‹ Parlons ainsi de la voix et du gesteChapitre 86 sur 122 · L'ART DE RESPIRER · texte numérisé non relu

L'ART DE RESPIRER

340. Débarrassons-nous de ce qui gêne. — Le premier devoir d'un homme soucieux de bien respirer est de supprimer tout ce qui gêne inutilement les mouvements réguliers de la cage thoracique.

Déchargeons d'abord nos épaules de tout fardeau superflu, pour ne pas ajouter aux embarras déjà si grands de la respiration claviculaire. Déposons par conséquent, avant de prendre la parole, nos pardessus et nos manteaux. Parler en chape, c'est peut-être très beau, mais c'est bien gênant.

Veillons ensuite, précaution essentielle, à laisser libre jeu à tous les muscles de l'abdomen. R.egardons comme irrationnel et antihygiénique au dernier chef toute forme de vêtement qui a pour résultat de comprimer les côtes ou le diaphragme 1 . Méfions-nous des ceintures ; l'usage des bretelles n'est pas sans avantage pour l'orateur. Bien construites, les bretelles ne compriment sérieusement ni les épaules

1. i( Nous nous bornerons, dit le docteur Browne, à rappeler ici aux dames qui s'imaginent qu'elles embellissent leur tournure en s'emprisonnant dans un corset qui les serre, que de telles pratiques exercent sur la respiration une influence néfaste dont l'importance varie avec l'intensité de la constriction et aussi avec le degré de rigidité du corset. Le spiromètre, qui est l'arbitre le plus digne de foi et le plus impartial qu'il soit possible d'imaginer, nous apprend que le corset prive les dames du tiers environ de leur pouvoir respiratoire ; et il ne s'agit pas ici de corsets serrés d'une façon exceptionnelle, mais de ceux que l'on porte dans la plupart des cas. »

ni l'abdomen, tandis qae les ceintures, quelles qu'elles «oient, ne peuvent avoir le degré de tension nécessaire pour soutenir les vêtements, sans presser lourdement sur les parois inférieures de la poitrine.

Gardons-nous aussi, avant de parler ou de chanter, do surcharger notre estomac d'une quantité considérable de nourriture. L'expérience nous a peut-être appris qu'après un bon dîner la respiration est moins libre. Cela n'a rien que de très naturel, toute dilatation de l'estomac ayant pour eiîet nécessaire de rendre plus laborieux l'abaissement du diaphragme. Beaucoup de chanteurs et d'orateurs laissent passer un temps notable entre le moment où ils ont pris de la nourriture et celui où ils font usage de la voix ; d'autres même préfèrent ne prendre leur repas que lorsqu'ils ont fini leur travail. A nous de voir lequel de ces deux régimes s'adapte le mieux aux exigences de notre santé.

« En règle générale, on doit conseiller aux chanteurs de laisser s'écouler un intervalle de quatre heures, et aux orateurs un intervalle de deux heures entre un bon repas et le moment où ils font usage de la voix. C'est une heure après le repas que l'estomac se trouve le plus plein, et que, par conséquent, la capacité pulmonaire est la plus petite ; c'est aussi le moment où les vaisseaux de la circulation sont à la phase la plus active ; c'est donc le moment où tous les organes internes sont le plus congestionnés i. »

341. La meilleure attitude pour bien respirer. — Les précautions que nous venons d'indiquer sont purement négatives ; elles suppriment ce qui nous gêne. Celles qui suivent sont plutôt positives ; elles indiquent ce qui nous aide dans le travail de la respiration. Déterminons d'abord nettement les attitudes favorables ; ce point est de la plus haute importance.

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