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mystères insondables de la Providence? Ce ne sont pas les spéculations théologiques de ce genre qui nous donneront la vie spirituelle après laquelle nous soupirons. Le fond solide sur lequel nous pourrons édifier notre vie morale n’est pas sur le terrain de la métaphysique. Ici comme ailleurs c’est l'expérience seule qui peut nous instruire.
Or, il est un fait d'expérience que je voudrais rappeler à ceux qui ont perdu la foi simple et naïve de la véritable vie morale et qui se dé: solent de ne pas pouvoir la retrouver. La pureté de cœur comme l’impureté est contagieuse.
Approchez-vous de ceux qui possèdent la foi que vous cherchez et que vous désirez; — car il faut la désirer ardemment pour être capable de la retrouver. Introduisez-vous dans leur société; vivez de leur vie; mettez-vous en communion avec eux, et vous subirez l'influence purificatrice qui se dégage de leurs personnalités rayonnantes.
N’avez-vous pas remarqué la transformation que l’enfant, par exemple, opère sur certains êtres? Voici un homme grossier, brutal, coutumier d’intempérance, égoïste dans ses exigences à l’égard de son entourage; le voyezvous auprès du petit enfant qui lui est né, se
foyer domestique et à l'atelier. nee à
Voici encore un jeune homme que le doute è et l'amour exagéré du plaisir ont détourné du droit chemin. Il ne croit plus aux principes religieux et moraux qui lui ont été inculqués pendant l'enfance; il ne vit plus que pour la satisfaction de ses sens ou de ses caprices. Du fonds de pureté primitive il lui est resté néan: moins la capacité d’être sensible à la beauté
morale et à la distinction spirituelle. Parmi
faisant tendre, lui d'ordinaire si dur, s’adoucissant d lui qui est habitué aux brutalités, portant le à petit être aimé avec une prudence, à la fois gauche et adorable, se mettant à son service, se É retrempant pour ainsi dire dans la fraîcheur et. La l'innocence de l'enfant? Il n’est pas à craindre
qu’à ce moment il soit subjugué parles passions qui l’agitent d'ordinaire; il subit la contagion F de l'innocence et j'en sais plus d’un que cette À apparition de l’enfant a ramené du bord de Re l’abime vers une vie plus pure et plus sainte au À
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à elle, il se sent devenir meilleur; la beauté morale qui rayonne autour d’elle le pénètre et le régénère. Elle le relève, elle lui rend la conscience de la dignité de la vie humaine et, si elle ne lui présente pas sa foi sous forme d’une série de dévotions niaises et superstitieuses, si elle est capable de lui révéler par toute sa vie la beauté souveraine de la sublime inspiration morale de l'Évangile, il n’est pas impossible qu’ellé parvienne à faire revivre en lui la foi spontanée et candide au divin dans le ciel et sur la terre. L'expérience du monde l’atteste. La foi, lorsqu'elle est tolérante et douce, est communicative.
Mais cette régénération morale, cette résurrection de la foi spontanée qui nous porte vers Dieu avec la simplicité de l’enfant, il faut la rechercher avant tout dans la communion avec les grandes âmes du passé, dans le commerce intime avec ces œuvres immortelles où les témoins de Dieu ont déposé le meilleur de leur être et qui rayonnent d’une douce et pure lumière dans l'obscurité morale de l’univers. Poètes et penseurs, psalmistes et prophètes, tous ceux que l'antiquité appelait d’un beau nom les « voyants », les inspirés qui voient plus haut et plus clair que les autres,
qui reconnaissent, au-dessus des agitations passagères et des existences éphémères, ce qui est éternellement beau, ce qui est souverainement bien, ce qui est inaltérablement vrai, toutes ces grandes âmes qui,à travers des formes variées et des langages divers, annoncent un même Évangile de renoncement à l’égoïsme et de consécration à l'Éternel, voilà ceux auprès de qui nous pouvons trouver tous l'inspiration morale que nous sentons défaillir en nousmêmes, retremper la foi qui s’est obscurcie et régénérer notre vie spirituelle. Voilà le chœur grandiose, la théorie antique aboutissant au sanctuaire de l’inspiré par excellence, à la plus haute conscience en qui Dieu ait parlé sur la terre, à Jésus de Nazareth.
Pour retrouver la pureté de foi, pour. nous préserver des souillures du péché, pour nous soutenir dans nos épreuves, pôur nous empêcher de tomber dans le scepticisme de la défiance universelle, allons à l'Évangile, allons aux sources de la vie morale, non pas une fois, dans un mo-
ment exceptionnel de repos ou de distraction,
mais régulièrement. Faites votre société spirituelle des grandes consciences et des cœurs purs. C’est pour cette raison et pour cette raison
seulement que nous répétons et que nous devons
répéter sans cesse du haut de la chaire chrétienne la bonne nouvelle de l'Évangile, afin que vous veniez comme les enfants de Galilée pour être touchés de la grâce et que la bénédiction de Dieu fasse mûrir dans vos âmes les germes de la vie divine. Ce que l’on réclame de vous, c’est une ferme résolution de chercher la vie morale. La bonne nouvelle est pour les hommes de bonne volonté. ,
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