DE L'ASSOCIATION RÉPUBLICAINE
Camarades, l'Association républicaine des Anciens Combattants vous a conviés ici ce soir, en cette réunion ouverte, et qui sera contradictoire autant qu'on le voudra, pour prendre contact avec l'opinion publique à la veille de la lutte électorale et affirmer une fois de plus ce qu'elle est et ce qu'elle veut.
Avant de donner la parole aux orateurs sur les questions à l'ordre du jour, je ne peux pas ne pas évoquer, comme je saisirai désormais chaque occasion de le faire, les événements
1. Meeting de l'Association R,épublicaine des Anciecs Combattants, salle de l'Union des Syndicats (octobre 1919.)
180 PAKOLES D'UN COMBATTANT
immenses sur lesquels nous avons tous en ce moment les yeux et les âmes fixés avec tan d'angoisse : les événements de Russie.
Ces événements se précipitent avec une rapidité tragique. Le temps des discours, des vœux, est passé. On a dit tout ce qu'on pouvait dire.
Nous savons tous à quoi nous en tenir sur les mobiles et les conséquences de cette guerre de classes. Nous savons que depuis des siècles les peuples vivaient dans l'esclavage, que depuis deux ans, jour pour jour, la révolution a enfin éclaté dans le monde entier, que les révolutionnaires sont là-bas à se débattre et à agoniser, ET QUE LES CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRES, c'eST
NOUS ! Nous, les « démocraties » occidentales, nous, les célèbres vieilles démocraties !
Il ne faut pas que nous nous imaginions que nous remplissons tout notre devoir parce que nous nous préparons à célébrer dignement des cérémonies de deuil et à prononcer de belles oraisons funèbres !
Nous avons bien crié, nous : « Paix à la Russie ! » et nous l'avons même affiché sur les murs. Mais, dans certains cas, les paroles qui