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naissance est le grand patriote Pierre Bedard, (cousin de M. le curé Bedard, ét non son frére, comme dit Garneau), membre de la chambre d’assemblée et mort juge provincial du district des Trois- Rivières.
“ Entré au parlement en 1791, dit l’auteur de l'Histoire de cinquante ans, T: P. Bedard, il n'avait pas tardé à passer au premier rang du parti canadien qu’il avait ensuite dirigé pendant tout le temps de sa carrière parlementaire. Doué d’une intelligence d'élite, connaissant à fond le système politique constitutionnel, il savait mettre à profit ses connaissances légales et parlementaires dont il avait fait une étude spéciale ; ces avantages joints à une éloquence mâle et sévère, expliquent l’ascendant extraordinaire qu'il sut exercer sur ses compatriotes tant dans l'assemblée que pariai le peuple.
À une figure dont les traits, fortement prononcés, étaient irréguliers et durs, dit Garneau, 1i joignait un maintient peu gracieux ct un extérieur très négligé. Bizarre et insouciant par caractère, 1l prenait peu d'intérêt à la plupart des matières qu'il discutait dans la Chambre et, en général, il parlait négli-
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gemment; mais lorsqu'une question attirait vivement son esprit, il sortait de son indifférence avec une agitation presque fébrile. Embrassant d'un coup d'œil son sujet, 1l l’abordait largement, mais non sans quelqu'embarras ; en commençant sa parole était difficile et saccadée, mais bientôt la figure énergique de l'orateur s’animait, sa voix devenait ferme et puissante ; de ce moment sa phrase jaillissait avec abondance et avec éclat. Il combattait ses adversaires avec une force de logique irrésistible, et rien n'était capable d’intimider son courage ou de faire fléchir ses convictions.”
Il fut, en 1806, un des fondadeurs du Canadien dont les articles indépendants déplurent tellement au gouverneur Craig qu'il retrancha ses fondateurs, c’est-àdire, Bedard, Panet, Taschereau, Blanchet et Borgia, de la liste des officiers de milice, en 1808. Cela n’empêcha pas Bedard de proclamer le premier, l’année suivante, en plein parlement la nécessiré d’un ministère responsable, au grand scandale de Craig et de la bureaucratie anglaise qui l’environnait et l’avisait. On finit par faire saisir le Canadien etemprisonner Bedard, Taschereau et Blanchet, le 19
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