‹ Paris sous Philippe-le-BelChapitre 84 sur 147 · DIVISIONS DE PARIS · texte numérisé non relu

DIVISIONS DE PARIS

Paris est naturellement divisé en trois grands quartiers séparés par la rivière. En 1292, la partie de la ville située sur la rive droite de la Seine, s'appeloit le quartier d'outre Grand-Pont; il s'étendoit, dans l'intérieur des murailles, depuis le quai du Louvre jusqu'au quai Saint-Paul , et depuis la rivière jusqu'au cul-de-sac des Peintres, dans la rue Saint-Denis. Dans les temps postérieurs, ce quartier prit le nom de la Ville. La partie de Paris qui se trouvoit sur la rite gauche de la Seine, depuis la rivière jusqu'à la place de la Vieille - Estrapade , et depuis la rue Mazarine jusqu'à la rue des Fossés-Saint-Bernard, s'appeloit quartier d'outre Petit-Pont. C'est ce qu'on nomma depuis l'Université, et ce qu'on appelle encore le quartier ou le pays latin. Le troisième quartier de Paris étoit la Cité; il n'a jamais changé de nom. La Cité, comme son nom l'indique, est le berceau de Paris qui, primitivement, ne s'étendoit pas au-delà de l'espace enfermé par les deux bras de la Seine. Le quartier d'outre Grand- Pont étoit le plus peuplé des trois. L'Université , quoiqu'elle occupât une surface considérable , ne pouvoit rivaliser avec la Ville pour la population. À cet égard, elle l'emportoit à peine sur la Cité, et cela se conçoit facilement. L'enceinte de Philippe-Auguste avoit embrassé , sur la rive gauche de la Seine, une si grande étendue de terrains en culture (a) qu'en 1292 le quartier n'étoit certainement pas encore entièrement bâti , en sorte qu'on peut affirmer, sans craindre de tomber dans l'erreur, qu'à cette époque, la population du quartier d'outre Petit-Pont n'étoit pas encore en rapport avec sa superficie.

Il existoit des nuances tranchées entre les populations de ces trois quartiers diflférens. Le commerce et la riche bourgeoisie habitoient sur la rive droite de la Seine. La Cité, avec ses églises sans nombre, sembloit être le

(a) Guillaume de Nangla, Chronique, dans le Spicilég. , tome III , p. -n\. — Chronique de saint Denys, dans le Recueil des Historiens de France, tome XVII , p. 85.

domaine de la religion et le centre de son empire. Le quartier d'outre Petit-Pont étoit spécialement consacré aux lettres et aux sciences. Quoique la plupart des collèges, qu'on y voyoit encore à la fin du siècle dernier, n'eussent été fondés que dans le courant du xiv" siècle, il en existoit cependant plusieurs à la fin du xiîi'. Je consacrerai quelques mots à chacun de ces établissemens.

Quant aux divisions administratives, elles étoient dans Paris, comme dans la France entière , les mêmes que les divisions ecclésiastiques. Notre manuscrit mentionne trente-cinq paroisses, en faisant toutefois entrer dans ce nombre l'église de Notre-Dame-des-Champs , à laquelle j'ai fait observer ailleurs que le titre de paroisse n' étoit pas expressément applicable. Le quartier d'outre Grand-Pont en renfermoit quatorze, la Cité douze, et le quart ier d'outre Petit-Pont, neuf, sans compter Saint-Marcel et Saint-Germain-des- Prés. Je ne ferai qu'effleurer l'histoire de ces diverses paroisses et des églises qui en étoient le centre. Le premier volume de l'excellent ouvrage de l'abbé Lebeuf, les tomes VU et VIII du Gai lia Christiana, cont i en n en t sur ce sujet des documens auxquels il seroit difficile de rien ajouter. Je me coutenterai donc de donner, en suivant l'ordre alphabétique , une courte notice sur chacune de ces paroisses, et je tâcherai de faire connoitre en même temps l'étendue de leur circonscription. J'ajouterai quelques détails sur les lieux et les monumens les plus remarquables qui se trouvoient dans chaque circonscription paroissiale.

Page 1