‹ Paroisse de Charlesbourg [microforme]Chapitre 20 sur 57 · PR D · texte numérisé non relu

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il fut souvent obligé d’avoir recours au ministère de prêtres étrangers dont plusieurs ont fait des actes dans les régistres.

Le premier vicaire qu'il eut fut M Louis-Marie Brassard, fondateur du coilège de Nicolet, ordonné le 20 septembre 1749, et qui fut vicaire à Charlesbourg depuis le commencement de mars 1750 jusqu'au mois d'août de la même année.

Il fut alors nommé curé de Nicolet où il demeura jusqu'à sa mort, arrivée le 27 décembre 1800, à l’âge de 74 ans.

Le second vicaire de M. Morisseaux fut M. François Bor:1 qui lui succéda plus tard comme curé. Il était né à Avranches, en Normandie, le 12 juin 1727, dit l’abbé Tanguay, fils de Simon Borel et de Marie Jonix, et était venu en Canada n'étant pas encore prêtre Il fut ordonné, le 20 septembre 1755, et fut aussitôt envoyé, comme vicaire, à Charlesbourg où il resta jusqu'à la fin de novembre 1756. Il fut alors nommé curé de Sainte-Foye, car au 8 janvier suivant 1757, dans l'acte d’un baptême qu'il fait à Charlesbourg il prend le titre de “ Missionnaire de Ste-Foye.”

Le troisième vicaire fut M. Michel- Marie Marcou, né à Beauport, le 15 novembre 1734, et ordonné le 30 novembre

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1757. Comme les deux vicaires précédents il fut aussitôt envoyé à ('harlesbourg pour remplacer M. Borel (1).

Dans ces temps anciens la chasse était la récréation de mode et d'usage, car le gibier de toute espèce, gros et petit, abondant presque partout, invitait les disciples de Naint-Hubert à se livrer à ce plaisir Les prêtres souvent aussi aimaient à prendre cette récréation pendant laquelle M. Morisseaux faillit un jour perdre la vie. Il était à la chasse avec son vicaire, M. Marcou, lorsque ce dernier ne voyant pas Son curé, tira un coup de fusil qui l’atteignit à la figure et Jui creva un œil. L'accident n'eut pas de suites plus fâcheuses, mais M. Morisseaux trouva le poivre si piquant qu’il prit la résolution de ne plus s’exposer à en recevoir davantage, et M. Marcou déclara que c'était 1à son dernier coup de fusil.

Le dernier acte que M. Marcou signa, comme vicaire, est du 14 octobre 1760 et

(2) Le 23 novembre 1754, on enterra Pierre Chauveau, “ premier capitaine des compagnies du dit Charlesbourg, ”? mort le 21.

le 20 du même mois, il fait un acte où il s'intitule “ curé de l’Ange-Gardien.”

M. Morisseaux eut besoin d'une manière particulière du secours de son vicaire, M. Marcou, pendant l'invasion du Canada et le siège de Québec, en 1759, car la paroisse de Charlesbourg eut sa grande part des épreuves de cette triste époque de notre histoire. Le curé et son vicaire avaient non seulement à préparer les miliciens qui partaient pour le théâtre de la guerre et à consoler les familles ; mais ils avaient de plus à placer et à pourvoir aux besoins spirituels et temporels d’un grand nombre d'étrangers de l'Ile d’Orléans et de Québec réfugiés dans la paroisse.

“ Dès qu'on eut appris, dit Turcotte dans son histoire de l'Ile d'Orléans, que la flotte anglaise remontait le fleuve, (le gros de cette flotte arriva à l’Ile-aux-

joudres, le 23 juin 1759), les autorités commandèrent aux habitants d’évacuer l'Ile (d'Orléans) immédiatement et de se retirer à Charlesbourg.” C'était bien, en effet, la place la plus convenable car toutes les paroisses des deux côtés du fleuve en bas de Québec devaient rester sans défense et exposées aux ravages de

l'ennemi, tandis que Charlesbourg devait être protégé par les troupes campées entre la rivière Naint-Charles près de Québec et le Sault Montmorency. Des ordres avaient été donnés aussi partout en bas de Québec pour obliger les familles à se retirer dans les bois avec leurs effets, leurs provisions et leurs animaux. C'est ce qui se fit dans la plupart des localités, mais à lIle d'Orléans, la précipitation et la maladresse vec lesquelles le départ se fit causèrent à des centaines de propriétaires plus de tort que l'ennemi en aurait pu faire.

“ Chaque paroisse, ajoute Turcotte, dit adieu en pleurant à ses foyers et se retira à Charlesbourg sous la conduite de son vénérable curé. Des vieillards et des malades y furent transportés sur des lits et ne revirent plus le toit paternel...

Les habitants de l'Ile passèrent dans cet endroit trois longs mois dans la plus grande inquiétude et le plus entier dénuement. Dejà ils pouvaient voir les dégâts et les dévastations que causaient les Anglais qui y avaient établi leur camp.” “ Pendant le siège de Québec, dit l'Abbé Tanguay, M. “Gilles Eudo, curé de Sainte- Famille, se retira à Charlesbourg avec tous ses paroissiens,” et on voit, en

di PAROISSE DE CHARLESBOURG 95 11f effet, par les régistres qu'il fit un baptême, vw | le 23 septembre, et dans l'acte qu'il en à dressa il se donne le titre de * Missionse naire de la Sainte-Famille.” “ | Ilest bien certain que, pendant cette sh E : guerre de la conquête du pays par les 3 rs É Anglais, plusieurs braves habitants de Lu ai Charlesbourg étaient au nombre des mi- «14 le | liciens qui combattirent si vaillamment | et donnèrent si généreusement leur sang se L pour la défense de leur patrie ; mais on À n | ne peut cependant rien constater parles ré- 1% es gistres, car aucun de ceux qui furent tués st “ ne fut enterré à Charlesbourg. Il est ei de certain, par exemple, que Pierre Trudelle, 74) a Î bisaïeul de celui qui écrit ces lignes, fut 14 : À tué au camp du Sault Montmorency, en “ dé 1759, et cependant on ne trouve pas son Les e acte de sépulture (1). 1 k Une note de Mgr Briand, en visite ‘41 à épiscopale à Charlesbourg, le 29 juillet x è 1767, dit : “ Les comptes pendant le siège à et quelenes années auparavant ont été È Ê perdus pendant le siège.” Les comptes sie | f t (1) On conserve précieusement dans la famille la canne fl de jonc avec laquelle il commandait son bataillon et la déco- FE ration en cuivre qu'il portait comme officier et sur laquelle on voit le trou de la balle qui l’a frappé. I

et les actes d'élection des marguilliers manquent en effet, depuis 1750 inclusivement jusqu'à 1760 aussi inclusivement.

C’est une :acune regrettable et qu’il n’est pas possible de remplir. On aime tant à connaître les plus petits détails des évènements de ces temps malheureux dr'::3 lesquels nos ancêtres, dans la paroisse, ont dû jouer un grand role à raison de ieur proximité du principal théâtre de la guerre.

M. Morisseaux eut la douleur de voir des hauteurs de Charlesbourg les désastres du siège de Québec causés par le bombardement du camp de Lévis et par les incendies qu'il allumait. Comme toutes les familles éplorées de la paroisse, dont les parents étaient sur le champ de bataille, il a pu entendre le bruit et voir la fumée du canon des Plaines d'Abraham où tombèrcnt glorieusement plusieurs de ses paroissiens.

On voit encore, dit M. J. M. LeMoine dars son ‘ Album du Touriste,” près de la résidence de M. Parke, sur le chemin de Charlesbourg, des restes de “ l'Ouvrage à Cornes ” où les soldats du Béarn et autres se réunirent après la bataille des Plaines d'Abraham, “ à la brunante pour

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en défiler par détachements épars, confus et pleins de panique, par le chemin de Charlesbourg, courant vers les hauteurs de la Jeune-Lorette, puis à travers l’Aneienne-Loretite, et rejoignant, épuisés de fatigue et désorg'anisés, Bougainvilie près du Cap Roug. au point du jour, le 14 septembre 1759.”

Dans ce’ Ouvrage à Cornes il y avait une petite maison où le Gouverneur Vaadreuii et l'Intendant Bigot s’assemblérent, avec d’autres ofliciers, pour jeter les bases d’une capitulation.

# En 1539, dit à ce propos M. J. M.

LeMoine, Jacques-Cartier plaçait en hivernement, à l'embouchure de la rivière Lairet, vis-à-vis de la Pointe-aax-Lièvres, la Granre et la Pelite Hermine, à où M.

Jos. Hamel en découvrait les restes en 184? sur les rives du Saint-Charles ; c’est là ie berceau de la domination française.

Deux siècles et demi plus tard. le méme site pouvait en être considéré le tombeau.

On sonnai le glas de Ia France, pres du lieu où naguère avait été érigée la Croix, par laquelle François I prenait possession du pays ; on délibérait de la reddition de la colonie.”

Pendant le siège de 1759, M. Morisseaux eut :e bonheur de donner l'hospitalité à

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Mgr de Pontbriand dont la cataédrale et le palais épiscopal étaient incendiés et qui voulait demeurer libre de communiquer avec le reste de son vaste diocèse, “ L'Evêque de Québec, dit l'Abbé Ferland, depuis le mois de juillet avait fixé sa résidence à Charlesbourg ; à la fin de septembre il se retira à Montréal, d'où, le neuf de novembre, il écrivait au ministre pour lui dire son avis sur la conduite de M. de Vaudreuil” Il lui disait, entre autres choses, qu'on avait un tort infini de Jui attribuer nos malheurs. Mer de Pontbriand, cependant descendit de Charlesbourg: à Québec, probablement pendant la bataille des Plaines d'Abraham, car, suivant l'Histoire des Ursulines, il était dans cette ville, le 13 septembre, puisqu'il administra ce jour 1à le Général Montcalm qui mourut le lendemain. Les portes de la ville furent ouvertes ie T8,

À sa lettre au ministre Mgr de Pontbriand joignit un mémoire qu'il donne comine étant une description imparfaite de la misère du Canada à la prise du pays par les Anglais, et que nous reproduisons ici en grande partie, afin de nous rappeler ce qu'eurent alors à souffrir les habitants de Charlesbourg qui avaient de plus sous

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leurs yeux le triste spectacle de la ville de Québec presqu’entièrement détruite.

Québec, dit ce mémoire, a été bombardé et canonné pendant l'espace de deux mois ; cent quatre-vingt maisons ont été incendiées Dar les pots-à-feu ; toutes les autres criblées par le canon et les boribes. Les murs, de six pieds d’épaisseur, n'ont pas résisté; les voutes,dans lesquelles les particuliers avaient mis leurs effets, ont été brüiées, écrasées et pillées, pendant et après le sièse. L'église cathédrale a été entièrement consumée. Dans le Séminaire 1l ne reste de logeable que la cuisine où se retire le curé ae Québec avec son vicaire. Cette communauté a souflert des pertes plus grandes hors de la ville où l'ennemi lui a brülé quatre fermes et trois moulins considérables qui faisaient presque tout sonrevenu. L'église de la Basse-Ville est entièrement détruite ; (1) ceiles des Récollets, des Jésuites et du Séminaire sont hors d'état de servir sans de très-grandes réparations. Il n’y a que celle des Ursulines où l’on peut faire l'office avec quelque décence, quoique les

(1) Une seule maison restait dobout à la Basse-Vilie, dit l’annaliste des Ursulines.

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Anglais s'en servent pour quelques cérémonies extraordinaires. Cette communauté et celle des Hospitalières (Hôtel Dieu) ont été aussi fort endommagées ; elles n’ont point de vivres, toutes leurs terres avant été ravagées. Cependant les religieuses ont trouvé moyen de s'y loger tant bien que mal, après avoir passé tout le temps du siège à l'Hôpital-Grénéral.

L'Hôtel-Dieu est infiniment resserré parce que les malades Anglais y sont. Ily a quatre ans que cette communauté avait bruüulé entièrement. Le palais épiscopal est presque détruit et ne fournit pas un seul appartement logeable ; les voûtes ont été pillées. Les maisons des*Ré’ollets et des Jésuites sont à peu près dans la même situation ; les Anglais y ont cependant fait quelques réparations pour y loger des troupes ; 1ls se sont emparés des maisons de la ville les moins endommagées ; ils chassent même de chez eux les bourgeois qui, à force d'argent, ont fait raccommoder quelque appartement, ou les y mettent si à l’étroit par le nombre de soldats qu'ils y logent, que presque tous sont obligés d'abandonner cette ville malheureuse, et ils le font d'autant plus volontiers que les Anglais ne veulent

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rien vendre que pour de l'argent monnayé, et l’on sait que la monnaie du pays n’est que du papier. Les prêtres du Séminaire, les chanoines, les Jésuites, sont dispersés dans le peu de pays qui n’est pas encore sous la domination Anglaise,; les particuliers de la ville sonx 3 bois pour leur hivernement, sans pain, sens farine, sans viande, et ne vivent que du peu de biscuit et de lard que le soldat Anglais leur vend de sa ration. Telle est l'extrémité où sont réduits les meilleurs bourgeois.”

‘“ Les campagnes ne fournissent point de ressources et sont peut-être aussi à plaindre que la ville même. Toute la côte de Beaupré et l'Ile d'Orléans ont été détruites avant la fin du siège; les granges, les maisons des habitants, les presbytères ont été incendiés ; les bestiaux qui restalent, enlevés; ceux qui avaient été transportés au-dessus de Québec ont presque tous été pris pour subsistance de notre armée; de sorte que le pauvre habitant qui retourne sur sa terre avec sa femme et ses enfants, sera obligé de se cabaner à la façon des sauvages. Leur récolte qu’ils n’ont pu faire qu'en en donnant la moitié, sera exposée

aux injures de l’air, ainsi que leurs animaux; les caches qu’on avait faites dans les bois, ont été decouvertes par l’ennemi, et par là l'habitant est sans hardes, sans meubles, sans charrue et sans outils pour travailler la terre et couper les bois. Les églises, au nombre de dix, ont été conservées ; mais les fenêtres, les portes, les autels, les statues, les tabernacles ont été brisés. La mission des sauvages Abénakis de Saint François a été entièrement détruite par un parti d'Anglais et de Nauvages ; 1ls y ont volé tous les ornements et Îles vases sacrés, ont jeté par terre les hosties consacrées, ont égoroé une trentaine de personnes, dont plus de vingt femmes et enfants.” ‘ De l’autre côté de Ia rivière, au sud,

il y a environ trente-six lieues de pays établi qui ont eté à peu près également

avagées et qui comptent dix-neuf paroisses dont le plus grand nombre à été détruit. Ce squartiers n° ontaucune denrée à vendre et ne seront pas rétablis d'ici à plus de vingt ans dans leur ancien état.

L'année prochaine il sera difficile d’ensemencer parcequ'il n’y a pas de labour de fait. J’atteste que, dans cette description de nos malheurs, il n’y a rien d’exa-

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géré, et je supplie nos Neigneurs les Évéques et les personnes charitables de faire quelques eflorts en notre faveur.

Le 5 novembre 1759.”

“ Le vénérable Evèque, dit l'Abbé Fer- Jand, ne vécut pas longtemps après la prise de Québec; miné par ses travaux continuels et par le chagrin de voir sa ville épiscopale aux mains des ennemis de sa patrie, il mourut, le 6 juin 1760, à Montréal où il s'était retiré après la défaite de l’armée française devant Québec,” et où il fut enterré, le 10 du même mois.

La paroisse de Charles} 1re n'eut pas

Je malheur d'être ravagée par l'ennemi,

comme la côte de Beaupré, la côte du Sud, l'Ile d'Orléans et la Baie Saint-Paul, mais elle fut exposée au pillage des régiments irançais et des soldats de la milice canadienne qui campalent entre Québec et le Sault Montmorency.

Ces soldats et ces miliciens, poussés à bout par la misère et les privations de tout genre causées par la mauvaise administration et les malversat'ons de l’Iniendant Bigot et de ses amis, commettaient eux-mêmes des déprédations od'euses dont une femme de Charlesbourg eut la hardiesse d'aller se plaindre à Montcalm lui-même.

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Voici à ce propos ce au’on lit dans les documents publiés par O’Callaghan, (vol.

10, p. 1044) : “ Les Canadiens qui, avec leur valeur, leur adresse et leur docilité bien dirigées, sont capables de tout, tombèrent insensiblement dans lapathie et M. de Montcalm, de son coté, était assez peu citoyen pour s'autoriser en quelque sorte de cela pour permettre à ses troupes d'abandonner toute espèce de discipline ; le soldat finit par méconnaitre l'officier qui, lui-même, devint insubordonné ; il s'en suivit toute espèce de désordres ; il n'y eut plus de régularité ni d’exactitude dans le service; on ne peut s'imaginer les dévastations commises par les troupes dans les districts ruraux où campait l’armée; on fit des plantes ; le général répondit que tout dépendait des soldats et ces derniers, informés de la chose, se mirent à parcourir le pays, à deux ou trois lieues à la ronde. C’est à cette occasion qu'une femme, un jour d'alarme, reprochait à M. de Montcalm la liberté avec laquelle il laissait ses soldats faire le: pillage du bétail, des volailles, des jardins, des plantations de tabac, et même du blé, et lui dit aux quartiers de M. de Vaudreuil, en présence de vingt officiers,

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qu'il aurait 500 soldats de moins à opposer aux forces de l’annemi, dont on attendait une attaque à tout moment, s’il ne se hâtait pas de faire battre la générale à Charlesbourg, environ 2 lieues dansl'intérieur, où ils étaient activement au pillage, même de l’intérieur des maisons.”

“ Les officiers de l’armée régulière, pour se justifier des désordres commis par les soldats, répondirent à toutes les plaintes qu'on leur fit, que les soldats mouraient de faim.” Ce document ue doit être admis que sous bénéfice d'inventaire,

Commehisterien ou,si l’on veut, comme chroniqueur de Charlesbourg, 11ne nous est pas permis de parler de Montcalm sans dire un mot d'un ancien habitant de cette paroisse qui eut, pendant quelques années, des rapports avec Jui et dont le nom, tiré des cachots de l'oubli par nos deux infatigables archéologues, Jacques Viger et Faribault, vient d'être illustré devant la Société Royale par un autre archéologue distingué, l'abbé Tangœuay. Nous voulons parler de Joseph Barbeau qui fut, pendant trois ans, le cocher, ou plutôt le piqueur, du Marquis de Montcalm qui l'avait pris en estime particulière et auquel il avait conlié le

soin de ses chevaux sur les plaines d’Abräham. Il était né à Charlesbourg de Joseph Barbeau et de Marie Joseph Loisel, le 7 octobre 1741, s'était inarié à Terreee le 21 août 1769, et est mort à Nainte Thérèse, en 1828, à l’âce de 88 ans, 10 mois et 18 jours, après 59 ans de mariage.

La “ Gazette de Québec ” du 2 octobre 1828 a publié de lui la nctice suivante :

“ Décédé à Ste Thérèse un nommé Joseph Barbeau.........qui avait été cocher, pendant trois ans, du Général le Marquis de Montcalm qu "il avait acc ompagné avec des chevaux de selle au champ de bataille, sur les plaines d'Abraham. Il était né à Cd près de Québec...” L'abbé Tanguav, après avoir fait remarquer que Barbeau, pendant lestrois années qu'il fut au service de Montcalm, a dû l'accompagner à Chouaguen, au Fort George et à Carillon, fait les réflexions suivantes que nous aimons à reproduire ici: “A ce titre sa mémoire doit, aux yeux des Canadiens, rester enveloppée dans un rayon de la gloire de son maître.

“ On dirait que c’est pour conserver cette gloire dans tout son éclat, pour éviter en quelque sorte de la ternir au contact des vainqueurs, que Joseph Bar-

beau se retira bien loin de Québec, aux extrémités, on peut dire, des habitations françaises, là où rien ne pouvait plus lui rappeler le souvenir douloureux du drame des pleines d'Abraham.

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