‹ Parlons ainsi de la voix et du gesteChapitre 114 sur 122 · L'ALPHABET DU GESTE · texte numérisé non relu

L'ALPHABET DU GESTE

297. Petits gestes et grands gestes. — Le geste proprement dit se fait avec le bras. Le bras se meut aisément parce que ses articulations sont nombreuses. Ces articulations indépendantes les unes des autres se prêtent docilement, l'une après l'autre, ou plusieurs à la fois, ou toutes ensemble à l'exécution des ordres de la volonté. Au gré de nos désirs, en effet, les mouvements volontaires s'arrêtent à l'une quelconque des articulations de la main ou mettent à contribution une seule ou plusieurs des articulations du bras. Tant que le mouvement ne dépasse pas le coude, on n'a que de petits gestes ; les grands gestes font jouer l'articulation de l'épaule pour utiliser le bras tout entier. L'instrument des gestes grands et petits présente en réalité trois parties principales : les doigts, la paume et le bras. Rendons-nous compte tout d'abord de l'extraordinaire diversité des mouvements expressifs de chacun de ces éléments.

298. Les doigts et leurs mouvements. — Les doigts d'une même main ne doivent jamais être : — ni superposés avec ou sans ordre ; — ni serrés les uns contre les autres ; — ni allongés avec raideur d'une seule pièce; — ni recourbés en" forme de croc ; — ni écartés démesurément en patte d'oie.

D'ordinaire ils restent ouverts, légèrement écartés o« mollement appuyés les uns contre les autres et doucement recourbés, comme s'il s'agissait de conserver dans le creux de la main un objet très fragile que l'on redouterait tout à la fois d'écraser et de laisser choir (ng. 12).

Fermer les doigts jusqu'à ramener leur extrémité sur la

Fii?. 12. Enfant tenant nn oiseau.Florence, Galerie rovale.

Fig.-t^.I'rètn-sse. Villa Pampliili, Home.

Fig. M. Calliope.

Ronie,MnsécPio- Cléinentin.

Fig. 15. Drusns.

Rome, Musée du.

Latran.

paume, est d'un goût plus que douteux. En agissant ainsi y on montre le poing, ce qui n'est bon, ni beau (fig. 13).

Contentez-vous de faire prendre doucement contact à vos doigts réunis sous la première phalange du pouce, ou même simplement de les replier vers cette phalange sans les pousser jusqu'au contact, sans les presser, sans les raidir. C'est la seule manière vraiment esthétique de fermer la main (fig. 14).

Vous pourrez l'ouvrir en laissant vos cinq doigts s'écarter tous à la fois pour reprendre leur position normale, par une sorte de déclanchement silencieux, comme si le mot qu'ils sont censés contenir venait de briser en ouvrant la main la force qui les avait ramenés sur lui. (fig 15).

299. Tous les doigts réunis. — Un geste qui convient particulièrement, au dire de Quintilien, à un discours modeste est celui où, les doigts se joignant faiblement par en haut,.

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