‹ Parlons ainsi de la voix et du gesteChapitre 25 sur 122 · ARTICULATIONS SOUFFLANTES · texte numérisé non relu

ARTICULATIONS SOUFFLANTES

68. Le souffle de la gutturale forte CHE. — Pour articuler correctement le CHE, élevez la langue de façon à ce que ses bords latéraux soient mis en contact avec les grosses dents de la mâchoire supérieure ; faites en sorte que le bout de la langue ainsi relevée vienne s'appliquer, en formant un peu gouttière, contre le palais au-dessus des gencives supérieures. Gela fait, chassez l'air avec une certaine impétuosité i . En modifiant, comme il convient, l'ouverture de la bouche -, vous donnerez correctement toutes les articulations usitées.

Cha, chà, châ, ché, chè, chê, chi, chî, cho, chô, chou, chou, chu, chû ; Chan, chin, chon, chun.— Charmants chanteurs des champs, chardonnerets, qui chuchotez en cherchant les charançons dans les charmilles ; du haut des chênes chantez les chaudes effluves du ciel et les changeants chatoiements de la terre. — Chameaux chauves, chevaux chers et charmants chevreaux, broutant de concert choux et chicorée, chiendent et chèvrefeuille, sur le chemin du marché se chamaillent et se laissent choir. Chéticha, [shérif

4. De toutes les résonnances le che est celle qui entraîne la plus large dépense de souffle.

2. « Dans l'articulation de rélément clic, la bouche a une forme particulière qui rend difficile Ja confusion de cette consonne avec d'autres si ce n'est avec sa congénère jt? : les lèvres s'avancent en enton- •noir et les dents sont visibles, celles-ci sont un'peu plus 'séparées que •pour die et elles se trouvent dans un même plan vertical. » Goguillot.

de Cherchell, changea son chat, son cheval et son chien, pour un chapeau de Ché-ti-Chong, chimiste cochinchinois.

Le son CHE n'a pas de signe simple qui lui soit propre ; bien que très caractérisé et très distinct de tout autre, il doit pour s'exprimer emprunter et mêler le signe particulier d'autres consonnes : C et H.

C a pour équivalents le SH anglais : .Siierif, et le SCH allemand : iSciiiller, schlague, etc.

Il est détourné de sa valeur ordinaire et se prononce K : Quand, il est suivi d'une consonne : cJhlore, ciirême, chrétien.

Dans les syllabes clzor et cMr; chorus, anacl2orète, c/iJromancie. Exceptez chirurgien et ses dérivés et le nom propre Chiron.

Quand il est précédé d'un C, comme dans Bacc/ianale Gracchus, ou suivi d'une voyelle marquée d'un tréma : Ac/iaïe, Arclîélaùs, etc.

Dans un certain nombre de mots d'origine grecque difficiles à classer : arciiange, cliaos, clïœur, choléra,, échOj Antioc/ius, euc/2aristie, arciiéologie, arciîiépiscopal, etc.

Dans les noms italiens : Blanchi, Chlggl, Ciiiaramonti, Maciïiavel. On prononce cependant à la française: machiavélisme, machiavélique.

Et généralement à la fin des mots : Bacii, Locii, Roch, Zurich , sauf dans Auch et punc/2 où il prend la prononciation che.

CHE s'articule GUE dans drachme et ses composés, et il est nul dans almanacii. Prononcez dragme, almana,

69. Le souffle et les signes de la gutturale douce JE. — On articule le JE en donnant une vive impulsion à l'air que l'on fait s'échapper avec force, après avoir appliqué

à peu près le tiers antérieur de la face dorsale de la langue à quelques lignes en avant des dents incisives de la mâchoire supérieure. Dans le JE et le GE doux, le canal bucco-palatin est moins étroit et le voile un peu plus élevé. Sur les lèvres, le JE ressemble au CHE. Le son du GE est accompagné d'une espèce de frémissement sonore qui se fait entendre dans l'arrière-bouche.

Ja, jà, jâ, je, je, je, je, jeu, jeu, ji, jî, jo, jô, jou, joû, ju, jû ; Jan, jin, jon, jun. — Justice, ô Jéhovah ! les Gentils jettent journellement aux gémonies tes généreux justiciables ; jamais jusqu'à ce jour, tes justes n'ont gémi sous joug plus gênant. — Les jours sont revenus des Jupiter, des Junon, des Julien, des Judas, En bas, la jalousie, en haut la jactance ; partout l'injustice ; aux jaseurs, aux jongleurs, aux joueurs, les joyaux etles joies ; aux justes les jeux et les jeûnes. — Tandis que Judas juché au pouvoir juge en jargonnant, comme jadis Jérémie gémit, comme toujours tout genou fléchit et sur les joues jaunies les larmes jaillissent. — Réjouis-toi, ô Jérusalem, Jéhovah va rejeter ces juges menteurs ; ses javelots vengeurs vont jauger les Judas jobards et jocrisses, et bientôt tous ces jaguars, les jarrets brisés, joncheront les champs en jachère des bords du Jourdain.

J a pour équivalent G quand celui-ci est placé devant une des voyelles e, i, é, è : genou, givre, gymnase, génie, gêne, collège, pigeon, bagage, etc.

70. Le souffle et les signes de la linguale forte SE. — . Dans l'articulation du SE, les arcades dentaires supérieure et inférieure sont visibles et semblent se toucher, comme

pour I, Le larynx reste muet, le voile du palais se relève, les dents inférieures se portent en arrière des dents supérieures. La pointe de la langue s'applique, soit aux dents •supérieures, soit aux dents inférieures, en constituant un canal étroit dans lequel le courant d'air vient se briser contre le bord tranchant des dents. L'air doit être chassé avec force et s'échapper en filets déliés, afin de produire le sifflement qui doit précéder le son vocal et s'unir à lui au moment même de l'abaissement subit de la mâchoire inférieure.

Sa, sa, sa, se, se, se, se, seu, seû, si, sî, so, sô, sou, soû, su, su. San, sin, son, sun. — Ciel, si ceci se sait ce soir, ces soins sont sans succès. — Si son successeur suivait ces saints exemples, Cécile, sa sœur, ■serait sans souci. — L'assassin, sur son sein, suçait son sang sans cesse. — Si c'est cinq sous ces cinq saucissons-ci, ce sera cent six sous ces cent six saucissons aussi. — Saisissant son sabre ce suisse s'est suicidé ce soir à Soissons. — Ces cyprès sont si loin qu'on ne sait si c'en sont.

Le son SE s'écrit : non seulement par un S, comme dans sage, — mais par un C, comme dans ceci, — mais par un T, comme dans potion, — mais par un X, comme dans dix, — mais par un Z, comme dans gaz.

C égale S, devant les voyelles e, é, è, ei, i, y : ceci, cela, ici, ciel, cécité, cygne, Cécile, ceinture, cent, cerceau. Saint- Cyr, César, etc.

Devant les voyelles a, o, u : fapade, fapon, mapon, repu, -balançoire.

T égale S, dans le trigramme tia, dans le corps ou à -ia fin des mots : abbatiai, gentiane, tertiaire ;

Dans un certain nombre de mots en tie : argutie, prophétie, épizooiie, théocratie, etc. ;

Dans les finales tiel, tieux, et tien : confidentiei, captieux:, vénitien, etc. ;

Dans les finales tion des substantifs : action, nation^ condition, pétition, etc. ;

Dans les terminaisons latines en tium et tius : Latium,, Helvetius, etc. ;

Dans l'infinitif des trois verbes, balbutier, initier, transsubstantier ;

Dans les mots isolés : patience, pétiole, quotient, satiété..

T précédé d'un X ou d'un S, exprimé ou sous-entendu, se prononce toujours. Ex : vestiaire, gestion, question, mixtion, chrétien pour chrestien, châtier pour chastier, etc.

X égale S, dans six, dix, soixante, Auxerre, Auxonne,. Bruxelles, Beatrix, Cadix, et Coccyx.

Z égale S, dans ga^ et Vera-Gruz.

71 . Les deux sons de l'S, SE et ZE. — Le signe S sert à exprimer tantôt le SE, comme dans : Sa situation sénatoriale sera sous peu sûrement sauvée, tantôt le ZE, comme dans : Isaac, usé, liseur, asine, blésois, frise, [l'usure. C'est ce qui fait dire aux grammairiens que la consonne S prend deux articulations, l'une forte et l'autre douce.

L'S sonne fort :

Quand elle est redoublée : assassin, assez, assigner, etc.

Au commencement et à la fin des mots, quand elle sonne : sang, sérieux, serin, Scandinave, scande, chorus etrelaps.

Exceptez : obus, Alsace, Arsace, balsamine, qui se prononcent : obuz, Alzace, etc.

L'S sonne toutes les fois qu'elle se prononce ZE.

72. Quand et comment le signe S est muet.— Dans un très grand nombre de noms français, l'S est muette soit à la fin ;. soit au milieu, soit au commencement des mots.

A la fin des mots :

Le signe S est nul chaque fois qu'il ne sert qu'à marquer le pluriel : Nous, vous, leurs, ils.

Il est également nul, à peu près toujours à la fin des mots, dans les noms communs d'origine française appartenant au langage populaire : Décès, accès, succès, bas, gris, colis, bras, gras, frais, dans, sans, etc.

Par exception S finale se prononce dans un certain nombre de mots empruntés, pour la plupart, à des langues étrangères, tels que : Albinos, aloès, angélus, anus, atlas, biceps, blocus, fœtus, gibus, iris, jadis, lapis, laps, oasis, obus, omnibus, oremus, mérinos, papyrus, prospectus, rébus, relaps, rhinocéros, sinus, stras, vasistas, vis, etc.

Dans deux mots tout au moins, bis et lis, elle est tantôt sonore et tantôt muette. On donne au pauvre du pain bi, et l'auditoire crie au chanteur qui lui plaît : Jbiss, biss!

On voit des fleurs de H sur les armes du roi de France ; on a dit très longtemps que la France est le royaume des liss ; et beaucoup de Français aiment encore le liss et le cultivent.

Dans le corps du mot :

Deux SS sonnent comme une seule : assez, assis, assurance.

Il n'y a d'exception que pour les mots : assentiment, essence, et leurs dérivés, dissentiment, essentiel, etc., accessible, compressible, essénien, précession, procession, transsuder, et transsubstantiation, Nessus, vicissitude, et dans les terminaisons en issime : rarissime, généralissime, etc.

Une seule S se prononce dans tous les noms communs où elle n'est pas suivie de ce ou de ci : espérance, desquEimation, etc.

Elle s'élide dans la plupart des noms propres français, quand elle est suivie d'une consonne ou d'une h aspirée ; Aisne, Descartes, Deshaies ; et dans une soixantaine de noms

CH. Iir. — ARTICULATION DES CONSONXES 87

■communs où elle est suivie de ce ou de ci : ascension, as- •cète, fascicule, etc.

Au commencement des mots :

S s'élide quand elle est suivie d'un c doux ou de ch : scène, scié, sceptique, schiste, etc.

Elle se prononce dans tous les autres cas : sabbat, sottise, sûreté, sirop, etc.

73. Où l'unanimité n'existe plus chez les grammairiens. — L'unanimité n'existe pas, parmi les grammairiens, sur le sort à faire à l'S dans les mots suivants :

Fils. Quoi qu'en pensent les grammairiens, la mère fera bien de continuer à dire : mon fiss, et le prédicateur fera mieux de dire : Fi de Dieu.

Gens. Quelques-uns sont tentés de dire : ces janss-là. Continuons à dire ces;a22-là, les ;ai2-de-lettres seront contents ■et les bonnes jan ne se plaindront pas.

Hélas ! Employé seul se prononce hélass. Héla, mon Dieu! serait peut-être plus doux. Hélass, mon Dieu, n'est pourtant pas blâmable, puisque héla a vieilli.

Mœurs. Les anciens, invariablement disaient mœur ; on dit souvent de nos jours que les mœurss s'altèrent.

Ours. Au temps de Boileau, ours rimait avec sourds: mais qui oserait dire aujourd'hui : « Quel our que cet homme-là ! » et qui croirait avoir péché contre la grammaire en disant : ce Prenez mon ourss ! »

Os. D'aucuns préfèrent ne jamais faire entendre l'S. Ils disent : briser les o à un criminel, et jeter un o à un chien ; mais la plupart disent sans scrupule : un oss et des o.

Plus se prononce pluss dans plus-que-parfait, et plu ■quand il exprime un comparatif, plu grand, ou un superlatif, le plu grand. Dans les autres cas, est-ce piiz ou pluss qu'il faut dire? a plu b est un peu mou ; je dis pluss est un peu prétentieux.

. Sens. N'en déplaise à l'Académie, qui préfère sai2, tout le monde dit senss quand le mot est employé isolément. On dit cependant en composition : san commun, san dessus dessous, hon'^san, contre-sa22 et san rassis.

Tous, quoi qu'en pense Littré, se prononce — touss, toutes les fois qu'après ce mot, une pause est nécessaire ou possible : ils viendront touss, et touss viendront, — et toû quand il est impossible de le séparer du mot qui suit: toû les hommes.

74. Le souffle et les signes de la linguale douce ZE. — Le mécanisme qui donne le ZE ressemble beaucoup à celui qui produit le SE. Il faut seulement donner plus de fermeté à la pointe de la langue et l'approcher davantage de la partie antérieure du palais. Cela fait, les dents s'entrouvrent un peu, les lèvres s'écartent, et la consonne sort faisant entendre un léger sifflement avant l'émission de la voyelle.

Za, zà, zâ, zé, zè, zê, zi, zî, ze, zeu, zo, zô, zou, zoû, zu, zû ; Zan, zin, zon, zun. — Zacharie, zélé zoologiste zurichois, a visité Zara, Zante, la Zélande et le Zuiderzée. — Plus légère que le zéphir, Zénobie chasse la gazelle dans les déserts de la Syrie. — Lazare et Zozime de Zamora, disciples de Zurbaran, peignirent ce zodiaque avec du zinzolin. — Le zouave Zéphyrin, ancien zingueur, entre le zist et le zest, toujours zézayant, vrai zoïle, semait la zizanie dans la milice du Zanguebar. — Armés de leurs zagaies, les Zoulous agiles chassent les zèbres et les zébus dans les plaines herbeuses de la zone torride du Zambèze à Zanzibar. —Et le z bizarre au corps ratatiné, deux fois dans un zigzag se montre dessiné.

Ze s'écrit S dans base, et X dans deujfième.

S égale Z toutes les fois qu'elle se trouve placée entre deux voyelles : base, vase, rose, visite, usage. — Exceptez les nnots composés dans lesquels le second élénaent commence par S : antisocial, monosyllable, parasol, vraisemblable, etc.

Dans les mots assez nombreux commençant par trans ou intranSy toutes les fois qu'elle est suivie d'une voyelle : transaction, transition, intransigeant, transatlantique. — Exceptez : Transylvanie et transept.

Dans les mots : Alsace, Arsace, balsamine et balsamique.

X se prononce Z dans les composés des noms de nombre deujc, sijr et dijï" : deuxième, sijrième, dixième, dixhuit.

Z entre comme élément constitutif du son double de X dans examen, exemple, qu'il faut prononcer egzamen, egzemple, etc.

Z final est muet dans les noms communs : nez, riz, frappez, chez, etc.

Mais à la fm des noms propres, il s'articule ordinairement en prenant le son de l'S sifflante : Fez, Rodez, Suarez, Coblentz, Seltz, etc.

Par exception, Forez se prononce Foré, Séez, Se et Retz, Ré.

ZZ sonne comme DZ, dans les mots de provenance italienne: durazzo, pouzzolane, mezzo-termine, Pozzo di Borgo, etc.

Toutefois le mot lazzi sonne avec l'articulation simple et se prononce lazi,

75. Le souffle, le signe et l'articulation de la labiale forte FE. — Les mouvements que nécessite l'articulation de la consonne FE consistent à retirer un peu en arrière la ma-

90 LA SCIENCE DE l'ARTICULATIÛN

choire inférieure de manière à toucher légèrement la lèvre de cette mâchoire avec l'arcade dentaire supérieure. La lèvre supérieure s'applique sur l'arcade dentaire correspondante ; le larynx reste muet ; le voile du palais est relevé contre la paroi pharyngienne ; la langue se relève vers le palais jusqu'à entrer légèrement en contact avec lui ; la cavité buccale dans son ensemble a la position de l'expiration vocale oudeTEmuet, les lèvres doivent s'ouvrir avec vivacité, et l'air, qui s'est d'abord échappé des commissures, doit sortir de la bouche avec impétuosité i.

Fa, fà, fâ, fé, fè, fê, fe, feu, fi, fî, fo, fô, fou, foû, fu, fû ; Fan, fin, fon, fun. — Fleurs, forêts, flots, faces, profils, tout est flou dans le faire de feu Florentin Fragonard. — Défilez en foule, fils de la nuit, feuxfollets falots, farfadets fantasques et fantômes fous ; les enfants frissonnent, les femmes frémissent, les fanfarons fuient. -- Voix f Citée, face fouine, front fuyant, méphistophélès fait homme, Félix Florimond, Ferdinand Fabien Friponneau, furetant, fouaillant, fustigeant, mit en fuite filous, fourbes, farceurs, fainéants, financiers et forbans. — Méfiez-vous des finauds et fiez-vous aux faibles d'esprit; les flatteurs sont faux et les fous sont francs.

F a pour équivalent PH dans certains mots tirés du grec: phare, phrase, Théophile, etc.

F s'articule avec le son propre, ou avec le son du V, ou pas du tout ;

Avec le son propre, presque toujours, comme dans faire, pif, paf, bref, tuf, etc.

1. « Le souftle n'est, à aucun moment de sa sortie, arrêté ; mais il s'écoule en une nappe serrée, bruissante, pliénomène qui a fait donner le nom de sifflante à la consonne /'. » Goguillot.

Avec le son V, par exception, dans le mot neuf, adjectif numéral suivi d'une voyelle ou d'une H muette, neuv-ans, neuv-hommes ;

Pas du tout, à la fin de certains mots au singulier, comme cerf, nerf 2, clef, et de quelques autres au pluriel: cerfs, nerfs, clefs, bœufs, œufs ; ainsi que dans l'intérieur des mots composés: chef-d'œuvre, nerf de bœuf, etc.

F se change en V lorsqu'on y ajoute une voyelle: veuf, veuve, naïf, naïve.

F ne se double que dans un certain nombre de mots de formation récente, tels que affusion, effusion, diffusion, diffamation, diffraction ; — affaire se prononce afaire, et affirmation, afirmation, etc.

76. Le souffle et les signes de la labiale douce VE. — VE se prononce à peu près par le même mécanisme que FE. L'aspect du visage dans les deux consonnes est absolument identique ; même jeu du menton, des lèvres, de la langue, du voile du palais. La seule différence qui distingue, à l'audition, le FE du VE, consiste dans le bruissement qui accompagne ce dernier. VE, au dire de l'abbé Ptousselot, ne diffère physiologiquement du VE que par une fermeture moins complète et une tension moins énergique des muscles. — Sur la lèvre inférieure légèrement en retrait, placez délicatement l'arcade dentaire supérieure de telle sorte que l'air ne puisse s'échapper que par les deux commissures labiales. Il résultera de ce mécanisme d'abord une espèce de sifflement précédé d'un frémissement guttural, puis une sorte d'explosion qui complétera l'articulation, dès que la lèvre inférieure, cessant d'être appliquée contre la face posté-

2. La prononciation cer et ner est donnée comme vieillie par le dictionnaire d'Hatzfeld. On devrait dire cerf et nerf en faisant sonner nettement la consonne finale.

rieure des dents incisives, aura permis à l'air de s'échapper avec violence de la cavité buccale.

Va, va, vé, vè, vê, ve, veu, vi, vî, vo, vô, vou, voû, vu, vu ; Van, vin, von, vun. — Vincent Vialar et Valentin Ver mont, vieux vachers vivarois, venus ven~ dredi vendre des veaux à la Villette, ont voulu visiter, vis à vis la villa Vivienne, les vastes verreries de Messieurs Duvouvray, Vavasseur et Vervins. — Vladimir Vratislav, neveu de Winceslas, vainqueur de Vinitza, seigneur de Wilkomir, Tver, Volsk, Saratov, Novgorod, Tchernigov et Vilno, veuf et vieux, revint volontiers aux vœux de sa jeunesse, et vécut vingt ans vénéré dans le couvent de la Vierge, voisin de Vologda, dans la province de Vladivostok. — Avezvous vu les vagues livides vomies par le Vésuve, sur les vignes et les vergers de la verdoyante villa de Valère? — Souvent Vivien de Vauvineux vantait au vieux Vulpin de Vieville, les vertus vivifiantes de la vivace verveine.

V a pour équivalent le W dans les mots français ou allemands : Weser, Wissembourg, Wurtemberg, Westphalie, Witiking.

V s'articule toujours et ne s'élide jamais.

Page 1