RÉPONSE A MES CALOMNIATEURS
et surtout celui des hôpitaux de l'intérieur. Dans tous les séjours que j'ai faits à l'hôpital, j'en ai été entouré : les infirmiers, les vaguemestres, et même les cyclistes et les concierges étaient des prêtres.
Je dis et je maintiens donc qu'il n'est pas possible à un homme de bonne foi de prétendre que, pendant cette guerre, le clergé mobilisé a partagé la vie et les souffrances des simples soldats. JJ '"4^M
Si j'ai peu parlé des officiers dans Le Feu, c'est que ce livre a la prétention de représenter surtout le point de vue du simple soldat. Il n y a rien, d'ailleurs, dans les quelques phrases assez anodines et inoffensives dans la bouche de mes camarades, qui porte atteinte au prestige des officiers. Je m'honore de l'estime et de l'amitié d'un très grand qombre d'officiers. J'en ai connu de bons, de braves, et d'intelligents, et je n'ai nullement pour eux ce mépris général — et qui serait inepte — que m'attribue le missionnaire du gouvernement français. Mais les officiers que je connais et que j'aime ne sont pas ceux qui sont d'avis qu'on édulcore — c'est-à-dire en bon français qu'on étouffe — la vérité, et qu'on fasse marcher les soldats à coups d'idées fausses et d'images camouflées. Ils sont imbus de la foi démocratique et républicaine. Elle leur suffit, comme à leurs compa-
gnons qui sont dans les rangs, pour être de vrais héros et de vrais hpmmes.
En réalité, je le répète, toutes ces attaques font partie d'une campagne organisée pour détacher les forces démocratiques de leurs amis et de leurs défenseurs. Cela est de la politique — et de la plus basse — conduite sournoisement à un moment où ceux qui s'y consacrent ont l'audace de clamer le plus fort à l'Union Sacrée.
Cela peut irriter, mais cela ne découragera pas les hommes qui croient au vaste idéal qu'au-dessus de la mêlée du monde a proclamé magnifiquement le président Wilson. Je considère comme une gloire d'avoir été l'un des Français ayant parlé exactement dans le même sens que cette grande voix, et je défie qu'on me montre dans mon livre un seul passage sur les buts de guerre et les conditions de la paix qui ne soit pas conforme aux principes dictés par elle.
Pour ces raisons, j'élève la protestation d'un honnête homme, d'un écrivain probe et d'un démocrate sincère, contre les agissements des beaux officiers de salles de conférences qui, aux frais des contribuables français, vont à l'étranger se faire les instruments de la propagande réactionnaire. Mes frères du front ne s'y tromperont pas.
ApX SURVIVANTS
Il y a quelques mois, nous avons adressé un appel aux anciens combattants républicains pour les adjurer de se compter, de se réunir, et de veiller à la réalisation de leur volonté commune. Ces bonnes volontés sont venues les unes aux autres. Notre Association Républicaine s'est fbndée, a prospéré, grâce aux efforts d'admirables camarades, parmi lesquels il faut tout au moins nommer Raymond Lefebvre et Vaillant-Couturier, qui furent les promoteurs et les âmes ardentes de ce mouvement. Sur divers points de la France, des sections se son créées. L'Association s'est changée en fédération, elle conjuge amicalement ses efforts avec ceux de l'Association Ouvrière des Mutilés. Elle est devenue la puissance grandissante qu il faut qu'elle, soit. Au sein de la profonde famillr des blessés, des mutilés, des réformés de la
guerre, où sa place est marquée distinctement, elle a véqu sa vie, et ébauché son œuvre : l'œuvre de solidarité et l'œuvre de progrès, celle du présent et celle de l'avenir.
Son succès lui fait une loi de s'accroître encore, et devant les riches et vivants résultats acquis, nous adressons un nouvel appel à ceux qui furent soldats. Nous demandons à ces camarades d'hier d'être, par le cœur, par l'esprit et par l'action, nos camarades d'aujourd'hui. Venez à nous : nous avons tous besoin les uns des autres.
A ceux qui pourraient et qui devraient renforcer nos rangs, et qui ne le font pa$ parce qu'ils ne nous connaissent pas assez, je veux affirmer notre but, qui est précis v qui est solidement net et clair.
Certes, puisque nous groupons des hommes dont les besoins et les revendications sont nombreuses et urgentes, notre premier souci doit être d'aider les revenants de la tuerie à recommencer leur vie, et de défendre les droits de ceux qui ont accompli un tel devoir. Cette tâche primordiale et pressante de guide, de conseiller et d'avocat, l'A. R. A. C. n'y a pas failli.
Mais ce n'est là qu'une partie de la mission que nous avons assumée. Cette mission est également politique.
On nous le reproche. Je ne parle pas de récri-
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