‹ Parlons ainsi de la voix et du gesteChapitre 87 sur 122 · Browne, p. 2G · texte numérisé non relu

Browne, p. 2G

CH. xir. — l'art de respirer 397

On ne conçoit guère pour l'homme que trois attitudes typiques. Nous sommes ou couchés, ou assis, ou debout.

Or pour bien respirer rien ne vaut d'être étendu sur le dos dans son lit. Plus de gène; ni ceinture ni vêtement ; les côtes sont libres ; le diaphragme monte et descend sans contrainte; les clavicules et la partie supérieure s'élèvent difficilement. C'est la respiration par excellence. Surveillez-vous en cet état. La main posée doucement sur l'abdomen vous dira que celui-ci s'élève sensiblement au moment oij commence l'inspiration ; promenée ensuite rapidement sur la poitrine tandis que l'inspiration continue, elle vous fera constater que l'élargissement va diminuant de bas en haut, du niveau des dernières côtes oii il est considérable, à celui des premières où il est presque nul. Dans l'expiration vous sentirez les côtes se retirer et l'abdomen se déprimer. Quant aux clavicules c'est l'immobilité même. Ainsi respire la nature. Imitons-la.

Assis, on respire bien, quand on suit les règles suivantes.

Éviter les sièges trop bas : enfoncé dans un fauteuil, vous n'aspirez que du sommet du poumon, tandis qu'un siège assez haut rend libre le tube aérien tout entier.

Ne s'incliner ni à droite, ni à gauche, ni en avant : l'inclinaison sur le côté paralyse un des poumons, et l'inclinaison en avant arrête les mouvements du diaphragme, deux inconvénients sérieux.

Rester bien droit, et, autant que possible, avoir le dos appuyé :

({ L'homme courbé aspire mal et respire mal, dit M. Legouvé.... Il m'est arrivé plus d'une fois, quand je lisais en public et que je sentais un commencement de fatigue vocale et cérébrale, de me calmer et de me reposer rien qu'en m'appuyant largement sur le dos de ma chaise. A l'instant l'équilibre se rétablissait, mon aspiration se faisait sans effort et ma tète elle-même se dégageait. »

Quelques mots seulement sur la respiration debout.

Ne pas se cambrer, c'est-à-dire ne pas s'arquer en arrière, et éviter de se porter fortement sur la jambe droite ou sur la jambe gauche, le front incliné sur le côté opposé. S'arquer en arrière, c'est rendre à peu près impossible le jeu du diaphragme; expérimentez. — S'incliner sur un côté, c'est par la force même des choses, gêner le jeu régulier des poumons ; si l'inclination est très accusée, tout un côté est pour ainsi dire paralysé, tandis que l'autre, chargé d'accomplir seul l'acte respiratoire, présente une mensuration anormale; d'où fatigue pour tous les deux et en pure perte.

Se tenir droit, plutôt avec tendance en avant, les pieds légèrement écartés, le bas du buste un peu en retrait, l'extrémité des épaules tiré en arrière et en bas. « Cette attitude, écrit M. Vigourel, à laquelle il est avantageux de s'habituer en tout temps, est à peu près celle du soldat marchant au pas gymnastique. La poitrine s'élargit; la respiration devient ample et aisée ; les côtes en effet sont ainsi relevées; la résonance des bronches largement ouvertes ajoute à l'intensité des sons ; il devient à peu près impossible de ne pas utiliser la base des poumons dans l'inspiration i. »

342. Par la bouche ou par le nez '? — Reste un dernier point à éclaircir : Faut-il respirer par la bouche ou par les narines? Respirer, on ne l'a pas oublié, comprend deux actes : l'inspiration et l'expiration, et à l'inspiration comme à l'expiration l'air respiré, à la volonté du respirateur, peut passer par la bouche ou par les narines. On peut donc ramener à quatre tous les types de respiration possible.

La respiration purement nasale : à l'aller et au retour, invariablement et exclusivement, l'air passe par les narines.

La respiration purement buccale : à l'inspiration et à l'expiration, invariablement l'air passe par la bouche.

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