Les niodlftcaliotis phontHiques, etc. p
2. Essai sur Vactivité du pvinci'pe pensant , p. 213 et .suivantes.
nances nasales, par l'adjonction de la lettre N au signe représentatif des résonnances pures dont elles modifient le timbre et la couleur. Ex : A-AN, 0-ON, etc. — les résonnances pures, par des éléments graphiques plus compli-' qués. Ces dernières, en effet, sont conventionnellement exprimées tantôt par de simples lettres, comme A, E, I, 0, U, tantôt par des combinaisons de plusieurs lettres, comme AI, OU, EU.
Notre système graphique des résonnances pures, de l'avis de tous, fait une part beaucoup trop grande à la routine et à l'arbitraire i.
Une même résonnance y est représentée par de s signes différents : l'è, Vei et l'ai, dans mère, veine et plaine, rendent un son absolument identique. Pourquoi cela? Pour* quoi trois signes pour un seul son ?
Un même signe y représente plusieurs résonnances difféentes : l'e sonne comme un é dans terre, et comme un a dans
1. « Formé de la transformation du latin classique, le français, comme toutes les langues à leur naissance, a d'abord été presque exclusivement parlé. Quand on commença à rédiger, on écrivit comme on put d'api'és la prononciation, et la prononciation du petit nombre des clercs qui écrivaient' faisant loi, l'orthographe, bien qu'irrégulià^ et sans principes fixes, ne manquait ni de caractéi'e, ni de simplicité, ni de clarté. Aux approches du xv)^ siècle, la philologie naissante, travaillant à retrouver le fond primitif de lidiome national, se mit à déconstruire et à reconstruire les mots d'après l'étymologie. Il s'agissait de substituer aux traditions, les régies, aux habitudes de l'accent, le principe de la racine. Deux langues vécurent alors superposées où juxtaposées, pour ainsi dire, et cherchant à se supplanter... Pour le plus grand nombre des mots, les .savants et les partisans de la langue traditionnelle voulurent chacun y imprimer leur marque, retrancher ou ajouter une letti'e, insister sur l'accent ou sur l'étymologie, et, l'imprimerie aidant, — une imprimerie savante, elle aussi, toute jeune en outre, et pleme de zèle, — les mots se trouvèrent chargés de signe.s ou de lettres parasites qui les défiguraient pour tout le monde. » 0. Gréard : Note présentée à la commission du dictionnaire de l'Académie Française.
38 LA SCIENCE DE l'ARTICULATION
femme. Pourquoi cela ? Pourquoi deux sons pour une seule lettre ?
Une réforme intelligente de l'orthographe pourrait seule, sinon supprimer totalement, du moins diminuer notablement ces anomalies.
Mais ces deux premières imperfections supprimées ou amoindries, il en restera une troisième qu'il n'est au pouvoir de personne de faire disparaître parce qu'elle tient à la nature même du langage écrit. L'écriture, en effet, pour remplir sa mission de dépositaire de la parole et de révélatrice de lapensée, doit être avant tout simple et claire, éviter par .conséquent toute complication superflue, et se contenter des signes indispensables à l'intelligence des pensées qu'elle exprime. D'où la nécessité de réduire à un très petit nombre les signes représentatifs des voyelles.
21. Nombre des voyelles. — Tout compte fait, dans la langue française, ces signes sont au nombre de sept seulement : A, E, I, 0, U. OU, EU, C'est bien peu, on en conviendra, pour rendre les innombrables nuances de notre langage parlé ; par la force des choses chacune de nos voyelles correspond à un nombre plus ou moins considérable de résonnances distinctes ; elle est beaucoup moins le signe d'un son déterminé que la représentation d'un groupe de notes vocales ; chaque voyelle graphique exprime tout un faisceau de voyelles physiologiques; là où l'œil ne voit qu'un signe l'oreille perçoit plusieurs sons. L'E d'objet ne sonne pas, il s'en faut bien , comme celui de bonté ou de carême, ni rOd'atdme comme celui d'alcôve ou d'espagnol.
On a inventé, il est vrai, certains signes complémentaires appelés accents destinées à représenter quelques modifications plus caractérisées de nos voyelles graphiques, mais jiotre accent aigu, notre accent grave et notre accent circonflexe sont loin de pouvoir exprimer toutes les réson-
en. II. — ÉMISSION DES VOYELLES 39
nances d'une seule de nos voyelles. L'écriture est impuissante à noter toutes les nuances du langage parlé : aussi ne lira-t-on jamais bien une langue morte ; l'usage seul peut révéler à l'oreille attentive les différentes prononciations de chaque signe graphique.
22. Voyelles pures et voyelles nasales. — « Le français, Usons-nous dans l'Introduction du Dictionnaire général de Hatzfeld, le français possède aujourd'hui douze voyelles pures et quatre voyelles nasales. Ces voyelles présentent, suivant la nature des mots où elles se trouvent, des différences de longueur. En général les voyelles pures sont longues quand elles sont suivies, dans une même syllabe, d'une consonne douce ; elles sont brèves quand la consonne est forte. Les voyelles nasales sont longues quand elles sont suivies d'une consonne qui se prononce ; elles sont moyennes dans le cas contraire ; elles ne sont jamais brèves.
a Les voyelles présentent également, suivant leur place dans le mot, des difïérences d'intensité, étant prononcées avec plus ou moins de force quand elles sont accentuées, c'est-à-dire frappées de l'accent tonique, et étant frappées moins fortement quand elles sont i7iaccentuées ou atones. »
A. Voyelles pures.