‹ Parnasse et Symbolisme (1850-190) 2e EditionChapitre 17 sur 51 · LR EST EE ER · texte numérisé non relu

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ensuite avec Louis Ménard, Fr. Coppée, C. Mendès, L. Dierx, Sully Prudhomme. Après eux, L.-X. de Ri-

card, Verlaine et Mallarmé voisinent... Moins de quarante poètes en tout, dont la plupart ont déjà fait leurs preuves et qui appartiennent à la tradition de l'Art pour l'Art. Le volume se termine par une belle jonchée de sonnets.

Le Parnasse contemporain a du suecès. Son apparition

provoque une polémique assez bruyante. Barbey d’Aurevilly, notamment, que Verlaine avait assez malmené dans Ll’ Art, lui reprochant sa malveillance à l’égard des nouveaux poètes, riposte de vive façon ; il publie, à la fin de l’année, une série de Médaillonets qui sont des caricatures passionnées. Quelques jours après, une plaquette anonyme (composée par un groupe de jeunes écrivains, dont Alphonse Daudet et P. Arène) paraît, qui s'intitule le Parnassieulet contemporain, recueil de vers nouveaux : il rassemble un certain nombre de pastiches de la nouvelle manière. Tout ce bruit est une bonne réclame, et Lemerre en profite pour lancer, à peu d’intervalle, les Épreuves de Sully Prudhomme, le Reliquaire de Fr. Coppée, les Poèmes saturniens de Verlaine. L'époque parnassienne a commencé. |

Le deuxième Parnasse contemporain — un volume de quatre cents pages — porte la date de 1869 ; mais il

n'a paru qu'après la guerre, en 1871. Le succès la

grossi : près de soixante collaborateurs ; aux « aînés » sont venus se joindre V. de Laprade, A. Glatigny, Anatole France, A. Mérat, L. Valade, GC. Lafenestre,

F. Plessis, Ch. Cros, Claudius Popelin, ete... Tous sont : | des Parnassiens convaincus ; mais d’autres sont admis |

dans le recueil, un peu bien par complaisance, car ils

n’ont pas cette religion intransigeante de l'Art qui avait |

permis le concile poétique de 1866. Un dernier recueil

paraît en 1876 : il n’a plus guère de caractère ; le volume: |

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est comme un grand hall où l’on appose aux murs, ainsi que dans un Salon, les productions poétiques de l’année. On n’y voit plus figurer Verlaine, que sa vie malheureuse à jeté loin de Paris, ni Mallarmé, qui a fait peur. La troupe est encore plus mêlée qu’en 1871. Maintenant, le Parnasse contemporain mérite véritablement son titre incolore; il n’est plus qu’une anthologie, et non pas, comme d’abord, un manifeste,

8. Les tendances parnassiennes. — Ce changement de caractère du recueil est significatif. La doctrine parnassienne à été bien vite, en dépit des belles’ déclarations de 1865-1866, très incertaine ; les grosses influences qui dirigèrent le mouvement, à son début, se sont rapidement atténuées. Vingt ans après, pour se défendre

contre les jeunes symbolistes qui les imaginent comme

un bloc étroitement uni et malfaisant, quelques Par-

nassiens diront avec bonne foi que le > Parnasse n’a jamais été une école, qu’il fut simplement une amitié ; et c’est très vrai, puisque les amitiés se relâchent.

Existe-t-il, entre 1870 et 1890, une doctrine parnassienne ? Il vaut mieux parler de « tendances ». Les poètes du Parnasse sont assez unanimes pour affirmer ce que la poésie ne doit pas être ; ils n’aiment point Lamartine et Musset, ou plutôt leur manière, le romantisme sentimental et confidentiel. Ils donnent parfois l’impression, tant leurs critiques sont vives, qu’ils sont les adversaires du romantisme ; et cette impression, hâti- … vement acceptée, a bien souvent créé une fausse vue sur le Parnasse. La mauvaise volonté est très grande surtout à l’égard de Musset, parce qu’il est le poète dont, vers 1870, le succès s’est le plus vulgarisé : lui et

Béranger, ils sont devenus les poètes de la bourgeoisie

impériale. On trouve partout alors, dans les revues de

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