SUR LA BATAILLE DE PAVIE
Chanson nouvelle faicte et composée par le roy nostre syre Trançoys, premier de ce nom, luy estant à Madrige, en "Espaigne.
SI la fortune et la diversité Se rejoinct, voyez l'adversité, En triumphant sur la prospérité, Estre vaincue.
Voyez aussi que la vérité mue En ferme cueur n'est jamais abatue.
Par trahison, que en luy est congnue, Avec le temps.
Dont je me tiens du nombre des contens, Bien que je n'aye eu ce que je prétens. Si congnois-je la tin que j'entens En ma pensée,
Que par prison rien n'en est offensée ; Car estant libre, elle est récompensée, Faisant la fin d'estre recommencée, Pour me finer.
Car Ton ne peult l'esperit confiner Soubz nulle loy, ny son vouloir muer, Mais à la preuve Ton ne peult affiner En peine dure.
Que est plaisante à celluy qui l'endure, Car la menasse est celle qui Tasseure.
Cueur résolu d'aultre chose n"a cure Que de Thonneur.
Le corps vaincu, le cueur reste vaincueur, Le travail est l'estime de son heur ; Ce seul vouloir ne congnoist nul malheur Qui ne mesprise.
Donc je concludz : heureuse est l'entreprise Que rend fortune indigne de surprise, Par fermeté qui vaut bien qu'on la prise; Or en jugez.