LA PAROISSE SAINTE-GENEVIEVE
Note 1 , Page 164.
L'ancienne église paroissiale et abbatiale de Sainte-Geneviève étoit attenante à l'église de Saint-Étiennp-du-Mont et communiquoit avec cette dernière. L'église et l'abbaye ont disparu : la première a fait place à une large rue qu'on appelle rue Clovis (b) ; les bâtimensde l'abbaye sont occupés aujourd'hui par le collège Henri IV, la bibliothèque Sainte-Geneviève et une partie du Panthéon. La circonscription de la première quête Sainte- Geneviève part de la Seine , longe la rue de Bièvre et la rue de la Montagne- Sainte-Geneviève à l'est, et se prolonge à peu près jusqu'à l'extrémité méridionale de la rue Descartes ; de là , elle se dirige au nord-est jusqu'à la rue Saint-Victor à l'endroit où débouche la rue de Versailles , et suit la rue Saint-Victor jusqu'au bout méridional de la rue de Bièvre.
Note 2, Page 164.
La rue de Saint-Victor, de Saint-Nicolas-de-Chardonnay jusque* a la croiz
ffémon d'une part et d'autre.
Dans les anciens plans de Paris, la Croix-Hémon est marquée au carrefour
(a) Voyei l'étendue que donne Sauvai à (6) Une tour de l'ancienne église est encore i«tte première enceinte, du côté de l'Unirer- debout : elle est attenante aux Wttimens du lit* , tome I , p. 29. collège Henri IV, à l'orient.
NOTES. 355 formé par la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, les rues des Noyers, de Bièvre , de Saintr-Victor et la place Maubert.
Note 3, Pagb i65.
La rue Sainte-Geneviève.
C'est aujourd'hui la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, mais il ne s'agit, dans notre rubrique, que du côté oriental de cette rue. La paroisse Sainte-Geneviève est divisée en deux arrondisscnien s dont la ligne de démarcation, qui s'étend depuis la Seine jusqu'à la rue Clovis, coupe en deux parties égales, dans le sens de leur longueur, la rue de Bièvre, la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève et la rue Descartes.
Note 4» Page i65.
La boucherie Sainte- Geneviève.
Je n'ai pas trouvé dans les anciens plans l'indication de cette boucherie ; la raison en est que les < taux n'étoient pas réunis dans une halle commune , comme ceux de la grande boucherie , mais qu'ils étoient disséminés dans les boutiques des maisons qu'habitoient les bouchers eux-mêmes. Je vais essayer de fixer la position de cette boucherie qu'on appeloit la boucherie de la Montagne. Voici ce qu'en dit Sauvai (a) : « Neuf rues non moins " peuplées que passantes y aboutissent. La place Maubert, l'un des plus « grands et des plus considérables marchés de Paris en est proche; et enfin <( elle passe pour une si bonne boucherie, que dans l'Université il n'y en a « point qui la vaille. — Dès l'an ia45 elle étoit déjà là ; et de fait , la croix « des Carmes, dressée au bas de la Montagne, ne se nommoit point autre- « ment que la croix des bouchers. » La croix des Carmes, d'après Sauvai, seroit la même que la croix Hémon, qui se trouvoit, comme nous l'avons dit au bout méridional de la rue de Bièvre, en face de la rue de la Monta^ne- Sainte-Geneviève, au bas de laquelle étoit la principale entrée du couvent des Carmes. La boucherie devoit être au midi et à une assez grande distance de cette croix. En effet, dans ses Preuves des Antiquités de Paris, Sauvai rapporte (b) un règlement du roi Jean, touchant la boucherie de la Montagne, motivé sur les inconvéniens que le voisinage et la malpropreté des boucheries faisoit éprouver aux religieux du mont Carmel et aux collèges de Navarre et de Laon. Le collège de Laon étoit situé au-dessus du couvent
(a) Livre VI , page 642. (b) Page 96.
des Carmes, entre la rue des Carmes et la rue de la Montagne-Sainte- Geneviève; et le collège de Navarre se trouvoit sur l'emplacement de l'École Polytechnique. La circonscription bien définie de noire quête ne nous permet pas de chercher les boucheries du côté du couvent des Carmes et du collège de Laon. Elles dévoient donc être à l'est de la rue de la Montagne- Sainte-Geneviève, et attenante, vers le nord, au collège de Navarre, c'est-àdire à l'angle formé par la rue Traversine et la rue de la Montagne-Sainte- Geneviève. L'existence même de la croix des bouchers me confirme dans cette opinion. Sauvai s'est trompé, bien certainement, en affirmant que cette croix étoit la même que celle qui se trouvoit au bas de la rue des Carmes. Il existe aux archives du royaume un censier de l'abbaye Sainte-Geneviève , commencé en 1376 et terminé en i5io, qui nomme en même temps et parmi les cens d'une même année , la croix Hémon et la croix des bouchers. Je ne vois pas où cette dernière auroit pu être située si elle n'eût pas été à l'extrémité occidentale de la rue Traversine.
La rue du Sablon.
Les termes dans lesquels est conçue la rubrique générale de cette première quête attestent qu'elle s'étendoit au-delà de l'enceinte des murailles. Ce fait ; la mention, dans notre manuscrit et dans le rôle de 1 3 1 3, de la rue du Sablon immédiatement après la rue Clopin, qui se terminoit aux murs de la ville ; enfin, le silence de Guillot de Paris sur notre rue, m'ont d'abord fait présumer qu'elle étoit hors des murs. Mais, dans cette hypothèse, comme ce seroit la seule rue dans toute la circonscription de la quête qui se trouveroit hors de l'enceinte des murailles, les points de comparaison me manquent pour en fixer la position. Seroit-ce la rue des Fossés-Saint-Victor? Seroit-cc la rue des Boulangers qui se trouve presqu'en face de la rue Clopin?
En parcourant le censier de l'abbaye de Sainte-Geneviève dont je viens de parler tout à l'heure, j'ai trouvé bien des mentions de la rue du Sablon, mais aucune n'est applicable à une rue qui auroit été renfermée dans la paroisse Sainte-Geneviève telle qu'elle est définie par notre manuscrit , (juoique les cens, dont ce registre contient rémunération , s'étendent, au midi, jusqu'au bourg de Saint-Marcel. Toutes les indications se rapportent à la rue du Sablon qui étoit dans la Cité près de la rue du Marché- Palu et de la rue Neuve-Notre-Dame. Ces deux dernières rues elles-mêmes, ainsi que les rues de Charrori, des Marmousets, de Saint-Pierre-aux-Bœufs,
NOTES. 337 et même, dam la Ville, les rues Saint-Merri , de la Verrerie et de la Tonnellerie étoient soumises à des redevances envers l'abbaye de Sainte-Geneviève.
Ne seroit-il pas possible que la paroisse de Sainte-Geneviève eût conservé dans sa circonscription une rue de la Cité, par la même raison que la paroisse Saint- Séverin s'étendoit hors des murailles jusque sur le territoire de Ixiurciiines V C'est une conjecture que je n'ose émettre qu'avec beaucoup de réserve, mais qui cependant olFrc à mes jeux le caractère d'une grande probabilité. Dans ce cas , il n'y auroit eu anciennement dans Paris qu'une seule rue du Sablon , aujourd'hui renfermée dans les bâtimens de l'Hôtel-Dieu.
Quant à la rue sans chief, ou cul-de-sac que le rôle de 1 5 1 3 («) place dans le côté septentrional de la rue Clopin, il existe encore aujourd'hui et porte le même nom que la rue dans laquelle il aboutit. C'est l'impasse Clopin.
La rue Mixandre-VEnglois.
C'est aujourd'hui la rue du Paon qui donne, d'un côté, dans la rue Traversine, de l'autre, dans la rue Saint-Victor, parallèlement à la rue du Bon-puits et à la rue du Mûrier (b).
N6tb 7 , Page 167.
La seconde que s te Sainte-Geneviève-la-Grant y à commencier au Poncel
de Bièvre, etc.
Cette deuxième quête commence, comme la première, sur les bords de la Seine, suit le côté occidental de la rue de Bièvre et de la Montagne Sainte- Geneviève, est limitée, à l'ouest, par la rue SainUJacqucs, et va se terminer à la rue du Petit-Pont, en embrassant dans sa circonscription les rues Fromentel, des Carmes, Saint-Jean-de-Beauvais , les rues Galande, des Lavandières , des Noyers et la place Maubert.
Note 8, Page 167.
Dehors la porte Saint- Marcel devers Sainte-Geneviève, jusques à la
Croiz-Hémon.
Cette rubrique s'applique à presque toute la ligne qui forme, à l'est, la
(a) Page 190. {b) Sauvai ,1. II, p. i55. V. les anciens plan*.
limite de la deuxième quête, c'est-à-dire qu'elle comprend le côté occidental de la rue Descartes et de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Le recensement annoncé par le titre qui fait l'objet de cette note, est interrompu, après le quatorzième nom de la liste des contribuables, par la mention d'une petite rue latérale, après quoi il reprend sa première direction, sans nouvelle rubrique, et se continue jusqu'à .l'extrémité septentrionale de la rue de la Mon tagne-Sainte-Geneviève .
La porte Saint-Marcel étoit située vers l'extrémité méridionale de la rue Descartes, qui s'appeloit naguère et qui est encore nommée par le peuple rue Bordet. Plus anciennement cette dernière rue se nommoit rue Bordelle, rue de la porte Bordelle et rue de la porte Saint-Marcel (a). La porte qui étoit au bout de cette rue, s'est elle-même nommée porte BordeUes ou Bourdelles ; elle est même ainsi désignée dans le rôle de 1 5i 3 (A). Un certain Petrus de Bordellis auroit , d'après Sauvai , donné son nom à la porte et à la rue qui y conduisoit. Je ne conteste pas l'étymologie , mais je ferai remorquer que, quoiqu'en dise Sauvai (c), le nom de porte Saint-Marcel est au moins aussi ancien que celui de porte Bordellesf s'il ne l'est pas davantage.
Note g, Page 167.
En la rue du Moustier.
Le rôle de 1 3 1 3 (d) nomme cette rue la rue du Moustier Sainte-Geneviève, et Gui Ilot de Paris la désigne de la manière suivante (e) :
La petite ruelète
De quoi l'uu des bouts chiet sur l'être (/*) , Et l'autre bout si se rapporte Droit à la rue de la porte De Saint-Marcel.
On peut s'étonner que l'abbé Lebeuf n'ait pas reconnu dans une désignation si claire , la rue des Prétres-Saint-Étienuc-du-Mont, qui donne par un bout sur la place Sainte-Geneviève, et par l'autre dans la rue Descartes, qu'on appeloit autrefois, comme je l'ai dit, rue de la porte Saint-Marcel, parce qu'elle conduisoit à cette porte. Sauvai assure que la rue des Prétres-Saint- Ktienne-du-Mont se nommoit encore rue du MoUstier en i38fi (g).
[a) Sauvai , livre II , p. 118. (e) Lcbcuf, tome I , p. 57 1 .
(6) Page 190. (/) Etre, atrium, place.
(c) Livre I , p. 36. (g) Livre II , page t5g.
(d) Page ig3.
Note io, Pagk 1G8.
De la Croiz-Hémon jusques à la rue aux Englois, le costé par devers
Saint-Ylaire .
Cette rubrique s'applique au côté" méridional d'une partie de la rue des Noyers, dans lequel débouche la rue des Carmes. Elle fournit une nouvelle preuve, à ajouter à celles que j'ai déjà données , pour établir que la rue des Carmes portoit anciennement le nom de rue Saint-Hilaire.
Note i i , Page 168.
Devant la méson au duc de Bourgoingne.
Gui 1 lot de Paris (a) place la rue au duc de Bourgongne dans son poème, et le rôle de 1 3 1 3 (/>) mentionne la rue devant Vostel au duc de Bourgoingne jusques aus Cholez. Les ducs de Bourgogne, dit Sauvai, avoient déjà, sous les rois de la deuxième race, leur hôtel dans la rue de Reims, qui donne, par un bout, dans la rue des Sept- Voies, et par l'autre, dans la rue des Cholets (c). L'établissement du collège de Reims, fondé, en 1^12, par Guy de Roye, archevêque de Reims, sur l'emplacement même de l'hôtel de Bourgogne, fit changer l'ancien nom de cette rue pour le nom de rue de Reims, qu'elle porte encore aujourd'hui.
Note ia, Page 169.
La rue Saint-Syphorien.
La rue des Cholets s'est appelée d'abord rue Saint-Syphorien, à cause d'une chapelle de Saint-Symphorien-des-Vignes qui étoit dans cette rue. En 1295, les exécuteurs testamentaires du ranimai Cholet y fondèrent le collège des Cholets, qui fit changer l'ancien nom de la rue, et la fit désigner par celui de rue des Cholets qu'elle porte encore actuellement.
La porte Sainte-Geneviève.
La porte Sainte-Geneviève étoit située entre la porte Saint-Marcel et la porte Saint-Jacques. C'est cette porte que désigne Sauvai (d), sous le nom
(a) Lebeuf, tome I , p. 5^0.
(A) Page i93.
(c) Sauvai, livre II, page 160.
(«0 Livre I , p. 36 ; livre VII , p. a55.
34o NOTES.
de porte Papale, et qui étoit bâtie, suivant cet auteur, dans les murs même
de l'abbaye de Sainte-Geneviève. Je trouve la porte Papale sur le plan de la Tapisserie. Mais, a 1 époque où ce plan a été fait, les bàtimens et les dépendances de l'abbaye Sainte-Geneviève n'avoient pas pris, a l'ouest, l'accroissement qu'on leur donna plus tard , en sorte que la rue des Sept-Voies se prolongeoit, Tera le sud, le long des murs de l'abbaye, à travers l'emplacement du Panthéon, eteonduisoit directement h la porte Papale. Sauvai, qui neconnoissoit pas ce plan, qui, de plus, voyo'it la porte Papale murée et enclavée dans les murs de l'abbaye, a pensé que cette porte n'avoit jamais été ouverte. Lebeuf («) adopte cette opinion ; il croit que la porte Papale étoit tout simplement une des entrées de l'abbaye. Mais un seul coup d'oeil, jeté sur le plan de la Tapisserie, suffît pour prouver qu'ils sont dans l'erreur sur ce point. Je vais même plus loin, et je crois pouvoir affirmer que la porte Sainte-Geneviève étoit une des grandes portes de la ville, et non pas une simple poterne. On trouve dans un registre du Trésor des Chartes le devis de l'enceinte de Philippe-Auguste, du coté de l'Université (/»). Il n'y est fait mention que de six portes. 11 est évident que dans ce nombre n'étoient pas comprises les poternes ou fausses port es , telles que la fausse porte Saint-Marcel, et deux autres poternes situées au bord de l'eau, que remplacèrent plus tard la porte de Ncsle et celle des Tournelles. Or, notre manuscrit ne mentionne que quatre portes sur la rive gauche , sans y comprendre la porte Sainte- Geneviève. Ce sont les portes Saint-Victor, Saint-Marcel , Saint-Jacques, et la porte Gibert. Le rôle de 1 3 1 3 nomme, de plus, la porte Saint-Germain, qu'on appela plus tard porte de Bussy. Ce sont eu tout cinq portes seulement. On ne peut ajouter à ce nombre la porte Dauphine, qui ne fut ouverte que long-temps après. Il faut donc admettre que la porte Sainte- Geneviève ou porte Papale, qui étoit murée du temps de Sauvai , étoit primitivement une des principales portes de Paris, sur la rive gauche de la Seine.
Notes 14, Page 169.
coing de Saint'Syphorien.
L'abbé Lebeuf, dans ses notes sur Guillot de Paris (<■), nous apprend que la chapelle de Sain t-Symphorien-des- Vignes, avec ses dépendances, aboutissoit sur la rue des Cholets et sur la rue des Chiens (aujourd'hui rue Jean-
(«) Tome I, pape 386. — (A) Mémoires de t Académie des Inscriptions, édition in-ia, tome MX , p. 5o4- — (e) Tome I , p. 56g.
NOTES. 34 r
Hubert). C'est peut-être cette dernière rue dont il est question dans notre rubrique.
Le rôle de i3i3 (a) indique dans la paroisse Sainte-Geneviève plusieuis rues qui ne sont pas nommées dans notre manuscrit. Ce sont la rue des Alemandiers, aujourd'hui rue des Amandiers, la rue Perdue, la rue aux Lavandières , qui ont conservé leur ancien nom , la rue des Deus- Portes, aujourd'hui rue des Trois-Portes ; enfin la rue des Ras, aujourd'hui rue de l'Hôtel-Colbert. A propos de cette dernière rue, je dois relever une erreur dans laquelle est tombé Sauvai, relativement à son origine (b). Cet auteur dit que la rue des Rats a été bâtie pendant que Hugues Aubriot éloit prévôt de Paris, sous Charles VI. Hugues Aubriot peut avoir augmenté l'étendue de la rue des Rats, mais bien certainement elle existait long-temps avant lui et à la même place que de nos jours, puisque le rôle de 1 3i 3 la nomme immédiatement après la rue des Trois-Portes, et lui donne deux contribuables.
Le même rôle mentionne un hôpital situé près du carrefour Saint-Hilaire (c). Cet hôpital fut fondé par Philippe-le-Bel dans la rue SaintrHilaire, aujourd'hui rue des Carmes, et destiné à recevoir six pauvres femmes veuves et de bonne vie (d).