JUIN I
Monsieur le Secrétaire Général,
Monsieur le Maire,
Messieurs,
Pour ceux qui placent au-dessus de tout dans leur conception de la vie les sentiments chevaleresques, cette dépouille mortelle est une vraie relique de la loyauté, deThonneur.
M. Paz avait, en effet, il faut le reconnaître, une âme loyale et courageuse, et sa grande énergie ne fut certainement que l'expression d'une ferme conscience, toujours excitée par Tidéal.
Le grand journal La PreNsa, qu'il créa si modestement vers Tannée 1870 et qui est depuis devenu un des plus puissants journaux du monde, est né d'une ardente et patriotique aspiration de jeunesse et je ne vois, dans l'extraordinaire développement de cette œuvre,
qu'un résultat direct de la volonté de puissance et de droiture de son fondateur.
C'est une des belles choses de cette vie que ces réussites grandioses qui viennent couronner parfois, avec le temps, l'audacieuse chimère désintéressée d'un jeune étudiant riche seulement de rêverie et d'orgueil.
J'aime surtout à méditer ces beaux moments de l'histoire antique où toute la fortune de la Grèce revient aux mains pures d'Aristide.
Ce n'est certainement pas l'occasion d'honorer les hautes qualités d'esprit et de cœur de M. Paz par un récit de sa longue vie toute pleine de philanthropie et de clairvoyance.
Ce drapeau qui enveloppe maintenant son cercueil, sous le rayonnement d'immortalité de notre grand héros San Martin, dans cette ville de Boulogne chère à notre patriotisme ; les paroles si touchantes qui viennent d'être prononcées, et, enfin, cette garde d'honneur formée par des soldats français, ces soldats qu'on nous apprend à considérer dans nos écoles comme les fils aimés de la gloire, voici.
Messieurs, le plus bel hommage qu*on ait pu rendre à M. José C. Paz, Tami enthousiaste de la France, grand patriote et lutteur sans reproche, dont la vie fut un exemple magnifique de cette maie énergie créatrice de bienêtre, de confiance, et, comme vient de dire l'illustre écrivain fuies Clarctie : d'hvi^iène morale.
Je remercie le Gouvernement de la République de ce nouveau signe d'amité envers notre pays et me fais l'interprète de mon Gouvernement en adressant l'expression de ma vive reconnaissance à M. le Secrétaire général de la Préfecture, à M. le Maire, à M. le Président de la Chambre de commerce, à M. Jules Claretie et à M. Victor Margueritte (-JOur l'hommage si éloquent qu'ils viennent de rendre à la mémoire de M. |osé C. Paz.
DISCOURS