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La HBRennissance De 1760 à 1800
En donnant le nom de Renaissance à l'époque de l’histoire du pays en général, et de la paroïiese de Charlesbourg en particulier, écoulée depuis la conquête jusqu'au commencement de ce siecle, nous ne voulons pas lui donner la même signification que celle que l’on donne au même nom appliqué en Europe à l’époque qui a suivi le Moyen-Age, bien que sous quelque rapport elle lui ressemble un peu ; mais parce que, après les malheurs des dernières années de la domination française, le petit peuple Canadien, que la plupart de ses chefs avaient abandonné pour se retirer en France ; qui ne comptait que soixante et dix mille âmes ; n'ayant plus à sa tête qu'un clergé décimé et sans évêque pour le recruter ; destiné en apparance à être anéanti par ses nouveaux maîtres, ennemis de sa religion, de sa langue et de sa nationalité; parce que ce petit peuple Canadien, disons-nous, commença alors, avec courage et persé-
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vérance, le travail de sa renaissance, de sa conservation et de son étonnant agrandissement.
Après la cessation des hostilités, ce peuple de héros, qui s'était si généreusement soumis aux plus gr: ands sacrifices et s'était montré si brave, rentra triste et silencieux dans ses foyers où régnaient la pauvreté et le décourasement., Mais ilne tarda pas à se relever de son abattement et à reprendre ce courage héréditaire qu'on aime tant à admirer dans les fondateurs de la colonie. Il commence d'bord, sous la patriotique et intelli œente direction du clergé, à réparer les malheurs de la œuerre, puis à s'exercer à ce travail de rehabilitation qui devait le préparer à ces luttes qu’il a eu à soutenir pour défendre “ Nos institutions, notre langue et nos lois”, et dont le récit forme une des plus belles pages de notre histoire.
Les peuples, comme les individus, se résignent bien difficilement à l’anéantissement et à la mort ; et comme Nos pères sortis de la France, étaient l'élite des guerriers, ” ils montrèrent duns les combats qu'ils eurent à livrer pour reconquérir leur liberté et pour. assurer leur
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existence, mais une existence honorable, comme peuple, le mème courage qu'ils avaient montré sur les champs de bataille, Chaque individu, chaque famille, chaque paroisse, comme autant d'abeilles et de ruches d'abeilles, travailla à réparer les malheurs de la guerre d'abord, puis à créer l’organisation nécessaire pour maintenirses droits, pour introduire le progrès en toute chose et pour préparer la position étonnante et vraiment digne d'envie que nous occupons aujourd 41 dans notre cher Canada, que deux o:éans ont peine à retenir dans les bornes qu'il veut toujours agrandir.
La paroisse de Charlesbourg n’est pas restée en arrière dans ce travail de régénération et de renaissance, Comme nous allons le voir.
M. Morisseaux était toujours curé de Charlesbourg et, aussitôt après la capitulation de Montréal et le retour des miliciens de la paroisse dans leurs demeures, il se mit à l’œuvre pour mettre ordre aux affaires de la fabrique forcément négligées à cause des préocupations de la guerre, et aussi pour faire renaître le courage dans l'âme de ses paroissiens dont plu-
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sieurs avaient à pleurer la mort d’un parent cu d’un ami.
Un des premiers devoirs qu'il eut à remplir et que la reconnaissance imposait fut de chanter un service (1), par ordre du Grand-Vicaire Briand, pour le repos de l'âme de Mer de Pontbrian( qui. comme nous l'avons vu, était mort le 8 juin 1760, On sait que pendant près de trois ans le siècwe épiscopal de Québec demeura racant. Le Général Murray, qui croyait pot voir s'occuper de la nomination d’un évêque et imposer au besoin son velo, ne voulut pas accepter M de Montgolfier que le Chapitre avait choisi, le 15 septembre 1763. mais il admit M. Briand, Vicaire Général, qui, au mois de novembre de la même année * passa en Angleterre pour solliciter là permission d'aller en France pour obtentr ses bulles du Souverain Pontife et pour s'y faire sacrer,” dit l’abbé Ferland. Premières misères et premières luttes pour obtenir les libertés religieuses dont nous jouissons aujourd’hui. La fabrique de Charlesbourg contribua, selon ses faibles moyens d'alors, aux dépenses de ce voyage, comme en fait foi la note sui-
(1) Pour lequel la fabrique paya 90 livres.
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vante qu'on trouve dans les comptes de 1763 : “ Remis à Monsieur le Vicaire Général Briand, et par son ordre, comme il appert par un reçu de sa main, inclus dans le coffre-fort, et accepté dans une délibération du curé et des marguilliers à ce assemblés, soixante livres pour une députation en Angleterre aux fins d’obtenir un évêque.”
Une des grandes misères du temps dont nous nous occupons était la rareté de l'argent monnayé et le peu de valeur, ou plutôt la non vaieur, de Ja monnaie de papier dont personne ne voulait. On prit la résolution le 6 janvier 1764 d’'envoyer à Londres, à tout risque, la monnaie de papier qui était alors au coffre-fort de la fabrique.
“Quant aux ordonnances et cartes qui étaient les années précédentes dans le coffre-fort, est-1}dit, elles ont été envoyées à londres après les avoir fait enregistrer suivant l'ordonnance et témoisnage ou reçu de celui qui s'en est chargé pour les remettre à ui facteur sol able et capable d'en faire le remboursement au tot aui sera réglé.” On ne voit pas quel fut le résultat de cette décision qui fait connaitre toutefois un des nombreux embarras de ce temps.
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Le 6 janvier 1761 M. Morisseaux avait fait une assemblée des marguilliers au presbytère pour l'élection d'un nouveau marguillier et on y voit pris, relativement aux comptes, une décision qui jette quelque jour, sur cette époque critique de l'histoire du pays et que, pour cette raison, nous croyons devoir rapporter ici en entier : “ En égard aux circonstances de la guerre, les comptes de l’année précédente n’ont pu être clos. Les deniers cependant rentrés en Géduction des dépenses qui avaient été faites, les livres de comptes de fabrique ayant été perdus, tant pour Les receptes que pour les dépenses de l’année ré volne, partie et majeure partie des receptes faites en pi iplers et sols marqués neufs et vieux, impossible de rappeler à la mémoire les receptes et dépenses des susdits livres de comptes perdus, à été ainsi arrêté qu'on ne tiendrait compte pour recommencer nn nouveau livre et une nouvelle forme que de ce qui se trouvera présent dans la boitte de l'église en argent monnoyé et ayant cours, sur quoy seront soldées les dépenses créées à la connaissance du Sieur curé et des marguilliers. Le reste non rentré comme reçu ou non à venir, tant par la
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rareté de cet argent du cours que par considération pour plusieurs tombés dans une extrême pauvreté. Pour les cartes, billets et sols marqués de deux espèces 11s demeureront dans la ditte boitte comme argent mort dont seulement connaissance sera donnée à la ditte assemblée et aucun marguillier n'en seracharwe.” Ainsy fait.
Puis à la suite de cet acte on donne en détail le montant de cet argent more, où papier monnaie, qui s'élevait à 1334?
5 Perte réelle d'autant.
Et on ajouteensuite: * Le susdit argent mort faisant le revenu entier de l'année cinquante neufet partie de soixante ; It voicy l'excédent de Ia ditte année soixante en monnoye ayant cours.” Le 12 avril suivant 1761 les comptes furent elos et 1l se trouva que cet excédent était un déficit de 9'Ps (1).
On voit par les comptes de 1761, rendus le 6 janvier 1762, que déjà alors la mon-
(1) Pourtant on avait bien tout entré dans la recette dont le premier item cot ainsi donné : ‘ Pour la rente des bancs en piastres et chelins deux cent dix huit livres... partie en quelque peu de sols marqués et partie en pauvreté et bonne foi de la part des tenanciers par le défaut des comptes
de l’église. ”?
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naie anglaise, même avant le traité de paix, cireulait dans le pays car le premier item de Ïa recette porte : “ Des questes de lPannée en monnoye ayant cours y compris le sol anglais.”
En tête du registre des actes de Baptême qui commence le à novembre 1764 M.
Morisseaux a placé la note suivante que nous croyons devoir aussi reproduire ici en entier :--*Le dérancement de la police française en Canada occasionné par les troubles d'une guerre qui à duré plusieurs années consécutives et en suivant ia prise absolue du dit Canada ayant obvié à l'exécution de lordonnance qui prescrit à Messieurs les curés, vicaires, missionnaires et autres obligation de faire coter, parapher par le juge principal ou son subdélécué le procureur du roy, les régistres des baptêmes, mariages et sépultures des paroisses qu'ils ont à leur direction, et, entendu que, depuis la prise du dit Canada la police anglaise n'a, en conséquence, fait aucun règlement, rendu aucune ordonnance, assioné ni le lieu, ni les personnes à cet etfet requis; Je soussioné, prêtre missionnaire de Charlesbourg, de lapprobation &e M.
Jean Olivier Briant, chanoine Vicaire
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Général, sede vacante, ay pour la conserration de l'authenticité des régistres du dit Charlesbourg et jusqu'à nouveau règlement, ay dis-je coté, paraphé de ma main par premier et dernier feuillet les présents régistres doubles pour être reconnus vrays et légitimes quant aux baptémes, mariages, sépultures et autres actes en iceux inscrits suivant le nombre des années qu'ils renferment.”
Au dit Charlesbourg le premier janvier 1761, Morisseaux ptre. Aïnsi porté à la tête du présent le cinq novembre
MORISSEAUX, ptre.
M. Borel qui succéda à M. Morisseaux ne suivit pas son exemple et ne parapha pas Îles récistres Iui-mème, mais 1l inscrivit les actes dans des régistres non paraphés, et cela jusqu’au 31 décemire 1785 où le régistre pour l’année 1786 et les années suivantes fut paraphé par P.
Panet.
Le dernier régistre de la naroïisse sous la domination française avait été paraphé par François Daine, Conseiller du roi Lieutenant Général civil et criminel au siége de la prévoté de Québec, le premier
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