ACTE DEUXIÈME
GŒTTLINGK
Puisqu'ils sont assez bêtes pour m'obéir. (Lohmann^ Sprengel et un troisième se sont avancés.) Regarde-moi comme ils s'amènent. Tâche donc de les tenir en laisse aussi bien que moi. {D'un ton de commandement.) Allons, en avant,
LOHMANN.
Attendez un peu, mon cher monsieur.
Nous avons tous dix doigts à perdre.
Il passe un levier sous le bloc.
GŒTTLINGK
Au diable ton levier ! Vous allez m'esquinter les arêtes,
SPRENGEL
Sans levier, n'y a rien à faire.
GŒTTLINGK
Vraiment ? Ah ! Si vous aviez seulement un peu de nerî, tas de... (// s'y met avec eux.) Uno..
due... tre... [Le bloc se déplace.) Eh bien, ça va-t-il, oui ou non ?
LOHMANN
Parbleu, c'est parce que vous commandez si bien en italien. Quand on dit « couche « à un chien, il va se coucher... tout simplement parce qu'il aime bien le français.
GŒTTLINGK
Allons, encore un peu. Uno... due... ire... {Le bloc se déplace encore.) Oui, oui, mes bonshommes : du plomb dans la tête et de la moelle dans les os, voilà ce qu'il nous faut.
LOHMANN
Et ne pas oublier le couteau dans la poche.
GŒTTLINGK
Ne vous occupez pas de mon couteau, mon vieux. (// tire un poignard d'une gaine de cuir gui est accrochée sous sa çeste, à sa ceinture.) C'est aiguisé à trois pans. Ça glisse (// fait claquer ses lèvres en avançant le poignard.)