‹ Paroisse de CharlesbourgChapitre 3 sur 20 · LE PÈRE GUILLAUME MATHIEU · texte numérisé non relu

LE PÈRE GUILLAUME MATHIEU

1er Desservant connu.

Il faisait les fonctions de curé à Charlesbourg avant la reddition des comptes

(1) Les registres remontent au 21 juillet 1679, et s'ouvrent par l'acte de sépulture de François Vivier, enfant âgé de 21 ans. Le 1er bap^^^éme dont l'acte a été inscrit dans les registres est celui de Thomas Morin, le 6 août 1679.

du premier marguillier connu, Jacques Bedard, le 1 juillet 1615, L'abbé Tanguay, dang son " Répertoire du Clergé Canadien " que nous aurons occasion de citer plusieurs fois, dit que le Père G-uillaume Mathieu, " Jésuite, arrivé le 5 août 1667, fut employé, en 1670, à Sillery, et à Charlesbourg, en 1674. Il partit pour retourner en France, le 6 octobre 1684. " Le Père Mathieu avait pu se procurer pour la paroisse de Charlesbourg deux reliques qui, malheureusement, n'existent plus ; c'était une partie de la robe de Saint Charles et sa propre signature, renfermées dans un buste de ce Saint.

Il avait obtenu ces reliques, le 27 mars 1674, du Père Paul Oliva, général des Jésuites, par l'entremise du Père Calvé, alors procureur de la province de France à Rome. M. de Bernières, Vicaire- Grénéral, avait permis, le 20 octobre suivant, au Père Mathieu, d'exposer ces reliques. C'est tout ce que l'on sait de l'administration de ce premier prêtre connu qui a desservi la paroisse. Le mémoire du Frère Joseph, de la Compagnie de Jésus, dont on va parler et qui fut présenté en ce temps pour le règlement des comptes des Jésuites avec le

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Séminaire de Québec, fait connaître, de plus, que les Jésuites roulaient charger 30 livres au Séminaire pour la nourriture du Père Mathieu pendant qu'il desservit la paroisse ; mais, en fin de compte, cette demande fut abandonnée.

A cette époque donc, c'est-à-dire vers le Y juillet 16^5, les Jésuites abandonnèrent la desserte de la paroisse dont le Séminaire de Québec se chargea, conformément à la volonté de Mgr de Laval, premier Evêque du pays. Par un mandement du 26 mars 1663, sanctionné par le roi de France, au mois d'avril suivant, il avait affecté toutes les dîmes des paroisses au Séminaire de Québec qu'il venait de fonder et qu'il voulait mettre en état de subvenir à ses dépenses, tant pour l'éducation que pour la desserte des cures qu'il voulait lui annexer et dont il voulait le charger. Ce règlement ne fut en vigueur que jusqu'en 1692, où il fut aboli par son successeur, Mgr de St. Vallier (1).

(l) Le roi, en approuvant, en avril 1663, le mandement de Mgr de Laval, qui établissait le Séminaire de Québec, régla ** que tputes les dîmes, de quelque nature qu'elles puissent être, tant de ce qui naît par le travail des hommes que de ce que la terre produit d'elle — même, se payeront seulement de treize une " qu'elles seraient payées

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Ce changement dans la desserte de la paroisse nécessita un règlement des comptes, des recettes et des dépeusea faites par les Jésuites, le Sémiuaire de Québec et les marguilliers. Le Frère Joseph, agissant comme procoreur des Jésuites, présenta un mémoire, (î) le Séminaire en fit autant relativement à ce qu'il avait reçu pour l'église ; les mar-

France, aller ït Mioiir, et (|annd le S* mi nu ire aura fourni tooles les dfpeuspf anmiclles, ce qui pourm resler lie son rcTenu Eïrii eniploj'i' îl lii construction dei églises, en hum6aes et en nutre; banne? cearre!'.

(l> Il lat probable que les WooletB qui avnioni Wtsff lo ' paya aprfs la prise de Québec par les Kcrtk, en ]fi21l, et qui

22 ocl. 167B "ponr tuus les |ui sont iest<!g !t l'(^glieo et

généralemfnt toutes autres choses qui pourraient oi.paricnir

«ui RR. PP. Rdcolelu, quai™ Tingla liïrcs."

Lb mémoire du Frfre Joseph ftait ninsi terinlnl' : " tnules

quitte envers l 'église de CtinrletbourK ('* ('''kIIi'C' juii-eliiement envers luy ainsi que le dit Frfri- In Tl'icjrtmfl ]1ltrM quittance couchée p&r forit sur la fin iti T mars 1880."

guilliers Pierre Cicateau, Olivier Le Roy, Pierre Lefebvre et Pierre Grrolleau, successivement marguilliers, depuis 16Ï5 à 1680, présentèrent aussi leurs comptes et tout fut réglé dans une assemblée des marguilliers, le 24 juin 1680 présidée par

MONSIEUR CHARLES GLANDELET,

2ème Desservant.

Monsieur G-landelet était prêtre du Séminaire de Québec et il est le premier prêtre séculier qui a desservi la paroisse après les Jésuites. Arrivé en Canada au mois d'août 16Y5 il avait été aussitôt chargé de la desserte de Charlesbourg.

Tous les comptes et notes du premier cahier de la fabrique ont été écrits et signés par lui, depuis l'acte de l'élection comme marguillier de Pierre Martel, le 25 mars 16 V8, jusqu'au 18 mai 1681 où ce même Pierre Martel, du village de Saint Joseph, fut réélu de nouveau, parce qu'étant parti pour la France la même année de sa première élection, " sans laisser espérance de retour," dit l'acte, il avait été remplacé l'année suivante.

Par les comptes du Frère Joseph on voit qu'avant le 16 avril 16V5 les Jésuites avaient acheté une cloche, (la première de la paroisse,) qu'ils avaient payée 61 livres (environ $10.20). Elle devait avoir la voix bien faible, cette petite cloche de dix piastres comparée aux riches accords des carillons de plusieurs mille livres qu'il est de mode aujourd'hui d'installer dans lés tours, aux flèches élancées, de nos magnifiques églises.

Dès les premiers temps de la paroisse l'usage de rendre le pain bénit, selon l'expression reçue, était établi, et on rendait au moins ce qu'on appelait des pains bénits de dévotion aux grandes fêtes, car en 16Y5, le Frère Joseph avait donné 3 livres de vingt sous " pour payer Oicateau de deux pains bénits offerts l'un à la Saint-Charles et l'autre à Pâques." Cet usage de rendre le pain bénit, si respectable par son antiquité et par le souvenir des Agapes des premiers chrétiens qu'il rappelait, a été conservé jusqu'à ces derniers temps, et n'a été abandonné qu'à raison des inconvénients et des abus qui s'étaient introduits et dont on parlera plus tard.

M. Œandelet acheta, en 16Y9, le premier calice d'argent que la fabrique a

possédé ; jusque là on s'était servi d'un calice que les Jésuites apportaient avec eux dans leurs missions.

C'est pendant que M. G-landelet desservait la paroisse qu'il est fait mention pour la première fois d'un bedeau, personnage important dans Véglise puisque, suivant la réponse d'un enfant uu jour au catéchisme, c'est lui qui V éclaire et la gou cerne.

On voit, en eifet, par les comptes de Pierre Lefebvre, marguillier, rendant ses comptes du 25 mars 16V8au 3 avril 16 V9, que le premier bedeau connu de la paroisse fut Jean Boismay ou Boismé (1), auquel les marguilliers n'avaient alloué pour gages que 20 francs par année.

C'était peu, mais aussi cette charge n'avait pas alors l'importance qu'elle a

(1) Liste des bedeaux de la paroisse jusqu'à ce jour :

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