SCÈNE YI
LES MÊMES, CORA, ROSINE, entrant par le fond d gauche *.
CORA , au fond. Allons , viens donc !
* Rosine, Cora. Bourdaloue, Albert.
BOSINE , de même. Non, je n'y consentirai p«s... deux femmes seules, entrer chez un traiteur... c'est d'une inconvenance I...
CORA. Laisse donc. . c'est bien plus inconvenant quand elles y entrent avec des messieurs.
ROSINE. Je te demande un peu pour qui l'on va nous prendre ?
CORA. Pour deux jeunes personnes qui ont soif, voilà tout.
ROSINE. Mais je n'ai pas soif, moi.
CORA. Voyez-vous, l'égoïste!... Ce sera l'affaire d'une minute , le temps d'avaler une limonade gazeuse.
ROSINE. Une limonade gazeuse!... merci!., c'est ta quatrième depuis ce matin. . . tu deviendras limonade.
CORA, appelant. Garçon!...
BOURDALOUE. Qu'entends-je!. .. un timbre féminin !... [Regardant à travers le feuillage.) Oh! vois donc, Albert , ces deux petites femmes!... eh! eh! eh!... des tournures Oudinot!
ROSINE. Au moins, nous n'entrerons pas. . . nous resterons ici.
CORA. C'est convenu... Garçon!
BOURDALOUE, à Albert. Si nous leur offrions nos hommages et quelque chose de moins vague... comme un dîner...
ALBERT, le retenant. Elles n'accepteront pas...
BOURDALOUE. Jobard, va!
CORA , toujours au fondy s' impatientant. Garçon ! garçon !
BOULDALOUE, sc montrant et allant au fond. Giirçon... voilà!
CORA^ Monsieur * !
Ils redescendent la scène.
BOURDALOUE , présentant Albert. Et voilà même deux garçons... deux beaux garçons, j'ose nous en flatter. [A Albert) Salue donc ces dames.
ALBEKT , apercevant iîosme.%Ih ! mais!
je ne me trompe pas!.. . ma jolie voyageuse **!
ROSINE. Le monsieur de la^^^iligence !...
BOURDALOUE. Reconnaissance^ tableau!...
Un instant!... il y a un air consacré pour ces sortes de situations.
ENSEMBLE
Air : Je reconnais ce militaire.
Il a reconnu cette belle, Pleine de grâce et de candeur !
En se retrouvant auprès d'elle, Il doit sentir battre son creur !