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d’« intellectuels » aimaïent fort Sully Prudhomme ; on l'imitait. Après cette gloire vinrent de durs mépris : les symbolistes, contre lesquels il défendit avec une sérieuse bonne volonté l’art poétique de sa génération, furent ironiques ou dédaigneux ; on parla de son « incolore pipi philosophique » ! Il n’est plus guère lu, je crois, aujourd’hui ; du moins le nombre de ceux qui aiment cette forme de poésie a singulièrement diminué ; il est: vrai que, parmi eux, il y à des dévots très fervents et qui parlent de leur auteur favori, ou en écrivent, avec un respect attendri.
Ses premiers recueils de vers (1865 à 1869) sont fort sympathiques ; ils font entendre, au moment où prélude le concert parnassien, une note originale. Ils révèlent une sensibilité tourmentée, un esprit qui analyse longuement de enues sensations, qui cherche vaine-
. ment des explications aux énigmes de l’humanité et de
l'univers, qui se désole de n’en point trouver, qui semble jouir de cette impuissance, et qui, finalement, reçoit de toute cette agitation de pensées une sereine tristesse. Deux thèmes principaux : des confidences sentimentales- |. et des émois intellectuels. Ce sont les poèmes sentimentaux qùi sont, d'abord, les plus nombreux : le poète y , peint avec tendresse « des affections obscures et ténues de l’âme », une volonté d’aimer, qui, toujours, semble lassée avant de se satisfaire, des curiosités d’amour qui commencent et s’arrêtent, des vers émus à une jeune fille, un moment désirée et qui a épousé un autre, ou bien pour une jeune fille à qui il sait que jamais il ne dira : je t’aime. Beaucoup de ces pièces sont charmantes : elles avaient de quoi plaire au grand public, et même à quelques connaisseurs, dont la sensibilité était aussi aisément vibrante et aussi peu quémandeuse.
Alors Sully Prudhomme, encouragé par le succès, fréquenta les cénacles parnassiens ; il s’imprégna des
idées ambiantes ; on l’entendit qui évoquait en vers l'éternelle Beauté figurée dans une belle statue grecque, qui affirmait avec assez de violence son détachement de la religion, ou qui disait son fait à Musset... Il faut bien que jeunesse parnassienne se passe ! Surtout le poète s’appliquait à lutter contre sa facilité naturelle ; il cherchait le mot juste, la rime solide, le vers bien fait, la pièce bien construite. La matière de ses confi-
. dences sentimentales était sans doute épuisée : il se
jeta vers l’expression de ses angoisses intellectuelles et
tenta de mettre en vers ses méditations sur la science-
et la philosophie : c'était aller vers le plus haut idéal du Parnasse. Mais il ne se soucia point, pour traduire ses pensées, de recourir aux mythes antiques, il décida de s'exprimer directement. Un travail qu’il entreprit de bonne heure, la traduction en vers de Lucrèce, le poussa vers la poésie purement didactique ; il ne dirait pas ses émotions devant les découvertes de la science, il exposerait, comme Lucrèce, les découvertes elles-mêmes. « Je dois, écrivait-il en 1879, à mon éducation scientifique et à ma passion pour la philosophie un ardent désir de faire entrer dans le domaine de la poésie les merveilleuses conquêtes de la science et les hautes synthèses de la spéculation moderne. »
L'entreprise était haute ; mais elle avait de terribles exigences. La poésie devait céder le pas à la versification : Sully Prudhomme le savait, et il acceptait que le vers n’eût plus qu’une valeur mnémonique ; 0 demandait pardon à la poésie :
Oh ! ne dédaigne pas le service à me rendre !
Si tu n’es plus l’épouse, au moins reste la sœur ! L'ordre même est un rythme, çt pour le bien comprendre Un bercement sublime est utile au penseur.
he . Mais adieu ta chanson !
Que l’archet seulement me batte la mesure,
Si le luth à ma voix refuse l’unisson,
QUÉLQUES POÈTES PARNASSIENS 81
Dès lors, en vertu de ce principe, et sans remords de ce renoncement, Sully Prudhomme se lança dans de grandes compositions philosophiques, où il versifia plus
ou moins adroitement les traités de philosophie, les livres de science : c’est du Delille moderne et, quelquefois, si difficile à interpréter que le poète doit introduire ennote des gloses explicatives. Pour quelques heureuses formules, combien de vers gauches et incapables d’en- serrer les très grandes choses que le poète voudrait formuler ! Il semble que Sully Prudhomme s’en soit avisé lui-même ; il paraît s’être découragé d’une tenta-
tive qui, commencée avec l'intention de donner au |
vers des pouvoirs nouveaux, aboutissait à n’en faire qu’une prose, trop souvent inexacte. Leconte de Lisle avait prévu, en 1855, ce fâcheux avenir de la poésie « scientifique ». « Toutes ces périphrases didactiques, disait-il, n’ayant rien de commun avec l’art, me démontreraient plutôt que les poètes deviennent d’heure en heure plus inutiles aux sociétés modernes. »
4. François Coppée. — François Coppée (1) fut, avec Verlaine, parmi les premiers Parnassiens, un de ceux qui semblaient le plus attachés à la bonne doctrine. Catulle Mendès fut son premier maître : il lui fit brûler le paquet de ses premiers vers et l’invita à se conformer à la loi nouvelle ; jusqu’au bout, Coppée tint à honneur de se dire parnassien. Il avait si bien commencé ! Ouvrons son premier livre, Le Reliquaire : voici la dédicace à Leconte de Lisle, l’apostrophe à Musset, l’éloge de la forme impassible, la méditation philosophique ; voici les rimes riches. Tous ces ornements servaient à
envelopper d’aimables vers d’amour et des histoires de grisette. Mais peu importait le sujet ; il suffisait que la
= {1) Voir page 89 : Notes complémentaires.
MARTINO : Parnasse et Symbolisme. 6
LA
mise en œuvre fût impeccable : elle l’était, et le jeune poète ne manquait pas de se donner à lui-même le suprême éloge du jour, en se comparant à un jongleur ! Sa phrase poétique, qui semble d’abord un peu flasque et comme déhanchée, est en réalité adroïite, et, dès que le sujet s’y prête tant soit peu, très harmonieusement rythmée. Cet instrument mélodieux, au son un peu grêle, il le fit vibrer aussi sur des thèmes philosophiques, plus tard dans des contes épiques ; mais sa philosophie est bien mièvre, son épopée est bien genfille !
La vraie manière de Coppée, et la plus heureuse, c’est celle que manifestent les Intimités : il y traduit, prestement et délicatement, les sensations d’un Parisien tendre et lettré, qui jouit doucement des rues de sa ville et des jolis spectacles qu’elles lui offrent, des femmes qu’il rencontre, de la « mignonne » qui l’attend chez lui... Dès ces premiers vers, d’ailleurs, la sentimentalité de ce « pâle enfant de Paris » se RE quelquefois simple et bien grosse,
Ses vrais goûts étaient là ; et, dans ses Poèmes modernes (1869), on le voit ni s'attache à des histoires populaires et sentimentales : le petit soldat et la petite bonne, le petit épicier de Montrouge... Ces pièces sont célèbres ; on les a si souvent caricaturées que, lorsqu'on
en appelle le souvenir à soi, on n’est pas bien sûr de ne -
pas évoquer d’abord la caricature plutôt que le modèle. Coppée devint très vite un poète populaire ; l’Académie
lui fit fête ; mais la jeune génération de poètes l’ignora ::
il s’était mis hors la poésie. Il ne s’occupait plus guère
d’ailleurs que d’action sociale ou politique. Pourquoi continuait-il à écrire en vers ? Plus rien, en tout cas, ne
le rattachaïit au Parnasse ou à la doctrine de l’Art pour l'Art : ilsemblait s'être mis au rang des plus humbles conteurs naturalistes,
5. Mme Ackermann. — Mme Ackermann (1) avait dépassé la cinquantaine, lorsque parut le premier Par- . nasse contemporain ; elle n’y collabora point, mais on reçut de ses vers dans les deux qui suivirent. Ses premières poésies dataient de 1830, et elle en avait fait. imprimer dès 1855, mais elle n’eut un peu de gloire qu’en 1874, à cause de quelques « poèmes philosophiques » qu’elle publia cette année-là, et qui étaient de pure inspiration parpassienne : ils traduisaient, avec de belles images symboliques, des émois intellectuels, les réflexions, devant le spectacle de l’univers, d’une posi-
tiviste convaincue.
C’est une grande souffrance — la mort d’un mari aimé — qui persuada Mme Ackermann qu’elle était vraiment poète. Elle était déjà préparée par sa culture, très philosophique, point du tout idéaliste, à penser
-. que la vie était mauvaise ; ce deuil lui donna définiti-
vement le goût du néant. Elle se jeta passionnément dans la lecture des livres qui pouvaient consolider cette sereine désespérance : Pascal, qui lui fut un maître de scepticisme, Hegel, Spinoza, Kant, Schopenhauer, Ber-
: thelot, Littré, etc. Tantôt elle inclinait au panthéisme, .
tantôt elle était une pure positiviste ; elle s’exaltait contre le christianisme. Les grands remous que provoquèrent en elle ses lectures et ses méditations, elle essaya, à de longs intervalles, de les fixer en de brefs
poèmes. « Ce que j'ai écrit, avouait-elle, n’est ni très
personnel, ni très neuf. Bien d’autres ont déjà pensé tout cela, sinon exprimé. Mon seul mérite est d’avoir extrèmement soigné la forme que j’ai donnée à des idées qui courent vaguement dans les esprits cultivés. » Le sé-
- rieux et l'énergie, quelquefois, avec lesquels elle à
exprimé ces pensées profondes sont très attachants :
{1) Voir page 89 : Notes complémentaires,
on n’oublie pas quelques-uns de ses vers, martelés en de dures formules.
On trouve chez elle les plaintes de Vigny et de Leconte de Lisle sur l'indifférence de la nature, la constatation schopenhauerienne de l'illusion de l’amour et de la grande tromperie de la vie; mais sa note la plus reconnaissable est la violence dans la négation de Dieu, un certain plaisir à blasphémer. Elle fait parler, avec complaisance, les grands révoltés, Satan, Prométhée ; elle se réjouit que l’humanité aït pu concevoir cette révolte orgueilleuse, et que l’homme, écrasé sous un épouvantable destin, puisse se sentir assez fort pour mépriser les images de terreur créées par les hallucinations anciennes ; l’homme, parce qu'il est conscient, est plus grand que la nature inconsciente. Mais cette énergie du poète n’est que passagère, peut-être un peu factice ; et la dernière des Pensées d’une solitaire semble correspondre plus exactement à sa vraie inquiétude : « Quand je me représente que j’ai apparu fortuitement sur un globe emporté lui-même dans l’espace, au hasard des catastrophes célestes, quand je me vois entourée d'êtres aussi éphémères et aussi incompréhensibles que moi, lesquels s’agitent et courent après des chimères, j'éprouve l'étrange sensation du rêve. Je ne puis croire à la réalité de ce qui m’environne. Il me semble que j'ai aimé, souffert, et que je vais mourir bientôt en songe. Mon dernier mot sera : J’ai rêvé. »
6. José-Maria de Heredia. — Les Trophées de J.-M. de Heredia (1), bien que connus presque en entier
depuis longtemps et déjà célèbres, n’ont paru qu’en
1893. On était alors en pleine bataille symboliste et « la désespérance du Parnasse » était clamée tous les jours dans les cafés et dans les revues. Le succès des
(1) Voir page 89 : Notes complémentaires,
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Trophées fut unanime ; ils furent, a dit assez exactement H. de Régnier, «entre les symbolistes et les Parnassiens, ce que furent à peu près les Bucoliques d’André Chénier entre les classiques et les romantiques, le lien entre deux poésies ». Les plus ardents parmi les symbolistes osèrent tout au plus dire que ce volume était une fête de funérailles ; mais ils avouaient que ces funérailles étaient somptueuses.
Et pourtant J.-M. de Heredia a été, et il reste le poète le plus représentatif du Parnasse, le seul vrai disciple de Leconte de Lisle. Il ne fit point comme tous les autres Parnassiens, qui, après s'être plongés dans l’eau lustrale, allèrent vers toutes les curiosités, et quelquefois vers les souillures des mauvaises ambitions poétiques, sans plus se préoccuper des promesses qu'ils avaient faites au jour de leur baptême d'art. Il a été un vrai desservant du temple, jalousement attaché aux pratiques du culte, presque toujours officiant dans la plus sainte des chapelles, celle du sonnet. Grâce à cette forme étroite, que son travail, pendant un tiers de siècle, chercha à pousser jusqu’à la perfection, il à réussi à enfermer dans les Trophées la quintessence même de la doctrine parnassienne.
Une étude détaillée de ce livre devrait être surtout une étude des procédés verbaux et rythmiques de Heredia : éclat et sonorité des mots, somptuosité de la rime, groupements de sons, ligne harmonieuse du poème. C’est de quoi s’avise aisément tout lecteur un peu cultivé. Il vaut mieux tâcher de déterminer les intentions du poète et délimiter l’horizon de sa vision. Le plus commode est de procéder par des éliminations successives. La poésie de Heredia n’est point du tout symbolique : sur cent vingt sonnets, trois — et ce sont les premiers en date — affectent la forme d’un symbole ; les corrections du poète ont même cherché à atténuer
cette intention. Bien que ces sonnets des Trophées soient "
fréquemment écrits sur des sujets mythologiques, on ne saurait parler des intentions mythographiques du poète ; même quand il souligne le sens d’une légende ou bien suggère le mythe solaire enclos dans une aventure d’Héraklès, on voit très bien qu'il ne se soucie, dans la légende et le mythe, que des images; l'explication mythique et philosophique l’inquiète fort peu.
. Point de vraies préoccupations historiques non plus : on a voulu voir dans les Trophées une « légende des siècles » en miniature, un raccourci d'histoire de la civilisation : c’est prendre une table des matières pour un livre et juger l’œuvre de Heredia sur les intentions de Leconte de Lisle. Il suffit de feuilleter le recueil avec un peu d'attention : toutes les légendes fondamentales de la Grèce antique ou préhistorique sont absentes : il ne reste que les surprenantes ou les gracieuses. La vie antique n’est guère vue qu’à travers les mignardises de l’Anthologie ; ce ne sont que petits paysages, petits dieux, petits héros. Le moyen âge s’enferme dans un étroit vitrail ; pour la Renaissance, il suffit du dos d’une reliure. En réalité, ce que J.-M. de Heredia a écrit, ce sont des « En marge des vieux livres »; pas plus que Jules Lemaître, il n’a prétendu faire de l’histoire, ni de la psychologie rétrospective ; il a fixé les impressions, délicieuses ou fortes, que lui donnaient ses lectures. Ajoutons que ces sonnets ne sont point philosophiques,
qu'ils n’ont point, à eux tous; un grand dessein, qu’ils
ne cachent pas les différentes formules d’une théorie
de l'illusion ou du renoncement, qu’ils ne sont pas du tout désespérés. Et constatons, pour finir, que le poète
ra pas le moindre désir d’être ou de paraître original ; que, comme André Chénier, son plaisir est de traduire, d'adapter, de se souvenir, de piquer là une belle image de l’Anthologie, et ici une réminiscence voulue de
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QUELQUES POËÊTES PARNASSIENS
Leconte de Lisle, de Th. Gautier, de Benville, de Hugo,
quelquefois leurs rimes mêmes et leurs épithètes...
x Tous ces renoncements nous avertissent que l’ambition
de Heredia fut restreinte et son effort très spécialisé.
Son recueil à pour titre Les Trophées ; il dut s’appeler Fleurs de feu. L'un comme l’autre de ces titres est significatif, et précise l'intention vraie et essentielle de l’auteur ; tous deux ils suggèrent l’idée de quelque chose d’éclatant et de triomphal. Les sonnets de Heredia sont des quadri, au sens que Chénier donnait à ce mot : de tout petits tableaux, inspirés par une ou deux lignes dans un texte ancien, par un menu fait d'histoire, et qu’orne la sensibilité voluptueuse d’un amateur d’art. Heredia avait le goût exubérant. « Tout qualificatif qui n’est pas un superlatif, écrivait Mendès en 1869, lui paraît incapable d'exprimer même la centième partie de sa pensée ». Il comprimait le plus qu’il pouvait les manifestations de ce goût ; mais il n’aimait les sensa-
- tions que vives et intenses.
Le sonnet, avec son obligation de résumer, est une __ forme parfaite pour satisfaire ce goût. Des contrastes, des mouvements, des couleurs, des moments, un effet ; de lumière, une surprise de l’ombre.…., c’est à quoi __ Heredia est surtout sensible dans les belles histoires d’autrefois qu’il appelle devant ses yeux ; le dernier = vers du sonnet, qui fixe ce contraste, cette attitude, cette nuance, prend une importance extrême : il souligne - le geste, il met un contour à la couleur. Ce sont là procé- : dés d’amateur, de collectionneur, qui cherche la pièce 4 rare et belle, non point significative ou instructive, et = ; qui, l'ayant trouvée, la dispose, même si elle est de peu : | d'authenticité, sur un beau socle ou dans la vitrine, à la place qui la fait valoir. Avec un peu d’adresse, et grâce à la beauté de toute la collection environnante,
il saura donner de la valeur même à des trouvailles un peu humbles.
L’unanimité du succès qu’on fit aux Trophées s’explique parfaitement. Amis et adversaires virent dans ce livre la réalisation la plus complète de l’idéal parnassien ; la forme et le travail de l’ouvrier étaient supérieurs à l’idée et à la matière ; mais cette forme et ce travail étaient d’une telle qualité que, vraiment, on ne pouvait qu'admirer (1).
NOTES COMPLÉMENTAIRES
1. ALBERT GLATIGNY. — Glatigny est né à Lillebonne (Seine-Inférieure) en 1839, et mort à Sèvres en 1873. Fils d’un charpentier, qui devint gendarme (Hélas ! je ne suis rien que le fils d’un gendarme, Et je rime des vers !), il se fit comédien. Il a publié les Vignes folles,1857 ; Les Flèches d’or, 1864 ; Gilles et pasquins (satires), 1871 ; trois recueils de vers, réunis en un vol.: Œuvres, 1879, avec une préface d’'Anatole France ; il a écrit aussi quelques comédies en vers. On a publié récemment les Lettres d'Albert Glatigny à Th. de Banwille, 1923.
IT. LÉON DIERX. -— Dierx est né à l’île de la Réunion en 1838 et mort à Paris en 1912. Venu très jeune à Paris, il publie en 1858 des Aspirations, non recueillies dans ses œuvres complètes ; en 1864, des Poèmes et poésies (remaniées plus tard) ; en 1867, les Lèvres closes ; en 1871, les Paroles d'un vaincu ; en 1879, Les Amants ; puis il se tut, se contentant de rééditer ses recueils de poésie : Œuvres complètes, 2 vol., 1888 (réédités de 1894 à 1896). Au lendemain de sa mort, on a publié des Poésies posthumes, 1912, qui ont été ensuite jointes, la même année, à une réédition des Œuvres.
IIT. SULLY PRUDHOMME. — Sully Prudhomme est né à Paris en 1839 et mort à Châtenay en 1907. Il allait être ingénieur, quand il vint aux lettres. IL publie successivement le; Stances, 1865 ; les Épreuves, 1866 ; les Solitudes, 1869 ; Im: pressions de la guerre, Les Destins, 1872 ; La France, 1874, les Vaines tendresses, 1875 : la Justice, 1878 : le Prisme, 1886, le Bonheur, 1888. On a publié, après sa mort, les Épaves, 1909. Sully Prudhomme a traduit en vers le Premier livre de Lucrèce,
(1) Voir page 90 : Quelques autres poètes du Parnasse.