la Savonnerie et de la rue de la Vieille-Monnoie.
(o) Page 1 10. (A) Livre II , page !3o.
L'ancien nom de la Lormerie, qui se trouve dans le passage de Guillot de Paris cité plus haut (a) , a reçu diverses applications. L'abbé Lebeuf a pensé que, par ce mot, le poète avoit voulu désigner la rue des Écrivains ou le cul-de-sac du Chat-Blanc, qui étoit aussi jadis une rue percée aux deux bouts. Jaillot combat cette opinion ; mais celle qu'il propose ne me paroît pas fondée. Suivant lui (b) , la Lormerie seroit aujourd'hui le cul-desac de la Héaumerie , oui donne dans la rue du même nom. Le judicieux auteur ne s'est pas souvenu que Guillot de Paris, à la fin de son poème, dit expressément qu'il a exclu les culs-de-sac de sa nomenclature. Sans cela il n'auroit pas cru reconnoitre dans le nom de la Lormerie, le cul-de-sac de la Héaumerie; car, en considérant la position de ce cul-de-sac , sa direction et son peu d'étendue, on ne peut se persuader qu'il ait jamais été percé à son extrémité septentrionale. De plus , si la Lormerie eût été une rue aboutissant dans celle de la Héaumerie , il ne paroit pas probable que Guillot de Paris eût employé, pour la désigner, ces expressions : et assez prez (de la Héaumeriej la Lormerie.
La conjecture de l'abbé Lebeuf me paroit plus plausible , et je n'hésite pas à voir dans l'ancienne rue de la Lormerie , une partie de la rue actuelle des Écrivains. Nous avons déjà trouvé l'extrémité orientale de cette rue désignée sous le nom de la Pierre-au-Let. Mais, pour peu qu'on veuille examiner les lieux , on voit, au premier coup d'œil , que la place Saint-Jacques-de-la- Boucherie partage cette rue en deux parties à peu près égales , assez éloignées l'une de l'autre pour qu'on puisse les considérer chacune comme une rue différente. Or, autrefois l'église de Saint-Jacques n'occupoit guère plus de surface que n'en recouvre aujourd'hui la Cour du Commerce. On peut donc présumer avec raison qu'au xm* siècle, la séparation des deux portions de rues qui forment la rue actuelle des Écrivains, n'étoit pas moins bien marquée qu'elle ne l'est de nos jours. Maintenant, nous savons, par Guillot de Paris, que l'extrémité orientale de la rue des Écrivains portoit le nom de Pierre-au-Let. Notre manuscrit, en prolongeant la Pierre-au-I^t jusqu'à la rue SaintJaoques-de-la-Boucherie, nous apprend en outre que la rue du Petit-Crucifix portoit aussi ce nom de Pierre-au-Let. Il faut en conclure évidemment que le bout oriental de la rue des Écrivains étoit regardé, à cette époque, comme la continuation de la rue du Petit-Crucifix. L'extrémité occidentale de la même rue des Écrivains étoit donc une rue à part. Cette rue est assez prez de la Héaumerie ; c'est la seule parmi les rues de ce quartier qui ne soit
(a) Voyez p. ai*). (6) Jaillot , tom« I , quartier Saint-Jacques-la-Bourhene , p. 4».
NOTES. u03 pas nommée dans notre manuscrit et dans le rôle de i3i 3 , qui contiennent du reste tous les noms donnés par Guillot de Paris , à l'exception de la Lormerie. Il faut donc que cet ancien nom s'applique à l'extrémité occidentale de la rue actuelle des Écrivains. Cette conséquence présente, à mou avis, un caractère de probabilité qui équivaut presque à une certitude.
Note 24 1 I*AGE lo°-
Au quarrefourc de Mibrai, devers la Tanerie.
J'ai déjà dit que la circonscription du troisième arrondissement de la paroisse SainUJacques-de-la-Boucherie ne dépassoit pas à l'orient la rue des Arsis et la ruePlanchc-Mibray. Ainsi la rue de la Tannerie, mentionnée dans notre rubrique, ne peut être la rue delà Tannerie actuelle , située à l'est de la rue Plauche-Mibray, entre le quai Pelletier et la rue de la Vannerie. Ce ne peut être uon plus la rue de la Vieille-Tannerie qui fait suite, au nord, à la rue Saint-Jérôme, car la rue dont nous cherchons la position, donnant au carrefour de Mibray, et ne pouvant s'étendre à l'est de ce point, devoit nécessairement se diriger de l'est à l'ouest en partant de ce carrefour. Mais il s'est opéré, depuis la fin du xvn* siècle, un changement important dans les noms des rues situées entre la place du Châtelet et la rue Planche-Mibray . La rue que nous appelons aujourd'hui Vieille-Tannerie , et la rue Saint- Jérôme qui lui fait suite, se nommoient autrefois rue de la Tuerie. Celle que nous nommons rue de la Tuerie ou rue de la Vicille-I-anterne, et qui, partant de la place du Châtelet, va se réunir à la rue de la Vieille-Place-aux- Veaux , en face et à quelques toises de la rue Planche-Mibray, s'appeloit rue de la Vieille-Tannerie (a).
En 1 29a, cette dernière rue et la rue de la Tannerie actuelle portoient toutes deux le nom de Tannerie, ou plutôt, ces deux rues étoient considérées comme une seule rue, qui donnoit, par un bout, à l'endroit où se termine aujourd'hui à l'est la place du Châtelet ; et par l'autre, en traversant la rue Planche- Mibray, dans la place de Grève. Jaillot (b) accuse d'infidélité les anciens plans de Paris, et dans le plan partiel qu'il joint à son Traité sur le quartier Saint- Jacques-de-la-Boucherie, il rétablit la direction delà Vieille-Tannerie telle qu'elle existe aujourd'hui, c'est-à-dire du nord au midi. Cependant il est
(a) Voyez les Plans de Gomboust et de Bullet. — Celte me est actuellement interceptée depuis la rue Saint- Jérôme jusqu'à celle de la Vieille-Place-aux-Yeaux. {b) Tome I , quartier Saint-Jacques-la-Boucherie , p. 71.
a64 NOTES.
constant, d'après notre manuscrit, qu'au xv siècle la rue de la Vieille- Tannerie se dirigeoit de l'ouest à Test , puisqu'elle alloit aboutir au carrefour de Mibray; elle formoit ainsi une suite naturelle de la rue qui porte encore aujourd'hui le nom de rue de la Tannerie. Jaillot aurait dû, ce me semble, trouver cette opinion d'autant plus plausible qu'il l'admet ailleurs pour une rue parallèle. Au xiv« siècle, « on donnoit, dit-il, à la rue Saint-Jacques-de- « la-Boucherie , le nom de la Vannerie qu'elle avoi t déjà porté , parce qu'on « ne la distinguoit pas de cette rue (de la Vannerie) dont elle fait la coati tinuation. » C'est exactement ce qui a eu lieu pour la rue de la Tannerie et pour celle qu'on nomme aujourd'hui la Tuerie ou la Vieille-Lanterne , et qui , au xiii* siècle, se nommoit aussi la Tannerie, et ne faisoit, avec la rue • de la Tannerie actuelle, qu'une seule et même rue. Notre rubrique s'applique à la partie occidentale, qui s'étend depuis la rue Planche- M ibray jusqu'à la place du Châtelet , partie désignée aujourd'hui sous le nom de la Tuerie ou de la Vieille-Lanterne.
Sauvai dit, en parlant de la rue de la Tannerie actuelle, située à l'esl de la rue Planche-Mibray, qu'elle s'est nommée autrefois rue de VEscorcherie{a) , mais il se trompe évidemment. Guillot de Paris (Jb) met la rue de l'Escorcherie près de la Boucherie et de la rue Saint-Jacques, et le rôle de i3j3(c) place la même rue de l'Escorcherie dans la paroisse Saint- Jacques-de-la-Boucherie, qui, à l'orient, ne s'étendoit pas plus loin que la rue des Arsis et la rue Planche-Mibray. C'est donc la rue de la Vieille- Tannerie ( aujourd'hui rue de la Vieille-Lanterne) , et non la Tannerie proprement dite , qui s'est anciennement nommée rue de l'Escorcherie. Une nouvelle preuve de ce que j'avance , c'est que Guillot de Paris (d) et le rôle de i3i3 (<?), qui tous les deux mentionnent la rue de l'Escorcherie, nomment en même temps la rue de la Tannerie actuelle , et ne disent pas un mot de la Vieille-Tannerie, que nous appelons à présent rue de la Tuerie ou de la Vieille-Lanterne. Enfin dans les deux listes de contribuables que renferme notre manuscrit, sous les deux rubriques qui désignent notre rue de la Vieille-Lanterne, je trouve assez d'écorcheurs pour justifier le titre d'escorcherie, par lequel la rue aurait été désignée postérieurement à l'an 129a.
Une autre rue se dirigeoit à l'est , en partant de la porte de Paris entre l'enceinte de la Boucherie et le grand Châtelet. Le poème de Guillot de Paris
(a) Livre II, page 1 63. (</) Lebeuf, 1. c.
{b) Lebeuf, tome I, page 600. (e) Page 11 3.
(c) Page 1 09.
NOTES. a65
nomme cette rue la Triperie (a); elle est encore désignée sous le même nom dans un plan de 1788, et dans celui que donne Jaillot en tête du quartier Saint-Jacques-de-la-Boueherie.
Je vois, dans les anciens plans, qu'en face du bout oriental de cette dernière rue, s'ouvroit une autre rue, presque perpendiculaire à la Seine, qui conduisoit à la rue de la Vieille-Tannerie (aujourd'hui rue de la Vieille-Lanterne) : c'est celle qu'on appeloit, à la fin du siècle dernier, rue du Pied-de-Bœuj , et que le rôle de i3i3 nomme rue Jekan-Bonne-Fille(b). Je suis fondé à croire que, dans notre manuscrit, le recensement des contribuables qui l'habitoient, est compris sous la rubrique de la Vieille-Tannerie , car j'y trouve huit individus du nom de Bonne-Fille , dont deux , portant le prénom de Jehan, ont pu donner leur nom à la rue.
Je dois encore dire quelques mots do la rue du Chief-Saint-Jeffroy et de la rue devant Chastelet, que je trouve dans le rôle de i3 1 3 (c), mais dont notre manuscrit ne fait aucune mention.
Je ne crois pas qu'il ait jamais existé à Paris d'église sous l'invocation de saint Jeffroj; mais il y avoit anciennement près du grand Chàtelet, une église de Saint-Leufroy qui n'a été démolie qu'en 1684 (d). Je pense donc qu'il y a une erreur de copiste dans le rôle de 1 3 1 3, et qu'il faut lire non pas rue du Chief-Saint-J effrojr , mais rue du Chief-Saint-Leufroy. Cette rueétoit, ainsi que son nom l'indique, derrière les murailles du chœur de Saint-Leufroy, et comme ce chœur, suivant l'usage, étoit tourné à l'orient, on doit retrouver un des côtés de cette rue dans la rangée de maisons qui fait suite à la rue de la Joaillerie , depuis l'entrée de la place du Ghâtelet jusqu'au quai. Mais Jaillot (e) fait observer que la rue du Chevet-Saint-Leufroy ne se prolongeoit pas primitivement jusqu'à la rue Saint-Jacques- de-la-Boucherie, ni même jusqu'à la grande Boucherie. La rue de la Joaillerie actuelle n'existoit pas encore en 1292. Son emplacement étoit occupé par un four que les historiens nomment four d'Enfer, ou four du Métier. Il fut détruit sous Charles V, par Hugues Aubriot prévôt de Paris, qui prolongea la rue du Chevet-Saint- Leufroy jusqu'à celle de SaintJacquefrde-la-Boucherie. Cette rue ainsi agrandie prit le nom de rue du Pont-au-Change qu'elle conserve encore dans les plans de Gomboust et de Bullet. Cependant elle portoit déjà, à l'époque où ces plans ont été dressés , le nom de me de la Joaillerie à cause des orfe-
(à) Lebeuf, 1. c. (rf) Lebeuf, tome I , p. 71.
(3) Page 109. (e) Jaillot, t. I, quartier Saint-Jacqucs-de-
(c) Page 1 10. la-Boucherie , p. 54»
vres et des joailliers qui s'y étaient établis en 16a i, après l'incendie du pont au Change*
Une autre rue traversoit la place du Chàtelet, de l'est à l'ouest, et séparoit le Chàtelet de l'église de Saint-Leufroy, c'est probablement à cette rue que s'applique le nom de rue devant ChastelUt.
La portion du quai de la Mégisserie comprise entre la rue de la Saunerie et l'endroit de la place du Châtekt où débouchoit autrefois la rue Saint-Leufroy s'est appelée tantôt rue Trop va qui Dure, tantôt rue Qui mi trouva si Dure, tantôt la Vallée de Misère.
Note a5, Pace 102.
C'est la queste du bout de la Péleterie devers le pont, jusques à la Pierre-
au-Poisson.
Les deux rues nommées dans cette rubrique existent encore aujourd'hui avec le même nom. La rue de la Pelleterie longe au midi le Marché aux Fleurs et va du pont Notre-Dame au pont au Change. La rue Pierre-à-Poissons (a) donne, d'un bout, sur la place du Chàtelet , de l'autre, dans la rue de la Sonnerie. Notre rubrique comprend donc toutes les maisons qui étoient autrefois bâties des deux côtés du pont au Change.
Note 26, Page io5. '
Du bout de la Péleterie , par devers le pont, en alan vers Saint-Denis-dela-Chartre, si comme la parroisse se comporte.
L'église et le monastère de Saint-Den ys-de-la-Chartre étoient situés au bout méridional du pont Notre-Dame, en face de l'extrémité orientale de la rue de la Pelleterie. Notre rubrique contient donc, d'un bout à l'autre, cette rue, qui alors étoit bâtie des deux côtés. J'aurais hésité à croire que la paroisse de SaintJacques-dc-la-Boucherie s'étendit sur la rive gauche de la Seine, si l'abbé Lebeuf ne nous apprenoit qu'il en étoit encore ainsi de son temps ( b). On peut voir, dans cet auteur, les raisons qu'il donne de cette espèce d'anomalie; il me suffit que le fait soit constant, et je sortirais de mon sujet, si je voulois en discuter la cause. Je dois dire cependant que les explications données par
(a) Telle eit aajoard'krai l'orthographe du (A) Tome I , page 323. nom de cette rue.
NOTES. a6y
l'abbé Lebeuf sont vivement combattues par Jaillot; mais le savant géographe admet le fait en lui-même, il se contente d'en donner une explication différente (a). Cette explication , j'ai dû la rapporter en entier ici, parce qu'elle vient à l'appiii de ce que j'ai dit plus haut sur le lieu nommé Poitronville,
et qu'elle me fournira plus tard une grave présomption en faveur de mon opinion sur l'étendue de la paroisse Sa int-Sé vérin.
« Je conjecture, dit Jaillot, que l'attribution de la rue de la Pelleterie à la n parois.se Saint-Jacques-de-la-Boucherie n'est pas antérieure à l'échange « que le roi Louis-le-Gros lit, en 1 135, avec les religieux de Saint-Martin , de « &int-l)enys-de-la-Chartre contre l'église de Montmartre. La rue de la Pcl « leterie se trouvoit eu partie dans la eensive de Saint-Denys-de-la-Chartre; « il étoit naturel, suivant l'usage, que ces religieux assujé tissent leurs vas- « saux et leurs censitaires à la paroisse de leur monastère, ou autre dans « leur dépemlance. Celle de Saint-Jacques étoit de ce nombre; elle étoit « nouvellement érigé»; près de la Cité : e'étoit un motif suffisant pour lui « attribuer les habitans qui dépendoient de Saint-Denys-de-la-Chartre, »