‹ Parlons ainsi de la voix et du gesteChapitre 57 sur 122 · LES INTONATIONS · texte numérisé non relu

LES INTONATIONS

492. Attaquer avec franchise la note vraie. — Quelques orateurs semblent ne pouvoir s'élever que lentement et par degrés jusqu'à la dominante; les premiers mots sortent^ ou plus exactement tombent, inertes et indistincts, de leurs lèvres à peine entr'ouvertes : vagues soupirs d'un dormeur qui s'éveille ; pénibles gémissements d'un lourdaud qui s'ébranle; ruses naïves d'un malin qui vise à l'effet.

Même au théâtre, même à la tribune, même au club, ce procédé paraîtra souvent ce qu'il est, une infirmité ou un ridicule. En chaire, il rend grotesque qui le subit et odieux qui le recherche.

Sans doute il peut être habile dans une réunion dissipée ou tumultueuse de commencer sur un ton plus bas, car de lui-même le ton bas commande le silence, et on se tait pour pouvoir entendre ; mais nos assemblées d'Église n'ont que bien rarement besoin d'être ramenées au silence, et à user visiblement d'artifice l'orateur sacré s'amoindrit.

Le plus sage est de commencer simplement et loyalement par la note vraie, donnée dès le premier mot sans hésitation, sonore et pure. Une attaque parfaite dans la parole comme dans le chant suppose une oreille juste et un larynx docile. La justesse de l'oreille étant avant tout un don naturel, l'art peut tout au plus en perfectionner l'usage; mais le jeu du

cil. Vni. — LE TON ET LES INFLEXIONS 267

larynx étant essentiellement une œuvre de volonté, celle-ci ])eut y exercer une influence profonde. Si on ne peut qu'utiliser son oreille on peut exercer son larynx, c'est-à-dire, lui donner par un acte isolé, ou lui imprimer par l'habitude, une attitude, une direction, une manière d'être ou d'agir.

L'ne précaution indiquée par la nature et recommandée par l'art au parleur comme au chanteur, au moment d'émettre le premier son, est de fermer hermétiquement le larynx de façon à arrêter net tout écoulement de l'air inspilé et à le maintenir à l'état de tension dans le soufflet pulmonaire.

Le souffle retenu, l'instinct et la liberté, combinant leurs efTorts réglés et harmonisés par l'exercice créant l'habitude, font prendre au larynx la forme et la position exigée par la note à émettre. Puis, sur l'ordre de la volonté, le larynx entr'ouvert livre passage à l'air qui résonne, portante l'auditeur sur le ton choisi d'avance, le son ou le mot attendu.

L'ouverture du larynx doit se faire subitement, d'un seul coup, sans hésitation ni incertitude. Un double écueil ici se présente, difficile à éviter et dangereux surtout pour le chanteur. Si l'occlusion du larynx est trop dure, l'ouverture pourra en être violente, et le contact entre le courant d'air expulsé et les cordes vocales tendues, impétueux et trop brusque, produit une explosion qui blesse l'oreille et altère la voix. a. Il ne faut pas que le coup de glotte, comme on dit, soit trop brusque, car il produit alors chez les auditeurs une impression très désagréable, il communique à la voix un caractère martelé, et si l'on prend l'habitude de donner aux organes de la vibration et de la résonance cet excès de contraction ou de tension, on peut arriver à leur faire perdre la faculté de se contracter régulièrement et avec précision. La contraction des muscles vocaux ainsi surmenés devient irrégulière, tremblottante, comme cela arrive pour les autres muscles du corps, à la suite d'un

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travail excessif; et la voix est cassée pour un temps plus ou moins long, parfois pour toujours i.»

Si au contraire l'occlusion du larynx est trop lâche, l'ouverture s'en faisant, comme d'elle-même, sans effort, le son sera presque fatalement précédé d'un écoulement d'air, accompagné d'un sifflement très désagréable à entendre, d'un glissement bruyant de l'air à travers les lèvres de la glotte dont le moindre inconvénient pour le parleur est de lu faire dépenser sans fruit la meilleure partie de son souffle

194. Un bon coup de glotte. — Un bon coup de glotte, n trop flasque, ni trop violent, sans explosion et sans sifflement est chose très difficile à acquérir. Il faut, à qui veut l'atteindre, d'heureuses dispositions et beaucoup d'exercice. Les docteurs Brown, - et Garnault '^ se portent garants de l'efficacité de la gymnastique suivante :

Sur le ton de la voix parlée, qui d'ordinaire est le fa, chanter, successivement sur chaque voyelle, l'exercice ci-joint :

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ou

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eu

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Attaquer le son avec fermeté et netteté en évitant également la rudesse et le glissement.

Si le résultat désiré se fait attendre, patienter, reprendre

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