‹ Parnasse et Symbolisme (1850-190) 2e EditionChapitre 18 sur 51 · QE PE PE PE EE SE EN VESTES ON EEE A ED CEE RTE £ " 2 LS · texte numérisé non relu

QE PE PE PE EE SE EN VESTES ON EEE A ED CEE RTE £ " 2 LS

dp-VeGa ni he + à nl

jeunes et dans les recueils de vers des débutants, une philippique contre Musset ; elle est comme une formule première d'initiation à la poésie nouvelle. Inspiration..…., spontanéité.…., facilité.., égoisme.…, pleurs d’amours..., incuriosité d'esprit, mépris des grands espoirs de l'humanité. C’est une laide défroque que l’initié doit laisser à la porte de la chambre baptismale.

… Dans son Rapport sur le mouvement poétique français (1902), qui fut comme un manifeste d’outre-tombe du Parnasse, Catulle Mendès a consacré plusieurs pages à affirmer que « le jeune Parnasse se rapprocha... de la grande Foule universelle... Nous allions, dit-il, vers le peuple ». Sans doute, il écrit ces mots en 1900, et une ambiance favorable, toute contemporaine, le détermine à enfler les aspirations sociales du Parnasse. Mais nous ayons vu que, dans les années au moins où s’élabora la doctrine, des préoccupations de cette sorte inquiétaient en effet les jeunes poètes ; ils déploraient que, par suite de la méchanceté des destinées de la France et du monde, l'Action eût cessé d’être la sœur du Rêve; Verlaine, dans ses Poèmes saturniens, évoque, en 1866,

= ‘avec un regret qu’on peut croire plein de conviction, le temps où le poète était chef d’État, chef de bataille ! Mais c’est 1à, plus encore que la philippique contre Musset, une clause de style ; on satisfait ainsi à bon compte l’esprit d’hostilité contre l’Empire, qui est très répandu dans le monde des poètes ; au besoin, comme Anatole France, on écrira des poèmes antiques, qui soient des satires antinapoléoniennes. Ces tendances du Parnasse à l’action morale et sociale sont fort vagues ; il ne s’agit jamais que d’influences très lointaines, de foi dans la puissance de la beauté et des pures idées. Mais si, plus tard, quelques-uns de ces jeunes décident … | d'écrire des poèmes de propagande scientifique ou de | composer des vers populaires et d’action sociale, ils |

LE (CPARNASSE CONTEMPORAIN » 73

pourront se persuader qu’ils ne manquent point à l'idéal parnassien.

Les adversaires du Parnasse, dès le premier jour, lui reprochent son impassibilité : c’est la grande accusation ! Les Parnassiens s’en sont toujours défendus, et dès le premier jour. Il est bien question d’Impassibles dans le journal l’ Art ; mais c’est dans un article où l’on se moque. durement des manies d’une petite chapelle littéraire qui exclut la passion des ouvrages d’art et de poésie, et où l’on ne croit qu’au rythme, à l’érudition pittoresque, à l'exactitude plastique. « La manie de cette école, y est-il dit, est de peindre ce qu’elle n’a jamais vu. » Tous les poètes parnassiens ont protesté contre le reproche d’insensibilité : le calme, affirment-ils, n’est point l’impassibilité; les images sereines, les

phrases équilibrées peuvent être employées à exprimer - de grandes douleurs ou de fortes pensées philosophiques ; et la philosophie, telle qu’ils la conçoivent, est trop mêlée à la vie pour pouvoir jamais être indifférente. Quelle puissance d’expression et de sentiment moderne le poète peut enfermer dans une évocation de la Vénus de Milo ou de Niobé! é Mais que « la forme » doive être impassible, sculp-" turale, et très pure dans ses lignes, c’est un point sur lequel tous les Parnassiens, bien après 1870, sont et restent d'accord. Le goût pour l’exotisme, où l’on a cru. voir quelquefois une tendance commune, n’a été, chez tous, qu’une tendance très momentanée et ne les à conduits qu’à exécuter quelques pastiches hindous ou chinois, ou grecs, selon les modèles des maîtres. La haine de « l’incohérence de l’idée » et celle de « l’incorrection du verbe » — avec leurs conséquences qui sont grandes — restèrent jusqu’au bout le seul sentiment fort et commun de tous les poètes qui trouvèrent plaisir à être appelés Parnassiens. C’est cette idée, ou plutôt

Le

A Re AE Le TE

cette volonté qui constitue toute l’armature du Petit traité de poésie française de Th. de Banville (1872) ; et ce court volume, sans théories d’art, sans vues ambitieuses d'esthétique, fait uniquement de conseils et de recettes, est vraiment le manuel du Parnasse, après 1870. Cette esthétique est bien pauvre, et les symbolistes ne seront point embarrassés pour la railler : elle ramène tout à des tintements de rimes, à des rencontres de voyelles, à des questions de coupe ; elle paraît ne point se soucier des visions différentes que la poésie peut avoir de l’univers ou des destinées de l’homme. Elle n’a plus de philoso-

: phie ; celle que Leconte de Lisle avait insufflée dans la doctrine de l’Art pour l’Art s’alanguit ; les disciples qui l'avaient adoptée s’en lassent. Le jour où les symbolistes attaqueront en elle toutes les croyances de l’école positiviste, on ne songera point à la défendre, car on n’y croit plus. On avait convié les poètes du Parnasse à être de bons ouvriers en vers, pour se préparer à une grande tâche obscure ; ils sont devenus de bons ouvriers et se satisfont à essayer leur habileté sur tous les sujets que leur fantaisie ou bien les circonstances jettent entre leurs mains.

re —— 0 #4

DUT LOT PECE EEE ve pee Qu pag rt 4 ac

Page 1