BOURDALOUE, ALBERT
BOURDALOUE. Ah ! nous déjeunerons trèsbien , et pour pas grand chose... je m'y connais , je m'y connais.
ALBERT. Oh! lu te connais à tout' ce qui n'a pas empêché cet infâme usurier, chez lequel tu m'as conduit, de nous voler de la taçon la plus scandaleuse.
BOURDALOUE. Pauvre innocent , je t'excuse... Me voler, moi, Ernest-Amanda Bourdaloue !... à d'autres , mon bon , à d'autres ! Mais, enfant que tu es, si quelqu'un a volé dans cette affaire , c'est nous !
ALBERT. Nous?
BOURDALOUE. Oui , on ne peut plus nous » ALBERT. Comment! lorsque sur une lettre de change de dix mille francs , je n'ai touché que 5,500 francs!
BOURDALOUE. Etlcs valeurs?.. voilà comme tu calcules, toi!... mais réfléchis donc aux valeurs !... Une cuirasse du temps de François I"!... une guitare, douze accordéons, un perroquet disant des gros mots, et six cents mirlitons tout neufs!
ALBERT. Au surplus , j'avais besoin d'argent, peu m'importent les conditions
Perfide Aime!., oh! je me vengerai !.. J'imiterai son inconstance... j'irai dans le monde J aurai des maîtresses... je veuxqu'eUe sache comment je me serai consolé de son abandon !.,.
BOURDALOUE. A la bonne heure!., voilà qui est raisonnable!... Mais, en attendant le déjeuner , prenons toujours place sous ce bosquet... j'achèverai là mon cigare., (le montrant)- c'est un panatelas, ca , mon bon, et de contrebande. . . des cigares à 8 sous, que je paye 50 centimes!
ALBERT. Et moi , je vais encore une fois relire cette lettre... je veux v puiser tout le courage dont j'ai besoin.
BOURDALOUE. Puise, mon cher ami, puise ça ne peut pas faire de mal.
Ils vont se placer sous le bosquet à droite, qui les cache à la vue des autres personnages, Albert lit et Bourdaloue lume.
V\ WywWVI (\V\\WV