‹ Parlons ainsi de la voix et du gesteChapitre 7 sur 122 · L'art de la lecture, p · texte numérisé non relu

L'art de la lecture, p

CH, I. — APPAREIL ARTICULATEUR 29

et étranglée. — Pendant le temps de l'inspiration, l'abdomen doit se développer proportionnellement à l'énergie du mouvement inspirateur ; pendant l'expiration, l'abdomen doit se rétracter dans la même proportion d'énergie ; la partie supérieure de la poitrine doit, sinon rester dans une complète immobilité, du moins garder un aplomb qui facilite l'affaissement du diaphragme en neutralisant la respiration claviculaire (celle-ci s'opère en soulevant les épaules). « Après avoir perfectionné l'exercice de l'U grave inspiré, on passe à l'exercice de U 0 graves, en suivant les mêmes règles. — Inspirez du même jet d'air U-0 toujours en observant strictement l'inspiration sur le grave du souffle inspiré. — Le grave de l'inspiration signifie que l'air inspiré doit produire un son ample et non serré comme un I inspiré, par exemple ; en contractant l'habitude d'inspirer sur un son aigu, on produirait un effet contraire à celui que l'on désire obtenir, car l'exercice, au lieu d'être calme, aboutirait à l'excitation des nerfs et à la respiration claviculaire.

— Dans l'exercice du TJ 0, on inspire l'U grave comme il est dit plus haut, en amenant peu à peu la lèvre supérieure sur une ligne verticale ; on détachera les lèvres graduellement pour arriver à l'articulation de l'O grave, la lèvre supérieure venant se coller avec énergie sur les dents : le courant d'air qui s'appuie sur la lèvre supérieure doit être faible au début puis s'augmenter par la force de l'inspiration.

— Après l'inspiration de 0 grave ou long, les lèvres se referment et reprennent leur position en avant, sous le nez, après un temps d'arrêt suivant le mouvement de l'exercice vous expirez par le nez comme nous avons dit précédemment.

a Pour compléter l'exercice de la respiration buccalenasale-abdominale on terminera par l'inspiration sous la forme de U 0 A prononcés du même jet d'air ; en abaissant la mâchoire proressigvement et inspirant abdominalement ; il

faut, au fur et à mesure que la mâchoire s'abaisse, redoubler d'énergie la dilatation de l'abdomen, afin d'obtenir une inspiration plus profonde. Exemple : U 0 A, bien atteindre la pure articulation de l'A primitif, — Cet A doit avoir la même prononciation que dans le mot appeler; il ne sera point serré dans la gorge ni dans le nez, ce qui s'obtiendra par un moelleux mouvement abdominal et par un abaissement complet de la mâchoire, donnant à la bouche une ouverture transversale ; l'enfant nouveau-né criant de toutes ses forces, doit être pris pour modèle et ne saurait être trop bien imité 1 )).

17, En moins de mots. — Ainsi parle l'auteur. Charitablement il nous prévient qu'il est « urgent et de toute nécessité, avant de pratiquer ces exercices, de le lire plusieurs fois avec une attention soutenue, afin de bien se pénétrer de leur importance dans notre solidité vitale. »

S'il avait visé à la concision n'est-ce pas à peu près ainsi qu'il eût pu s'exprimer?

1" Les lèvres avancées et tendues sur la voyelle U, — aspirer sur cette voyelle, sans secousse, sans raideur, profondément;— ■ un temps d'arrêt, pendant lequel les lèvres sans changer de position se referment ; — expirer par le nez sans secousse, sans violence, graduellement.

2" Les lèvres avancées et tendues sur la voyelle U, — achever sur la syllabe 0 l'aspiration commencée en U ; — un temps d'arrêt pendant lequel les lèvres se referment et reviennent en U ; — expirer comme ci-dessus.

3" Les lèvres toujours avancées et tendues sur la voyelle U, — aspirer en ouvrant graduellement la bouche de façon à faire entendre successivement toutes les nuances de l'U, de rO et de l'A, jusqu'à celle qui marque le maximum d'ouver-

(1) Joseph-Ferdinand Bernard, La gymnastique pulmonaire, p. 49, 50.

cil. I. — APPAREIL ARTICULATEUR 31

ture et qui est un A très clair ; — un temps d'arrêt pendant lequel la bouche se referme lentement et les lèvres reprennent leur position primitive ; — expirer comme ci-dessus. Exécutés avec modération, conduits avec méthode et continués avec persévérance, ces exercices donneraient, au dire de leur inventeur, des résultats surprenants. Quelquesuns de ces résultats ne sont pas douteux. « Les aspirations profondes exigées par cet exercice donnent aux muqueuses une grande tonicité et accoutument l'épiglotte à se redresser complètement. Par le volume d'air qu'elles introduisent dans les poumons, ces aspirations préviennent tout risque d'essoufflement. La bouche acquiert ainsi l'adresse de respirer promptement sans éprouver de picotements à la gorge. L'immobilisation de la poitrine, la souplesse des muscles maxillaires, tels sont les résultats de la respiration buccale- nasale qui facilite l'expectoration et préserve des sutïocations » i.

"1. Louis Montchal, Éducation de la parole, clans la Voix, 1890, p. 364.

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