LA PAROISSE SAINT- JEAN-EN-GRÈVE
L'église de Saint-Jean a été détruite pendant la révolution de 1789. Les bâtimens de l'Hôtel-de-Ville ont envahi une partie de l'emplacement qu'elle occupoit, à l'angle occidental formé par la rue du Tourniquet-Saint- Jean et la rue du Monceau-Saint-Gervais. La circonscription de cette quête forme un polygone dont les limites sont le quai situé devant la place de l'Hôtelde-Ville, le bout oriental de la rue de la Vannerie, la rue Jean-de-l'Épine, l'extrémité orientale de la rue de la Coutellerie, le bout occidental de la rue de la Tixeranderie , la rue du Tourniquet et la rue du Martrois.
Note i , Page i i5.
La rue aus Comm anderresses .
Tous les auteurs s'accordent à reconnoitre dans cette ancienne rue la rue actuelle de la Coutellerie. Jaillot (a) dit avoir vu un censier de Saint-Éloy , de l'an i495, dans lequel elle est ainsi désignée, la rue des Couteliers, dite des Recçmmandaresses. (Voyez plus haut, page 239.)
Note 2, Page ii5.
La rue aus Coiffières.
C'est bien certainement la même ruequeGuillot de Paris appelle la Coifferie et qu'il place dans le voisinage de la Vannerie et de la rue aux Commanderesses. L'abbé Lebeuf , dans sa note sur ce passage de Guillot (b), pense que c'est aujourd'hui la rue Jean-de-l'Épine ou la rue des Teinturiers : nous avons déjà trouvé cette dernière rue dans la paroisse Saint-Gervais, et d'ailleurs il est impossible, d'après la rubrique générale donnée par notre manuscrit en téte de la paroisse Saint-Jean , que la rue des Teinturiers fît partie de cette
La place qu'occupent dans notre manuscrit la rue aus Coiffières, et la rue de la Coifferie dans le poème de Guillot de Paris , ne permet guère de douter que ces deux noms ne s'appliquent à la rue Jean-de-l'Épine, d'autant plus que ni Guillot de Paris ni le rôle de 1293 ne nomment cette dernière rue, tandis qu'elle est mentionnée par le rôle de i5i3, qui ne parle ni de la rue aux Coiffières , ni de la rue de la Coifferie.
Note 3, Page 116.
Du quarrefourc Guillorille , jusques à la ruelle Saint-Jehan.
Le carrefour Guillorille est connu. Pour déterminer l'emplacement compris dans notre rubrique , il ne reste à fixer que la position de la ruelle Saint- Jehan. 11 existait anciennement une rue des f Veilles- Garnisons , qui figure encore dans les dernières éditions des vocabulaires des rues, mais que j'ai vainement cherchée sur les lieux. Cette rue aboutissoit au nord, dans la rue de la Tixeranderie en face de la rue du Coq, et au midi, dans la rue du Martrois,
(a) Tome III , quartier de U Grève, p. 14. (b) Tome I , page 600.
en passant devant l'entrée de l'église Saint-Jean. Au nord de cette église, une petite ruelle transversale conduisoit de la rue des Vieilles-Garnisons dans la rue du Tourniquet, qu'on appeloit à la fin du siècle dernier rue du Pet-au- Diable, et, plus anciennement encore, \éMarlelet bu le Martrai-Saint-Jehan. Or, on lit dans Guillot de Paris :
Trouvai la rue du Martrai ,
En une ruelle tournai
Qui de Saint-Jehan voie à porte
Encontre la rue des Deux-Portes (a).
Le passage de Guillot de Paris décrit d'une manière trop précise la rue des Vieilles-Garnisons , pour qu'on puisse s'y méprendre. D'un autre côté le nom de Ruelle, donné par lui à cette rue qui passoit devant la porte de l'église Saintr-Jean, ne permet pas de douter qu'il ne soit ici question de la même rue que notre manuscrit appelle la ruelle Saint-Jehan. Notre rubrique contiendroit donc l'extrémité occidentale de la rue de la Tixeranderie , jusqu'au bout de l'ancienne rue des Vieilles-Garnisons, c'est>-à-dire jusqu'en face de la rue du Coq.
Jaillot i b) dit que la rue des Vieilles-Garnisons étoit connue, au xmc siècle, sous le nom du Marteret, Martrai et Martroi-Saint-Jean. Il ne parle pas du nom de ruelle Saint- Jean qui se trouve dans notre manuscrit. Comme une partie de la rue des Vieilles-Garnisons longeoit les murs de l'église Saint- Jean , il n'est pas impossible qu'on ait donné à cette portion de rue les noms de Marteret, Martrai ou Martroi, qui s'appliquoient au cloître Saint-Jean, et généralement aux petites rues qui environnoient l'église. Du reste , ceci ne prouverait rien contre la synonymie que j'ai cherché à établir, car il est peu de rues qui aient porté plus de noms différens que celle des Vieilles-Garnisons. Jaillot ne conteste pas celui de Jehan-Savari qui lui est donné par Sauvai (c). Il cite des titres dans lesquels la même rue est appelée rue Simon- Bade, rue des Garnisons et rue du Saint-Esprit.
La rue des Vieilles-Garnisons n'existe plus aujourd'hui ; son emplacement, de même qu'une partie de celui de l'église Saint-Jean , a été envahi par les bàtimens de l'Hôtel-de- Ville.
(a) La ruelle Saint-Jehan étoit en face de poète a pu se permettre une légère inexact!-
la rue du Coq et non pas de la rue des Deux- tude en faveur de la rime. Portes ; mais ces deux dernière» rues sont à (*) Tome III , quartier de la Grève, p. 17. une si petite distance l'une de l'autre, que le (c) Sauvai , livre II , p. 178.
Note 4 , Page i 16.
Le Martelet- Saint-Jehan e{ tout ce par derrière la méson Renierle-Flamanc.
Sauvai et Jaillot (a) ont discuté l'étymologie des mots Martrois t Marteret
ou Martelet. Suivant ces deux auteurs, la racine de ce mot seroit l'expression latine Martyrium qu'ils interprètent d'une manière différente. Jaillot entend par là un lieu de supplice , et se fonde sur ce que le nom de Martrois ou Marteret n'a été, dit-il, en usage que depuis que la place de Grève a été destinée pour le supplice des criminels.
On cmbrassoitsous le nom de Martelct-Saint-Jean , tout le cloître de cette église, la rue actuelle du Martrois et celle du Tourniquet.
La vue Saint-Jehan.
C'est aujourd'hui la rue du Marlrois. Sauvai, l'abbé Lebeuf , dans ses notes sur Guillot de Paris, et Jaillot , sont d'accord sur ce point (6).
Note 6 , Page 1 18.
La seconde queste Saint-Jehan-en-Grève , de la niéson feu Robert Brichart, jusques à la niéson Jehan- Vescrivain , parmi le viez cimetière Si uni .Tri Ki 11 et de la méson Jehan-l escrivain , fendant contreval, jusques à la méson feu Robert Brichart, et toutes les rues qui sunt en celle ençainte.
Il est impossible que cette rubrique ne renferme pas quelque erreur de copiste ou quelque grave inexactitude dans la désignation des limites. Elle indique en finissant une enceinte qui n'est réellement pas décrite, puisque ces mots qui se trouvent au commencement : de la méson feu Robert Brichart, jusques à la méson Jehan-Vescrivain , ne peuvent rigoureusement s'appliquer à une ligne de démarcation différente de celle qui est désignée par cet autre membre de phrase, à la fin de la rubrique : et de la méson Jehan- Vescrivain , fendant contrcval, jusques u lu méson feu Robert Brichart.
Mais, dans le rôle de i3i3, je trouve la preuve que la circonscription de ce
(a) Sauvai, livre II , pages 148 et i4g- — (£) Sauvai ,1. II , p. 148. — Lebeuf, t. I, Jaillot , tome III , quartier de la Grève , page 599. — Jaillot , tome III , quartier de la
p- 34. Grève , p. 34.
deuxième arrondissement renferme la rue delà Verrerie, depuis le marché Saint-Jean jusqu'à la rue de la Poterie (à). Cette quête forme donc un parallélogramme, compris entre les rues de la Verrerie , de la Tixeranderie , de la Poterie, et le marché Saint-Jean. î^es deux premières listes de contribuables, dans notre manuscrit , appartiennent probablement à la rue de la Verrerie.
Note 7, Page 118.
La rue Lambert-de-Chièle .
Cette rue n'a été connue ni de Sauvai ni de Jaillot; car je ne suppose pas que ce soit le vicus Lamberii de Brala dont Sauvai a trouvé la mention dans quelque ancien titre, surtout si, comme il l'assure (b), ce vicus Lamberti de Brala est la même chose que la rue André-Mallet dont je prierai plus bas. Guillot de Paris, ni le rôle de i3i3 , ne me fournissent pas plus de renseignemens sur la rue Lambert-de-Chièle , et mes recherches dans les anciens plans n'ont pu me la faire découvrir. Je ue donne donc ce que je vais en dire que comme une simple conjecture.
La rue Lambert-de-Çhièle devoit être voisine du cimetière Saint-Jean, puisque le recensement d'une partie du cimetière suit immédiatement celui de cette rue. Or, parmi toutes les rues du voisinage, la seule que je n'aie pas trouvée expressément nommée ou clairement désignée dans notre manuscrit, est la rue de Bercy. C'est peut-être cette rue qui représente aujourd'hui l'ancienne rue Lambert-de-Chelles. Je sais bien que l'abbé Lebeui ne regarde pas la rue de Bercy comme fort ancienne («*) ; mais , outre qu'elle ne présente pas aux yeux des caractères d'antiquité moins distincts que les autres rues du voisinage, elle forme une continuation presque indispensable, de la rue de la Verrerie , jusque dans la Vieille rue du Temple ; par ce seul fait on est en droit de la croire au moins aussi ancienne que la rue de la Verrerie elle-même.
Les religieuses de Chelles, suivant Jaillot, s'y retiraient parfois en temps de guerre, dans un hôtel qu'elles y avoient, et qu'elles possédoient encore vers le milieu du siècle dernier (d). Cette tradition a fait donner le nom d' Bétel de Chelles à un vieil hôtel situé sur la place du Marché Saint-Jean et donnant dans la rue de Bercy. C'est peut-être le même qui appartenoit ancienne-
fa) Rôle de i3i3, p. ia6 : La FoirrerU, (e) Tome I , Note* sur Guillot de Paris . à stnestrejtuquej à la Poterie. page 596.
{b) Livre II, page 169. (d) Tome HT, quartier de la Grève, p. 7,8-
a7« NOTES.
ment aux religieuses de Chelles. L'existence dans cette rue, à une époque reculée, d'une maison de retraite où les dames de Chelles venoient chercher un abri , présenterait une coïncidence assez digne de remarque avec le vieux nom de rue Lambert de Chièle, si toutefois cette dénomination doit s'appliquer, comme je le présume, à la rue de Bercy.
Notb 8 , Page i 19.
Lame de Char trou ou de Cfiartron.
C'est aujourd'hui la rue des Mauvais-Garçons (a).
Note 9, Page 120.
La me de Violette.
Il existe, entre la rue des Deux-Portes et la rue des Mauvais-Garçons, un étroit cul-de-sac aboutissant dans la rue de la Tixeranderie. Ce cul-de-sac, désigné, dans le plan de Gomboust, sous le nom de cul-de-sac Barentin, s'appeloit, au témoignage de Sauvai, la rue des Juifs*,. en 1281 et antérieurement à cette époque. « Depuis on l'appela, dit cet auteur (b), la ruelle » Violette : présentement elle se nomme rue Barentin , à cause que le der- « rière d'une grande maison qui appartient à des personnes de ce nom-là y » aboutit, et peut-être changera-t-elle de nom quand ce logis changera de » propriétaire ou de locataire, comme nous voyons arriver en d'autres cn- « droits. » La prédiction de Sauvai s'est réalisée. Cette ruelle se nomme aujourd'hui impasse Saint-Faron, nom qu'elle a pris d'un hôtel qui était autrefois dans le voisinage, et qui est aussi marqué dans le plan de Gomboust, avec la désignation d'Hôtel Saint-Faron.
Note 10, Page lai.
La me Sire-Gentien.
Plusieurs auteurs assurent que cette rue est celle qu'on appelle aujourd'hui rue des Coquilles (c), nom qu'elle a pris postérieurement à i5o6; et qu'en 1391, un nommé Guillaume Gentien y demeurait encore dans le
(a) Sauvai , livre II , page 1 38. — Jaillot , (c) Sauvai , livre II , page 1 27. — Jaillol , Jbid. , p. 1 6. tome III , quartier de la Grève , page 1 4 . —
(b) Livre II , page u3. Lebeuf , tome I , p. 595.
logis de ses pères. En effet, la place assignée à la rue Sire Gentieu dans la circonscription de la deuxième quête de la paroisse Saint-Jean , par le rôle de 1 292 , et celle que lui donne Guillot de Paris , dans lenumératiou des
rues de ce quartier, conviennent parfaitement à la position de la rue des Coquilles. Comment se fait-il cependant que sire Gentien, riche bourgeois, payant quarante livres d'impôts, et qui a, sans aucun doute , donné son nom à la rue, se trouve enregistré sous la rubrique de la rue de f ioleite? 11 semble (rue le nom de ce contribuable auroit dù rester a la rue qu'il habitoit plutôt qu'à une rue du voisinage. V oici comment j'explique celle anomalie.
La rue de Violeite est placée immédiatement après une rubrique qui renferme tout le côté septentrional de la rue de la Tixeranderie, à partir de la maison de Jean l'écrivain , située au coin du cimetière Saint-Jean , jusqu'à la maison de feu Robert Brichart, sise au coin de la rue de la Poterie. Or, sous cette rubrique, qui s'applique à une assez longue rue, je ne trouvr enregistrés que trente-quatre contribuables. Sous la rubrique de la rue Violeite, au contraire, la liste des contribuables en renferme quarante-huit. Mais cette rue ne paroit pas avoir eu plus d'importance, au xmc siècle, que n'en a aujourd'hui le eul-de-sac Saint-Faron qui la représente. Le rôle de 1 3 1 3 ne lui attribue que cinq contribuables. Supposons même que la rue de Violeite , au lieu d'être un cid-de-sac, comme de nos jours, ait abouti autrefois, au nord, dans la rue de la Verrerie ; elle n'auroit pas en , dans tous les cas, plus d'étendue que les rues des Mauvais-Garçons, des Deux-Portes, du Coq et des Coquilles, qui lui sont parallèles et qui ont les mêmes limites au nord et au midi. Or, la rue des Mauvais-Garçons renferme vingt-quatre contribuables en 1292, et trois seulement en i3i3 [a). La rue des Deux- Portes, nommée dans le rôle de 1 3 1 3 , avec le mot nichil à la suite, n est même pas mentionnée dans notre manuscrit. La rue du Coq renferme quatre contribuables dans le manuscrit publié par M. Buchon ; le nôtre lui en assigne dix-neuf. Enfin la rue des Coquilles ne contient dans notre manuscrit que quatorze imposés. 11 seroil déraisonnable de penser que dans la rue de Violeite, probablement bien moins étendue que les quatre autres rues parallèles, ayant du moins les mêmes limites, il se fût trouvé quarante-huit contribuables. Je pense donc que les répartiteurs de la taille de 1292, après avoir commencé le recensement de la rue de la Tixeranderie à l'orient, avec un titre spécial pour cette rue , ont pris et mentionné en passant la rue de Violeite, et qu'ensuite ils ont continué sous la rubrique de cette dernière
(a) Rôle de i3i3, p. 127 etsuiv.
rue, le recensement de la rue de la Tixeranderie à l'ouest, sans penser à donner à cette portion de la rue de la Tixeranderie une rubrique particulière. Or, sire Gentien est nommé avec sa famille, vers la fin de la liste des imposes. On peut croire que les vingt noms qui sont enregistrés après le sien , sont ceux des contribuables habitant entre la rue des Coquilles et la rue de . la Poterie qui , comme je l'ai dit , limitoit à l'ouest la rue de la Tixeranderie. Dans cette hypothèse, la maison de sire Gentien auroit formé un des coins de la rue de la Tixeranderie et de la rue des Coquilles , et l'on comprend dès lors que cette dernière rue ait porté le nom de la famille Gentien tant que cette famille a conservé là son habitation. Cependant ce nom ne se trouve pas dans le rôle de 1 3i 3; mais, en revanche, à l'endroit qu'il devrott occuper, on lit un nom de rue qui n'est pas porté dans notre manuscrit, et dont Sauvai n'a su que faire : c'est la Court-Harchier (a). Peut-être étoit-ce le nom primitif de la rue dont celui de Sire-Gentien n'avoit pas encore entièrement aboli l'usage, mais qui finit par se perdre à cette époque pour laisser subsister seul le nom plus moderne de Sire-Gentien. Il est certain du moins que le rang assigné à la Court-Harchier, dans la taille de i3i3, ne peut convenir qu'à la rue des Coquilles actuelle.
Note i i , Page lai.
La rue Andri-Mallet.
Sauvai, dans le chapitre où il parle des rues qui n'existoient plus de son temps (b), place la rue Andri-Mallet près de la rue Neuve Sairjt-Merry et de la rue du Plâtre. Il rectifie lui-même cette erreur dans son Traité sur les rues de Paris (c) , où il affirme que la rue du Coq s'est appelée rue Audry-Mallet et André-Mollet jusques en i/j35. En effet, la place qu'occupe notre rue Andri-Mallet dans la circonscription de la quête , ne permet pas de douter que ce ne soit la rue du Coq. Le nom moderne lui vient d'une enseigne qu'on y voyoit au commencement du xv* siècle (d).
(a) Page 127.
(b) Livre II, page 169.
(c) Livre II , page ia6. — Voyet Jaillot , tome III , quartier de la Grève , p. 1 3.
(d) Sauvai, Comptes de la PrivtU de Paris, p. 271.
NOTES. a8i
La rue des Jardins.
C'est aujourd'hui la rue des Billettes (a). L'inspection des anciens plans suffirait, au besoin , pour établir cette identité.
Note i3, Page 122.
Jusques au bout du Franc-Mourier.
J'avois d'abord cru, sur la foi de l'abbé Lebeuf (b), que le Franc-Mourier avoit été inconnu à Sauvai, et, comme je ne pouvois adhérer aux conjectures du savant abbé sur la position de cette rue, j'avois entamé unè assez longue discussion pour prouver qu'elle est aujourd'hui représentée par la rue de Moussi. Mais, dans les Comptes et Ordinaires de la prévôté de Paris (c), j'ai trouvé plusieurs mentions de la rue du Franc-Mourier ; deux , entre autres , qui auroient dû convaincre l'abbé Lebeuf que cette rue n'étoit ni la rue de Bercy, ni toute autre rue qui auroit été détruite par les changemens faits au cimetière Saint-Jean et au marché de ce nom. Les voici textuellement : « Maison , rue de Franc-Meurier, aboutissant en la rue de la Bretonnerie. » Et , plus loin : « rue du Franc-Meurier tenant d'une part au cimetière u Saint-Jean. » Ainsi, la rue du Franc-Mourier donnoit par un bout dans le cimetière Saint- Jean et par l'autre dans la rue de la Bretonnerie , aujourd'hui rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Sauvai , à la suite d'un des extraits que je viens de citer, dit (d) que le Franc-Mourier est aujourd'hui la rue de Moussi. Jaillot a aussi connu cette ancienne rue , et ce qui achève d'en mettre hors de doute l'identité, c'est que la rue de Moussi, dans le plan de 1676, est encore nommée rue du Morier.
Voici pourtant une objection qui paroît , sérieuse au premier abord. La rue du Puits et la rue de Moussi donnent toutes deux dans la rue Sainte- Croix-de-la-Bretonnerie ; mais la première aboutit du côté septentrional de la rue Sainte-Croix, et la seconde du côté opposé, presqu'en face de la première. Cependant le rôle de 1 3 1 3 place à la fois la rue du Puis et le Franc-Morier à senestre (e) , dans la rue de la Bretonnerie , ce qui sem-
(a) Sauvai, livre II, p. 1 17. — Jaillot, (c) Sauvai, tome III, p. 297 et suiv.
tome III, quartier Saintc-Avoie, p. 10 ; voyex (d) Comptes et Ordinaires de la Prévôté de
les anciens Plans de Paris. Paris, p. 128.
{b) Tome I , page 5g6. (e) A gauche.
Lierait indiquer que la rue du Puits et le Franc-Mourier étoient du même côté, et détruiroit tout ce que j'ai dit sur la position de cette dernière rue.
Pour résoudre cette difficulté, je suis obligé de transcrire ici les cinq premières rubriques de la troisième quête de la paroisse Saint-Jean dans le rôle de i3i3 (a). "
i°. De la méson à la Courraterie jusqu.es a Franc-Morier, à senestre.
2°. Le Franc-Morier y à senestre.
3". La Bretonnerie.
4°. L'autre renc de la Bretonnerie.
5°. La rue du Puis, à senestre.
Le point essentiel à connoitre seroit la méson à la Courraterie où commence la quête. Mais je remarque que les répartiteurs de la taille de i3i5 adoptent bien souvent un ordre de marche, pour leur recensement , diamétralement opposé à celui qu'avoient suivi les répartiteurs du rôle de 1292. Ainsi, puisque, dans notre manuscrit, la troisième quête de la paroisse Saint- Jean commence par la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie , en procédant de l'ouest à l'est , on peut supposer que , dans le rôle de 1 5 1 3, cette même quête procède dans la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie de l'est à l'ouest , et que la maison à la Courraterie, qui est le point de départ , se trouvoit à l'extrémité orientale de la rue Sainte-Croix. Cela posé, la difficulté disparoi t. En eflet, en suivant la rue Sainte-Croix du levant au couchant, on trouve à gauche la rue de Franc-Mourier (aujourd'hui rue de Moussi ). L'on continue ensuite à longer le côté méridional de la rue Sainte-Croix-de-la- Bretonnerie ; mais si l'on retourne sur ses pas pour prendre Vautre renc de la Bretonnerie, c'est-à-dire le côté septentrional de la rue Sainte-Croix, on trouve encore la rue du Puits a gauche. Ainsi l'on aura trouvé à gauche, dans la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie , et la rue de Moussi et la rue du Puits , quoique dans le fait ces deux rues , au lieu d'être du même côté , suivent des directions diamétralement opposées.
Note 14, Page 12a.
C'est Vautre renc de la Bretonnerie.
On dit aujourd'hui rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Le nom moderne vient d'une église et d'un monastère de Sainte-Croix, qui existoient encore
(a) Page 128.
NOTES. a83
vers la fin du siècle dernier, à l'angle occidental formé par cette me et la rue des Billettes.
Note i5, Page ia3.
C'est la rue Perronele de Saint-Pôl d'une part et & autre , fendant en la
rue du Piastre d'une part et d'autre.
Sauvai a ignoré la position de la rue Perronele de Sainl-Pôl. « Je ne « vois, dit l'abbé Lebeuf, dans ses notes sur Guillot de Paris (a), que la « rue de l'Homme-Armé ou le cul-de-sac Péquai qui puissent représenter h cette rue. m Notre rubrique ne semble laisser aucun doute sur sa position. La 'rue Perronelle de Saint-Paul étant un aboutissant de la rue du Plâtre, ne peut être que la rue de l'Homme-Armé. Cependant la liste des rues du xv' siècle distingue la rue de l'Homme-Armé de la rue Perrenelle de Saint-Pôl, et un compte de confiscations, rapporté par Sauvai, fait mention d'une grange et d'un petit hôtel sis rue Pernelle, près de la rue de l'Homme— Armé. Comment accorder ces textes contradictoires? Jaillot (b) a pensé que le nom de rue Pernelle pou voit s'appliquer anciennement au cul-de-sac Péquai ou bien à une ruelle inconnue, qui ne subsiste plus, et que Corrozet indique seulement sous le nom de ruelle du côté des Blancs-Manteaux. Mais ni l'une ni l'autre de ces localités ne peuvent recevoir le nom de rue Pernelle de Saint-Paul, puisque, d'après notre rubrique, la rue qui étoit ainsi désignée aboutissoit dans la rue du Piastre. Il faudroit donc supposer qu'anciennement il existoit une rue, parallèle à la rue de l'Homme-Armé, qui, coupant le massif de maisons compris entre cette rue et la rue Sainte-Avoie , donnoit par un bout dans la rue du Plâtre, par l'autre, dans celle de la Bretonnerie ou celle des Blancs - Manteaux , et portoit le nom de rue Pernelle ou Perronelle de Saint-Paul. Mais on doit être sobre de pareilles conjectures lorsqu'elles ne sont appuyées sur aucune autorité. La rue de l'Homme-Armé est une rue assez considérable ; elle ne se trouveront pourtant pas mentionnée dans notre manuscrit, si le nom de Perronele de Saint-Pol s'appliquoit à une autre localité. Je pense donc que dans l'ancienne rue de ce nom il faut reconnoitre la rue actuelle de l'Homme-Armé, et, pour expliquer la contradiction apparente des titres que j'ai cités, je suppose, ce qui n'est nullement invraisemblable, que, postérieurement au xme siècle, on a considéré cette rue comme formant deux parties distinctes séparées par la rue du Plâtre ;
(a) Tome I , page 5tf. (4) Tome III , quartier Sainte-Aroie, p. 34
a84 NOTES.
que l'une de ces parties a continué à porter l'ancien nom de Pernelle et que l'autre a reçu celui de l'Homme-Armé.
Note 16, Page ia3.
Le Champ-aus-Bretons et la rue des Blans-Mantiaus d'une part et d'autre,
fendant en la Viez rue du Temple.
Tous les auteurs qui ont écrit sur les antiquités de Paris, s'accordent à dire que le Champ-aux-Bretons étoit primitivement un vaste espace de terrain, traversé par la rue de la Bretonnerie à laquelle il avoit donné son nom. Ce terrain devoit s'étendre, au nord, jusques à la hauteur de la rue des Blancs- Manteaux. Nous avons trouvé dans la paroisse Saint-Merry la moitié de la rue des Blancs-Manteaux et la moitié de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie qui s'étendent à l'ouest de la rue de l'Homme-Armé. La partie orientale de ces deux rues est nommément comprise dans les rubriques de la paroisse Saint-Jean. Je ne vois donc que le carrefour, où la rue de l'Homme-Armé coupe en deux la rue des Blancs-Manteaux, à qui puisse convenir la désignation deChamp-aux-Bretons, contenue dans notre rubrique.