‹ Paroisse de CharlesbourgChapitre 17 sur 20 · BOUCHERVILLE · texte numérisé non relu

BOUCHERVILLE

14ème Desservant et 6èine Curé.

M. Charles Marie Boucher de Boucherville était fils de Sieur René-Amable Boucher de Boucherville et de Dame Madeleine de Simblin. Il était né le 29 décembre 1Y81 et fut ordonné prêtre par Mgr Denaut, à Boucherville, sa paroisse natale, le 6 janvier 1805, jour des Rois, qui était un dimanche cette année là. Il fut d'abord vicaire de Mgr Denaut à Longueuil, puis vicaire à Québec, en 1806, d'où il fut appelé à. la cure du Château Richer, le 21 décembre 180t, par Mgr Plessis.

Aussitôt après la sépulture de M.

Derome, le 1er oct. 1808, Mgr Plessis écrivit à M. de Boucherville : " Vous avez appris la mort de M. le curé de

Charlesbourg. Il s'agit de le remplacer.

J'ai jeté les yeux sur vous ; cela vous coûte et à moi aussi. Mais des raisons supérieures m'obligent de remplir cette place sans délai. Je crois que vous y convenez, que vous y pourrez faire plus de bien qu'au Château-Richer, parceque la place est plus importante et la mission plus vaste. La voix publique vous y nomme, quoique je n'aie communiqué à personne le dessein que j'avais de vous la donner. L'encan de M. Derome doit évacuer dès cette semaine le presbytère.

Arrangez- vous de manière à y faire l'ofiSice le 9 de ce mois, sauf à retourner au Château-Richer les jours suivants pour régler vos affaires."

M. de Boucherville se rendit au désir de Mgr Plessis, mais il le fit avec peine et regret, car il était déjà bien attaché aux paroissiens du Château-Eicher, quoiqu'il ne les eut desservis que pendant neuf mois, et puis il aimait le petit coteau au bord du fleuve, sur lequel l'église et le presbytère de cette paroisse sont bâtis, et où il rêvait de longues années de bonheur ; mais le prêtre est un soldat et il ne peut être heureux, dans le vrai sens de ce mot, et utile qu'au poste qui lui est assigné.

Peu de temps après son arrivée à Charlesbourg, le 23 oct. 1808, M. de Boucherville se fit autoriser par les marguilliers à faire faire quelques bancs dans le jubé, conjointement avec le marguillier en charge, J.-Bte Bedard, et à remplacer le bedeau Biom par Joseph Bedard, septième bedeau connu de la paroisse, qui entra en fonction, le jour de la Toussaint, à raison de dix-huit piastres par année. C'est la première fois, que dans les comptes, il est parlé de piastres, et Joseph Bedard est aussi le premier bedeau de la paroisse qui ait porté l'habit d'ordonnance que fit faire M. de Boucherville, et qui a été le même à peu près dans toutes les paroisses jusqu'à ces derniers temps, c'est-àdire, une cloque de drap bleu avec triple collet de drap rouge bordé de gallon blanc de fil de soie ou d'argent.

Sous M. Borel, les paroissiens furent admis aux assemblées pour recevoir les comptes dos marguilliers ; mais, comme pendant son règne et celui de son successeur, M. Deronie, on n'a pas laissé d'actes des élections des marguilliers, on peut croire avec raison que jusqu'à M. de Boucherville, les notables n'avaient pas été admis aux assemblées faites pour ces

élections. Pour la première, fois donc, le 2*7 décembre 1808, à l'élection de Jacques G-alarneau, la première élection que présida M. de Boucherville, on vit, non seulement les marguilliers, mais aussi quelqties anciens de la paroisse assister à rassemblée. La porte à laquelle les notables frappaient depuis longtemps pour être admis aux assemblées pour les élections des marguilliers fut donc enfin ouverte à Charlesboùrg. On sait combien cette admission des notables aux assemblées des marguilliers suscita d'opposition et de trouble dans la plupart des paroisses.

Le 10 septembre 1807, on retira du coflfre-fort quarante et un louis et cinq shellings, (.£41 5s. 0). C'est la première fois encore qu'il est question de louis et de shellings dans les comptes, cependant ces comptes do la fabrique continuent à être tenus, comme auparavant, par livres, sous et deniers, jusqu'en 1815, ensuite par louis, shelling et denier, et enfin aujourd'hui, par piastres et centins. (1)

(t) Dans les comptes de cette même année 1809 on voit une entrée de 495 livres de vingt copret, pour vingt 8ons« Le vrai mot est copper, anglais. Déjà l'anglomanie com« mençait à se répandre et autrefois plus qu'aujourd'hui on disait, à la campagne surtout, copreê ou eopet au lieu de

fOUS.

En 1812 il y avait à Charlesbourg un détachement de miliciens, placé en quartiers d'hiver dans les demeures des paroissiens et dont les officiers se plaignirent de ne pas avoir à l'église les places qui leur convenaient. Mgr Plessis, auquel ces plaintes avaient été communiquées, écrivit, le 10 janvier 1812, à M. de Boucherville : " Par une lettre officielle en date d'hier il m'a été signifié que le désir de Son Excellence le gouverneur (alors Sir Greorgo Prévost) était que les officiers du détachement qui est en quartier d'il y ver dans votre paroisse eussent des places pour y assister au service divin, sans être ebligés de demeurer dans les allées. Comme je ne connais aucun banc approprié à cette fin, je désirerais que vous leur procurassiez quelques chaises en dehors et auprès du balustre, en attendant que Son Excellence ait déclaré s'il serait plus conforme à son intention qu'on leur fit occuper le banc seigneurial."

A cette lettre M. de Boucherville répondit : " La politesse et les égards que méritent MM. les officiers du détachement résidant à Charlesbourg m'ont fait prévenir dès les commencements les

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ordres contenus dans votre lettre d'hier.

J'ai offert à M Pinguet, et par lui aux autres officiers, des chaises dans tel endroit de la nef de l'église qu'ils voudraient les placer. Que pouvais-je faire de plus, n'ayant pas de banc pour moi-même ?

Leur refus me fait croire que le but de l'application qu'ils ont faite à Son Excellence était d'obtenir des places dans le banc du capitaine de milice ; ce qui me semble plus convenable, d'autant que ce banc appartient au gouvernement, comme dans les autres campagnes. Plus de politesse ou plus de docilité à mes avis de la part du capitaine de milice (de la paroisse) aurait prévenu ce petit trouble." (1)

(1) Dans une circulaire manuscrite de Mgr Briand aux curés, en date du 16 octobre 1768 il disait : *• Vous accorderez au premier baiïlif de votre paroisse le 1er banc de l'église et vous lui ferez rendre les mêmes honneurs qu'on rendait cy-devant aux capitaines de milice. C'est un article gur lequel il (le Gouverneur Carleton) me prie de vous marquer sa volonté."

N. B. — " Ce banc est le 1er de la rangée du milieu, du côté de l'épitre. S'il est occupé, la fabriquo rendrait le prix de l'adjudication à ceux qui le posséderaient, soit de tout temps, soit depuis que les Capitaines ont été retranchés."

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Comme on Ta \ u, les 40 heures exis^ talent déjà à Charlesbourg lorsqu'on a enterré Louis Jacques dans la chapelle de la Congrégation, en 1735 ; mais il n'y avait aucun document propre à faire voir que cette confrérie avait été établie par l'autorité ecclésiastique Sur la demande donc de M. de Boucherville les 40 heures furent établis de nouveau par un mandement de Mgr Plessis, du 2 1 janvier 1814, pour remédier aux désordres en général et surtout à un désordre particulier : les supertitions. " Entre le grand nombre de familles chrétiennes et vraiment édifiantes qui se trouvent parmi vous, dit Mgr Plessis, il se trouve des superstitieux qui, n'ayant pas une juste idée de la Ste Religion qu'ils professent, la font consister dans des choses vaines, croyant apercevoir des effets surnaturels où il n'y en a pas, et, dans le délire d'une imagination égarée, emploient pour la guérison des maladies, ou pour la connaissance des secrets de la nature, des moyens aussi insignifiants que criminels

et réprouvés par la religion " Ce

mandement devait être lu tous les ans jusqu'à ordre du contraire Cette lecture, qui humiliait les paroissiens, fut

discontinuée à la demande de M. le curé Payment adressée à Mgr Turgeon, alors Administrateur et pendant sa visite épiscopale, le 12 juin 1850.

Il est à croire que M. de Boucherville s'était exagéré ce désordre dont le bonhomme lintin était probablement le pl\is coupable auteur. Mais qu'était-ce donc que ce bonhomme Tintin ? Son véritable nom était Auî:^ustin Côté, né à Saint- Pierre, Ile d'Orléans, Vile des sorciers, et le bonhomme Tintin se donnait comme bien savant dans l'art de la sorcellerie. C'est sous ce rapport qu'il a laissé un souvenir presqu'im|)érissable, surtout dans la partie de Charlesbourg qui avoisine Saint- Ambroise et dans cette dernière paroisse.

Ce bonhomme Tintin, marié à Charlesbourg en 1ères noces, le 10 mai 1803, et en 2mes noces, le 8 avril 1834, et mort, le 11 avril 1851, habitait depuis plus de 50 ans une petite maison sur la terre actuelle de Sieur Edouard Paquet et au bord du chemin royal du village de Saint-Bernard.

Il avait une petite boutique de forgeron annexée à sa maison et cette boutique, comme sa maison, était le lieu de repos de bien des passants, et le rendez-vous surtout des jeunes gens qui aimaient à

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s'amuser aux dépens des choses ineffables qu'il débitait sur la magie et la sorcellerie auxquelles il croyait plus qu'aux articles du Credo. Sur les dernières années de sa vie, ce bonhomme Tintin, auquel les infirmités de ses jambes ne permettaient d'aller qu'en sautant, au moyen de deux petites cannes, ne parlait que de mutereaux qu'il croyait voir agir partout. Ces sautereaux, selon lui, étaient des espèces de diablotins que les bons vivants, qui prenaient plaisir à ses folies, lui conseillaient de persécuter et de conjurer par des moyens plus ou moins ridicules et amusants pour eux-mêmes. Ainsi, ils l'avaient engagé à percer ces sautereaux avec une vieille baïonnette qu'il appelait sa franche carabine, et on le voyait souvent occupé à les persécuter ainsi en prononçant, avec une force qui allait crescendo, ces mots cabalistiques et d'usage en tout : abraki, abraka été abrac été abra....

D'autres fois ils lui firent croire qu'il fallait les étourdir en frappant sur une vieille chaudière TJn jour quelquesuns de la troupe joyeuse représentèrent avec de la craie, au-dessus de la porte de la boutique de Tintin, un crapaud, qu'il prit pour un sautereau sous cette forme,

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et ils lui firent croire qu'il n'y avait qu'un moyen de le conjurer : c'était de V ébouillanter. Bien leur en prit, car Tintin, comme toujours, les crut et s'approchant, d'après leur conseil, aussi près que possible de la porte au dessus de laquelle était figuré le crapaud, avec un vaisseau rempli d'eau bouillante, il lança cette eau en criant que le crapaud pleume. Mais l'eau retomba sur lui-même et, comme on peut bien le penser, ce ne fut pas le crapaud

qui fut plumé On n'en finirait pas

si nous entreprenions de raconter tous les tours et détours qui ont été faits à propos de ce bonhomme Tintin ; mais le peu que nous venons d'en dire suffira pour prolonger le souvenir de ce curieux personnage, an sujet duquel nous nous sommes souvent amusé, comme bien d'autres, dans notre enfance et auquel nous aimons à donner une petite place dans ces notes historiques, pour faire connaître son nom aux descendants de ceux qui l'ont connu et se sont si bien amusé à ses dépens.

Le 6 octobre 1816, à la demande de M.

Antoine Bedard, alors curé. de Saint-Ambroise, la fabrique de Charlesbourg décida de prêter deux cents louis, ^£200, à la fabrique de Saint-Ambroise et les marguil-

liers de l'Œuvre furent autorisés à " passer Tacte et mettre les conditions convenables avec les capitaines s'ils se trouvent à la passation de l'acte."

On peut trouver un peu étrange de voir les capitaines de Charlesbourg et de Saint-Ambroise invités à prendre part aux délibérations de la fabrique en leur qualité de capitaines ; mais il faut bien remarquer qu'autrefois, et à peu près jusque vers 1837, le capitaine de la paroisse était un personnage important.

Il avait, au nom du gouvernement, un banc gratis dans l'église, ce banc était le premier de la seconde rangée du côté de î'épitre ; il avait, ou prétendait avoir, le droit de recevoir le pain bénit, et encore un gros morceau, après le seigneur ; au temps de la domination française il était chargé de publier ou de faire publier les ordonnances, et souvent de les faire exécuter ; de tenir la main à l'exécution de tous les règlements pour les chemins ; il était aussi chargé de conduire à la prison, (et elles étaient rares et éloignées alors les prisons) ou au moins au plus proche capitaine, les prisonniers qu'on menait ainsi, comme on le disait alors, de capitaine en capitaine ; de plus il était

tenu de faire faire Tappel nominal, le jour de la Saint-Pierre à la porte de l'église avant la messe, de tous les miliciens de la paroisse et d'en faire lui-même la revue. C'était un spectacle qui nous amusait bien et que nous trouvions en même temps bien solennel lorsque, dans notre enfance, nous voyions le Major J. Bte. Renaud, à la prestance digne et imposante et que relevait encore ce jourlà son habit d'ordonnance et l'épée qu'il portait au côté, passer en revue les miliciens de la paroisse que les sergents mettaient en lignes plus ou moins droites.

Ces bons miliciens, pleins de cette gaieté française qui ne laisse pas le caractère des Canadiens, répondaient à l'appel de leurs noms en y ajoutant souvent le mot pour rire ; le tout se terminait par le cri de Vive le roi ! comme témoignage et comme preuve de leur loyauté, assez louche dans ce temps-là.

Le Major Renaud était un homme d'un esprit vif et piquant, d'une rare facilité d'élocution et, lorsqu'il parlait eu public surtout, le timbre de sa voix forte et solennelle charmait l'oreille de ses auditeurs et les captivait. Il aurait figuré avec avantage parmi les représen-

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tants du peuple ; mais son ambition se borna à prendre les intérêts généraux de sa paroisse et à guider ses coparoissiens dans la revendication de leurs droits comme Canadiens et comme sujets de l'Empire Britannique.

C'était un fort jouteur dans les questions débattues de la politique du temps, ainsi que dans les questions qui regardaient le droit rural sur lequel il pouvait rendre des points à plusieurs avocats.

Nous l'avons entendu une fois entre autres, avant 1837, réfuter un des premiers citoyens de Québec, qui était venu un dimanche haranguer à la porte de l'église les paroissiens de Charlesbourg en faveur des célèbres 92 résolutions contre lesquelles le Major Renaud se prononçait avec conviction et vigueur.

Il remporta dans cette circonstance une victoire complète et entraîna les applaudissements de presque tous ceux qui l'avaient écouté. Le souvenir de cette lutte oratoire nous a laissé la conviction que ce n'était pas un homme facile à désarçonner, lorsqu'on le rencontrait sur un des deux terrains que nous venons de mentionner.

Le Major Renaud était cultivateur et se faisait gloire de son état. Il disait,

avec un juste sentiment d'orgueil, que les cultivateurs ne devaient pas se faire les serviteurs des Messieurs de la ville. Aussi, lorsqu'il vendait sur le marché un voyage de foin, il allait le mener à la demeure du bourgeois qui l'avait acheté ; mais il exigeait alors que ce bourgeois fit décharger lui-même le voyage et placer ce foin au fenil par ses propres serviteurs.

Dans le cours de Tannée 1813 M. de Boucherville présenta à Mgr Plessis une requête, signée des congréganistes, exposant que ces congréganistes ne savaient pas si la congrégation, existant dans la paroisse, avait été canoniquement érigée et ils suppliaient l'évêque de vouloir bien donner à la dite congrégation un titre d'érection canonique, lui accordant tous les privilèges et indulgences propres à cette confrérie.

Mgr Plessis érigea en conséquence la Congrégation dans la paroisse de Charlesbourg " pour être à toujours gouvernée par le curé ou prêtre desservant ou vicaire de la dite paroisse, avec tels oflB.ciers qu'il s'associera conformément aux règles qui seront établies, attribuant dès maintenant et accordant à perpétuité aux membres de la dite Congrégation

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toutes les indulgences plénières et partielles ci-devant accordées par les Souverains Pontifes aux Congrégations érigées dans les collèges des Jésuites." Cette érection fut accordée, le 20 janvier 1814.

M. de Boucherville fit plusieurs tentatives auprès de ses paroissiens pour les décider à bâtir une nouvelle église, mais inutilement. On ne croyait pas que le temps était venu de s'occuper de cette construction ou plutôt, à tort ou à raison, on ne voulait pas que M. de Boucherville dirigeât ces travaux. Ce n'était pas la crainte d'être obligés de faire de forts déboursés qui les retenait, car la générosité pour l'entretien du culte, pour l'éducation et les bonnes œuvres en général, est une vertu des paroissiens de Charlesbourg et en preuve, le 6 janvier 1818, à la demande de Mgr Plesis, il fut décidé que la fabrique prêterait, sans intérêt, ^100 ou $400 " pour l'édification de l'église du faubourg Saint-Koch."

Le 29 mai 1818, Mgr Plessis fit une visite pastorale à Charlesbourg et alloua les comptes, mais ne fit aucune ordonnance.

Dans le mois de juillet de cette même année 1818, M. de Boucherville fit une

mission à Cap Chat et à Sainte-Anne des Monts et fut remplacé pendant son absence par M. F. X. Côté, mort curé de Sainte- Greneviève. Mgr Plessis lui écrivait de Champlain à propos de cette mission :

" Je désire que vous partiez si bien à la fin, si fort à la fin de juin que ce ne soit qu'après la St. Pierre, autrement je serais fort embarrassé de votre paroisse, M. Cadieux ne pouvant me quitter qu'au commencement de juillet." Puis il lui conseil la de faire parapher un registre par un juge du district de Québec, s'il y consent, parcequ'il serait impossible de s'adresser au juge de Graspé.

Il fit encore une mission en juillet et août de l'année suivante 1819. Il est probable qu'il avait fait la même mission en 1816, car Mgr Plessis, lui écrivant le 4 mai 1816, lui donne tous les pouvoirs extraordinaires des missionnaires " dans tous les lieux compris entre Rimouski et la Baie de Graspé au sud du fleuve St.

Laurent," et il l'autorise seulement à prêcher et à confesser depuis Rimouski inclusivement jusqu'à Saint- André aussi inclusivement. Il lui conseille aussi de faire parapher deux petits registres. Quel changement depuis ce temps dans cette

partie du pays ! On était loin de prévoir qu'il y aurait là un évêché, un clergé nombreux, plusieurs communautés, deux villes et une voie ferrée traversent tout ce territoire.

M. de Boucherville aimait beaucoup la chasse et la pèche qu'il regardait d'ailleurs comme un exercice nécessaire à sa santé ; mais les fatigues et les misères qu'il y essuya furent la cause d'un abcès qui le fit souffrir bien longtemps et le conduisit enfin au tombeau. Dès le commencement de l'année 1822, il ressentit les atteintes de la cruelle maladie qui mit fin à ses jours, et, le 20 avril de cette même année, Mgr. Plessis chargea M.

Bedard de la desserte de Oharlesbourg lui laissant en même temps celle de Saint-Ambroise. Il l'autorisa à biner ou à chanter la messe le dimanche alternativement à Saint-Ambroise et à Charlesbourg. Quant aux sauvages de la Jeune Lorette, M. Bedard fut autorisé à ne leur dire la messe que pendant la semaine et à les desservir comme il l'entendrait ; mais cependant il fut compris qu'il leur chanterait le salut le dimanche et les jours de fêtes d'obligation.

M de Boucherville se retira dans sa maison, la maison d'école actuelle du Trait-Carré, ou il mourut le 16 janvier 1823, à l'âge de 41 ans et 11 jours. Il fut inhumé le 20, dans le chœur de l'église, par M. Kobert, Vicaire Général et prêtre du Séminaire de Québec, en présence de MM. J. D. Daulé, chapelain des tjrsulines, P. F. Targeon, prêtre du SéSiinaire (plus tard Archevêque de Québec), Réné-Olivier Bruneau, curé de Beauport, P.-Ol. Langlois, curé du Château-Richer, L.-Ths.

Bedard, chapelain de l'Hôpital-Général, Jean-Zéphirin Caron, curé de N.-D. de Foye, Chs.-Frs. Baillargeon, chapelain à Saint-Roch de Québec (plus tanl Archevêque de Québec), Louis-Marie Lefebvre, vicaire à Québec, Philippe Anger, exvicaire de Charlesbourg, et Antoine Bedard, curé.

Pendant les dernières années,et surtout pendant la dernière maladie de M. de Boucherville, plusieurs prêtres vinrent lui aider, ou plutôt aider à M. Bedard chargé des deux paroisses. Outre M.

Bernard-Benjamin Decoigne, (mort, curé de la Baie Saint-Paul) qui fut vicaire à Charlesbourg depuis la Saint- Michel 1820 jusqu'à la fin de juin 1821, MM. Philippe

Lefrançois, Claude Grauvreau, Joseph Moll et Philippe An<çer prêtèrent le secours de leur ministère, pour un temps peu long pour chacun, il est vrai, mais tel qu'on doit les compter comme anciens vicaires de la paroisse.

M. de Boucherville descendait de Sieur Boucher de Boucherville, premier gouverneur des Trois-Rivières, et il était oncle de l'Honorable de Boucherville, aujourd'hui Membre du Conseil Législatif ; il appartenait donc à une des premières et des plus nobles familles du pays. Mais, loin d'aimer à se glorifier de son origine, il aimait, au contraire, dans son humilité, à la faire oublier. Il savait estimer à sa valeur la gloire que ses ancêtres avaient acquise, mais il voulait faire comprendre, comme il le comprenait lui-même, que le plus beau titre de noblesse pour lui était son cara-^tère sacré de prêtre. Il signait simplement Chs.

Boucherville, méprisant la morgue de ces faux nobles qui croient qu'un de placé avant leur nom va leur tenir lieu des qualités requises pour mériter l'estime qui n'est due qu'au vrai mérite qui est en même temps la véritable noblesse.

186 PâROISSB de CHÂRLESBOURa

MONSIEUR ANTOINE BEDABD 1 5ème Desservant et 7ème Curé.

On dit quelquefois en proverbe, et cela d'après la parole même de Notre Divin Sauveur, que personne n'est prophète dans son pays et auprès de ses parents ; mais, si on ne peut pas être prophète, M. Bedard a prouvé qu'on peut au moins être curé dans sa paroisse natale et au milieu de ses parents et mériter l'estime, l'amour et la vénération de tous.

Né à Charlesbourg, le 10 août 1771, (1) fils de Charles Bedard et de Marie- Josephte Jobin, baptisé le même jour par M. Morisseaux et ayant pour parrain Antoine Bertrand et pour marraine Marie- Louise Pépin, épouse de Philippe dit Amplemanne, M. Antoine Bedard était donc un enfant de la paroisse et il est regardé à bon droit comme une de ses gloires les plus pures. Il est un de ces curés de Charlesbourg dont le nom béni semble ne devoir jamais tomber dans l'oubli et dont la mémoire, amoureusement conservée, devra passer de généra-

(1) L'abbé Tanguay dit à tort qu'il était né à Québec.

tion en génération. De même qu'il y a des figures qu'on ne peut pas oublier, il y a aussi des esprits naturellement ornés, des cœurs bien faits, des âmes généreuses et fortement trempées par la religion, des hommes enfin doués des vertus les plus aimables qui impriment caract<^re et tracent partout où ils passent un sillon que le temps, qui détruit tout, a bien de la peine à effacer. M. Antoine Bedard était une de ces natures d'élite, un de ces caractères à la fois doux et austères, une de ces âmes vraiment sacerdotales qui commandent l'estime, l'amour et la vénération. Ces hommes là sont aimés de tous et partout, et il semble qu'ils ne devraient jamais mourir, car la terre reste pauvre quand ils partent pour le ciel.

M. Antoine Bedard, dit l'abbé Tanguay, ** fut ordonné, le 21 mars 1795 ; professeur de Philosophie au Séminaire de Québec, en 1796 ; missionnaire à Eichibouctou en 1800 ; curé de Ste-Anne de Beaupré en 1804 ; de St-Ambroise en 1806 ; de St-Thomas en 1817 ; de St- Ambroise en 1818 " et de Charlesbourg comme curé desservant, en 1822, et curé en titre à la mort de M. de Boucherville.

Après la mort de M. de Boucherville, M.

Philippe Anger, qui avait été quelque temps son vicaire, fut nommé de nouveau en cette qualité à Charlesbourg où il resta jusqu'au mois de mai de la même année, 1823, et, au mois de juin suivant il fut remplacé par M.Jean-Olivier Griroux, ordonné le 11 mai. M. Giroux resta dans la paroisse jusqu'au moi» de mars 1824, c'est-à-dire, jusqu'à la nomination de M. Cook comme curé de Saint- Ambroise, laquelle nomination déchargea M. Bedard de la desserte de cette dernière paroisse.

Le 16 mai 1822 il y avait eu une assemblée dans laquelle MM. deBoucherville et Bedard conjointement réglèrent les comptes de 1820. Dans cette assemblée M. de Boucherville seul fit un acte par lequel on apprend qu'on avait donné '* le St. Jérôme dans l'église en échange pour une copie du même ou d'un autre tableau de même grandeur." C'est le dernier acte écrit de la main de M. de Boucherville dans le cahier des délibérations, et on est porté à croire que M.

Bedard n'approuvait pas cet échange car il n'a pas signé l'acte qui en fut dressé.

Ces échanges, ou ventes de tableaux, en effet, sont souvent regrettables, car les

peintres, meilleurs juges que les curés en ces matières, ne manquent pas de faire ces sortes de marchés à leur avantage.

Le même jour encore, 16 mai 1822, à la damande de M. de Boucherville, ancien curé, et de M. Bedard, curé desser* vant, il fut accordé à ce dernier une somme de deux cents louis que la fabrique lui prêta " sur les raisons du bien public de la paroisse alléguées par ces Messieurs et bien comprises par les marguilliers." Cet acte est signé par MM. de Boucherville et Bedard. Cette somme fut remise, le 27 août suivant.

M. Bedard, qui desservait toujours les deux paroisses de Charlesbourg et de Saint- Ambroise, même après la mort de M. de Boucherville, demanda, le 13 février

1 823, la permission de biner pour la mission des Hurons.

Le 14 juillet de cette même année 1823 Mgr Plessis fit une visite épiscopale à Charlesbourg; il alloua les comptes des années précédentes, mais ne fit aucune ordonnance. Quant aux comptes de cette année même, ils avaient été perdus et on se contenta alors au 1er janvier

1824, de constater le montant de l'argent qu'il y avait au coffre. En ajoutant la

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balance de l'année qui venait d'expirer il se trouva y avoir <£766 1 9 ou $3064.35.

Bon à-compte pour la nouvelle église qu'on projetait de bâtir.

Il y avait à Charlesbourg un usage qui remontait à l'origine de la paroisse et que M. Bedard fit abolir, en 1825 ; c'était de vendre les restes du pain bénit, quand il y avait restes, au profit de la fabrique.

Mais depuis cette année là ceux qui rendirent le pain bénit, comme on s'exprimait alors, rapportaient les restes chez eux après la messe.

Ces restes quelquefois étaient considé- Tables surtout lorsque, la gloriole s'en mêlant, on élevait à qui mieux mieux des pyramides de sept, huit et dix étages de galettes soutenues par des covsins et ornés d'étoiles, le tout souvent argenté, doré et quelquefois recouvert de sucre blanc crêmé, comme les pains de savoie.

C'est même cet excès de dépense, peu proportionné dans bien des cas aux moyens de ceux qui s'en donnaient le luxe, et aussi la mesquinerie dans laquelle d'autres, au contraire, tombaient quelquefois, qui ont engagé en partie Son Eminence le Cardinal Taschereau à faire cesser cet usage du pain bénit, qui rappelait le

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vieux souvenir des agapes des premiers temps de l'Eglise. Il y avait de plus des sujets de mécontentement et de jalousie dans la distribution de ces cousins, de ces gros morceaux et de ces étoiles aux amis, aux voisins et aux dignitaires de la paroisse, sans parler des distractions que Ton causait lorsque cette distribution se faisait pendant la messe. Et puis combien d'autres petits abus et inconvénients?

Celui, par exemple, de faire passer une partie de la messe aux bedeaux à trancher en petits morceaux et à distribuer dans Téglise ce pain bénit aux paroissiens ; et puis ces tentations de constater par euxmêmes quel goût il avait, auxquelles ces bons bedeaux succombaient assez facilement ; et les petits servants de messe, si naturellement portés à vouloir manger de la galette, qui est d'autant meilleure qu'elle a été prise et mangée en cachette.

Il y avait aussi l'inconvénient pour les personnes qui voulaient communier de manger avant le temps de la communion, par distraction, le petit morceau de paiu bénit que tous recevaient. L'usage était de donner le chanteau, ou un morceau de pain bénit plus gros que les autres gros morceaux, à celui des paroissiens qui

devait rendre le pain bénit le dimanche suivant. Si ce paroissien n'était pas présent dans son banc, alors le bedeau mettait en réserve, pour l'envoyer par occasion, le chanteau et aussi quelquefois certains petits restes de pain bénit ; et nous avons connu des servants de messe habiles à découvrir ces cachettes du bedeau.

Chaque paroissien, tenant feu et lieu, était tenu de rendre le pain bénit à son tour, en vertu de la loi française.

C'est M. Bedard qui a fait construire l'église actuelle, avec l'argent de la fabrique et les contributions volontaires des paroissiens. Depuis longtemps, comme on l'a vu, le besoin se faisait sentir de construire une nouvelle église plus spacieuse, et il en avait été paiticulièrement question pendant que M . de Boucherville était curé. Dès l'année 1824 M. Bedard fit présenter une requête à Mgr Plèssis à cet effet ; mais tout en resta là, parcequ'il y avait divergence d'opinion entre lui et l'Evêque relativement à la place où devait être construite cette nouvelle église.

Mgr Plessis voulait qu'elle fût placée entre le presbytère (qui était au sud-ouest du presbytère actuel) et le chemin qui

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conduit à Québec et qu'elle eut le portail tourné vers la ville ; M. Bedard la voulait où elle esst aujourd'hui. ** Attendons, disait M. Bedard, TEvêque qui remplacera Mgr Plessis pensera peut-être autrement.'* On attendit, en effet, et Mgr Plessis étant mort, le 4 décembre 1825, M. Bedard ne tarda pas à s'occuper de faire fixer la place par Mgr Panet et à préparer les paroissiens aux travaux de construction.

Le 19 juin suivant, 1826, Mgr Panet délégua M. le Grand Vicaire Demers pour constater les allégués d'une requête des paroissiens demandant à bâtir une nouvelle église, et à en fixer la place et les dimensions. M. Demers se transporta donc à Charlesbourg, le 7 août, et tint une assemblée dans laquelle il fixa la place de l'église où elle a été construite et lui donna pour proportion 120 pieds sur 58 ; " proportion ridicule," dit-il dans son rapport approuvé par Mgr Panet le 21 du même mois, et qu'il n'a accordé qu'aux instances réitérées des principaux de la paroisse, et qu'à la condition qu'on ajouterait deux chapelles saillantes.

La hauteur des murs du quarré devait être de 35 pieds et 3 pouces français entre le dessus des lambourdes et le dessous des sablières.

Cela fait on s'occupa à préparer les matériaux et les plans, puis sur requête du 6 mars, 182Y, présentée à Mgr Panet on se fit autoriser à employer l'argent de la fabrique à cette construction. Dans cette même assemblée du 6 mars 182^ les syndics nommés, savoir : François Bedard, Henri Griroux, Jean Déry, Jacques Beaumont, Jean-Baptiste Villeneuve, ]jS Barnabe Parent, Jean Trudelle, Charles Leclerc, Joseph Paradis, Joseph Bedard et Jean-Baptiste Bedard, passèrent le marché pour la maçonnerie avec André Bergovin dit Langevin et Pierre Bélanger, de Beauport, et les travaux de construction commencèrent dans l'été de cette même année 1827. (1)

(1) Voici 1:1 da + te des diflfcrents marchés pass<^s pour la construction de l'église :

Le 20 février 1828 marché avec Xoôl Dorion pour Icài por.cs et les fenêtres.

Le mèine jour, avec Antoine et Régis Lapointe pour la charpente, les clochers

Le 23 septembre 1828, marché avec Jean Guénard et Etienne Audy pour couvrir en planche.

Le 12 décembre 1828, marché entre Et. Darveau, de Deschambault, et Jean Trudelle, un des syndics, pour 70 mille bardeaux de côdre à ôtre livrés et reçus au Palais, partie çn mai et partie en juin 1829.

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Pendant les travaux de cette construction M. Bedard fit plusieurs fois le tour de la paroisse, ordinairement à pied, pour collecter, dans un petit bas de soie bien connu, les piastres, les écus et les autres petites pièces d'argent (on connaissait peu le papier-monnaie alors) qu'on ne refusait jamais, et qu'on donnait au contraire bien volontiers à ce bon petit Père Bedard qu'on aimait et qu'on vénérait.

En 1828, Joseph Pépin fut engagé en qualité de bedeau, à raison de $32. Ce bedeau, que les anciens de la paroisse ont bien connu, portait la coête. Cet usage de porter la coête, généralement répandu

Le 15 juillet 1829, marché avec Frs. Barbeau pour couvrir eu bardeau, ouvrage a finir soit dans l'année, soit en

Le 31 décembre 1829, marché avec Noël Dorion et Frs. Mngnan pour le plancher de la nef et du chœur.

Le 26 mars 1830, marché avee Charles Pageot pour faire le jubé, les escaliers

Le 19 novembre 1833 marché avec André Paquet pour la voûte — ouvrage à livrer dans deux ans, c'est-à-dire, au 19 novembre 1835.

Le 8 mai 1841 pendant que M. Roy était curé, nouveau marché avec André Paquet pour les tombeaux des autels,

les balustres .André Paquet donne quittance pour le

parfait paiement de tous ses travaux à l'église, le 2 octobre ]849.

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autrefois, commençait alors à devenir de plus en plus rare et n'était conservé que par quelques vieillards. Il est aujourd'hui complè,temënt abandonné et on ne doit pas le regretter, non plus que Tusage des perruques poudrées.

Ce fut Tongtemps l'usage :

On portait longs cheveux comme au temps d'Absolon ; Maintenant on nourrit longue barbe au menton, . £t on se croit plus snge.

La place fixée pour la nouvelle église, resserrée entre le chemin public et un terrain que la fabrique ne pouvait pas posséder, étant à peine suffisante, et les Congrégauistes ne pouvant avoir leur chapelle à la suite de la sacristie, comme avec l'ancienne église, on décida alors de donner un second étage à la sacristie.

Les Congrégauistes donnèrent ^£231. 6 0, ou $925.20 pour ce second étage où jusqu'ici a été leur chapelle qui va bientôt être remplacée par une grande et belle chapelle, au-dessus de la sacristie que l'on est à construire sons l'habile direction du curé actuel de la paroisse, M. Off'mann.

L'église actuelle de Charlesbourg a été consacrée, le 25 mai 1830^ par Mgr Joseph Signay, alors Coadjuteur de Mgr Panet,

en présence d'un grand nombre de prêtres et d'un grand concours du peuple.

Ce fut un jour de fête splendidè, éclairé par un beau soleil, et dont on a longtemps parlé dans la paroisse. Voici la traduction de l'acte qui en fut dressé : ** En l'an du Seigneur 1830, le vingt-cinquième de mai, moi Joseph Signay, Evêque de FuBsala, Coadjuteur du Très-Illustre et Très-Révérend Seigneur Bernard-Claude Panet, Evêque de Québec, ai consacré l'église et l'autel en l'honneur de saint Charles, et ai inclus dans le dit autel des reliques des saints Martyrs Clément, Vital et 'Fidèle, et ai accordé, dans la forme ordinaire de l'église, à tous et chacun des fidèles un an d'indulgence aujourd'hui, et à ceux qui visiteront l'église au jour anniversaire de sa Consécration, quarante jours d'indulgence " (1).

(Signé) t Jos. Evêque de Fussala.

Pour A^rai,

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