LÉ LENDEMAIN DE 1830 29 NOTES COMPLÉMENTAIRES
1, 'EÉOPHILE GAUTIER. — Théophile Gautier est né à Tarbes en 1811; il vint très jeune à Paris. Au sortir du lycée, il se . destina à la peinture et entra dans l’atelier de Rioult. En février 1830 on réquisitionna, pour faire triompher Æernani, des bandes de rapins romantiques ; Th. Gautier se distingua dans la bataille. En juillet 1830, en pleine révolution, il publie ses Poésies qu’il fait réapparaître en 1833 avec vingt pièces nouvelles et üne préface dans le même volume qu’Albertus ou l'âme et le péché, légende théologique. Il mène à cette époque, F avec quelques amis peintres et écrivains, notamment Gérard … de Nerval ct Arsène Houssaye, une joyeuse vie de « bohème … dorée », qui lui a inspiré les Jeunes France, romans goguenards <E (1833) et Mademoiselle de Maupin (1836), roman très fantaisiste, qui lui fut surtout un prétexte d'exprimer toutes ses idées sur la vie et sur l’art. Deux autres recueils poétiques, la Comédie de la mort (1838) et España (1845), contiennent, en outre du poème principal, de très nombreuses poésies dis verses. Les Émaux et C'amées sont de 1852 (éd. crit. 1927) ; la dre éd. a 18 pièces ; la 2e (1853), 20 ; la 3e (1858), 27 ; la 4e (1863), 38 ; la 5°-(1866), 39 ; la Ge (1872), 47 ; la 7e (1884), 48; la pièce L’ 4rt, qui termine le recueil, réponse à une odelette de Banville (1856), a paru dans l’ Artiste le 13 septembre 1857, et est entrée dans la 5e éd. des Émaux et C'amées. Tontes les poésies antérieures et postérieures à ce recueil, y compris les Poésies nouvelles (1863), ont été publiées sous le titre de Poésies compl'èles, 2 vol. 1876. Un Choix de poésies a paru en 1922.
*. En 1836 Th. Gautier commença à collaborer régulièrement - à la Presse ; il donne des Salons et des chroniques dramatiques ; le journalisme et la critique l’accaparent dès lors presque tout ntier, et la plupart des volumes qu’il publie sont des recueils d'articles. En outre de sa collaboration à de très nombreux ‘journaux, il fonde la Revue de Paris (1851) et dirige l’ Artiste (1857). A signaler, parmi ses ouvrages en prose, ses récits de voyage en Espagne, Algérie, Italie, Grèce, Turquie, Russie, Égypte ; et, parmi ses œuvres romanesques, Le roman de la momie (1857) et le Capitaine Fracasse (1863).
- Il meurt à Paris le 23 octobre 1872.
A consulter : SP&LBERCH DR LOVENJOUL, Hisloire des œuvres de Théophile Gautier, 1887.
II. QUELQUES POÈTES DE L’ART POUR L’ART. — Parmi leg poctae minores qui se réclament de la tradition de l’Art pour
l’Art il convient de citer tout particulièrement Charles Coran … (1814-1883), auteur de Onyx (1840), Rimes galantes (1847), Élégances (1846-1857), Dernières élégances (1868), San: les rides (1867-1878), recueils réunis dans Poésies (1884-1895), 3 vol. ; — Amédée Pommier (1804-1877), auteur notamment de Poésies (1832), Océanides et fantaisies (1839), Crâneries et dettes de cœur (1842), Cotères (1844), L’Enjer (1853), Colijichets
*. et jeux de rimes (1860), Paris (1866) ; il s'appelait lui-même
« le Métromane » et se vantait de sa virtuosité : Je fais avec le vers devenu mon hochet Ce que Paganini faisait de son archet ; — enfin Arsène Houssaye (1815-1895), grand ami de Th. Gautier, directeur longtemps de L’Arkhst:, polygraphe infatigable, auteur notamment de Sentiers perdus (1841), La Poésie dans | les bois (1845), Sapho, drame (1850), Cent et un sonnets (1874), etc., œuvres réunies plusieurs fois, et particulièrement dans Œuvres poétiques (1857), Les Poésies de A. Houssaye (1877). Beaucoup de « vers antiques ».
III. THÉODORE DE BANVILLE. — Théodore de Banville est né à Moulins le 14 mars 1823 et mort À Paris le 13 mars 1891. Ses recueils de poésies sont les Cariatides (1842) ; les Stalactes (1846) ; les Odelettes (1856); les Odes funambulesques (1857), le Sang de la Coupe (1857), rééd. en 1874 et 1890; Améthystes, nouvelles odelelies (1862); Les Exilés (1867); Nouvelles odes funambulesques (1869); Rimes dorées (1869), rééd. en 1875 ; Occidentales (1869), rééd. en 1874 ; Zdylles prussiennes (1871) ; Trente-six ballades joyeuses (1873) : les Princesses (1874) ; Nous tous (1884); Roses de Noël (1889); Sonnailles et clochettes (1890) ; Dans la fournaise (1892). Les recueils publiés de 1842 à 1875 ont été réunis dans 8 vol. de Poésies complètes (1879- 1880, éd. Charpentier augmentée plus tard dans des rééd.) et dans les Œuvres complètes (1872-1891, éd. Lemerre). Un Choix de poésies à paru en 1912 : une anthologie de l’œuvre a été donnée en 1923 (Contes, souvenirs et portraits, poésies, théâtre). Aux recueils de poésies il faudrait ajouter, pour être complet, le volume des Comédies (1878), le Petit traité de poésie fran- « çaise (1872) et plusieurs volumes de nouvelles et de souvenirs.
A consulter: M. Fucns, T'héodore de Banville, 1912. — Jr, SICILIANO, Th. de Banville (en italien), 1927. %