‹ Parlons ainsi de la voix et du gesteChapitre 78 sur 122 · Horace, Acte IV, scène I · texte numérisé non relu

Horace, Acte IV, scène I

CH. X. — l'intensité et le mouvement 355

Une fois envers toi manquer d'obéissance. Ce n'est point ma douleur que par là je fais voir ; C'est la grâce qui parle, et non le désespoir. Le faut-il dire encor, Félix ? je suis chrétienne ; Affermis par ma mort ta fortune et la mienne : Le coup à l'un et l'autre en sera précieux, Puisqu'il t'assure en terre en m'élevant aux cieux.

P. Corneille i.

Combat du Cid contre les Maures.

Nous partîmes cinq cents ; mais, par un prompt renfort

Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port,

Tant, à nous voir marcher avec un tel visage.

Les plus épouvantés reprenaient de courage !

J'en cache les deux tiers, aussitôt qu'arrivés,

Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvés :

Le reste, dont le nombre augmentait à toute heure.

Brûlant d'impatience, autour de moi demeure.

Se couche contre terre, et, sans faire aucun bruit,

Passe une bonne part d'une si belle nuit.

Par mon commandement la garde en fait de même,

Et, se tenant cachée, aide à mon stratagème ;

Et je feins hardiment d'avoir reçu de vous

L'ordre qu'on me voit suivre et que je donne à tous.

Cette obscure clarté qui tombe des étoiles

Enfin avec le flux nous fit voir trente voiles ;

L'onde s'enfle dessous, et d'un commun effort

Les Mores et la mer montent jusques au port.

On les laisse passer ; tout leur paraît tranquille ;

Point de soldats au port, point aux murs de la ville.

Notre profond silence abusant leurs esprits,

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