tome XVIII , p. 747. (4) Idem, ibid., p
l'enceinte de Paris, avant que Philippe-Auguste eût fait élever une nouvelle clôture ; mais je ne puis admettre, avec Jaillot (a), qu'elle fût à l'ouest de la rue Saint-Dcnys. L'erreur dans laquelle il est tombé à ce sujet tient prin-
Poulailleric, que je crois avoir déterminée (b). La Boucherie de la porte de Paris, nommée aussi la grande Boucherie, étoit sur l'emplacement des maisons comprises actuellement entre les rues Saint-Denys, Saint-Jacquesde-la-Boucherie , de la Joaillerie , et la place du Ghâtelet. Lebeuf (c) rapporte que les bouchers avoient élevé une chapelle dans l'intérieur même de la boucherie , et obtenu de Charles VI la permission d'y établir une confrérie et d'en célébrer la fête le dimanche d'après Noël.
Hôpital Sainte-Catherine. — « Le nombre et la célébrité des miracles « de sainte Opportune attirèrent une foule de pèlerins à l'église qui portait « ce nom. Vis-à-vis, on bâtit un hospice pour les recevoir. » Voilà, selon Jaillot (d), l'origine de l'hôpital de Sainte-Catherine; mais on ne sait rien de certain sur l'époque de sa fondation. Du Breul (e) a donné le plus ancien titre où il en soit fait mention. Ce sont des lettres de Maurice de Sully, évéque de Paris, au sujet d'une donation faite à V hôpital des pauvres de Sainte-Opportune, d'une maison située rue des Lombards. Le voisinage de l'église paroissiale de Sainte-Opportune avoit fait primitivement donner le même nom à l'hôpital Sainte-Catherine. Dans un testament de 1227, que l'abbé Lebeuf a rapporté (f) , cette maison est nommée toste/lerie Seinte- Opportune. 11 paroit que ce fut seulement vers la fin du xiu* siècle, que cet établissement prit, j'ignore pour quelle raisou, le nom d'hôpital Sainte- Catherine. Il a été démoli (g) pendant la révolution de 1789.
Pont au Change. — Il n'existoit anciennement dans Paris que deux ponts, le Grand et le Petit. Il falloit nécessairement les passer tous les deux lorsqu'on vouloit aller de la rive gauche à la rive droite de la Seine. On n'avoitpas d'autre communication plus directe, et c'est pour cela peut-cire que la rue Saint-Denys, qui aboutit au Pont-au-Changc, autrefois appelé
[a) Tome 1 , quartier Saint-Jacques-tle-la- Roucheric , p. 18.
(*) Vojez pages a58, 239.
(c) Tome I , p. 3a 1.
(d) Tome I , quartier Saint-Jacques-do-la - Boucherie, p. 19.
(e) Lirre III, p. 954.
(/)Tome I, p. 3a2.
(g) Dulaurc , tome II , p. 277.
ET STATISTIQUE. 377 Grand-Pont, et la rue SainUJacques , qui commence à la tétc méridionale du Petit-Pont, semblent avoir été considérées comme les deux principales rues de la ville. Elles portoient toutes deux le nom de Grand-Rue. Le Grand- Pont devoit être primitivement en bois, comme le Châtelet destiné à en défendre les abords. Lors du siège de Paris par les Normands, à la fin de Tannée 885, le pont étoit en bois et supporté par des piles en pierres («). Louis Vil y établit, dit-on, les changeurs en i i/fi , mais l'ordonnance de Louis VII n'étoit probablement que la confirmation d'un privilège déjà existant, puisque Jean de Garlande (b), écrivain du xi' siècle, nous apprend que, de son temps, il y avoit sur le Grand-Pont des changeurs (trapezetœ) , des bourreliers et des orfèvres. Ce pont comptoit en outre , parmi ses habitants, un assez grand nombre de drapiers en i3i5.
Le Grand-Pont étoit en pierre et couvert de maisons en 1281, lorsqu'il fut emporté par les eaux de la Seine débordée (c). Après cet accident, il fut encore reconstruit en pierre et couvert de maisons. Une nouvelle inondation le renversa en 1296. Il étoit en bois en 1G21 , lorsqu'il fut incendié avec le pont Marchand. Depuis, on le reconstruisit de nouveau en pierre, et on lui donna la direction des deux ponts incendiés, ce qui lui forraoit une double entrée du côté de la place du Châtelel (d). Il est encore aisé de reconnoitre cette ancienne disposition à l'évasement de la tète septentrionale du pont.
11 existe (e) des lettres de Charles-le-Chauve , par lesquelles il donne à l'évéque JEnée et à l'église de Paris, le pont le plus grand, majorent pontem, ifu'il avoit fait faire, hors de la ville, sur la terre du monastère de Saint-Germain-du-Faubourg, nommé, depuis les temps les plus reculés, Saint-Germainr Auxerrois. Quelques auteurs, Sauvai et Félibien entre autres (J ), ont pensé que ce monarque n'avoit pas construit un nouveau pont, mais qu'il s'étoit contenté de rétablir le pont, au Change, détruit probablement par une précédente irruption des Barbares. Bonamy et Jaillot ont émis une autre opinion (g) : selon ces deux écrivains, il existoit, à cette époque, au nord
(a) Voyez Abbon, livre I , vers %i6.
(b) Voyez à U lin du volume, Append., II, n°« i5, 35 et 3^.
(c) Mémoire sur l'inondation de la Seine à Paris, an mois de décembre 1740» etc., dans les Mémoires de t Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, tome XXVIII, p. sH3 .
(d) Jaillot , tome I , quartier de la Cité , p. 162 ; et le plan de ce quartier.
(e) Baluz. vapit., tome II , col. r^Qt. — Pro Nortmannorum infestatione, placuit nobts extra predictam urbem , supra terrain mono s terii S '. Gcrmani suburbio commorantis , qund a priscis temporibus Autissiodorensis dicitur, majore m facere pontem .
(/) Sauvai, liv. III, p. 219.— Félib., 1. 1, p. 91.
(g) Bonarav , Mémoire sur les incursions
de Paris, une enceinte qui venoitse terminer au Grand-Pont, et c'est en dehors de cette enceinte, extra urbem, sur les dépendances de Saint-Germain-l'Auxerrois que Charles-le-Chauve auroit fait bâtir un nouveau pont, qui auroitmi* en communication les deux rives principales de la Seine, en franchissant à la fois les deux bras de cette rivière. Malheureusement, cette opinion n'est basée que sur les lettres de Charlea-le-Chauve , dont je viens de parler, et l'authenticité de ces lettres est loin d'être bien établie. L'abbé Lcbeuf et Jaillot (a), regardent comme une interpolation le passage où il est question du surnom à'Autissiodorensis, appliqué de toute ancienneté à l'église de Saint-Germain l'Auxerrois. Les indications chronologiques qui se trouvent à la date du diplôme, sont si peu d'accord entre elles que Baluze l'a rapporté à l'an 861, tandis que D. Bouquet en fixe l'époque à l'an 870. Enfin, on ne comprend pas trop comment Charles -lc-Chauve a pu disposer en faveur de l'église de Paris, sans le consentement du clergé de Saiut-Germain-l'Auxerrois, d'un terrain qui appartenoit à ce dernier.
On allègue encore, il est vrai, pour appuyer l'autorité de ce diplôme, un passage de la Chronique d'Adon, archevêque de Vienne, ainsi conçu : « Le « roi Charles, ayant, pendant quelques années, livré aux Normands plusieurs « combats-, dont l'événement fut différent, résolut enfin de bâtir sur la « Seine un pont fortifié pour arrêter leurs courses, et de construire en même « temps, aux deux extrémités de ce pont, deux forteresses dans lesquelles il « mit des troupes pour la défense du Royaume (b). » Je remarque d'abord que ce passage, très vague, n'indique ni le fondateur, ni l'emplacement du pont dont il s'agit. De plus, j'ai trouvé le même fait, raconté presque avec les mêmes expressions, dans le recueil de D. Bouquet, qui attribue la fondation du pont à Charles-le-Simple , et en fixe l'époque à l'an 920 (c).
Quant aux inductions que tire Jaillot de divers passages d'Abbon pour justifier l'opinion qu'il a émise, elles me paroissent fondées sur une interprétation inexacte des endroits de cet auteur qu'il invoque. Mais je ne veux pas entamer ici une discussion qui me jetteroit hors des limites de mon sujet;
que les Normands firent dans la Neustric par la Seine , dans les Mémoires de f Académie des Inscriptions et Belles- Lettres , tome XXVII, p. 34 et suiv., édit. in- 12. — Jaillot , tome I, quartier de la Cité, p. 164 et suiv.
(a) Lebeuf, tome I, p. 4o. — Jaillot, tome I, quartier du Louvre, p. 3a.
(b) Rex Caroluj , aliquot annos adversus
Danos atque Northsnannos variis etvntibus dimu ans, Pontem mira firmitatis adversum impettun eorum super Sequanam fieri constitua, positis, in utriusque capitibus, castellis arttficiose fundatis, in quihus ad custodiam regm prasidia disposai! Voyez Jaillot , tome J, quartier de la Cité, p. 164.
(c) Histor. de France, t. VIII , p. 3o2 et 3 1 8.
elle trouvera sa place dans un travail particulier que j'espère pouvoir bientôt entreprendre.
La construction d'un nouveau pont par Charles-le-Chauve une fois admise, Jaillot a considéré le pont de bois qui a long-temps existé à quelques toises à l'ouest du pont au Change, et que l'on a successivement nommé pont
aux Colombes, pont aux Meuniers et pont Marchand, comme un reste du pont de Charles-le-Chauve, en sorte que ce pont, à moins qu'il n'eût été emporté par une inondation, auroit dû exister en 1392. Je pourrois invoquer le témoignage de Sauvai (a) qui raconte, d'une manière assez plausible, la formation du pont aux Meûniers et qui ne le fait pas remonter audelà dé i3a3. Mais j'avoue que cette autorité s'affoiblit beaucoup lorsqu'on voit le même auteur, quelques pages plus loin (b)y dire en parlant du pont Marchand qui a voit été construit sur l'emplacement du pont aux Meûniers, qu'il avoit été entraîné par les glaces en 1 196 , 1380, etc. Je me contenterai donc de faire observer que non seulement le pont aux Meûniers, ou le pont aux Colombes, n'est pas mentionné dans notre manuscrit, mais encore que ni le rôle de 1292, ni celui de 1 5 1 5 ne contiennent une seule rubrique qui puisse même faire soupçonner l'existence de ce pont, à l'une de ces deux époques. Or, s'il avoit existé, ce silence seroit d'autant plus extraordinaire que ce pont étoit, dit-on, bordé de moulins dont les propriétaires étoient 1res probablement soumis a 1 impôt.
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