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LE CHATEAU-BIGOT

Nous avons dit quelque chose des malversations de l’Intendant Bisot : c’est le temps et l’à-propos de parler de la résidence à Charlesbourg de cet homme dont le nom, cloué pour toujours au pilori de lhistoire des dernières années de Ta domination franvaise, est inséparable du récit des malheurs de cette époque qu'on lui attribue en grande partie et avec raison. Cette antique demeure, dont 1l ne reste plus que des ruines, a été bâtie suivant quelques-uns, (car l’histoire ne nous apprend ni par qui, ni en quel temps cette bâtisse a été faite) il y a plus de deux cents ans par le premier Intendant Talon et a été connue sous les noms d'Hermitage, de Maison de la Montagne, de Beaumanoir et surtout de Chäteau-Bigot que lui a légué l’Intendant Bigot en le rendant tristement célèbre par le séjour qu'il y a fait. “ S'il est dans les environs

de Québec, dit Marmette, un site dont le seul nom fasse lever dans l'imagination toute une volée de souvenirs légendaires, c'est certainement Beaumanoir ou le Château-Bigot.” La publication dans ces dernières années des légendes du Chien d'Or, de Kirby, de l'Intendant Bigot, de Marmette, du Chéteau de Beaumanoir, de Rousseau... est venu raviver le souvenir de cette mystérieuse demeure et lui donner un nouvel intérêt.

Nous sommes heureux de pouvoir faire ici plusieurs citations extraites d'une intéressante Conférence inédite, lue à Charlesbourg, au mois d'août 1884, par M. Phil. Jolicœur, sur le Château-Bigot.

“ Il existe, dit-il, en cemmençant sa Conférence, au pied de la montagne, dans un site tout-à-fait isolé sous les bois, une mâsure antique, connue à cent lieues à la ronde et qui a bien fait parler d'elle...

Beaucoup d'étrangers, en promenade à Québec, ne manque::i point de pousser une pointe vers Ch:"esbourg pour voir le Château-Bigot que d’ autres appellent tantôt Beaumanoir, tantôt Hermitage et que les anciens de Ja paroisse appelaient Maison de la Montagne. Ce qui attire les étrangers vers ce lieu, c’est le mystère

dont il est environné, ce sont les lésendes et les contes auxquels il a donné lieu et parce qu'il a excité la verve de plus d’un romancier... à

Ce terrain faisait d'abord partie du Fiet de la Trinité et avait été originairement concédé (entre 1640 et 1650) à M. Denis, de La Rochelle, en France. Cette seigneurie fut ensuite vendue à Mgr de Laval. Lorsque plus tard l’Intendant Talon voulut former sa Seigneurie des Islets (ce sont les deux petites presqu'iles près de l’'Hôpital-Grénéral) que lui avaient accordée Louis XIV et Colbert, et à laquelle il donna le nom de Burontie d'Orsainville (1), comprenant de plus les trois villes de Bourgz-Royal, Bourg:-la- Reine et Bourg-Talon (2), il y joignit certaines parties du Fief de la Trinité et, etre autres, le terrain sur lequel a été bâti le Château-Bigot.

Dès son arrivée dans le pays, en 1665, l’Intendant Talon avait formé à Charles-

() Mgr de Saint-Vallier donna à l’Hôpital-Général le Fief d'Orsainville, le 8 janvier 1678.

(2) Le Bourg Talon est probablement ce qui est appelé Fief Grand Pré ou Fief Bégon sur le plan de Churlesbourg de 1754 et sur lequel Fief sont les restes du Château-Bigot.

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