‹ Paris sous Philippe-le-BelChapitre 99 sur 147 · SAINT-SAUVEUR · texte numérisé non relu

SAINT-SAUVEUR

Sauvai (b) prétend que Saint-Louis avoit bâti l'église de Saint-Sauveur en ia5o, pour s'y reposer et y faire ses prières lorsqu'il alloit de Paris à Saint-Denys ; mais Jaillot (c) remarque, avec raison qu'en ia5o, Saint-Louis étoit en Palestine depuis deux ans. D'ailleurs l'église de Saint-Sauveur existoit déjà en 1216, sous le nom de chapelle de la Tour. On ne sauroit fixer l'époque précise où cette église fut érigée en paroisse. L'abbé Lebeuf (d) se contente de dire, qu'en i3o5, le chapitre de Saint- Germain -l'Auxerrois tiroit quelque revenu de cette église, et qu'en i535, Thomas de Ruel, curé de Saint-Sauveur, prêta serment aux chanoines en cette qualité. Nous voyons par notre manuscrit que l'église de Saint-Sauveur étoit déjà une paroisse en 1292, et Jaillot dit avoir découvert dans les archives de l'archevêché un acte de 1284 par lequel l'évéque de Paris amortit au curé de Saint-Sauveur une rente de 10 sous parisis sur trois maisons situées près de la porte Montmartre. L'église, telle qu'elle existoit au moment de sa démolition en 1787, avoit été bâtie sous le règne de François Ier. On travaillent à la reconstruire sur les dessins de M. Poyet, mais la révolution vint arrêter les travaux, et l'emplacement de l'ancienne église devint une propriété particulière (e).

La circonscription de cette paroisse étoit limitée au nord, par la rue Saint- Sauveur; au midi, par la rue Mauconseil; à l'est, par la rue Saint-Denys; à l'ouest, par la rue Montorgueil. Elle embrassoit en outre une partie de la rue Grenetat.

Hôpital de la Trinité. — Vers l'an 1200, deux frères utérins nommes, l'un Jean Paulée, l'autre Guillaume Estuacol, fondèrent un hôpital à l'angle de la rue Saint-Denys et de la rue Grenetat. En cet endroit se trouvoit une croix qu'on appeloit la Croix-la-Rcine, ce qui fit d'abord donner au nouvel

{a) Ce fu pardevers Notre-Dame (£) Livre IV , p. 362.

Einsinques fu, je n'en doute 10e, MTnmo TT c • . r»

Où fu fait et drécié cel pont. (c) T°me ^uart,er S*«*l-DenyS, p. 20. (Chron. metr. de Godefroy de Paris, édit. Tome P- 1 12-

de M. Buchon, Paris, 1807, in-8% p. 188.) (*) Duloure, tome II, p. 5o4-

ET STATISTIQUE. 597 établissement le nom d1 Aumôncrie de la Croix-la-lieine (a). Ce n'est, que dans un acte de 1 207, qu'on trouve cette maison désignée par le nom de la Trinité, parce qu'apparemment la chapelle étoit dédiée sous ce titre. Jusque-là l'hôpital de la Trinité avoit été un lien d'asile pour les pauvres. Les fondateurs, pour des raisons qu'on ignore, changèrent sa destination primitive. Ils donnèrent leur maison aux religieux d'Hermières qui étoient de l'ordre de Prémontré, et décidèrent qu'on n'y recevroit plus que des pèlerins. L'hôpital de la Trinité servît à cet usage jusque vers le milieu du xvi* siècle, époque où le parlement , en remplaçant les religieux de Prémontré qui en avoient la direction, par des administrateurs spéciaux, ordonna que les enfans mâles des pauvres, âgés de plus de sept ans, seraient reçus dans l'hôpital de la Trinité pour y être nourris, logés et enseignés dans la religion chrétienne. Cet établissement a été détruit en partie lors de la révolution de 1789 : l'église, qui avoit été construite vers la fin du xvie siècle, et dont le portail n'avoit été achevé qu'en 167 1, a subsisté jusqu'en 1817 (b). Il ne reste plus aujourd'hui que le nom de cette ancienne maison ; il sert à désigner un passage public donnant de la rue Grenetat dans la rue Sainfc-Denys, à travers l'emplacement qu'occupoit autrefois l'hôpital de la Trinité.

Page 1