ACTE PREMIER
MARIE
Oh ! Ils font attention, ils l'aiment bien tous.
LAURE
Los autres, oui... Tous, sauf celui rjui lui touche (le plus ])rès.
C'est parce qu'il ne veut pas le laisser voir.
LAURE
Hier, un des hommes lui a installé une balançoire. Il passe auprès, elle l'appelle et lui crie de la balancer. Alors, il l'a reponssée... comment dire ?... Cojnme on ne renvoie pas un chien.
MARIE
Il doit y avoir autre chose, Laure. Pas un homme ne serait méchant à ce point-là. Et lui, sûrement pas... sûrement pas.
LAURE
Si vous saviez tout, mademoiselle Mariette !
MARIE
Tu poux bien me tutoyer. Personne ne nous entend.
LAURE
Ah! je n'en suis pas digne... Pourquoi t'approches-tu de moi, pourquoi t'occupes-tu de moi ?
Elle se cache la tête contre son enjant.
MARIE, la caressant.
Voyons, Laure, voyons ! Quand tu n'étais pas plus haute que cette petite, je te caressais déjà. Nous n'y changerons plus rien. (.4 Lénette.) Tiens, Lénette, tu vois, c'est un ours blanc. Attache-le avec cette ficelle.
Elle tend à l'enfant un. petit ours en porcelaine et un bout de cordon.
LAURE
Oui, Lénette, c'est ça, attache-le.
Lénette se remet à jouer.