Le mécanisme vocal dans le eltant grégorien
CH. XII. — l'art de respirer 399
La respiration nasalo-buccale : l'air inspiré par les narines est expiré par la bouche.
La respiration buccalo-nasale : entré par la bouche, l'air respiré sort par les narines.
Si naturelle est à l'homme la respiration nasale que l'enfant naissant ne sait pas respirer par la bouche ; jusque là, dit le D"" Garnault, que « si on lui ferme les narines, il faut lui déprimer la langue avec une cuiller pour l'exercer à respirer l'air par cette voie i. »
Et ce mode de respiration, précisément parce qu'il est naturel, demeure jusqu'à la mort non seulement le plus commun, mais le plus salutaire. A lui seul il suffit, et largement, à emplir la poitrine comme à la vider, et il a le très grand avantage de pouvoir se continuer indéfiniment sans bruit, sans fatigue et sans danger.
« Les fosses nasales, divisées en deux cavités par une cloison médiane, sont encore rétrécies parla présence de replis intérieurs nommés cornets, dont la charpente est formée par une lame osseuse émanant de la paroi générale des fosses nasales et recouverte, comme tout le reste de ces cavités, par des replis de la muqueuse, toute imprégnée à l'état normal d'humidité. En traversant ce labyrinthe, l'air se réchauffe lorsqu'il est froid, et, qu'il soit chaud ou froid, se charge d'humidité, ce qui est un grand avantage, car l'air sec a sur le larynx et le pharynx une action très irritante. De plus, dans son passage à travers le nez, l'air se dépouille des poussières dont il est chargé, poussières qui, si la respiration avait été buccale, se seraient déposées sur les paroisdu larynx, des bronches, et dans les poumons, produisant sur tout leur passage de Tirritation, parfois même de l'inflammation. Les poussières déposées dans le nez sont mouchées ultérieurement. L'air humide et froid est encore plus
i.Op. cit., p. 168. . -
dangereux pour le larynx, que l'air froid mais sec ; en traversant les fosses nasales il se réchauffe et peut alors entrer impunément en contact avec le larynx i. »
La respiration buccale si disgracieuse à cause de l'air hébété que donne à la physionomie une bouche toujours ouverte, et du bruit inesthétique qu'engendre au fond de la gorge l'inévitable agitation du voile du palais, présente encore le double inconvénient d'imposer aux organes articulateurs une fatigue tout au moins superflue, et de faire courir à la santé, dans certaines circonstances, des dangers sérieux. Impossible en effet d'inspirer et d'expirer par la bouche sans mettre à contribution, et d'une façon très active, les organes de la résonnance et de l'articulation, sans s'imposer aux lèvres, à la langue, aux joues, au voile du palais des mouvements continuels, des secousses souvent violentes, qui ne peuvent aboutir qu'au surmenage et à la fatigue. (( La respiration buccale, dit le D'" Garnault, est une des causes les plus fréquentes d'une maladie très pénible qu'on appelle l'asthme. » Et ce n'est pas tout. (( L'air absorbé, continue le même auteur, peut être très froid et très sec en hiver ; lorsqu'il passe par la bouche, il agit brusquement et directement sur le fond de la gorge, sur le larynx et les poumons, et son action sur ces deux organes peut être très fâcheuse : il détermine l'irritation des muqueuses, l'enrouement, et souvent des inflammations violentes du larynx ou laryngites, et des poumons — bronchites, pneumonies vulgairement appelées fluxions de poitrine, — dont les conséquences, aussi bien pour la voix que pour la santé générale, peuvent être très graves et même fatales 2. »
Il n'est pas naturel d'expirer par la bouche l'air inspiré par les narines, ou vice versa, d'expirer par les narines l'air