ACTE PREMIER
ZARNCKE
Si cet homme se présentait ici — l'iiomme que m'annonce cette lettre — un nommé Biegler... ne l'envoie pas au bureau. Fais-moi plutôt appeler. {0)1 frappe.) Entrez! [Laure paraît sur le seuil.) Écoute, Laure, j'ai quelque chose à te dire. A partir d'aujourd'hui, ton père n'est plus à mon service.
LAURE, vingt-cinq ans environ. Robuste., jolie malgré des traces de souffrances morales sur le visage. Sa parole est tantôt émue, sans motif, tantôt d'une indifférence affectée. Allure lasse et lourde, gestes brusquement passionnés. Petite rohe d'été simple, claire ; mise de fille du peuple, un peu au-dessus.
Je le sais, monsieur Zarncko. Il y avait longtemps que ça n'allait plus.
ZARNCKE
Au moins. Dieu merci, avec toi, je n'ai pas besoin de m'excuser.
LAU RE
Oh ! vous !
Se baissant vivement elle veut lui baiser Ja main.
ZARNCKE
C'est bon, c'est bon. Quant à son entretien...
{Il la tranquillise du geste.) Seulement, ne hii
mets pas la ])outeille d'ean-de-vie à sa portée.
C'est nn eonseil que je te donne, mon enfant.
// lui frappe sur l' épaule et sort.