‹ Parlons ainsi de la voix et du gesteChapitre 26 sur 122 · ARTICULATIONS EXPLOSIVES · texte numérisé non relu

ARTICULATIONS EXPLOSIVES

77. Le bruit et les signes de l'explosion gutturale forte QUE. — La consonne QUE se forme en faisant exécuter à la langue et à la mâchoire les mouvements suivants : — Retirez la langue du fond de la bouche, ramenez-en l'extrémité le plus bas possible de façon qu'elle touche à la racine vers le filet, et mettez en même temps sa base en contact avec le palais contre le voile. — Cela fait, abaissez rapidement et énergiquement la mâchoire inférieure ; la voix se produira aussitôt et la consonne fera explosionavecla voyelle.

Ca, cà, câ, que, que, que, que, queu, ki, kî, co, cô, cou, coû, eu, cû ; Kan, kin, kon, kun. — Capitaine, combien comptez-vous de canonniers consignés dans le camp de Keroko ? Quatre coquins convaincus d'avoir caché dans leurs caissons quatorze canards et quinze coqs. — Casimir Katkewski de Cracovie, commandant du corps des cuirassiers, écrasa cosaques et kalmouks dans les combats de Kiev, de Kazan et de Kalouga. — Quarante-quatre Suisses des Quatre-Cantons furent condamnés au carcan pour avoir bu au cabaret quarante-quatre kilolitres de kirsch. — Coqs du Kentucky, coucous du Congo, cacatoès de Caracas et canards du Caire, criant de concert font cacophonie.

; L'explosion QUE est notée par le signe G, devant 1, r, a, o, u : ciair, croire, cap, col, cure; — par le signe K, dansifilo ;

94 LA SCIENCE DE l'ARTICULATION

— par les signes CH, dans loch et dans ciirétien ; — par le signe Q, dans coq ; — par les signes QU, dans guatre, guel, guai ; — par les signes CQU, dans grecgize ; — par le signe G, dans long espoir, qui se prononce lonkespoir

78. Les multiples articulations des divers signes du QUE. • — K rend invariablement l'explosion du QUE et se prononce toujours comme le C de cône et de canard : Kyrie, kilo, kopeck, etc.

CH, qui d'ordinaire rend la soufflante CHE se prononce QUE par exception dans les mots d'origine étrangère indiqués plus haut.

Q n'a qu'une articulation, celle qu'on entend dans guatre. (( Elle se prononce toujours, soit au commencement, soit dans le milieu, soit à la fm des mots. Il n'y a d'exception que pour cing quand il précède le substantif dont il détermine le nombre lorsque ce substantif commence par une consonne : cing soldats : prononcez cin soldats. Il se supprime également dans cog-d'Inde, qui se prononce cô-d'Inde ». Branchereau.

Q, quand il n'est pas à la fin d'un mot, est accompagné d'un U, qui est muet ou diversement sonore.

Muet, devant un E muet qui devient EU, querelle, que, etc. ; et devant un certain nombre de mots, comme quartier, quolibet, quelqu'un, quidam, etc.

Sonore, avec le son U, dans plusieurs mots, comme dans questeur, quia, quiétude, équitation, etc ; ou avec le son OU, comme dans aquatique, quatuor, etc.

C a le son du QUE :

Toutes les fois qu'il est suivi des voyelles a, o, u, sans être marqué de la cédille : capitaine, colonel, curé ;

Devant une consonne, sauf en certains cas, devant Vh : spectacle, activité, hectomètre ;

A la fin des mots, quand il est articulé : bec, choc, truc, pic, etc. ;

C se prononce toujours au commencement des mots : carnaval, carême, etc. ;

Dans le corps des mots, il ne s'élide que lorsqu'il est suivi des articulations q ou k: acquitter, Locke, etc. ;

A la fin des mots, suivi ou non d'une autre consonne non articulée, il est muet : — toutes les fois qu'il suit une voyelle nasale : blanc, franc, tronc, vaincs, etc., qui se prononcent: blan, fran, tron, vain, etc. ; — et dans les mots: accroc, broc, clerc, cric, escroc, estomac, marc, porc, tabac, échecs, lacs, amict, instinct, succinct, qui se prononcent : accro, bro, cler, etc.

Il se prononce au contraire dans : aqueduc, arc, bec, bloc, caduc, choc, cognac, cric-crac, échec, estoc, grec, bouc, lac, Languedoc, Marc, sac, soc, syndic, tillac, trictrac, turc, buse, bric-à-brac, truc, loustic, mic-raac, pic, aspic et musc, qui se prononcent : aqueduque, arque, bèque, etc.

On n'est pas d'accord sur la prononciation du C dans les mots : arsenic, aspect, avec, respect, circonspect, les uns faisant sentir cette consonne, les autres la supprimant. Hatzfeld ne la supprime que pour asjjé.

Le C de donc se fait sentir lorsque cette conjonction commence la phrase : donc, il faut partir; prononcez donk. — il s'élide lorsqu'il est au milieu de la phrase : Nous allons donc partir, prononcez don. — Doit-il s'élider ou s'articuler lorsque donc termine la phrase '? C'est douteux. Plusieurs disent : partez donck ; mais il est mieux de dire: allons don, venez don, etc.

La rencontre d'un double C dans le corps d'un mot présente deux cas :

Suivis des voyelles E ou I, les deux se prononcent, le premier k, le second se. Ex : accessoire et vaccin, qui donnent aksessoire et vaksin.

Devant une autre lettre, on ne fait entendre qu'un K. Exemple : accabler, accuser, accord, qui se prononcent akabler, akuser, akord.

Par exception, on fait sentir deux k, dans : baccalauréat, bacciaante, peccable, saccharine et saccophore.

La combinaison CT, toujours sonore dans l'intérieur: instinctivement, à la fin, est tantôt sonore et tantôt muette.

Muette, généralement après la syllabe pe et la voyelle nasale in; respect, suspect, instinct, succinct;

Sonore, dans les autres cas: correct, strict, exact; prononcez correcte, stricte, exacte, etc.

79. Le bruit et les signes de l'explosive gutturale GUE. — Le mécanisme physiologique du GUE consiste à appuyer légèrement la pointe de la langue contre la face postérieure des dents incisives de la mâchoire inférieure, en même temps que l'on applique la face supérieure ou dorsale de cet organe contre la voûte palatine ; puis, après une contraction de toutes les parties logées dans le pharynx, on doit vivement remettre dans un relâchement complet l'organe phonateur contracté, pour laisser s'échapper l'air par une sorte d'explosion subite, de manière à articuler dans le fond du gosier cette consonne, qui ne diffère du QUE, que parce qu'elle est précédée d'un frémissement ayant à peu près le son faible de l'E muet.

Ga, gà, gâ, gué, guè, guê, gue, gueu, go, gô, gui, guî, gou, goû, gu, gû ; Gan, guin, gon, gun. — Grognards grenadiers de la garde, grands gaillards, gardez-vous de vous griser grossièrement dans les guinguettes. — Grégoire, gai garçon de Guingamp, gourmanda les gras propos de Guillaume, gringalet grenoblois, grivois et grondeur. — Gardes-champêtres, gardes-côtes, gardes-péches et gardes du corps

guettent grotesquement les grenouilles du gouverneur gourmé, gourmet et goguenard.

Le GUE s'écrit par exception C dans second et seconder, qu'on prononce segond et segonder. Il n'est plus d'usage aujourd'hui de dire segret pour secret et Glaude pour Claude, mais on dit encore reine-glaude pour reine-claude, et zing pour zinc.

Généralement GUE s'écrit G suivi régulièrement d'un U devant E et I :gruérir et guitare ; prononcez ghérir et ghitare.

80. Les multiples sonorités du signe consonne G. — Le signe consonne G présente jusqu'à quatre sons différents. Il se prononce :

GUE, devant les voyelles A, 0, U et devant toute consonne autre que N. Ex : glace, galon, aigre, aigu, etc.

GNE, assez souvent devant la consonne N : cognée, compagnon, oignon.

JE, devant les voyelles E, I et Y : Genièvre, élégie, ombrage, nageons.

K, toutes les fois que le G se fait entendre en liaison : sankinnocent, pour sang innocent, etc. Par exception, Bourg se prononce Bourk.

Dans les mots où le signe X est rendu par deux articulations,quand la seconde se rend par ZE, la première est un GUE doux : exemple, exorde, exil ; prononcez egzemple, egzorde, egzil.

G se fait toujours entendre au commencement des mots. Au milieu, il s'élide dans sangsue, longtemps, signet, doigt, amygdale, vingt, Magdeleine, et dans les mots italiens comme imbroglio, Gagliari ; prononcez imbrolio et Galiari.

A la fin, le plus souvent, il est muet. On l'articule cependant dans joug, zig-zag, Gog, Magog, Alzog, Astorget grog.

G ne se doutjle dans l'articulation que lorsque le second G doit se prononcer JE. Ainsi aggraver se prononce agraver, tandis que suggérer se prononce sugjérer.

Le G muet terminal des mots seing, poing, coing, étang, ne se lie pas à la voyelle qui suit.

81. L'explosion et les signes de la linguale forte TE. — Le TE a un mécanisme' assez simple. Appliquez le bout de la langue contre la face postérieure des dents incisives supérieures, c'est l'occlusion ; abaissez vivement la mâchoire inférieure tandis que la langue frappe les dents, que jusqu'alors elle touchait simplement, c'est l'explosion. Pendant la production du TE le voile du palais reste relevé. A la suite de l'explosion, la langue se retire plus ou moins en arrière des dents inférieures, suivant la voyelle qui suit: presque pas si c'est l'une des cinq voyelles, a, é, i, eu, u ; un peu plus si c'est un o ; davantage si c'est un ou.

Ta, ta, ta, té, tè, te, te, teu, to, tô, ti, tî, tu, tû, tou, toû; Tan, tin, ton, tun. — Ton thé t'a-t-il tari ta toux? — Tes trésors tôt ou tard tenteront tes Tartares ; pour eux, les découvrir et te tuer, c'est tout un. — Ta tante et ton tuteur, qui tantôt te tutoient et tantôt te taquinent, trament de t'envoyer trimer à Tombouctou.

Le son TE est noté ordinairement par la lettre T, comme dans ferre, et quelquefois par la lettre D, comme dans grand-homme, prononcez gran-£-homme, ou par le groupe TH, comme dans tiîéàtre, prononcez téâtre.

82. Les deux prononciations TE et SE du signe T. — Le signe T, quand il n'est pas muet, tantôt sonne TE comme dans tiare, et tantôt SE comme dans inertie. Deux

prononciations, l'une forte, l'autre douce, la première naturelle et normale, la seconde accidentelle bien que fréquente.

T se prononce TE

Au commencement des mots : iare, ferre, type, tôt, tue, tout, te.

Toutes les fois qu'il est suivi d'une consonne, ou d'une voyelle autre que l'I : téirarque, tàter, tatouer, tutoyer, etc.

Lorsque l'I est lui-même suivi d'une autre consonne : satire, sentine, mutine, etc.

Lorsque ti suivi d'une voyelle est précédé de S ou de X : bastion, combustion, dynastique, immixtion.

Dans toutes les formes en tions des verbes qui ne terminent pas leur infinitif en tier : nous, atïections, éditions, contractions, exceptions, etc.

Une exception est faite pour le verbe châtier, qui, bien que terminant son infinitif en tier, conserve dans tous les cas au T le son TE; .le châtie, nous châtions, il châtiera, ils châtièrent, etc.

Dans la terminaison tier appartenant à un substantif ou à un adjectif, comme aussi dans les terminaisons tiéet tiers des substantifs : abricotier, altier, moitié, pitié, Poitiers.

T se prononce SE

Dans le trigramme tia dans le corps ou à la fin des mots : abbatiale, impartialité, initiative, martiale, insatiable, propitiation, etc.

Exceptez : tiare, oi^i t est initial, centiare où l'i appartient au premier mot composant centi, et les trois mots éléphantiasis, galimatias et Clitias.

Dans les finales tîe précédées d'une voyelle : autocratie, facétie, argutie, calvitie, épizotie.

Exceptez sotie et le féminin des mots en ti^ rôti, rôtie ; cati, cafie.

Dans les mêmes finales tie des dérivés d'un mot latin en tia non précédé du son S : Galatie, facétie, argutie, impérifie, etc.

Dans les finales tiel et tieux, et dans les dérivés où ces deux syllabes se rencontrent : essentieilement, captieujr, ambitieux:, pestilentiei.

Dans les finales tien des noms propres, dynastiques ou géographiques, non précédés du sons : Dioclétien, capéfieii, béotien.

Chrétien fait exception avec ses dérivés parce qu'il vient de chrestien.

Dans les finales tion non précédées de s, tous les substantifs et de leurs dérivés : action, Sictionnaire, condition, conditionnel, etc.

Dans les terminaisons latines tium et tius: Latium, Titiizs, Helvetius.

Dans les terminaisons en tient, comme patient, quotient, etc.

Et dans les mots : pétiole et satiété.

83. Des diverses articulations du TE. — Le signe T s'articule toujours au commencement des mots.

Au milieu il s'élide dans : ast/îme et isthme et généralement dans les noms propres composés de Mont et de Pont : Montpellier, Pontchâteau. Prononcez Monpellier et Ponchâteau. Exceptez Montreuil et Montretout.

A la fin, il est nul dans une multitude de cas : bât, rat, plat, savant, respect, voit, etc.

Il sonne par exception à la fin des mots suivants : abject, abrupt, accessit, aconit, azimut, Brest, brut, chut, Christ, ci-git, cobalt, compact, comput, concept, contact, correct, déficit, direct, dot, Elisabeth, est, exéat, fat, Goliath, granit, gratuit, huit, indirect, induit, infect, intact, intellect, introït, knout, lest, licet, Lot,

luth, Magnificat, mat, net, obit, occiput, ouest, pat, prétérit, prurit, rapt, raout, rit, rut, sept, satisfecit, sinciput, soit, strict, subit, tacet, tact, toast, transeat, transept, transit, ut, veniat, vivat, whist, zénit, zist, et zest.

TH est muet dans (\c,th, prononcé go, et dans les dérivés : Ostro^of72 et Wisigotiî.

Le T de guet sonne dans guei-apens.

Celui de sept et de huit sonne toutes les fois que le mot qu'ils déterminent est passé sous silence : nous étions sett, le huitt mai ; ou que le mot exprimé appelle la liaison : sett enfants et huitt hommes. Hors ces cas, il est muet: se cents, hui mille.

Le signe TT, sauf un très petit nombre de cas, s'articule T : Attitude, attention, attrait se prononcent latitude, atention, atrait, etc.

Le T ne se double que dans quelques mots empruntés à l'italien : allegretto, in petto, etc., et dans pittoresque, guttural, intermittent, littéraire, aftique, sagittaire et leurs dérivés.

84. L'articulation de l'explosive linguale douce DE. — L'articulation du DE ne diffère de celle du TE que parce qu'elle est plus explosive et précédée d'un frémissement guttural ayant, à peu de chose près, le son faibie de l'E muet. L'occlusion est plus complète : les côtés de la langue se joignent par son circuit à toutes les dents de la mâchoire supérieure. L'ouverture est plus rapide : la langue frappe plus fort et la mâchoire descend plus vite.

Da, dà, dâ, dé, de, dé, de, deu, di, dî, do, dô. dou, doû, du, dû ; Dan, din, don. dun. — Didon dîna, dit-on, du dos dodu d'un dindon. — Dieu ! dit soudain le docteur

102 LA SCIENCE DE L'aRTICULATION

Didier, donnez donc des dattes à Denys Dandolo, duc des Dardanelles.

La consonne D, qui n'a pas d'équivalent, se prononce toujours, au commencement et au milieu des mots.

A la fm des mots, règle générale, elle s'élide, aussi bien dans les noms propres : Arnaud, Richard, Périgord, que dans les noms communs : Grand, nid, gland, sourd, etc.

Il n'y a d'exception que pour les mots : Bagdad, Conrad, David, Alfred, Ephod, Léopold, Sonderbund, Sund, Sud, et talmud.

Le D redoublé se fait généralement sentir : ad-dition, quid-dité, Ad-da, etc.

D, à la fin d'un mot, quand il doit se lier au mot suivant sonne T : quand on est grand homme, de pied en cap.

11 faut excepter nord-est et nord-ouest qu'il est mieux de prononcer norest et norouest,

85. Le bruit et le signe de l'explosive labiale douce BE. — Pour articuler correctement le BE, laissez la langue immobile, rapprochez légèrement les lèvres et ouvrez brusquement la bouche. La consonne éclate précédée d'un frémissement sonore qui part du fond de la cavité buccale, suit le palais et sort vivement, après avoir été modifiée par les lèvres,

Ba, M, bâ bé, bè, bê, be, beu, bi, bî, bo, bô, bou, boû.bu, bû ; Ban, bin, bon, bun. — Bébé, beau bambin blond babillard, balbutie beaucoup. — Barbe-bleue, barbare bandit, brandissant son sabre brisait dans les bois broutilles et branches ; bouillant de colère brisait sous ses pieds bracelets et broches, et bravant la braise brûlait ses brebis.

Comme le D, le B n'a pas d'équivalent graphique.

Il se prononce toujours, — soit au commencement des mots : Jbrigand, Jbureau ;— soit au milieu : aJbattre, iJbis — soit à la fin : cluJb, radouJb. — Il n'y a d'exception que pour plomZ), ColomJb, DouJbsetLefeJbvre, qui se prononcent pion, Colon, Dou et Lefèvre.

Deux B se prononcent comme un seul : aJbJbé, raJbJbin; prononcez abé, rabin ; excepté dans raJbJbi,giJbJbosité,EJbJbon, AJbJbon et GiJbJbon. Dites rab-bi, etc.

Le signe B sonne PE quand il est suivi d'une des consonnes C, S, T : aJbsolu, aJbsence, abstraction, aJbcès, oJbtenir; prononcez apsolu, apsence, etc.

86. L'explosion et les signes de la labiale forte PE. — Le mécanisme du PE ne diffère de celui du BE qu'en ce qu'il exige plus d'énergie dans l'occlusion et plus de violence dans l'explosion. Le voile du palais se relève contre le pbarynx de manière à empêcher la sortie de l'air par les fosses nasales, la langue ne fait aucun mouvement et n'a aucun point de contact avec la partie supérieure de la bouche. Les lèvres, après s'être pressées fortement l'une contre l'autre, se séparent par un mouvement sec et rapide, ce qui permet à l'air retenu dans la bouche de sortir avec impétuosité, mais sans trace du frémissement caractéristique du BE.

Pa, pà, pâ, pé, pè, pê, pe, peu, pi. pî, po, pô, pou, poû, pu, pu ; Pan, pin, pon, pun. — Prends ton plan de Paris, père, pour parcourir en paix, places, palais et ponts. Passons et repassons par les points les plus populaires, par à peu près : Papillon, Parmentier, Petits-Pères, Picpus ; Pierre Picard, Plumet, Poissonnière, Pomart, La Pompe, Popincourt, Le Poussin, Les Prêcheurs, Les Princes, le Progrès, de Provence, Puébla, Puteaux, les Pyramides, Place

des Pyrénées, passage du Pressoir, impasse Panoyaux, puits de Pantin, poterne de la Plaine, pont de Passy, porte du Point-du-Jour.

Noté ordinairement P, le son PE s'écrit quelquefois B. Ainsi aJbsurde, oJbtus, se lisent apsurde et optus.

Le P se prononce toujours au commencement des mots : peu, prière, patience, etc.

Dans le corps des mots, — il se prononce lorsqu'il se trouve entre deux voyelles : pape, apôtre, etc. — Suivi d'une consonne, tantôt il s'élide et tantôt il s'articule, sans qu'il soit possible d'établir à cet égard d'autres régies que l'usage : on dit batème et sculteur, captieux et sceptique ; pourquoi ? On prononce sett, setlième, exenter, et on dit septante, septuagénaire, et exemption. Pourquoi ?

A la fm des mots, règle générale, le P est muet : loup se prononce lou, trop se prononce tro. Par exception le P sonne dans croup, cap, Gap, julep, Alep, etc.

Deux P d'ordinaire sonnent comme un seul : apparaître, et frapper se prononcent régulièrement, aparaitre et fraper. Font exception, les deux P des mots techniques et scientiques, tels que ; appendice, appétibilité, et ceux des syllabes hipp et ipp suivies d'une voyelle sonore : hippique et philippique, etc.

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