NOUS ACCUSONS
J'accuse!... C'est par ce cri qu'en 1898 un honnête homme a attaqué les forces sociales formidablos qui s'attachaient à déshonorer un innocent pour l'assassiner.
C'est par ce cri que d'honnêtes gens s'élèvent aujourd'hui du fond de leur conscience contre la réaction internationale qui, pour de monstrueuses raisons d'intérêt de classe, .pour le salut de ses vieux privilèges barbares, a entrepris de déshonorer et d'assassiner, par la famine et par les armes, la grande république russe coupable d'avoir réalisé son rêve d'affranchissement.
iNOUS ACCUSONS les dirigeants de la France, de l'Angleterre, de l'Amérique d'avoir — pour accomplir impunément, avec le sang et l'argent des peuples encore asservis, ce suprême effort
antisocialiste et antihumain — créé une campagne abominable de calomnie vis-à-vis du bolchevisme, d'avoir empêché, par les moyens les plus vils et les plus arbitraires, la vérité de se répandre, d'avoir déformé et falsifié les faits (comme vis-à-vis d'un Dreyfus ou d'un Caillaux), d'avoir empoisonné l'opinion publique, afin de contraindre les masses populaires à s'acharner contre leur propre cause ; d'avoir menti aux peuples pour pouvoir les trahir.
NOUS ACCUSONS le consortium international des impérialistes, des militaristes et des marchands d'avoir honteusement, au moyen de la voix vénale des grands journaux, présenté comme un régime de désordre une constitution intégralement socialiste. La loi organique de la République des Soviets en Russie existe, malgré tout, et chacun peut, maintenant, la lire. Elle est ba^ée sur l'égalité et la loi du travail; elle institue la communauté des travailleurs russes et leur assure le pouvoir direct. Elle proclame l'internationalité des prolétariats. Quelles que soient les libres préférences de chacun, nous devons tous dire que non seulement ces principes fondamentaux ne sont pas co^ntraires à la raison et à la justice, mais qu'aux yeux des hommes les plus sensés et les plus loyaux, ils apparaissent comme seuls susceptibles d'en-