Maury. Éloquence de la cJiaire
fig. 10. La position assis.
distance vis-à-vis le milieu de l'autre pied, c'est-à-dire de celui qui porte tout le poids du corps.
La faculté que nous tenons de la nature de porter le poids du corps sur l'une ou l'autre jambe et de le passer de l'une à l'autre, à volonté, rend possible le choix et l'alternance de deux positions debout caractérisées pratiquement par la poussée en avant de la jambe droite ou de la jambe gauche. D'instinct l'orateur appuie sur le pied gauche, et par conséquent avance le droit, sans doute pour trouver plus de facilité de gesticuler de la main droite ; rien cependant ne lui interdit absolument la station sur le pied droit. Mais Quintillien lui recommande, s'il adopte cette dernière attitude, de tenir le buste bien d'aplomb, sans quoi a sa posture sera plutôt d'un comédien que d'un orateur. Il y a même un défaut, continue le même écrivain, dont on doit se défendre en avançant le pied gauche, c'est de lever le pied droit, et de le tenir comme suspendu parla pointe. » L'alternance des deux positions en chaire s'explique et se justifie soit par la fatigue, soit par la direction des personnes ou du public à qui l'on parle. « Il est constaté, dit M. Champeau, que la station sur la jambe gauche donne de l'aplomb, et qu'elle favorise les mouvements du bras droit, avec lequel on fait presque toujours les principaux gestes. S'il vous arrive cependant de vous servir du bras gauche pour faire les gestes dominants, en vous adressant à la partie de votre auditoire qui se trouve de ce côté, c'est alors le pied gauche qu'il faut avancer ; le droit restera en arrière à son tour. Car on doit toujours porter en avant, c'est à dire vers l'auditeur, le pied qui correspond au bras en mouvement. En effet, le corps lui-même s'avance instinctivement vers ceux à qui l'on parle et il a besoin d'une base solide qui le supporte. Faites-en l'expérience. » ^